De la République à la Madeleine par les Grands Boulevards

A partir de la place de la République, cette balade commence par suivre les traces de l’enceinte de Charles V à l’emplacement de la Porte du Temple jusqu’à la Porte Saint-Denis.

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Du boulevard Saint-Martin à la porte Saint-Martin

Cette enceinte et ses fossés fut terminée en 1420, elle était implantée sur des remblais provenant des fossés réalisés en périphérie extérieure et percée de portes ( en limite Nord: les portes Saint-Martin et Saint-Denis) constituant les points faibles de cette fortification.

Les entrepreneurs chargés de cette construction reçurent en contrepartie des travaux réalisés, le droit de lotir des terrains préalablement consacrés à la culture puis rattachés à la ville. Lors de la démolition de l’enceinte, vers 1633, ce dispositif de lotissement sera à nouveau développé. En contrepartie des travaux entrepris pour le compte de l’Etat avec des spéculateurs, ces derniers donneront naissance à de nouveaux quartiers à la mode au début du XVIII siècle chez les nobles, les financiers ou les artistes: La Chaussée d’Antin (1720) et le faubourg Poissonnière (vers 1770) .

« Des corps de logis immenses sortent de terre et des quartiers nouveaux ne sont composés que d’hôtels de la plus grande magnificence. Les remparts se hérissent d’édifices qui ont fait reculer les anciennes limites: de jolies maisons s’élèvent vers la Chaussée d’Antin et vers la porte Saint-Antoine que l’on a abattue. Les jardins sont pétrifiés et de hautes maisons ont frappées mon regard dans le même lieu ou l’oeil voyait croitre les légumes ». ( L-S Mercier Le Tableau de Paris 1781-1790).

De la porte Saint-Martin à la Porte Saint-Denis via le quartier du Sentier

Louis XIV s’est plus intéressé à Versailles qu’à Paris, mais entre 1668 et 1705 les remparts de l’enceinte de Charles V furent démolis et les fossés traités comme une promenade plantée d’environ 40 m de large  » Le Nouveau Cours » entre les portes Saint-Antoine et Saint-Honoré. Cette nouvelle chaussée pavée de 20m de large était flanquée de chaque coté de deux contre-allées plantées avec deux rangées d’arbres, cette voie entre la place de la Bastille et la Madeleine constitue les actuels « Grands Boulevards ».

Pour renforcer cette volonté royale, des portes monumentales en forme d’arcs de triomphe vinrent magnifier cet embellissement urbain, la porte Saint Martin construite en 1674 fut dédiée à Louis XIV à l’occasion de la conquête de la Franche-Comté et la porte Saint-Denis fut réalisée en 1672.

A gauche de la rue Cléry : la rue d’Aboukir, la différence de nivellement entre ces deux rues a pour origine l’implantation de la rue d’Aboukir sur l’emplacement des fossés de l’enceinte de Charles V qui étaient alimentés par l’eau de la Seine lors de ses crues. Quant à la rue de Cléry, elle correspond à l’ancien chemin de contrescarpe le long des fossés.

Rue d’Aboukir on ira en direction du métro Sentier . Dans ce quartier ou la topographie des lieux a empêché toute percée haussmannienne , un pôle d’activité lié à la confection demeure dans des passages caractéristiques des XVIII et  XIX siècles. Place du Caire, cet immeuble au n°2 de 1798 donne accès au passage et à la galerie du Caire ( ouverts en 1798) ou les verrières sont en cours de rénovation. La décoration en façade de cet immeuble présente une association très particulière d’éléments d’architecture pseudo néo-gothique à d’autres décorations dont une frise assez naïve « retour d’Egypte »  pour les trois premiers niveaux. Les sculptures sont plus tardives (1828 )

On continue jusqu’à la rue des Petits carreaux et à « lOasis d’Aboukir » ou le paysagiste Patrick Blanc dresse sur ce pignon un hymne à la biodiversité rafraîchissante dans ce quartier . A cet emplacement on observe aisément la différence de nivellements entre les rues d’Aboukir et Cléry qui renvoie au tracé de l’enceinte de Charles V.

En revenant vers le Boulevard de Bonne Nouvelle, le dos à la Porte Saint-Denis, on fait face à « la Butte-aux-Gravois » ou « Mont Orgueil » que gravissent les rues de Cléry, Beauregard et de la Lune.

Ces rues qui convergent en pointe vers la Porte Saint-Denis offrent une vision particulière avec les trois immeubles aux proues très minces sur le relief accidenté des rues de la Lune et Cléry. Le tracé viaire renvoie au lotissement réalisé initialement. La topographie demeure une permanence de l’enceinte de Charles V.

Au croisement des rues Beauregard et de la Lune cet immeuble d’angle très aigu a été construit entre 1650 et 1675 ( photographié par Atget en 1907) .

Cette carte de Paris datée de 1871 permet de visualiser le tracé des voies convergent vers la Porte Saint-Denis. Elle indique aussi les opérations de voirie exécutées dans ce quartier de 1854 à 1871 par des teintes jaunes et rouge.

23 rue de la Lune: ND de Bonne Nouvelle édifiée en 1830. A la base de l’enceinte de Charles V les Parisiens avaient l’habitude de déverser leurs immondices et leurs gravois. Leur accumulation finit par former une butte puis des maisons. Devenue La ville neuve-sur-gravois elle se dota d’une chapelle en 1551, puis d’une église en 1628 démolie après la Révolution elle fut remplacée par l’église actuelle en 1830.

Boulevard de Bonne Nouvelle

30 bd de Bonne Nouvelle le bureau de postes et central téléphonique (J.Bukiet et A.Gutton Arch.1953), classicisme et monumentalité pour cet équipement public.

Boulevard Poissonnière et Faubourg Poissonnière

5 boulevard Poissonnière, le Cinéma Rex (A.Bluysen et J.Eberson Arch.1932 ). Cette salle de cinéma est dans le droit fil de l’exposition internationale des Arts Décoratifs de Paris en 1925. Elle fut la plus grande salle en Europe lors de sa construction et pouvait  recevoir à son origine 3300 spectateurs, depuis le REX fit l’objet de différentes adaptations intérieures en 1974 d’adaptation aux nouvelles conditions d’exploitation.

Ce projet Art Déco aux grandes parois opaques est en rupture avec le contexte du boulevard urbain même s’il est difficile de définir un caractère architectural sur ces boulevards. 

A la différence de quartiers récents aussi très éclectiques on ne peut pas parler ici d’effet « matériauthèque » mais plutôt d’une longue juxtaposition de styles, entre néo-renaissance et Art Déco qui a boulversé la tentative hégémonique haussmannienne. On peut aussi constater que si le long des grands boulevards les apparences de l’ordre avec les alignements ont été préservées, l’envers du décor à l’intérieur des ilots maintien un espace pour le « désordre » au sein de « l’ordre global ».

Le Faubourg Poissonnière s’est développé vers 1770 à la suite de spéculations foncières menées tant par des promoteurs que par des congrégations religieuses qui virent là une opportunité d’augmenter leurs gains en cessant de louer à des maraichers pour céder leurs terrains à des entrepreneurs lotisseurs.

Dans la rue du Faubourg Poissonnière: le central téléphonique et bureau de Poste Bergére-Trudaine, 15 rue du Fbg Poissonnière (F. Le Coeur Archi. 1911). Lors de sa construction la sobriété et la « brutalité »de ce bâtiment ont provoqué un scandale. Coté rue Bergère le central téléphonique est éclairé naturellement par de grandes baies vitrées, en extrémité le long de la rue du Fbg. Poissonnière il se termine par un pignon aveugle surmonté d’une horloge en serrurerie décorative, l’ensemble est surmonté d’une corniche correspondant au toit terrasse. Les bureaux et l’ auvent d’entrée en béton avec briques de verre sont en retrait par rapport à ce pignon.

Ce même bâtiment se termine rue du Conservatoire par un bureau de Poste (1920) par le même architecte et en prolongement du central téléphonique. Au centre la salle d’accueil du public était couverte par une pièce hexagonale en béton translucide grâce à l’utilisation de briques de verre.

Le Faubourg Montmartre ce fut aussi le quartier de remarquables hôtels particuliers souvent disparus ( notamment ceux de C-N Ledoux: hôtel Thellusson rue de Provence, hôtel d’Uzés rue Montmartre, l’hôtel de Mlle Guimard au 9 de la Chaussée d’Antin, le seul qui reste est celui de l’hôtel d’Hadwyll rue Michel-le-Comte ) au profit d’immeubles de la première moitié du XIX siècle. Un des rares conservés est celui du n° 30 : l’hôtel Benoit de Sainte-Paulle, construit pour l’un des principaux spéculateurs du Faubourg Poissonnière qui avait obtenu les terrains cultivés des congrégations de Saint-Lazare et des Filles-Dieu.

L’église Saint-Eugène, face au Conservatoire national d’art dramatique, est un bon exemple de la promotion de l’architecture métallique derrière une façade de pierre et ses trois portails sculptés. Contemporaine des Halles de Baltard, elle fut construite en 20 mois de 1854 à 1855. Cette association façade en pierre et structure métallique dissimulée sera largement développé pour les constructions publiques (Grand Palais, Bibliothèque Nationale par ex).

Pour traduire intérieurement les formes du gothique, l’architecte A.Boileau a utilisé la fonte creuse pour les (très fines) colonnes, les galeries et les tribunes. Le décor peint s’est attaché à créer l’illusion du Moyen Age, l’ensemble demeure très pastiche.

Entre le n°8 rue Richer et le n°5 rue Bleue: la Cité de Trévise fut construite par un promoteur privé en 1840 dans un style néo-renaissance autour d’une place ornée d’une grande fontaine et ouverte à la circulation publique en 1958. La rue de Trévise présente plusieurs immeuble des années 1830 ainsi qu’au n°32 l’hôtel particulier Bony, l’entrepreneur directement associé aux financiers qui réalisèrent ce nouveau quartier.

32 rue Richer: Les Folies Bergères (Morice et Piollenc Arch.1926 pour la façade de ce théâtre ouvert en 1869), une façade qui intègre un bas relief iconique de l’Art Déco due à Maurice Picaud. L’exposition des Arts décoratifs s’était tenue en 1925 sans doute l’une des plus importante qui aura le plus de retentissement et d’influence dans le monde entier. La femme moderne fait son apparition sous les traits de la danseuse russe Lila Nikolska célèbre à Paris dans les années 20.

14 rue Bergère : l’ancien immeuble du Comptoir National d’Escompte (E-J Corroyer Archi.1878) , un exemple de l’architecture fin XIX chargée de sculptures allégoriques de mosaïques et de vitraux pour impressionner la clientèle. Sa mise en scène théâtrale est renforcée par son implantation dans l’axe de la rue Rougemont et visible depuis le boulevard Poissonnière.

Retour sur le Boulevard Poissonnière, au n°24 : un immeuble de bureaux pour une compagnie d’assurances (R.Patouillard-Demoriane et A.Pellechet Archi.1926), une structure métallique habillée de pierre .

Plus loin au n° 23, l’Hotel de Montholon est le seul hôtel particulier construit sur les promenades des boulevards à l’emplacement de l’enceinte encore conservée. Il a été partiellement défiguré par les commerces installés à l’alignement sur le trottoir à l’emplacement des jardins d’origine. ( F. Soufflot Archi. 1785)

Boulevard Montmartre

au n° 3 un immeuble daté de 1844 transformé en hôtel.

n° 12 boulevard Montmartre, le passage Jouffroy créé en 1847.

Si on peut regretter certains aspects désuets des galeries, on admirera néanmoins les cheminements de lumière qui forment des entrelacs de pierre et de métal dans l’ épaisseur du tissu urbain.

Face au passage Jouffroy de l’autre coté du Boulevard, le passage des Panoramas  créé en 1799 .

L’origine des passages couverts remonte au XVIII siècle, leur développement sous le Second Empire peut être considéré comme un prolongement naturel des boutiques le long des Grands boulevards. Ces passages couverts permirent d’accroître la rentabilité des coeur d’îlots et de désenclaver les parcelles traversantes. Aujourd’hui encore ces passages fonctionnent rarement comme des raccourcis entre deux voies, il s’agit plutôt d’impasses qui ont capté l’intérêt des chalands à partir d’un point stratégique situé sur les boulevards déjà saturés de commerces.

Carrefour Richelieu Drouot

L’hotel Drouot angle rue Chauchat et rue Rossini ( Biro et Fernier Archi. 1980) décrit par ses auteurs comme une « réinterprétation surréaliste d’Haussmann »

Plus loin, dans la rue Chauchat ouverte en 1779 et au n°16  Le Temple de la Rédemption. Ce bâtiment fut construit entre 1821 et 1825 par l’architecte Lusson pour le bureau de l’octroi dans un style néo-classique en phase avec les ouvrages de C-N Ledoux. La halle de déchargement destinée au stockage fut concédée en 1841 à l’église Luthérienne pour y établir son deuxième lieu de culte à Paris. C’est dans ce temple que furent célébrées les obsèques d’Haussmann en 1891.

Boulevard des Italiens

Un phallus impudicus à l’angle du boulevard Haussmann et du boulevard des Italiens.

En revenant vers le boulevard des Italiens au n° 3-5 le Passage des Princes avec sa cour intérieure fut ouvert en 1860. Coté boulevard, sa façade lisse (C.Devillers Archi.1994) laisse apparaitre une seconde peau distante d’environ 50cm pour s’affranchir de contraintes contradictoires entre plan et façade.

16-18 Boulevard des Italiens (ilot rue Le Pelletier, boulevard Haussmann et rue Lafitte): l’ancien siège de la BNCI ( J.Marrast et Ch.Letrosne Archi. 1931) dans un style monumental entre Art Déco et tradition. La façade avec ses colonnes est un décor plaqué sur une ossature .

Le 20 boulevard des Italiens est plus connu sous le nom de « Maison dorée » en lien avec les dorures initiales de ses balcons et considéré par certains comme un « chef d’oeuvre » de l’architecture Louis-Philippe (V.Lemaire Archi. 1838) et P.Dufau pour de très importants remaniements 1975.

Avec l’immeuble du Figaro au Rond-Point des Champs Elysées, c’est un des exemples du façadisme qui a sévi de nombreuses années pour éviter les recours d’associations et de riverains, une maladie bien française sujette à des nombreuses dérives. Cet immeuble fut acheté par une banque qui voulait le démolir, empêchée de le faire en raison d’oppositions des voisins la démolition intérieure fut finalement autorisée par le ministre de la Culture de l’époque (M.Druon) sous condition que la façade fut conservée… Sur le retour, coté rue Lafitte, la façade fut allongée suite à l’acquisition du terrain voisin. Pas vraiment le style de P.Dufau dont on peut voir au 21 rue Lafitte un  projet totalement différent.

Dans ce périmètre de la cité financière P.Dufau a construit en 1969  l’ex-siège de la banque Rothschild qui pose le problème de l’insertion d’un bâtiment isolé sur dalle dans un parcellaire existant, l’habillage « décoratif » des murs mitoyens montre bien ici les limites de l’exercice de même que le traitement au niveau des trottoirs qui tient plus de la distanciation ou du fossé propre à certaines administrations publiques.

 

Retour boulevard des Italiens au 17-23: l’immeuble du Credit Lyonnais construit entre 1876 et 1883 par W Bouwens Van des Boijen.

L’avant-corps central sur le boulevard semble avoir été largement inspiré par les couronnements des pavillons Denon et Rohan du Louvre.

Angle boulevard des Italiens rue de la Michodière: la Cité de Hanovre (V.Laloux et Ch.Le Maresquier Arch. 1932). Cet ensemble de bureaux est construit sur la totalité de l’Îlot triangulaire. Au centre une grande coupole éclaire l’ensemble des plateaux implantés le long des façades.

36 boulevard des Italiens, face à la Cité de Hanovre et à l’angle rue Helder: bureaux et initialement hall d’exposition Ford de grande hauteur ( M.Roux-Spitz Arch.1929). Le seul bâtiment de la « série blanche » de M.Roux-Spitz non destiné à l’habitation.

Un emplacement de premier plan pour sa destination d’origine qui était renforcé par un éclairage spectaculaire formant signal nocturne. L’impression de fluidité au rez de chaussée a été récemment modifiée par la création d’un plancher intermédiaire dans le grand volume d’exposition initial.

Boulevard des Capucines

au n°27, l’immeuble de la Samaritaine de luxe désormais reconverti en bureaux. F.Jourdain architecte des Cognacq-Jay pour le magasin du Pont Neuf réalisa cet immeuble entre 1914 et 1917 dans un style Art Nouveau. Une réhabilitation très simplificatrice en terme de détails architecturaux sur les deux premiers niveaux avec en particulier l’abandon de la marquise au dessus de l’entrée.

L’îlot Edouard VII et l’Olympia: un autre exemple du façadisme avec cette restructuration d’îlot entre  les rues Caumartin, Edouard VII et le boulevard des Capucines. Si pour certains architectes « conserver c’est transformer » ( A.Béchu ) l’exemple de Londres et particulièrement du projet One New Change ( J.Nouvel ) dialoguant avec l’emblématique cathédrale Saint Paul, démontre s’il en était encore besoin la frilosité maladive et le conservatisme stérile entretenus à Paris.

« Des peuples peuvent mourir d’avoir trop d’histoire et il convient d’éviter que les enfants ne naissent avec des cheveux gris » F.Nietzsche.

Boulevard de la Madeleine

L’hôtel au 4-8 boulevard de la Madeleine construit sur l’îlot Godot de Mauroy- de Seize (E.Molinié et Ch.Nicod Archi.1928) présente une façade lisse en totale opposition avec le stylede l’ancien siège des Messageries Maritimes au n°10 construit en 1924.

Au n°11 boulevard de la Madeleine, la vitrine des chaussures Bally crée en 1928 par R.Mallet-Stevens et qui fit sensation a été démolie depuis une trentaine d’année. Cette vitrine en saillie de la façade, réalisée en alliage imitant l’argent, était constituée de plaques jointes qui s’assemblaient avec des vis apparentes. Placée à hauteur des yeux elle mettait en scène quelques objets dans cet écrin, à l’opposé de la généralisation du tout vitrage simplificateur .

23 boulevard de la Madeleine: Le magasin Aux Trois Quartiers ( Faure-Dujarric Archi.1932)  sa construction a constituée une rupture avec l’image des grands magasins du boulevard Haussmann, l’écriture était parfaitement moderne. L’habillage en pierre blanche ne laissait voir aucun joint achevant ainsi une parfaite fluidité des formes.

Sa rénovation lourde il y a une vingtaine d’années pour réaliser une opération associant commerces et bureaux a dénaturée la pureté initiale de ce bâtiment à l’écriture moderniste par des détails architecturaux d’une grande banalité .

Mince consolation à cette restauration scandaleuse, on peut encore voir plus loin au 20 rue Duphot la façade métallique du premier magasin Aux Trois Quartiers ( P. et Ch. Friésé Archi.1898) qui ne s’apparente pas à une trahison comme celle du boulevard de la Madeleine.

Allégement des contraintes administratives, meilleure maitrise les recours abusifs, révision des cascades de normes et règlements contradictoires pour continuer à faire vivre la ville, tout un programme dont on attend toujours le commencement.

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Balade architecturale dans le 18e autour de Montmartre.

Cette balade développe la grande variété des immeubles d’habitation parisiens autour de la colline de Montmartre. Dans les différents quartiers traversés le promeneur peut découvrir un large variété d’architectures et de détails décoratifs que de simples photos ne peuvent pas décrire dans toute leurs richesses.

Ce parcours propose des suggestions de visites, à chacun(e) d’ établir selon ses affinités son parcours idéal dans ces quartiers du tourisme devenu mondialisé. Cette situation amène à délaisser sur la colline de Montmartre les tracés balisés si convenus autour du décor trop bien léché de la Place du Tertre ou de la verrue néo-byzantine du Sacré-coeur pour rechercher en périphérie des espaces urbains aux topographies spécifiques que leurs habitants ont su rendre attachants et vivants .

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En partant du métro Barbès-Rochechouart et après avoir pris la rue de Clignancourt à l’angle avec les rues Myrha et Poulet, ce bâtiment des années 50 (architecte inconnu) d’une grande transparence, était à l’origine une imprimerie; il est devenu temporairement un lieu de restauration rapide.

En remontant la rue de Clignancourt, au n° 22-24 face à la rue Del Sarte, ce bâtiment autrefois connu sous le nom de Palais de la Nouveauté, est maintenant transformé en bureaux (G.Rives Arch.1895, sculptures de Falguière et de Dalou pour le tympan). Une vision monumentale et extravagante destinée à attirer la clientèle ce ce grand magasin.

La rue Muller qui se dirige vers le point haut de la Butte Montmartre permet de rejoindre la rue Lamark contournant au Nord et à l’Est la butte. Au n°16 : la crèche israélite de Montmartre (G.Debré Archi.1928), plan libre et poteaux en retrait du nu de la façade et des menuiseries métalliques, revêtement façade en béton de gravillons.

En descendant la rue Lamark en direction du métro Jules Joffrin, des échappées visuelles sans fin sur la droite s’offrent au regard. Les successions d’escaliers s’adaptent au plus près de la morphologie si particulière du quartier.  A l’angle des rues Eugène Sue et F.Flocon un HBM (H.Sauvage et Ch.Sarazin Archi. 1912). Dans cet immeuble de rapport le dernier étage est traité à l’angle avec une recherche de pittoresque venant adoucir les étages courants traités avec plus d’économie de moyens.

A partir de ce point, deux possibilités:

  •  contourner la Butte Montmartre par le coté Nord
  •  continuer tout droit en direction de la Porte de Clignancourt puis aller vers le métro Marcadet-Poissonniers. On retiendra la première possibilité, l’alternative sera traitée à la fin de cette balade.

En empruntant la rue Marcadet, un premier bâtiment HBM à l’angle 2-4 rue Duc (L.Besnard Arch.1922-1925) la structure en béton peinte est clairement mise en valeur par opposition au remplissage en briques. Les détails de construction mettent en valeur une décoration faite de cabochons en céramique bleue dans les étages bas alors que le dernier étage sous la corniche de couronnement de béton est revêtu de briques polychromes. Au dessus, la toiture mansardée semble s’effacer pour annoncer l’arrivée prochaine des toits terrasses de l’Esprit Nouveau.

Plus loin sur la droite rue de Trétaigne au n° 7 un autre immeuble HBM « hygiénique à bon marché » des architectes H.Sauvage et Ch.Sarazin ( 1904). Il s’agit du premier immeuble réalisé pour la Société des logements hygiéniques, fondée en 1903 dont Henri Sauvage et Charles Sarazin vont devenir les architectes quasi-exclusifs. A l’origine de cette création une analyse entamée par des philanthropes depuis les années 1870, le développement des thèses hygiénistes et le constat qu’un logement décent est le préalable incontournable à l’insertion sociale des classes laborieuses.

Cet immeuble de 29 logements a répondu à un programme ambitieux qui ne s’est pas limité à réaliser des logements mais aussi à permettre de s’instruire (université populaire, bibliothèque), de se nourrir correctement (coopérative alimentaire, restaurant hygiénique) et à développer l’hygiène ( bains douches, solarium en terrasse).

Le schéma constructif est le même que celui à l’angle de la rue Duc mais avec 20 ans d’avance, l’immeuble est dépouillé de tout ornement et sculpture fut-elle Art Nouveau. Initialement il avait été envisagé de réaliser le remplissage de la façade en briques de verre,  ce principe fut abandonné au profit des briques. Les combles mansardés du dernier étage sont des ajouts par rapport au solarium en terrasse.

Plus loin au 114 rue Marcadet et 21 rue Duc, le central téléphonique Ornano (G.Labro Archi. 1932) : appareillage des briques pour le niveau bas et ferronneries décoratives Art Déco, pilastres en briques de parement dont la verticalité est reprise en extrémité pour l’escalier de desserte des plateaux techniques.

Face à celui-ci au 127-129 : « entre-aperçu » au travers des piliers du rez de chaussée, on peut rejoindre La Maison Verte ( maison de quartier ouverte à tous)

En fond d’îlot devant un vaste espace libre intérieur, le temple de la Mission Populaire Evangélique, membre de la Fédération Protestante de France. Voute en béton mince et remplissage briques et menuiseries métalliques.

161 rue Marcadet et rue des Cottages une résidence de forte densité à l’architecture « proliférante » forme des redents successifs par rapport à l’alignement sans résultat cinétique très probant ( R.Sarger et A.Frischlander Archi.1973). Un effet de balancier par rapport à une architecture des années 60 jugée alors trop « élémentaire » et dénuée d’expression singulière, qui suscitera à son tour de nouveaux courants .

Au 256 rue Marcadet une réalisation de « logements salubres à bon marché » pour la fondation Rothschild ( H.Povensal Arch.1913-1919).

La rue Damrémont permet de rejoindre la rue Ordener.  Au n°187  la cité monumentale pour artistes « Montmartre aux artistes » (H.Résal et A.Thiers Archi.1930-1932), fut construite autour de trois bâtiments parallèles orientés Nord-Ouest / Sud-Ouest. Celui sur rue est revêtu de briques alors qu’à l’intérieur de la parcelle les façades sont traitées en enduit ciment peint en blanc. Les appartements-ateliers sont en double hauteur éclairés par de grandes baies vitrées métalliques.

La desserte verticale est assurée pour chaque immeuble par deux cages d’escaliers desservant des coursives extérieures situées à l’arrière.

Le hall d’entrée avec ses trois arches est traité de façon monumentale .

Rue Championnet puis rue Joseph de Maistre, au n°76, la crèche Joseph de Maistre (extension :RH+Architecture 2006) borde le square Carpeaux.

74 rue Joseph de Maistre, un immeuble artisanal construit vers 1900 ( architecte inconnu) structure apparente et remplissages par des panneaux façades menuisés, lumière naturelle et minimalisme de l’enveloppe, ses qualités intrinséques lui permettent encore aujourd’hui de répondre aux besoins de la cité artisanale.

Collège Coysevox 16 rue Coysevox, une opposition affirmée clairement entre bâtiment d’origine et sa surélévation (P.L Faloci Archi. 1989).

A l’angle 8-10 rue Carpeau et 136-138 rue Lamark, un immeuble d’habitation aisément identifiable aux constructions des années 50 par la disposition de ses retraits successifs et des conduits de cheminées spectaculaires (Despagne et Cie 1955-1957, architecte inconnu). Le règlement provisoire d’urbanisme parisien en vigueur à l’époque prescrivait que « la verticale du gabarit correspond à la largeur de la voie ( H=L), quant à l’oblique elle peut s’élever jusqu’au plafond dont la hauteur est fixée par le plan d’aménagement de l’ïlot »Ces sorties de cheminées réglementaires ( un conduit de fumée pour chaque cuisine et un conduit pour deux ou trois pièces) rendues monumentales par les retraits successifs disparaitront avec une circulaire administrative autorisant des gaines unitaires à raccordements individuels. La conjonction des deux contraintes, gabarit en gradins et cheminées, rend la vision des immeubles d’angle d’autant plus particulière.

 

Après avoir remonté la rue Joseph de Maistre, on emprunte la rue Caulaincourt bordée d’immeubles en pierre de taille, les échappées se succèdent vers le Nord de Paris, ici le square Caulaincourt.

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Poursuivant sur la rue Caulaincourt  jusqu’à la place Constant Pecqueur, au 85-87 deux hôtels particuliers.

Plus loin, la rue Pierre Dac permet une nouvelle échappée visuelle avec un esprit d’escaliers successifs vers la station de métro Lamark-Caulaincourt.

La montée de l’avenue Junot en direction du sommet de la butte permet de découvrir de nouveaux ateliers d’artistes, notamment au n°30-36  (A.Thiers Archi.1930).

A droite en montant l’avenue Junot: la villa Léandre et ses différents modèles de maisons individuelles.

A gauche, rue S.Dereure au n°15, un ancien atelier de soieries (P.Patout Archi. 1927)   avec de grandes baies vitrées orientées au Nord.

15 avenue Junot, la maison Tristan Tzara est l’unique réalisation en France d’ A.Loos Archi.1926. Une oeuvre en forme de manifeste avec son idée maitresse:  « Ornement et crime » * . Pour cette réalisation le terrain de 10,6m en façade et 17,6m de profondeur tout particulièrement accidenté rend la volumétrie et la distribution complexes totalement à l’opposé du plan libre, la lisibilité des fonctions intérieures n’apparait pas en façade coté avenue qui présente un collage de matériaux et reste assez énigmatique pour le promeneur .

En rez de chaussée: entrée et garage, au premier niveau un appartement, au deuxième niveau : atelier d’artiste, troisième et quatrième niveaux : chambres.

*  » J’ai libéré l’humanité de l’ornement superflu. « Ornement » ce fut autrefois le qualificatif pour dire « beau ». C’est aujourd’hui grâce au travail de toute ma vie, un qualificatif pour dire « d’une valeur inférieure ». Je sais que l’humanité m’en sera reconnaissante un jour, quand le temps épargné sera bénéfique à ceux qui jusqu’à présent étaient exclus des biens de ce monde ».( A.Loos « Ornement et crime »)

Plus haut en arrivant sur la place Marcel Aymé on aperçoit derrière un portail une allée privée qui dessert des maisons individuelles avec jardins .

Rue d’Orchampt, en descendant vers le Bateau-lavoir on retrouve là aussi d’anciens ateliers d’artistes traités de façon plus économiques.

Un peu plus bas on retrouve Le Bateau lavoir ( une ancienne manufacture de pianos divisée en ateliers d’artistes vers 1889)Picasso prit cet atelier dès 1904 ou il y exécuta les dernières toiles de la période bleue, puis de la période rose et les Demoiselles d’Avignon (1907).

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En direction de la place des Abbesses, au n°17 de la rue des Abbesses : l’église Saint-Jean-de-Montmartre ( Anatole de Baudot Archi.1894-1904, élève de Viollet-le-Duc ). Elle représente l’aboutissement des théories de cet architecte et un pas vers une architecture nouvelle, à partir de principes constructifs appliqués depuis 1890 notamment pour le théâtre de Tulle: briques et ciment armé y compris pour la charpente.

Anatole de Baudot a préféré le ciment armé ( système Cottencin) qui utilise de minces dalles renforcées par des contreforts pour les parties horizontales et des briques enfilées sur des tiges de fer pour les parties verticales. Ces deux parties sont reliées pour former un monolithe indéformable particulièrement adapté au sol de ce terrain assez instable. Le système Cottencin disparaitra vers 1914 au profit du système Hennebique qui a développé le béton armé.

L’auvent d’entrée, lui aussi en ciment armé, est revêtu de pastilles en grès flammé (A.Bigot), décoratives autant que protectrices pour ce tout nouveau matériau à l’époque.

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Les voutes constituent les couvertures de l’édifice, deux dalles de ciment armé de 7cm d’épaisseur, la dalle inférieure est recouverte d’une chape de plâtre peinte, l’autre constitue la couverture proprement dite, ente les deux dalles un intervalle de 4cm est rempli d’un mélange liège et mâchefer assurant l’isolation. Intérieurement la minceur de la structure dégage une impression de grande légèreté .

Sur le coté droit, le passage piéton permet de mieux comprendre la difficulté du terrain en pente et son utilisation maximale par la création d’un niveau inférieur à celui de l’église pour des salles d’activités paroissiales.

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Diverticule à partir de du haut de la rue Lamark en direction de la Porte de Clignancourt puis vers le métro Marcadet-Poissonniers.

Le groupe scolaire à l’angle de la rue Championnet et de la rue du Ruisseau (E.Bois Archi.1934-1950) est mis en valeur par un usage décoratif de la brique avec un maillage qui enveloppe l’ensemble des façades, un répertoire ornemental développé dans les années 20 pour les programmes à petits budgets. Ici le décor semble largement inspiré par celui de l’Institut d’Art et d’Archéologie face au jardin de l’Observatoire (P.Bigot Archi.1924-1932).

Résidence étudiante, 70 rue Championnet avec un retour boulevard d’Ornano : souplesse de la façade avec effet d’ondulation en métal.

Sur le bd. d’Ornano (ouvert par Haussmann) au n° 43, l’ ancien cinéma ORNANO 043 (M.Gridaine Archi.1933). Indépendamment des ajouts parasites en rez de chaussée un beau travail sur les horizontales des baies et des hublots façon paquebot dans le droit fil des années 30, sans oublier le graphisme de l’enseigne réalisé dans le béton formant signal urbain.

En face, 118 rue du Mont-Cenis, le siège administratif de Virgin ( R.Piano DW Archi.2000-2005).

La rue Championnet aboutit au 13 de la rue des Amiraux. A l’ angle avec la rue H.Lachapelle, l’ensemble HBM-piscine (H.Sauvage et Ch.Sarazin Archi.1922-1926 ), une suite logique de la réalisation de l’immeuble Vavin réalisé en 1912 avec la permanence d’une recherche d’ensoleillement maximum (deux heures supplémentaires pour les logements en rez de chaussée) rendu possible grâce aux terrasses en retrait inspirées des sanatoriums du début du XXe siècle.

A l’origine, l’implantation d’un cinéma fut imaginée au centre de l’ensemble, il fut remplacé  par une piscine publique surplombée d’une verrière. Structure en béton et façades revêtues de carreaux céramiques brillants identiques à ceux de la rue Vavin et du métro parisien (cf. les thèses hygiénistes).

Pour le Maitre d’Ouvrage à vocation sociale, cette recherche d’une ville plus « intense » aura comme incidence économique majeure une moins grande densité de logements sur la parcelle. En effet, si 78 logements ont été réalisés, une opération plus conventionnelle avec cour intérieure traditionnelle en aurait permis une cinquantaine de plus !. A cela il faut ajouter que 21 logements sont orientés plein Nord, 20 sont éclairés uniquement vers la cour intérieure.

Le plan du troisième étage permet de localiser les quatre circulations verticales qui desservent les étages d’habitations, les différents types de logements ainsi que les caves dont les circulations de dessertes longent le vide central au dessus de la verrière de la piscine.

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Une coupe sur l’ensemble permet de visualiser l’organisation spatiale autour de l’équipement public. Coté cour intérieure, seuls les logements des trois derniers niveaux comportent de petites fenêtres, les 3e et 4e étages comportent des fenêtres éclairant les circulations des caves.

A noter que cette disposition en gradins était imposée dès 1916 à New-York pour permettre une meilleure circulation d’air et une pénétration du soleil vers les niveaux inférieurs.

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Ce concept des gradins sera à nouveau développé par les mêmes architectes pour le projet d’immeuble Métropolis du quai de Passy en 1928 demeuré sans suite. Cette utopie est restée longtemps sans lendemains ce qui n’empêchera pas son classement aux Monuments Historiques en 1991.

 

Paris, balade architecturale de la Porte de la Chapelle à la Porte de la Villette.

Ce territoire parisien en limite Nord-Est situé entre les 18e et 19e arrondissements couvre 200 hectares environ. Il s’étire entre le Périphérique au Nord, les voies SNCF (réseaux Paris-Est et Paris-Nord) au Sud et à l’Ouest, et le canal Saint-Denis à l’Est.

La juxtaposition des réseaux de transports routiers, fluviaux et ferrés reliés aux entreprises de logistique ne présentait pas jusqu’à présent un cadre très favorable pour l’habitat.

Avec le développement du pôle économique de la Plaine Saint-Denis l’opportunité d’un renouvellement urbain s’est imposée. Le projet d’aménagement de Paris-Nord-Est en cours de travaux accueillera à terme 28.000 habitants et 41.000 emplois (respectivement 13.000 et 16.000 actuellement).

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Partant de la Porte de la Chapelle, la voie ferrée relie le réseau Nord à l’ancienne gare de marchandise du secteur Évangile et enjambe le boulevard des Maréchaux.

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La convergence de ces réseaux à proximité de l’ancien tissu industriel du Nord de Paris a concouru dans les années 60 à l’implantation des entrepôts Calberson filant sur plus de 800 m entre les portes de la Chapelle et de la Villette, et interrompus uniquement au droit de la porte d’Aubervilliers.

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La partie des entrepôts entre les portes de la Chapelle et la porte d’Aubervilliers est la plus récente, elle a été construite en 1970 ( M.Forest Arch.). Ce bâtiment est desservi à la fois par les réseaux SNCF Paris-Est et le chemin de fer de « la petite ceinture », il est assez exceptionnel par ses dimensions et par sa conception: construit sur 3 niveaux avec un parking sur la totalité de la terrasse. Sur la partie comprise entre les portes de la Chapelle et d’Aubervilliers la façade comporte différents redents. La rampe d’accès des véhicules vers les différents niveaux des entrepôts est implantée en extrémité du bâtiment coté Porte d’Aubervilliers.

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La cité HBM Charles Hermite est située le long du boulevard Ney face aux entrepôts. Elle est longée par le périphérique, le bassin d’Aubervilliers situé plus au Nord longe le centre commercial du Millénaire et les Magasins Généraux de La Plaine St Denis.

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Après la Porte d’Aubervilliers, et sur le boulevard Macdonald en direction de la Porte de la Villette: 3 ensembles de 150 logements sont implantés chacun autour d’une cour-jardin privatif avec une transparence des halls en rez de chaussée.

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L’opération centrale (R.& M. Schweitzer Arch.1997) développe une rigueur expressive dans la volumétrie en évitant les parois trop vitrées, elle utilise la palette de matériaux des HBM voisins en brique et enduit. Cette opération présente beaucoup de similitudes dans le traitement des volumes et des percements avec l’immeuble de logements du 9 avenue de la Porte de Clichy réalisé par cette même agence .

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La partie des entrepôts située entre les portes d’Aubervilliers et de La Villette (n° 141 à 221 du boulevard Macdonald) a été construite à la fin des années 60 (M.Forest Arch.) sur les terrains d’anciennes usines à gaz dont l’implantation datait des années 1860. La façade de la longue barre de 617 m de long et de 165.000 m² est ici sans redents, la résille de béton en souligne l’horizontalité. La structure en béton du bâtiment (prévue pour recevoir 3 étages supplémentaires) est recoupée sur les trois niveaux par des murs coupe-feu avec une hauteur moyenne sous plancher de 6 m. Pour ce bâtiment de stockage des marchandises les planchers pouvaient recevoir des surcharges de 2 tonnes/m². Le premier étage présente un porte à faux de 5 m tant du coté voie ferrée que du coté quai de déchargement des camions. La toiture terrasse a été utilisée comme fourrière de véhicules pour la ville de Paris.

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Cette seconde partie des anciens entrepôts a fait l’objet d’une importante reconversion pour créer 1126 logements, une résidence étudiante avec foyers de jeunes travailleurs, des bureaux, des commerces (C. de Portzamparc, N. Michelin, Brenac & Gonzalez, Gigon Guyer, Fantastic Architecture, Hondelatte-Laporte Arch.). Cette mixité des fonctions peut être conçue comme un levier pour favoriser les transformations des équipements pose un regard différent sur un patrimoine immobilier devenu inadapté, y compris comme ici ou l’épaisseur du bâtiment et les hauteurs sous dalles de ces entrepôts sont inhabituels peuvent produire des logements atypiques souvent riches de qualités spatiales. Par un effet de balancier fréquemment rencontré cette déconstruction-reconstruction aboutit à un sur la partie Sud coté Porte d’Aubervilliers à effet « matériauthèque »  qui certes nourrit le buzz, mais était-ce bien nécessaire pour les logements donnant face à la nouvelle gare RER Rosa Parks?.

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Coté canal et vers la Porte de la Villette, les traitements logements et bureaux sont moins anecdotiques.

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Coté boulevard Macdonald  la reconversion des entrepôts  en bureaux réalisée: 28.000 m² ( F. Leclerq, M. Mimram Arch.2015) n’ont pas le même effet de diversité des traitements à tout prix

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A son extrémité coté Porte de la Villette la reconversion des entrepôts a été affectée aux équipements publics: école, collège gymnase, crèche ( Kengo Kuma & Ass Arch.2015).

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Face à ces anciens entrepôts, la ZAC Claude Bernard fut crée en 2005 à l’emplacement de hôpital détruit dans les années 90. Cette ZAC de 15,5 hectares est enserrée entre le boulevard périphérique, le boulevard Macdonald et le canal Saint-Denis. Le premier quartier mixte dans ce secteur en mutation est desservi par le tramway et la nouvelle gare RER E « Rosa Parks » constituant un pôle intermodal important à l’échelle régionale.

Au n°166 le Cinéma UGC de 10.000 m² (JP.Viguier Arch.2013) est implanté en limite Est, et contigu au square Claude Bernard.

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Ce nouveau quartier urbain mixte (bureaux-logements-commerces et groupe scolaire) est limité au Nord par un ensemble de 3 immeubles de bureaux (41.000 m²) qui protège des nuisances sonores du périphérique. Les façades des bureaux sont très différenciées entre elles sans qu’on en saisisse la réelle justification, ici en limite Nord-Ouest (E.Combarel & D.Marrec Arch. 2011). Les habitations sont implantées le long du boulevard Macdonald.

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Faisant face au premier bâtiment de bureaux: l’immeuble de logements le long du boulevard Macdonald ( R.Marciano Arch.2011).

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Deux voies perpendiculaires au boulevard Macdonald déservent les bâtiments d’habitations et de bureaux, ces derniers communiquent entre eux par des galeries de liaisons transparentes isolant des nuisances du périphérique (J.Ferrier Arch.2011).Les bureaux et immeubles d’habitation sont séparés par un jardin accessible au public tout au long de la ZAC (agence de paysagistes TER).

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Face au deuxième bâtiment de bureaux, autre immeuble de logements (V.Brossy Arch. 2011).

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Immeuble mixte commerces-maison de retraite EHPAD de 104 lits-logements sociaux et en accession ( Atelier Zundel-Cristea Arch.2011) revêtu de céramique blanche.

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Le troisième immeuble de bureaux en limite Nord-Est (Sauerbruch & Hutton Arch.2011)

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Face au quatrième immeuble de logements ( D.Feichtinger Arch.2011) ici coté cœur d’îlot, et faisant face au groupe scolaire de la ZAC.

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Façade coté boulevard Macdonald (bardage en polycarbonate brillant).

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Le groupe scolaire de la ZAC Claude Bernard (Brenac & Gonzalez Arch.) coté cœur d’îlot: 12 classes (5 maternelles et 7 primaires) avec halte-garderie, pour répondre aux besoins des nouveaux habitants. L’enveloppe extérieure en verre opalin gomme toute expression de l’organisation intérieure de l’école.

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A l’angle entre le boulevard Macdonald et le quai du Lot.

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Coté canal de l’Ourq: les berges sont en cours de réaménagement entre Paris et Aubervilliers pour offrir de nouvelles promenades piétonnes. Le socle de béton clair en bordure de quai abrite une halte garderie, tandis que le premier étage reçoit la maternelle et le deuxième l’école primaire qui s’ouvre sur une cour de récréation.

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Le canal St Denis vers La Villette, au loin la colline de Belleville et la Place des Fêtes.

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Après avoir franchi le pont on découvre au n° 111-115 du boulevard Macdonald la façade Art Déco d’un immeuble de 130 logements d’une architecture moderne et radicale avec ses quatre bow-windows cylindriques donnant en façade arrière sur les voies de Paris-Est. L’ensemble est revêtu d’éclats de grès cérame (R. Enault Arch.1933).

Robert Enault est aussi l’auteur du remarquable immeuble du 176 rue Saint-Maur à l’angle avec la rue du Faubourg du Temple (1930).

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Détail des quatre bow-windows cylindriques.

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Au 115 boulevard Mac Donald et à l’angle avec le  quai de la Charente longeant le canal Saint-Denis un nouvel ensemble de logements et de commerces revêtu de panneaux cuivrés vient s’accoler (Badia Berger Arch. 2015), avec un retour contre un récent immeuble d’habitations jouxtant les voies ferrées de Paris-Est (G.Margot-Duclos Arch.2015).

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tout en laissant apparaitre la façade arrière de l’immeuble 1930.

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En poursuivant les berges en direction de la Cité des Sciences et au delà des voies ferrées: les Entrepôts et Magasins Généraux de Paris (accès par le n°11 de la rue de Cambrai). Ces entrepôts étaient autrefois reliés au canal par une darse intérieure pour permettre les déchargements de péniches.

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Le quai est maintenant longé par la ligne du tramway.

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Compte tenu de la densité des réseaux de communication, le Nord-Est parisien a longtemps constitué un emplacement idéal pour le stockage. Sous Napoléon III l’essor de l’industrialisation, du commerce, et aussi de l’urbanisation a nécessité le développement des capacités d’approvisionnement et de stockage des denrées non périssables.

Les docks du pont de Flandre (comme ceux du pont de Crimée sur le bassin de la Villette) ont été reliés au chemin de fer du Nord, de l’Est puis au chemin de fer industriel. Ils ont été construits entre 1845 et 1853 pour stocker blé, sucre et alcool jusque dans les années 50. Ces entrepôts sont d’une conception simple: les façades sont en meulière avec des chaînages d’angle en briques, la charpente et les planchers sont en bois. Les plus récents ont été prévus « fire-proof » pour répondre aux normes des compagnies d’assurance dès 1860. Ils offrent de grands espaces intérieurs qui les ont rendus utilisables facilement pour d’autres fonctions. Actuellement ils abritent des bureaux et des halls d’expositions.

Cette balade se termine temporairement en vue de la Cité des Sciences de La Villette, le long du canal qui passe sous l’avenue de Flandre.

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Paris du quai de Bercy au quartier de l’Arsenal.

 

Jusqu’au milieu du XIXe siècle la Seine demeura essentielle pour le transport et l’approvisionnement des marchandises dans la capitale. Les quais se poursuivaient de Bercy à Passy sans interruption, ils furent améliorés sans cesse avant que d’autres moyens de transports des marchandises ne viennent supplanter le transport fluvial puis nécessiter le réaménagement des zones de stockage ou de productions industrielles.

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Sur cette partie du fleuve au Sud-Est de Paris les usines de transformations furent progressivement déplacées telle l’usine génératrice d’électricité pour le métro parisien rue de Bercy ( doc.BNF) de P.Friesé Archi. 1904 , détruite pour y implanter le nouveau siège de la RATP. Le quai fut doublé par des voies de circulation rapides modifiant durablement le rapport entre la ville et le fleuve.

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Sur la partie du quai comprise entre le pont de Bercy et le pont Charles de Gaulle, l’îlot de rénovation urbaine Villiot-Rapée s’intègre entre les immeubles de bureaux. Aux logements sociaux des années 50 ont succédé 7 immeubles contigus réalisés par autant d’équipes d’architectes. Coté quai et rue Villiot la juxtaposition d’un immeuble a l’autre est maîtrisée et l’ensemble n’apparaît pas comme un collage composite.

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En coeur d’Îlot, une opération récente (Hamonic+ Masson Arch.2011) de 2 tours de 7 et 11 étages est plus dynamique et s’affranchie des contraintes vis à vis des immeubles voisins.

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Les logements comportent tous un angle avec balcon dont la géométrie est variable d’un niveau à l’autre.

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Sur cet îlot, la façade à l’opposée de la Seine fait face à la dalle surélevée de la gare Paris-Lyon. Elle longe la rue de Bercy et permet de découvrir la succession des immeubles de bureaux de l’opération d’urbanisme Bercy-La Rapée, disposés en peigne et  implantés sur un socle horizontal formant terrasse accessible ( J.Dubuisson urbaniste 1958-1978).

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Revenant vers la Seine, face à la rampe hélicoïdale de la passerelle d’Austerlitz, au 88 Quai de la Rapée et 2 boulevard Diderot: immeuble de bureaux (A.Leconte Arch.1933)  Les horizontales sont renforcées par les ensembles vitrés donnant une image forte dépouillée d’artifices superflus.

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96 Quai de la Rapée, immeuble de bureaux (A.Zubléna Arch.1992) et son  mur mobile vitré toute hauteur, sur 33m de large en façade occultant le parvis lors de la fermeture des bureaux. Une prouesse technique dépassée voire inutile et à l’opposée des contraintes actuelles d’économie des moyens pour les utilisateurs.

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Revenant vers la Gare de Paris-Lyon, au 13 boulevard Diderot: l’ancien hôtel Massilia        ( M.Oudin Arch.1911). Ce bâtiment îlot est implanté sur un terrain triangulaire délimité par le boulevard , les rues de Bercy et Traversière, lui donnant la force d’un signal.                La structure béton est immédiatement lisible sans exclure un coté pittoresque découlant pour partie des  bow-windows et des encorbellements. Lors de sa construction cet hôtel faisait figure de manifeste pro béton armé en dépit de certains aspects ne rompant pas totalement avec l’académisme ambiant.

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Angle 15 rue Traversière et 216 rue de Bercy, l’ancien siège administratif des Chemins de Fer Paris-Lyon-Méditerranée (1927-1930) d’une grande homogénéité architecturale.

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A l’angle rue de Bercy, la rue Crémieux ouverte en 1865 présente un aspect très particulier dans ce quartier. Réservée aux piétons, elle est bordée de chaque coté par une trentaine de maisons individuelles de deux étages chacune s’adossant contre les héberges du bâtiment administratif du PLM. Les teintes variées des façades se succèdent sans juxtapositions criantes entre elles .

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244-246 rue de Bercy, avant d’arriver au port de la Bastille, un tout autre aspect pour ce bâtiment qui regroupe une résidence du CROUS et un hall d’exposition automobile.

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Dans la ville haussmannienne, la modernisation des voies de communication a favorisé la division du travail. Ainsi le bassin de l’Arsenal fut utilisé entre le 19e et le 20e siècle comme port de commerce (vin,blé et bois). Relié au canal Saint-Martin ouvert en 1825 il permettait la liaison entre la Seine et le bassin de la Villette bordé de très nombreuses industries et au delà, le canal de l’Ourcq et les plaines du Nord. Sa reconversion en port de plaisance date de 1983.

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Le quartier de l’Arsenal, situé entre le quai Henri IV et  l’actuel boulevard Bourdon, tient son nom de l’arsenal royal dont l’implantation initiale remonte à 1533. Cette partie de la ville était destinée à la fabrication et au stockage des munitions, à la suite de différentes explosions et incendies la fabrication fut réalisée à La Salpêtrière et le quartier de l’Arsenal fut limité au stockage. L’île Louviers, encore visible sur le plan de Turgot (1739),était inhabitée, elle fut longtemps affectée à l’entreposage du bois flotté provenant du Morvan. Puis ensuite rattachée à la rive droite en 1843, l’ancien bras mort comblé forma l’actuel boulevard Morland. Sur la rive Sud le quai Henri IV fut actif jusque vers 1940.

Sur un terrain compris entre le quai Henri IV et le boulevard Morland, initialement affecté aux anciens laboratoires des Poudres et Salpêtres, l’ensemble « Nouvelle Vague » de 140 logements et crèche ( LIN Arch.2015) se développe en courbes avec ses façades en panneaux métalliques.

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Le terrain initial occupé par le Ministère de la Défense s’étend du n°18 quai Henri IV jusqu’au  2-6 rue de Schomberg et 15 boulevard Morland. Sur ce vaste terrain une opération mixte associe des logements pour la Garde Républicaine situés le long du quai et contre la rue de Schomberg ( Ateliers Lion Arch.1999). Le long du quai l’ensemble est constitué de quatre plots reliés par des passerelles avec balcons face à la Seine d’un niveau de finition malheureusement devenu inhabituel .

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Sur le retour rue de Schomberg et perpendiculaire au quai Henri IV, les trois bâtiments de l’ancienne caserne militaire Schomberg ( J-A Bouvard Arch.1883) en briques avec calepinages décoratifs et structure métallique apparente ont été surélevés de 2 étages bien différenciés en panneaux composites. Ces bâtiments reçoivent les logements sociaux avec un jardin central.

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Dans le quartier de l’ancien arsenal dont l’implantation initiale remonte à 1533, l’actuelle bibliothèque de l’Arsenal crée en 1757 a été installée dans la résidence construite en 1594 pour le duc de Sully, grand Maître de l’Artillerie, elle fut embellie en 1745.

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La frise décorative sous la corniche rassemble avec une profusion de détails les différents types de munitions de l’époque.

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17 boulevard Morland: la Cité administrative de la Ville de Paris a été conçue à l’origine pour regrouper les différents services de la Préfecture de la Seine (A.Laprade, P.Fournier et R.Fontaine Arch.1955-1965). Le plan en H ménage à l’avant et à l’arrière de la tour une pseudo esplanade monumentale d’une grande raideur totalement en phase avec ce bâtiment administratif aux références traditionnelles figées .

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La vision de cet édifice à partir du pont Sully-Morland, ne fait que renforcer l’ image du bâtiment régalien. A l’époque de sa construction le dépassement du plafond légal  par ce bâtiment de seize niveaux dans le secteur sauvegardé proche de l’île Saint-Louis n’a pas soulevé de polémique particulière de la part des riverains. Depuis les groupes de pressions et les recours des tiers ont su largement s’imposer à tout propos et souvent  de façon très abusive.

Souhaitons que le projet retenu lors de la consultation « Ré-imaginer Paris » basé sur la mixité des fonctions et des usages permette réellement « une véritable philosophie d’ouverture » afin de modifier le rapport du public avec ce bâtiment forteresse déconnecté de son environnement.

Ne doutons pas qu’il faudra plus que les plantations et arbres désormais érigés en nouveau dogme incontournable pour réussir ce challenge.

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L’actuel Pavillon de l’Arsenal (Clément Arch.1879) fut conçu pour recevoir la collection de tableaux d’un riche marchand. Transformé ensuite en lieu de stockage puis aménagé en pavillon permanent d’expositions dédié à l’urbanisme et l’architecture à Paris et en île de France (Reichen & Robert Arch.1988).

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La balade se termine à l’angle rue de Sully-boulevard Henri IV devant la caserne de la Garde Républicaine ( J.Hermant Arch.1895-1901), édifiée à la place de l’ancien couvent.

La caserne dédiée à la cavalerie comporte dans sa partie centrale un manège dont la charpente métallique , réalisée par G.Eiffel pour l’exposition de 1889, a été démontée quelques années plus tard et remontée dans la caserne.

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Paris, la Cité Internationale Universitaire et ses batiments icônes.

Galerie

Cette galerie contient 78 photos.

La Cité internationale universitaire de Paris est une fondation de droit privé qui a pour but de favoriser, dans un esprit de tolérance, les échanges entre étudiants venus du monde entier. Chaque année 6 000 résidents sont accueillis, répartis dans 37 pavillons … Lire la suite

Paris, balade architecturale dans le 8e arrondissement autour du parc Monceau.

Le quartier de la Plaine Monceau est représentatif des tissus urbains directement issus de la spéculation foncière développée durant le Second Empire lié indirectement au développement de la circulation ferroviaire. L’inscription des gares au centre de Paris, dans ce cas précis St Lazare, a eu pour conséquence d’importantes modifications urbaines comme en témoigne ce quartier .

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En partant de l’intersection avenue de Villiers et du boulevard de Courcelles l’homogénéité voire l’uniformité de l’architecture haussmannienne prend toute sa place au détriment des individualités.                                                                                                                              De loin seule la grande masse de l’ilot est lisible, de plus près les motifs des balcons sont autant de variations individuelles qui compensent cette apparente monotonie.

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Au 29 boulevard de Courcelles, un immeuble Art Nouveau. La façade avec décoration florale est sculptée autour des baies ( F-X Schoellkopf Arch.1902).

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Avant d’entrer dans le Parc Monceau au n°7 de l’avenue Velasquez: l’hôtel particulier d’ E. Cernuschi ( W.Bouwens van der Boijen Arch.1875). Ce financier proche de Garibaldi, avait fait en 1871 le voyage en Chine et au Japon d’où il avait ramené un nombre important d’objets d’art. Passionné par les arts asiatiques, il légat à sa mort en 1896 son hôtel et ses collections à la ville de Paris lui laissant la charge d’organiser un musée ouvert en 1898 spécialisé dans l’archéologie de la Chine archaïque jusqu’au XIIIe siècle.

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Le Parc Monceau longe le boulevard de Courcelles qui correspond à  l’enceinte des Fermiers Généraux. La rotonde de Chartres construite en 1787 est l’œuvre de C-N Ledoux. A l’origine à la fois bureau d’octroi des Fermiers Généraux et fabrique du parc. Les plans du bâtiment furent soumis au duc de Chartres futur duc d’Orléans propriétaire du parc, un appartement-belvédère fut aménagé à l’étage de la rotonde pour celui-ci.         A l’origine la coupole était sensiblement moins sphérique, elle fut modifiée en 1860.

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Dès son arrivée à la préfecture, Haussmann a sollicité des compagnies concessionnaires des chemins de fer de la ligne d’Auteuil initié par les frères Péreire pour le projet d’urbanisation de la Plaine Monceau.

Le terrain de la Plaine Monceau, propriété de la famille d’Orléans, fit l’objet d’une expropriation en 1860 par Haussmann. Il fut aménagé sous le second Empire par Alphand et l’architecte Davioud pour moitié, l’autre partie du parc fut revendue aux frères Péreire qui le lotir.

L’aménagement des terrains a été payé par le lotissement, les clauses de celui-ci ont définies les hauteurs de 20m des constructions de luxe. Une des caractéristiques de ce lotissement  réside aussi dans l’orientation vers le parc des façades principales de ces hôtels particuliers destinés à la clientèle des artistes officiels, notamment des peintres liés à des industriels rapidement enrichis grâce au développement économique.

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n°5 avenue Van Dyck (H.Parent Arch.1872 1873 ) l’hôtel-monument du chocolatier Menier avec une profusion ornementale de détails sculptés. Pas d’espaces successifs entre la partie publique et la partie privée comme à l’époque classique mais un unique espace en représentation permanente.

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n°8 rue Alfred de Vigny un autre hôtel de la famille Menier ( H.Parent Arch.1880), sur rue une façade néo-gothique

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à laquelle succède sur cour une façade inspirée de la Renaissance avec des communs bâtis à colombages et cette échauguette à damier ( actuel Conservatoire international de musique de Paris).

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13 rue Murillo immeuble de bureaux sur un terrain traversant donnant au n°60 rue de Lisbonne.

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angle rue de Lisbonne et rue Rembrandt

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60 rue de Lisbonne angle rue Rembrandt (G.et Ch. Blanche Arch.1937), d’une façon générale le quartier présente une multitude d’îlots qui valorisent les immeubles d’angle. Cette disposition favorise une grande diversité comme les autres angles d’îlots suivants le mettent en évidence.

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Dans la rue Rembrandt l’alignement est très hétérogène et d’une grande variété avec une succession d’immeubles dont les styles sont architecturalement étrangers les uns au autres. Au n° 7 rue Rembrandt: utilisation des nouveaux matériaux, le métal pour les oriels de cet immeuble résidentiel post-haussmannien comportant un appartement par niveau ( G.Rives Arch.1898). Le bow-window apparu à Paris autour de 1880 sera reconnu et autorisé par le règlement de 1893. Ici la serre du jardin d’hiver prolonge la perspective intérieure du grand salon et le bow-window permet d’agrandir la salle à manger.

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Place du Pérou, au 48 rue de Courcelles à l’angle avec la rue Rembrandt: la galerie Ching-Tsai Loo (F.Bloch Arch.1926) isolée par une clôture devant un petit jardin. Ce riche chinois venu étudier en France fit construire cet immeuble après avoir fait fortune dans le commerce des antiquités. Il abrite toujours une galerie consacrée aux antiquités asiatiques et comporte dans sa partie supérieure des appartements. Un des très rares exemples parisiens de ce style avec le cinéma La Pagode de la rue de Babylone. Classé Monument Historique.

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33 rue du docteur Lancereaux, immeuble de logements (M.Jacotey & C.Voyatsis Arch.2005 ) sur un terrain de 75 m². Une ré-interprétation de la persienne parisienne fréquent élément unificateur des façades .

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n°9 rue Murillo à l’angle avec la rue Rembrandt (G.Causse Arch.1870). Divers éléments architecturaux provenant du palais des Tuileries ont été regroupés par l’architecte dans la cour intérieure de l’immeuble.

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Angle Murillo et rue Rembrandt un autre hôtel particulier en bordure du parc Monceau à la monumentalité incontestable.

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Rue Murillo, une succession d’hôtels particuliers organisés en U autour d’un pavillon central.

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Entre pittoresque et classicisme un autre exemple d’éclectisme historique: le style Louis XIII des années 1880 mélange les citations en associant la brique à la pierre, devenu à la mode sous le Second Empire. Cette polychromie fait écho à l’évolution parallèle de la peinture de l’époque.

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Angle rue Murillo et au n° 3 de l’avenue Ruysdaël: un hôtel néo-classique transformé en immeuble de bureaux.

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n°4 avenue Ruysdaël l’ancien hôtel d’Abraham de Camondo qui appartint précédemment à la famille Meunier. Derrière le bâtiment principal l’architecte H.Parent construisit en 1885 les communs mélangeant assez curieusement les styles normand et mauresque .

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Avenue Ruysdaël et rue de Lisbonne un hôtel particulier très classique occupé par l’ambassade d’Algérie.

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47 à 49 rue Monceau un ensemble immobilier mixte bureaux-appartements dont le plan en H fait face au parc Monceau (A.Riegler Arch.vers 1950).

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63 rue de Monceau, la partie de l’hotel Moïse de Camondo construite en 1864 par un entrepreneur de travaux publics .

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Un hôtel entre cour et jardin (ce dernier étant assuré de fait par le parc Monceau): la cour d’honneur de l’hôtel de Camondo (R.Sergent Arch.1913) est inspiré du Petit Trianon.      Au rez de chaussée bas: le hall de réception et l’escalier monumental vers les pièces de réception situées au rez de chaussée haut, avec au premier étage les appartements privés.

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Coté parc une rotonde centrale avec deux ailes perpendiculaires entoure le jardin à broderies de buis dessinées par le paysagiste Achille Duchêne.

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L’hôtel Nissim de Camondo est une reconstitution d’une demeure artistique de la seconde moitié du XVIIIe siècle, il a été légué en 1935 au Musée des Arts Décoratifs.

Au premier étage le salon bleu offre une vue sur le parc Monceau.

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Paris, balade architecturale dans le 6e arrondissement.

 

Cette balade ne s’attarde pas à détailler la singularité des lieux autour du village Saint-Germain des Prés et de ses faubourgs du Pré aux Clercs de Saint-Sulpice ou de l’Odéon, mais plutôt à relever quelques bâtiments remarquables par leurs partis architecturaux et leurs inscriptions dans le paysage urbain.

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En partant des jardins de l’Observatoire et se dirigeant vers le jardin du Luxembourg,

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Le long des Jardins et à l’angle avec la rue Michelet, l’Institut d’Art et d’Archéologie (P.Bigot Arch.1926-1932). Ce bâtiment dont la conception structurelle est très conventionnelle par rapport à la production architecturale des années 30 développe un fort aspect « décoratif » par la variété des calepinages en briques rouges ou se juxtaposent les références romaines et orientales totalement à contre-courant du Mouvement Moderne.

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A l’angle du 6 rue Michelet et du 63 rue d’Assas: les laboratoires de recherche de la faculté de Pharmacie (C.Clouzeau et P.Sirvin Arch.1965-1967). Cette extension de laboratoires affiche clairement son inspiration brutaliste et met en évidence sa structure béton, larges ensembles vitrés et remplissage en briques claires.

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Face aux laboratoires de la fac et au carrefour des rues Michelet-Assas-Joseph Bara, un collage composite de volumétries et de traitements de façades.

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102 rue d’Assas, immeuble d’habitations (E.Malot Arch.1932) une reprise des idées de Roux-Spitz d’un luxe sans ostentation jouant sur la qualité des détails en effaçant toute aspérité dans le traitement de la façade.

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L’entrée vers le Musée Zadkine contigu permet de découvrir la façade arrière à redents .

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96 rue d’Assas: la Faculté de Droit (F.Carpentier et A.Lenormand Arch.1957-1963).       Sur cette parcelle traversante qui rejoint la rue N-D des Champs, sont implantés trois bâtiments distincts dont un amphithéâtre de 1700 places. Structure béton jusqu’au deuxième étage puis ossature métallique permettant de grandes portées sans poteaux intermédiaires. La grille de façade en acier inox habille la structure métallique porteuse.  Un ensemble d’escaliers de secours a récemment été ajouté lors de la remise aux normes du bâtiment.

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A l’arrière de la Fac et coté rue Notre Dame des Champs ( n°115): immeuble d’habitations avec loggias et redents qui accueille en cœur d’îlot la faculté libre de Droit..

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Plus loin dans la rue Notre Dame des Champs, la façade arrière du 143 bd du Montparnasse ( L-J.Madeline Arch.1939).

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La rue N-D des Champs croise la rue Vavin, au n°26, l’immeuble d’habitations à gradins au revêtement de façade en carrelage type « métro » blanc inspiré de la Sécession viennoise (H.Sauvage et Ch.Sarazin Arch.1911-1912). Esprit hygiéniste et recherche maximale de l’ensoleillement des logements et de la rue. En 1913, H.Sauvage développera à plus grande échelle ce principe des gradins lors de la construction des habitations et piscine municipale de la rue des Amiraux dans le 18è.

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Rue Guynemer, séquence « résidentiel de luxe » (F.Carpentier Arch.1964) par l’architecte de la Faculté de Droit, même maillage mais ici en pierre marbrière pour cet immeuble  face au jardin du Luxembourg.

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14 rue Guynemer: immeuble d’habitations (M.Roux-Spitz Arch.1927). Cet immeuble sans radicalité particulière comme les réalisations de Le Corbusier, propose une alternative à l’immeuble post-haussmannien. Il sera développé avec son bow-window dans quatre autres bâtiments en déclinant la même esthétique pour le 89 quai d’Orsay,            le 11 bd Montparnasse et le 45 bd d’Inkermann à Neuilly.                                              Dans cet immeuble destiné à M Roux-Spitz et à quelques amis, l’aménagement intérieur reste très conventionnel et n’apporte pas de recherche novatrice. Cette image du bow-window à 3 pans devenue d’une certaine façon la signature de Roux-Spitz n’a pas cessé depuis d’être utilisée .

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6-10 rue Guynemer, un autre immeuble résidentiel de luxe avec école privée ( J.Le Couteur Arch.1975-1975), un ensemble de duplex avec balcons face au jardin du Luxembourg, la partie arrière du terrain rue Madame regroupe l’ensemble de l’école privée Bossuet.

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La traversée du jardin du Luxembourg fait partie de ces petits bonheurs dont on ne se lasse jamais (préférez le matin à l’ouverture)…

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…et s’arrêter le long de la fontaine construite par Marie de Médicis vers 1630 à la façon des grottes de jardins Italiens. La niche centrale représente  » Polyphème surprenant Acis et Galathée »…

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La sortie du jardin vers la rue Médicis fait face à l’austère façade de l’Odéon-théâtre de l’Europe et ses formes cubiques (M-J Peyre Arch. et de Wailly décorateur 1779-1782). Sous les arcades étaient autrefois implantés des commerces dont celui de Flammarion et des cafés liés à la salle de spectacle.

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Après avoir longé la rue de Tournon et remonté le boulevard Saint-Germain, au 39-45 rue des Saints-Pères, l’École de Médecine ( P.Andrieu, L.Madeline, J.Walter Arch.1937-1953). L’échelle de ce bâtiment et son traitement lisse et monotone en pierre de Bourgogne ont constitué longtemps une des ruptures les plus criantes dans le tissu de ce quartier riche d’hôtels particuliers du XVIIè. Si les terrasses des étages supérieurs ne sont pas visibles de la rue elles sont facilement repérables de loin dans le ciel parisien.

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Le débouché de la rue des Saints-Pères se fait face à la Seine.

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A l’ angle de la rue des Saints-Pères et du n°1 quai Voltaire: l’hôtel de Tessé (1765), un emplacement exceptionnel face à la grande galerie du Louvre.

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Angle rue des Saints-Pères et quai Malaquais. Pour ces deux immeubles les surélévations datant de 1910 et de 1930 ont permis à ces deux immeubles et leurs pseudos ateliers d’artistes de développer de larges vues sur la Seine et la rive droite.

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11-13 quai Malaquais, les salles d’expositions de l’École Nationale Supérieure de Beaux-Arts (F.Duban Arch.1858), décor classique sur une structure en fer.

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14 rue Bonaparte: l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts s’étend sur deux hectares et compte de multiples bâtiments d’époques différentes.Sur la cour d’Honneur la façade principale du Palais des Études (F.Duban Arch.1840).

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Le Palais des Études d’influence Renaissance Italienne fut construit à l’origine pour présenter les collections du grand musée des Antiques et sa collection des moulages importés d’Italie, il fut déménagé entre 1968-1970. La cour intérieure était à l’origine à ciel ouvert. Elle fut ensuite couverte par une structure métallique, dont les colonnes creuses servent à l’écoulement des eaux, pour permettre une plus importante installation de moulages. Au sol carrelage en décor polychrome (1891-1903).

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La cour du Mûrier est l’ancien espace claustral du couvent des Petits-Augustins, sur lequel l’École a été implantée, elle doit son nom à un mûrier de Chine.

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L’hôtel de Chimay (15 quai Malaquais) et sa façade sur jardin est inclus dans l’École, il a été construit à l’origine par F.Mansart (1640) et acheté par l’État en 1883 afin d’agrandir l’École .

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La Place Furstemberg voulue par la cardinal de Furstemberg donne accès au palais  abbatial de St Germain des Prés à partir de la rue Jacob. Aujourd’hui elle permet d’accéder aussi au Musée Delacroix situé au n°6 de la place.

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A partir de la rue de l’Abbaye vers les rues de la Petite boucherie et de l’Échaudé on peut encore découvrir les dispositions anciennes du paysage urbain.

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Rue de l’Abbaye, la façade de l’ancien palais abbatial de St Germain des Prés (1586-1590) maintes fois restaurée jusqu’à dernièrement en 1976.

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57 Rue de Seine à l’intersection avec la rue Jacob: l’hôtel Varin et son comble à la Mansart (P-J Varin Arch.1740) les deux premiers étages sont remarquables par les fenêtres à anse de panier sculptées.

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Angle rue Mazarine-rue Jacques Calot les anciens Ateliers Extérieurs de l’École des Beaux-Arts ( H-G Expert Arch.1931-1933). Les poteaux en retrait de la façade permettent le développement maximal de l’éclairage naturel pour les ateliers avec mezzanines.

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Carrefour St Germain-Odéon, quelques façades fin du XVIIIè aux toits mansardés. La rue qui remonte vers le carrefour de l’Odéon et la place de l’Odéon n’a été percée qu’au XIXé.

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91 boulevard Saint-Germain devant la place Henri Mondor: immeuble de bureaux (L. et R.Michaux Arch. 1928). Les grands ensembles vitrés permettent la luminosité des espaces intérieurs.

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56 boulevard Saint-Germain, l’ancienne École Spéciale des Travaux Publics (J. Cholet et J-B Mathon Arch.1936). Il faut noter une forte influence hollandaise dans un certain nombre de bâtiments publics, en particulier les écoles, construits durant ces années.       Ici, aux verticalités ponctuant la façade sur le boulevard répondent les horizontales sur le retour de la rue Thénard .

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Place Marcelin-Berthelot l’extension du Collège de France (A.et J.Guilbert, A.Leconte Arch. 1928-1939) ces architectes qui ont réalisé les laboratoires de l’École Normale Supérieure à la même époque reprennent inlassablement les principes mis au point par les frères Perret sans apports personnels particuliers.

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29 rue Jean de Beauvais, immeuble de logements (J.Le Couteur et J. Prouvé Arch.1950),sur ce terrain d’angle l’immeuble développe un appartement par étage avec un plan libre, mono-orienté et des vues échappées vers la rue des Écoles.

Panneaux en alu nervuré et ensemble porte d’entrée par Jean Prouvé.

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La remontée de la rue Saint-Jacques coupe la rue Soufflot et permet de profiter d’une vision temporaire du Panthéon dont l’habillage du dôme fait un clin d’œil involontaire à la pagode Hsinbyume de Mingun ( Myanmar).

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174 rue Saint-Jacques, immeuble d’habitations ( P.Tournon Arch. 1931), dans ce quartier historique l’écriture de cet immeuble à la structure lisible avec ses loggias individuelles rappelle qu’à toute époque l’expression des recherches est bénéfique, contredisant les partisans d’une ville figée qui serait transformée en musée.

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Angle rue Saint-Jacques et rue des Fossés Saint-Jacques.

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195 rue Saint-Jacques, l’Institut Océanographique / Maison des Océans ( H-P Nénot Arch.1911), cet institut fut crée par Albert Ier de Monaco. La tour crénelée, les bossages de pierres et les appareillages de briques par ce Prix de Rome qui a remporté en 1927 le concours du Palais des Nations de Genève contre Le Corbusier, une « référence « dans le pittoresque !…

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