Paris 17e Ouest : du pont Cardinet à la place de l’Etoile-Charles de Gaulle.

 

Le territoire de l’actuel 17e arrondissement comportait déjà avant son annexion à Paris en 1860 de grands lotissements spéculatifs. Après son rattachement, l’urbanisation de sa partie Ouest entre les voies ferrées de Paris-Saint-Lazare et les boulevards des maréchaux s’est développée par la volonté de l’administration haussmannienne largement aidée par les spéculateurs privés, notamment les frères Péreire, pour ouvrir de nouvelles voies créant de fait un important nombre de lotissements constructibles. Jusqu’à la fin du XIXe siècle ces lotissements verront s’implanter dans ce nouveau quartier parisien en vogue, des immeubles et de nombreux hôtels particuliers notamment pour une clientèle d’artistes officiels se rapprochant de leurs riches commanditaires regroupés autour du Parc Monceau.

Une vue aérienne de l’état en 1867 au dessus du village de Champerret.

La balade commence à la gare de Pont Cardinet (J.Polti Arch.1923) le long des voies SNCF de Paris-Saint-Lazare qui sépare les parties Ouest et Est (quartier des Batignolles) de l’arrondissement.

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La rue Cardinet permet de rejoindre la zone commerçante de cette partie Nord-Ouest de l’arrondissement autour de la rue de Lévis . A l’angle des rues Legendre, de Tocqueville et Cosnard, on découvre une succession de collages néo-historisants de la fin du XIXe et pour commencer, l’hôtel néo-renaissance en pierre et brique construit pour le parfumeur Guerlain .

36 rue de Tocqueville (Ch.Plumet Arch.1897) et ses loggias « décoratives » développées plus amplement en 1901 au 50 avenue V.Hugo.

A la fin du XIXe siècle, le Moyen-age et la Renaissance sont à la mode. En rupture avec l’uniformité apparente de l’architecture haussmannienne la critique du balcon a autorisée le développement des bow-windows ainsi que des loggias « décoratives » pour prolonger les appartements vers l’ extérieur. Ce dispositif architectural sera ensuite très largement développé tant pour les immeubles résidentiels que pour les logements sociaux au début du XXe siècle.

45 rue de Tocqueville: l’ immeuble commercial  Dorel (F.Bertrand Arch.1920-1923). Les bureaux sont implantés sur rue, l’appartement est situé au 4e étage avec un bow-window imposant, les ateliers de reprographie sont implantés à l’arrière de la parcelle. La façade en béton est totalement revêtue de motifs décoratifs en mosaïque de pâte de verre.

Au début du XXe siècle ce quartier en plein développement a permis d’ intégrer les différentes évolutions architecturales comme la Salle Cortot de l’Ecole Normale de Musique au 78 rue Cardinet (A.Perret Arch.1928). Sa façade en pierre est totalement épurée et sa frise correspond au système d’aération. Cette salle possède des qualités acoustiques tout à fait exceptionnelles (classée Monument Historique). Son Maître d’Ouvrage le pianiste Alfred Cortot déclarait au sujet de l’architecte: « il nous avait bien dit… »je vous ferai une salle qui sonnera comme un violon »; il a dit vrai mais il se trouve que ce violon est un stradivarius ».

Passé le boulevard Malesherbes on rejoint le lotissement Péreire qui est le plus complexe des tracés urbains parisiens par sa multitude d’îlots triangulaires. Ce procédé valorise les effets de perspectives et met en scène de façon renforcée les immeubles d’angles. L’organisation de l’ensemble est structurée par quelques grandes places à l’architecture ordonnancée ( Wagram, du Brésil , et Péreire).

Plusieurs rues de ce quartier ont conservé les fastes de la fin du XIX liés au développement de l’industrialisation et à l’enrichissement rapide d’une certaine classe sociale. Les ateliers d’artistes sont majoritairement implantés entre le boulevard Malesherbes, l’avenue de Wagram et l’avenue de Villiers. La rue Ampère rassemble la plus grande diversité dans les juxtapositions d’hôtels particuliers-ateliers d’artistes.

L’église Saint François de Salles initialement construite rue Brémontier a été agrandie ensuite coté rue Ampére entre 1911 et 1913 (E.Ewald Arch.) afin d’accompagner l’accroissement de la population du quartier. A proximité quelques immeubles présentent des bow-windows métalliques particulièrement développés.

A l’angle de l’avenue de Wagram et de la rue Brémontier  au 1 place d’Israël- 128 avenue de Wagram ( P.Patout Arch.1929), une expression modern’style sans ornement pour ce bâtiment d’angle, construit à l’origine pour une pension de famille, qui offrait une flexibilité des chambres afin de s’adapter aux demandes évolutives des clients.A l’origine les menuiseries des fenêtres étaient à guillotine .

61 rue Ampère l’atelier du peintre F.Flameng (J.Sauvestre Arch.1898 )

67 rue Ampère, dans la tendance Arts &Crafts.

La remontée du boulevard Péreire coté des numéros impairs vers la place de Wagram qui s’effectue en traversant les jardins publics implantés en 1968 sur la tranchée ferroviaire, permet d’admirer au n°145 un hôtel particulier avec ateliers d’artistes sur une parcelle très étroite qui a longtemps formé un signal urbain totalement isolé des autres constructions (G.A Dreyfus et V.Mette Arch.1931).

A l’arrivée sur la place Loulou Gasté et à la pointe des 3-17 rue Philibert Delorme, le tissu urbain a été largement modifié (U.Cassan Arch.1953). Ce qui pourrait s’apparenter à une barre est en fait l’assemblage de six éléments de 10 niveaux au plan en croix avec étages supérieurs en gradins, seul le premier élément à proximité de la place est isolé.

Cette place Loulou Gasté permet de rejoindre via la rue Alfred Roll le boulevard Berthier. Au n°23 l’ancien hôtel particulier d’un chanteur d’opéra (A.Sélonier Arch.1902). Une surcharge d’ornements à la façon décor de théâtre dans la mode historiciste. L’hôtel particulier voisin construit en 1899, maintenant démoli, était celui d’Yvette Guilbert dans un style  Art nouveau et donc d’esprit totalement différent .

En face: 134-142 bld Berthier, ces HBM rappellent l’importante production de logements sociaux de l’entre-deux guerres avec les façades en appareillages de briques (J.Bassompierre P.de Rutté et P.Sirvin Arch.1931-1933).

51 bld Berthier  (P.Sédille Arch.1892), ici les briques vernissées turquoises apportent une touche de polychromie dans cette succession d’appareillages de briques.

L’entrée de cet hôtel est située au 32 rue E.Fléchat, d’autres hôtels particuliers ont été construits dans cette rue.

En remontant vers le boulevard Péreire du coté des numéros pairs:au 100 bld Péreire (M.Hennequet arch.1925), systématisation des bow-windows polygonaux pour multiplier les vues obliques et travail plus particulier des derniers niveaux. Façade en granito de marbre avec des profils d’angle en faïence blanche. En 1930 M.Hennequet a réalisé rue Franklin un immeuble qui reprend exactement le même dispositif des bow-windows plissés.

Retour à la place Péreire.

A partir de cette vue aérienne de 1867 on peut visualiser les tracés viaires en étoile qui innervent le lotissement avec des avenues haussmanniennes très larges. Les principaux tracés y interférent selon deux triangles chevauchés qui rayonnent respectivement sur les places Péreire et Wagram, ces triangles sont subdivisés à leurs tour créant différentes voies secondaires.

Dans ce tissu urbain assez composite, au 134 avenue de Villiers, l’hôtel particulier Régnard de Chérif dans un style pseudo-hollandais (S.Sauvestre Arch.1883) .

L’avenue de Villiers permet de rejoindre la place du Brésil puis l’avenue de Wagram. Au n° 62 à l’angle avec la rue de Prony (D.Honegger Arch.1950-1955) cet immeuble de bureaux utilise l’industrialisation, sa préfabrication dans un langage très classique est d’un « rigorisme épidermique », la façade est en béton bouchardé.

Rue Jouffroy d’Abbans, une surélévation des années 30 romps curieusement la symétrie d’origine entre deux bâtiments du début XXe.

85 rue Jouffroy d’Abbans (E.Albert Arch. et JL Sarf Ing.1955).

A l’origine l’Epargne de France demanda à E.Albert de créer 1000 m² de bureaux sans toucher aux anciennes parties d’un hôtel particulier qui fut un temps celui de G.Eiffel.   Avec l’impossibilité de concevoir de nouvelles fondations et le programme imposant de créer des espaces flexibles E.Albert et JL Sarf ont imaginé une ossature métallique tubulaire légère en acier laissée visible et largement vitrée avec impostes en partie haute de chaque niveau, ce projet fut réalisé dans un délai très bref tout en conservant l’édifice existant qui laissait voir sa façade à partir de la rue. Les deux derniers niveaux respectent la courbe réglementaire du gabarit parisien de l’époque. Cette première réalisation d’architecture tubulaire sera ensuite développé dans les projets de la tour Croulebarbe et la direction de l’exploitation d’Air France à Orly .

Un parfait exemple d’architecture métallique alliant légèreté, économie et standardisation qui ont contribué à la renommée de l’édifice puisqu’il obtint en 1957 le Grand Prix International d’Architecture. Malheureusement une densification récente a dénaturée le projet initial en masquant la cour devant l’hôtel particulier sur la largeur des quatre premiers niveaux et sur les huit premières trames verticales.

103-105 rue Jouffroy d’Abbans (T.Petit Arch.1906)

Au développement du comble que favorise la réglementation de l’immeuble post-haussmannien s’intègre le motif de la loggia sur colonne, valorisant ainsi le « bel étage » et sa vue dégagée .

Dans l’alignement de l’avenue Wagram, à l’angle avec la rue Cardinet et au 132-134 rue de Courcelles (T.Petit Arch.1906), l’ implantation de cet immeuble en angle est exceptionnelle, elle a permis la mise en scène d’extravagances post-Art Nouveau sur une base haussmannienne, comme un art des compromis entre deux périodes .

Cet éclectisme est particulièrement développé dans le traitement des poivrières à l’angle avec l’avenue de Wagram. Libérée des contraintes haussmanniennes et renforcées par les perspectives nouvelles, les différents traitements des dômes et rotondes acquièrent le rôle de nouveaux signaux urbains pour cette époque  .

Lui faisant face au 119 avenue de Wagram (A.Perret Arch.1902), la galerie avec loggias du 5é étage de cet appartement succombe, certes avec modération, au motif familier de 1900. Un an plus tard et à 29 ans Auguste Perret réalisera en rupture avec cet immeuble assez convenu l’immeuble du 25bis rue Franklin, une des références majeures des débuts de l’architecture moderne.

Dans cette partie de l’avenue de Wagram près de la Place des Ternes, le tissu urbain dense est plus régulier et les immeubles haussmanniens se rapprochant de la place de l’Etoile apparaissent très neutres. La rupture d’échelle dans le bâti se situe à l’ angle du 33 rue Poncelet – rue des Renaudes avec un ensemble immobilier regroupant pour l’administration des Postes, bureaux et central téléphonique.(J.Dumont Arch.1975) .

L’ hommage rendu à cet architecte lors de sa réception à l’Académie d’Architecture en novembre 1976 laisse perplexe:« …l’immeuble des postes et télécommunications, à l’angle des rues Poncelet et des Renaudes dans le 17ème arrondissement de Paris illustre le sens des rapports, des proportions, ainsi que la perception aiguë des formes et des couleurs dont disposait naturellement Jean Dumont. » … »on peut apprécier avec quelle habileté Jean Dumont réussit à faire vibrer la façade, en fractionnant le volume principal, et en retrouvant un rythme vertical qui inscrit harmonieusement ce très volumineux bâtiment dans les perspectives urbaines ». Chacun pourra rectifier cette vision dithyrambique quant à l’inscription dans le site de cet ensemble après une visite .

A l’arrivée Place des Ternes: « La Cité Mondaine » (Boussard Arch.1882). Une cour centrale circulaire est implantée au centre de cet immeuble vers laquelle sont orientés les appartements. Une réalisation entre hygiénisme et rentabilisation de la façade sur la place traitée de façon volontairement  « prestigieuse ».

Place des Ternes et avenue des Ternes 1867

De la place des Ternes à la place de l’Etoile-Charles de Gaulle on rejoint un axe important depuis 1850.

Au 34 avenue Wagram l’ancien Logiluxe Parisien devenu le Céramic hôtel (J.Lavirotte Arch.1904).A l’origine, cette résidence hôtelière comportait en façade sur l’avenue, salle à manger, salon et petit salon; sur la cour centrale un office et une salle de bains commune aux 5 chambres implantées autour d’une seconde cour à l’arrière du terrain. La structure en béton pour ce bâtiment de 9m de large sur l’avenue est totalement masquée par une peau décorative en grès flammé et faïence émaillée réalisée par Alexandre Bigot. Ce bâtiment constitue un parfait exemple d’une réalisation d’Art Nouveau, même s’il n’atteint pas le niveau d’exubérance du 29 avenue Rapp par le même architecte,un brillant jeu de courbes avec les balcons décorés de glycines, les étages sont identiques mais l’expression en façade est travaillée différemment à chaque niveau. Lavirotte a été lauréat à trois reprises du concours des façades avec réserve toutefois du jury par rapport à ses « débordements » et à son style.

Lui faisant face, 37 avenue Wagram, l’hôtel Renaissance Wagram (Ch.de Portzamparc Arch.2003-2008), les courbes et contre courbes des parois vitrées forment un tressage permettant des vues panoramiques sur le paysage urbain comme un écho lointain au vis à vis de l’avenue.

Retour avenue des Ternes dont le tracé très ancien se poursuit vers le centre de Paris par la rue du Faubourg Saint-Honoré. Dans ce secteur à vocation commerciale et  au carrefour entre l’avenue des Ternes et l’avenue Niel : l’ancien Magasins Réunis s’affiche comme un autre manifeste en rupture avec l’uniformité de la ville haussmannienne (M.Oudin Arch.1912), ici la structure en béton est clairement mise en évidence.

Ces juxtaposions entre courants architecturaux successifs se retrouvent une dernière fois avant de rejoindre la place de l’Etoile via l’avenue Mac Mahon au n° 29 (G.Massa Arch.1902),  avec des lourdeurs décoratives très éclectiques en dépit des simplifications ultérieures réalisées en partie haute du 4é étage sous les combles.

Plus haut, dans l’avenue et à l’angle avec la rue du général Lanrezac, un traitement d’angle dynamique des années 30 termine cette balade à proximité de la place de l’Etoile-Charles de Gaulle.

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Paris du quai de Bercy au quartier de l’Arsenal.

 

Jusqu’au milieu du XIXe siècle la Seine demeura essentielle pour le transport et l’approvisionnement des marchandises dans la capitale. Les quais se poursuivaient de Bercy à Passy sans interruption, ils furent améliorés sans cesse avant que d’autres moyens de transports des marchandises ne viennent supplanter le transport fluvial puis nécessiter le réaménagement des zones de stockage ou de productions industrielles.

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Sur cette partie du fleuve au Sud-Est de Paris les usines de transformations furent progressivement déplacées telle l’usine génératrice d’électricité pour le métro parisien rue de Bercy ( doc.BNF) de P.Friesé Archi. 1904 , détruite pour y implanter le nouveau siège de la RATP. Le quai fut doublé par des voies de circulation rapides modifiant durablement le rapport entre la ville et le fleuve.

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Sur la partie du quai comprise entre le pont de Bercy et le pont Charles de Gaulle, l’îlot de rénovation urbaine Villiot-Rapée s’intègre entre les immeubles de bureaux. Aux logements sociaux des années 50 ont succédé 7 immeubles contigus réalisés par autant d’équipes d’architectes. Coté quai et rue Villiot la juxtaposition d’un immeuble a l’autre est maîtrisée et l’ensemble n’apparaît pas comme un collage composite.

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En coeur d’Îlot, une opération récente (Hamonic+ Masson Arch.2011) de 2 tours de 7 et 11 étages est plus dynamique et s’affranchie des contraintes vis à vis des immeubles voisins.

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Les logements comportent tous un angle avec balcon dont la géométrie est variable d’un niveau à l’autre.

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Sur cet îlot, la façade à l’opposée de la Seine fait face à la dalle surélevée de la gare Paris-Lyon. Elle longe la rue de Bercy et permet de découvrir la succession des immeubles de bureaux de l’opération d’urbanisme Bercy-La Rapée, disposés en peigne et  implantés sur un socle horizontal formant terrasse accessible ( J.Dubuisson urbaniste 1958-1978).

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Revenant vers la Seine, face à la rampe hélicoïdale de la passerelle d’Austerlitz, au 88 Quai de la Rapée et 2 boulevard Diderot: immeuble de bureaux (A.Leconte Arch.1933)  Les horizontales sont renforcées par les ensembles vitrés donnant une image forte dépouillée d’artifices superflus.

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96 Quai de la Rapée, immeuble de bureaux (A.Zubléna Arch.1992) et son  mur mobile vitré toute hauteur, sur 33m de large en façade occultant le parvis lors de la fermeture des bureaux. Une prouesse technique dépassée voire inutile et à l’opposée des contraintes actuelles d’économie des moyens pour les utilisateurs.

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Revenant vers la Gare de Paris-Lyon, au 13 boulevard Diderot: l’ancien hôtel Massilia        ( M.Oudin Arch.1911). Ce bâtiment îlot est implanté sur un terrain triangulaire délimité par le boulevard , les rues de Bercy et Traversière, lui donnant la force d’un signal.                La structure béton est immédiatement lisible sans exclure un coté pittoresque découlant pour partie des  bow-windows et des encorbellements. Lors de sa construction cet hôtel faisait figure de manifeste pro béton armé en dépit de certains aspects ne rompant pas totalement avec l’académisme ambiant.

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Angle 15 rue Traversière et 216 rue de Bercy, l’ancien siège administratif des Chemins de Fer Paris-Lyon-Méditerranée (1927-1930) d’une grande homogénéité architecturale.

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A l’angle rue de Bercy, la rue Crémieux ouverte en 1865 présente un aspect très particulier dans ce quartier. Réservée aux piétons, elle est bordée de chaque coté par une trentaine de maisons individuelles de deux étages chacune s’adossant contre les héberges du bâtiment administratif du PLM. Les teintes variées des façades se succèdent sans juxtapositions criantes entre elles .

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244-246 rue de Bercy, avant d’arriver au port de la Bastille, un tout autre aspect pour ce bâtiment qui regroupe une résidence du CROUS et un hall d’exposition automobile.

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Dans la ville haussmannienne, la modernisation des voies de communication a favorisé la division du travail. Ainsi le bassin de l’Arsenal fut utilisé entre le 19e et le 20e siècle comme port de commerce (vin,blé et bois). Relié au canal Saint-Martin ouvert en 1825 il permettait la liaison entre la Seine et le bassin de la Villette bordé de très nombreuses industries et au delà, le canal de l’Ourcq et les plaines du Nord. Sa reconversion en port de plaisance date de 1983.

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Le quartier de l’Arsenal, situé entre le quai Henri IV et  l’actuel boulevard Bourdon, tient son nom de l’arsenal royal dont l’implantation initiale remonte à 1533. Cette partie de la ville était destinée à la fabrication et au stockage des munitions, à la suite de différentes explosions et incendies la fabrication fut réalisée à La Salpêtrière et le quartier de l’Arsenal fut limité au stockage. L’île Louviers, encore visible sur le plan de Turgot (1739),était inhabitée, elle fut longtemps affectée à l’entreposage du bois flotté provenant du Morvan. Puis ensuite rattachée à la rive droite en 1843, l’ancien bras mort comblé forma l’actuel boulevard Morland. Sur la rive Sud le quai Henri IV fut actif jusque vers 1940.

Sur un terrain compris entre le quai Henri IV et le boulevard Morland, initialement affecté aux anciens laboratoires des Poudres et Salpêtres, l’ensemble « Nouvelle Vague » de 140 logements et crèche ( LIN Arch.2015) se développe en courbes avec ses façades en panneaux métalliques.

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Le terrain initial occupé par le Ministère de la Défense s’étend du n°18 quai Henri IV jusqu’au  2-6 rue de Schomberg et 15 boulevard Morland. Sur ce vaste terrain une opération mixte associe des logements pour la Garde Républicaine situés le long du quai et contre la rue de Schomberg ( Ateliers Lion Arch.1999). Le long du quai l’ensemble est constitué de quatre plots reliés par des passerelles avec balcons face à la Seine d’un niveau de finition malheureusement devenu inhabituel .

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Sur le retour rue de Schomberg et perpendiculaire au quai Henri IV, les trois bâtiments de l’ancienne caserne militaire Schomberg ( J-A Bouvard Arch.1883) en briques avec calepinages décoratifs et structure métallique apparente ont été surélevés de 2 étages bien différenciés en panneaux composites. Ces bâtiments reçoivent les logements sociaux avec un jardin central.

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Dans le quartier de l’ancien arsenal dont l’implantation initiale remonte à 1533, l’actuelle bibliothèque de l’Arsenal crée en 1757 a été installée dans la résidence construite en 1594 pour le duc de Sully, grand Maître de l’Artillerie, elle fut embellie en 1745.

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La frise décorative sous la corniche rassemble avec une profusion de détails les différents types de munitions de l’époque.

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17 boulevard Morland: la Cité administrative de la Ville de Paris a été conçue à l’origine pour regrouper les différents services de la Préfecture de la Seine (A.Laprade, P.Fournier et R.Fontaine Arch.1955-1965). Le plan en H ménage à l’avant et à l’arrière de la tour une pseudo esplanade monumentale d’une grande raideur totalement en phase avec ce bâtiment administratif aux références traditionnelles figées .

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La vision de cet édifice à partir du pont Sully-Morland, ne fait que renforcer l’ image du bâtiment régalien. A l’époque de sa construction le dépassement du plafond légal  par ce bâtiment de seize niveaux dans le secteur sauvegardé proche de l’île Saint-Louis n’a pas soulevé de polémique particulière de la part des riverains. Depuis les groupes de pressions et les recours des tiers ont su largement s’imposer à tout propos et souvent  de façon très abusive.

Souhaitons que le projet retenu lors de la consultation « Ré-imaginer Paris » basé sur la mixité des fonctions et des usages permette réellement « une véritable philosophie d’ouverture » afin de modifier le rapport du public avec ce bâtiment forteresse déconnecté de son environnement.

Ne doutons pas qu’il faudra plus que les plantations et arbres désormais érigés en nouveau dogme incontournable pour réussir ce challenge.

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L’actuel Pavillon de l’Arsenal (Clément Arch.1879) fut conçu pour recevoir la collection de tableaux d’un riche marchand. Transformé ensuite en lieu de stockage puis aménagé en pavillon permanent d’expositions dédié à l’urbanisme et l’architecture à Paris et en île de France (Reichen & Robert Arch.1988).

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La balade se termine à l’angle rue de Sully-boulevard Henri IV devant la caserne de la Garde Républicaine ( J.Hermant Arch.1895-1901), édifiée à la place de l’ancien couvent.

La caserne dédiée à la cavalerie comporte dans sa partie centrale un manège dont la charpente métallique , réalisée par G.Eiffel pour l’exposition de 1889, a été démontée quelques années plus tard et remontée dans la caserne.

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