Paris, balade architecturale de la Porte de la Chapelle à la Porte de la Villette.

Ce territoire parisien en limite Nord-Est situé entre les 18e et 19e arrondissements couvre 200 hectares environ. Il s’étire entre le Périphérique au Nord, les voies SNCF (réseaux Paris-Est et Paris-Nord) au Sud et à l’Ouest, et le canal Saint-Denis à l’Est.

La juxtaposition des réseaux de transports routiers, fluviaux et ferrés reliés aux entreprises de logistique ne présentait pas jusqu’à présent un cadre très favorable pour l’habitat.

Avec le développement du pôle économique de la Plaine Saint-Denis l’opportunité d’un renouvellement urbain s’est imposée. Le projet d’aménagement de Paris-Nord-Est en cours de travaux accueillera à terme 28.000 habitants et 41.000 emplois (respectivement 13.000 et 16.000 actuellement).

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Partant de la Porte de la Chapelle, la voie ferrée relie le réseau Nord à l’ancienne gare de marchandise du secteur Évangile et enjambe le boulevard des Maréchaux.

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La convergence de ces réseaux à proximité de l’ancien tissu industriel du Nord de Paris a concouru dans les années 60 à l’implantation des entrepôts Calberson filant sur plus de 800 m entre les portes de la Chapelle et de la Villette, et interrompus uniquement au droit de la porte d’Aubervilliers.

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La partie des entrepôts entre les portes de la Chapelle et la porte d’Aubervilliers est la plus récente, elle a été construite en 1970 ( M.Forest Arch.). Ce bâtiment est desservi à la fois par les réseaux SNCF Paris-Est et le chemin de fer de « la petite ceinture », il est assez exceptionnel par ses dimensions et par sa conception: construit sur 3 niveaux avec un parking sur la totalité de la terrasse. Sur la partie comprise entre les portes de la Chapelle et d’Aubervilliers la façade comporte différents redents. La rampe d’accès des véhicules vers les différents niveaux des entrepôts est implantée en extrémité du bâtiment coté Porte d’Aubervilliers.

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La cité HBM Charles Hermite est située le long du boulevard Ney face aux entrepôts. Elle est longée par le périphérique, le bassin d’Aubervilliers situé plus au Nord longe le centre commercial du Millénaire et les Magasins Généraux de La Plaine St Denis.

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Après la Porte d’Aubervilliers, et sur le boulevard Macdonald en direction de la Porte de la Villette: 3 ensembles de 150 logements sont implantés chacun autour d’une cour-jardin privatif avec une transparence des halls en rez de chaussée.

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L’opération centrale (R.& M. Schweitzer Arch.1997) développe une rigueur expressive dans la volumétrie en évitant les parois trop vitrées, elle utilise la palette de matériaux des HBM voisins en brique et enduit. Cette opération présente beaucoup de similitudes dans le traitement des volumes et des percements avec l’immeuble de logements du 9 avenue de la Porte de Clichy réalisé par cette même agence .

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La partie des entrepôts située entre les portes d’Aubervilliers et de La Villette (n° 141 à 221 du boulevard Macdonald) a été construite à la fin des années 60 (M.Forest Arch.) sur les terrains d’anciennes usines à gaz dont l’implantation datait des années 1860. La façade de la longue barre de 617 m de long et de 165.000 m² est ici sans redents, la résille de béton en souligne l’horizontalité. La structure en béton du bâtiment (prévue pour recevoir 3 étages supplémentaires) est recoupée sur les trois niveaux par des murs coupe-feu avec une hauteur moyenne sous plancher de 6 m. Pour ce bâtiment de stockage des marchandises les planchers pouvaient recevoir des surcharges de 2 tonnes/m². Le premier étage présente un porte à faux de 5 m tant du coté voie ferrée que du coté quai de déchargement des camions. La toiture terrasse a été utilisée comme fourrière de véhicules pour la ville de Paris.

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Cette seconde partie des anciens entrepôts a fait l’objet d’une importante reconversion pour créer 1126 logements, une résidence étudiante avec foyers de jeunes travailleurs, des bureaux, des commerces (C. de Portzamparc, N. Michelin, Brenac & Gonzalez, Gigon Guyer, Fantastic Architecture, Hondelatte-Laporte Arch.). Cette mixité des fonctions peut être conçue comme un levier pour favoriser les transformations des équipements pose un regard différent sur un patrimoine immobilier devenu inadapté, y compris comme ici ou l’épaisseur du bâtiment et les hauteurs sous dalles de ces entrepôts sont inhabituels peuvent produire des logements atypiques souvent riches de qualités spatiales. Par un effet de balancier fréquemment rencontré cette déconstruction-reconstruction aboutit à un sur la partie Sud coté Porte d’Aubervilliers à effet « matériauthèque »  qui certes nourrit le buzz, mais était-ce bien nécessaire pour les logements donnant face à la nouvelle gare RER Rosa Parks?.

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Coté canal et vers la Porte de la Villette, les traitements logements et bureaux sont moins anecdotiques.

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Coté boulevard Macdonald  la reconversion des entrepôts  en bureaux réalisée: 28.000 m² ( F. Leclerq, M. Mimram Arch.2015) n’ont pas le même effet de diversité des traitements à tout prix

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A son extrémité coté Porte de la Villette la reconversion des entrepôts a été affectée aux équipements publics: école, collège gymnase, crèche ( Kengo Kuma & Ass Arch.2015).

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Face à ces anciens entrepôts, la ZAC Claude Bernard fut crée en 2005 à l’emplacement de hôpital détruit dans les années 90. Cette ZAC de 15,5 hectares est enserrée entre le boulevard périphérique, le boulevard Macdonald et le canal Saint-Denis. Le premier quartier mixte dans ce secteur en mutation est desservi par le tramway et la nouvelle gare RER E « Rosa Parks » constituant un pôle intermodal important à l’échelle régionale.

Au n°166 le Cinéma UGC de 10.000 m² (JP.Viguier Arch.2013) est implanté en limite Est, et contigu au square Claude Bernard.

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Ce nouveau quartier urbain mixte (bureaux-logements-commerces et groupe scolaire) est limité au Nord par un ensemble de 3 immeubles de bureaux (41.000 m²) qui protège des nuisances sonores du périphérique. Les façades des bureaux sont très différenciées entre elles sans qu’on en saisisse la réelle justification, ici en limite Nord-Ouest (E.Combarel & D.Marrec Arch. 2011). Les habitations sont implantées le long du boulevard Macdonald.

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Faisant face au premier bâtiment de bureaux: l’immeuble de logements le long du boulevard Macdonald ( R.Marciano Arch.2011).

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Deux voies perpendiculaires au boulevard Macdonald déservent les bâtiments d’habitations et de bureaux, ces derniers communiquent entre eux par des galeries de liaisons transparentes isolant des nuisances du périphérique (J.Ferrier Arch.2011).Les bureaux et immeubles d’habitation sont séparés par un jardin accessible au public tout au long de la ZAC (agence de paysagistes TER).

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Face au deuxième bâtiment de bureaux, autre immeuble de logements (V.Brossy Arch. 2011).

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Immeuble mixte commerces-maison de retraite EHPAD de 104 lits-logements sociaux et en accession ( Atelier Zundel-Cristea Arch.2011) revêtu de céramique blanche.

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Le troisième immeuble de bureaux en limite Nord-Est (Sauerbruch & Hutton Arch.2011)

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Face au quatrième immeuble de logements ( D.Feichtinger Arch.2011) ici coté cœur d’îlot, et faisant face au groupe scolaire de la ZAC.

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Façade coté boulevard Macdonald (bardage en polycarbonate brillant).

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Le groupe scolaire de la ZAC Claude Bernard (Brenac & Gonzalez Arch.) coté cœur d’îlot: 12 classes (5 maternelles et 7 primaires) avec halte-garderie, pour répondre aux besoins des nouveaux habitants. L’enveloppe extérieure en verre opalin gomme toute expression de l’organisation intérieure de l’école.

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A l’angle entre le boulevard Macdonald et le quai du Lot.

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Coté canal de l’Ourq: les berges sont en cours de réaménagement entre Paris et Aubervilliers pour offrir de nouvelles promenades piétonnes. Le socle de béton clair en bordure de quai abrite une halte garderie, tandis que le premier étage reçoit la maternelle et le deuxième l’école primaire qui s’ouvre sur une cour de récréation.

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Le canal St Denis vers La Villette, au loin la colline de Belleville et la Place des Fêtes.

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Après avoir franchi le pont on découvre au n° 111-115 du boulevard Macdonald la façade Art Déco d’un immeuble de 130 logements d’une architecture moderne et radicale avec ses quatre bow-windows cylindriques donnant en façade arrière sur les voies de Paris-Est. L’ensemble est revêtu d’éclats de grès cérame (R. Enault Arch.1933).

Robert Enault est aussi l’auteur du remarquable immeuble du 176 rue Saint-Maur à l’angle avec la rue du Faubourg du Temple (1930).

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Détail des quatre bow-windows cylindriques.

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Au 115 boulevard Mac Donald et à l’angle avec le  quai de la Charente longeant le canal Saint-Denis un nouvel ensemble de logements et de commerces revêtu de panneaux cuivrés vient s’accoler (Badia Berger Arch. 2015), avec un retour contre un récent immeuble d’habitations jouxtant les voies ferrées de Paris-Est (G.Margot-Duclos Arch.2015).

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tout en laissant apparaitre la façade arrière de l’immeuble 1930.

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En poursuivant les berges en direction de la Cité des Sciences et au delà des voies ferrées: les Entrepôts et Magasins Généraux de Paris (accès par le n°11 de la rue de Cambrai). Ces entrepôts étaient autrefois reliés au canal par une darse intérieure pour permettre les déchargements de péniches.

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Le quai est maintenant longé par la ligne du tramway.

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Compte tenu de la densité des réseaux de communication, le Nord-Est parisien a longtemps constitué un emplacement idéal pour le stockage. Sous Napoléon III l’essor de l’industrialisation, du commerce, et aussi de l’urbanisation a nécessité le développement des capacités d’approvisionnement et de stockage des denrées non périssables.

Les docks du pont de Flandre (comme ceux du pont de Crimée sur le bassin de la Villette) ont été reliés au chemin de fer du Nord, de l’Est puis au chemin de fer industriel. Ils ont été construits entre 1845 et 1853 pour stocker blé, sucre et alcool jusque dans les années 50. Ces entrepôts sont d’une conception simple: les façades sont en meulière avec des chaînages d’angle en briques, la charpente et les planchers sont en bois. Les plus récents ont été prévus « fire-proof » pour répondre aux normes des compagnies d’assurance dès 1860. Ils offrent de grands espaces intérieurs qui les ont rendus utilisables facilement pour d’autres fonctions. Actuellement ils abritent des bureaux et des halls d’expositions.

Cette balade se termine temporairement en vue de la Cité des Sciences de La Villette, le long du canal qui passe sous l’avenue de Flandre.

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Paris, la Cité Internationale Universitaire et ses batiments icônes.

Galerie

Cette galerie contient 78 photos.

La Cité internationale universitaire de Paris est une fondation de droit privé qui a pour but de favoriser, dans un esprit de tolérance, les échanges entre étudiants venus du monde entier. Chaque année 6 000 résidents sont accueillis, répartis dans 37 pavillons … Lire la suite

Paris, balade architecturale autour du quartier de la Mouzaïa et des Buttes Chaumont.

Cette balade débute dans la Sente des Dorées face à l’ancienne Halle aux bœufs des abattoirs de la Villette (J.de Mérindol Arch. 1867), devenue un lieu culturel depuis sa réhabilitation.

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Au n°20 le lycée d’Alembert (P. Tabon & P. Abraham Arch.1936-1937). Le plan est conforme aux principes développés entre les deux guerres: classes orientées vers l’Est et couloirs de circulations à l’Ouest coté rue. Une « classe de plein air » est implantée en terrasse. La monumentalité du bâtiment public est affirmée par des volumes simples: symétrie des entrées et des avant-corps concaves devant les cages d’escaliers.

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Face au lycée l’hôpital Jean Jaurès / centre de traumatologie (A-W. Cargill et F. Leroy Arch.1972): façades épurées mettant en évidence les cellules d’hébergement , béton brut et traitement brutaliste des pignons et du dernier étage.

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A l’angle de la rue Petit et de la Sente des Dorées sur la place du Général Cochet: un péristyle cintré protège le square du trafic assez dense dans ce secteur proche du boulevard des Maréchaux.

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On remonte ensuite la rue Manin en direction des Buttes Chaumont.  A l’angle avec la rue d’Alsace-Lorraine une école publique construite vers 1900 (P-L. Nessi Arch.) dont la composition de briques et de métal est caractéristique de l’architecture industrielle de la fin du XIXe.

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Ce quartier faisait partie de la commune de Belleville annexée à Paris en 1860, il est implanté sur le versant de la colline ( la butte de Beauregard) nommée ainsi en raison de points de vues réputés. Occupé depuis le Moyen-Age jusqu’en 1872 par des carrières de gypse de 1000 m de profondeur. Il donnait un plâtre d’excellente qualité et aurait été exporté jusqu’en Amérique pour y édifier la Maison Blanche, de là il tire son nom de quartier « d’Amérique ».

Rue de la Solidarité: ensemble HBM (P. Pelletier et A. Teisseire Arch. 1914-1925), le plan masse entre les rues de la Solidarité et Gaston Pinot a dû composer prioritairement avec le relief et la fragilité du sous-sol au dessus des carrières: immeubles à redents autour de cours intérieures plantées s’ouvrant sur la rue par de larges porches.

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Rue G. Pinot: ensemble de logements sociaux et ateliers d’artistes (A. Arfvidson, J. Bassompierre et P. de Rutté Arch.1923-1926), le plan masse entre les rues G. Pinot et de la Prévoyance est organisé là aussi autour de grands espaces libres intérieurs en raison de l’instabilité du terrain, l’entrée principale se fait via le porche monumental.

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La rue d’Alsace-Lorraine aboutit place Rhin et Danube .                                                   Le lycée D Diderot donnant sur la place a été construit sur le terrain de l’ancien hôpital Hérold. La station de métro Rhin et Danube est fondée sur des piliers de plus de 30 m de hauteur dans une ancienne carrière de gypse.

Dès le Second Empire à l’achèvement du programme haussmannien de construction l’État et Paris s’abstinrent de nouveaux programmes et la spéculation privée reprit sa place dans le processus de production des tissus urbains. L’urbanisation de ce quartier a débutée vers 1870 par un projet de marché aux chevaux et au foin, il fut abandonné en raison d’un fiasco financier dans lequel la ville était impliquée. Le quartier conserve de ce projet le tracé des rues datant de 1875 puis complété en 1889.

L’urbanisation a été ensuite relancée par deux créanciers de la société liquidée qui ont confié leurs terrains à l’architecte P-C Fouquiau. Celui-ci les achète dès 1888 et les subdivise ensuite pour les revendre nus ou construits selon le cahier des charges défini par la ville en 1889. A partir de 1899 Fouquiau profitera de la loi Siegfried instituant les HBM (Habitations à Bon Marché) pour créer une société immobilière qui bénéficiera de prêts immobiliers publics pour la constructions de « logements ouvriers ». Paul Fouquiau architecte et promoteur a ainsi réalisé d’autres lotissements à Paris: rues de Panama, de Suez, Eugène Sue, et la villa Olivier Métra pour lesquels il s’est associé avec des banques et des entrepreneurs.

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Sur la place un immeuble de 1925 surélevé de cinq niveaux en 1933 comporte un traitement « Art Déco » au niveau de la toiture. Au n° 46 rue du Général Brunet le « Hameau du Danube » est composé de 28 maisons individuelles ( E. Gonnot et G. Albenque Arch.1923-1924). Ces deux architectes ont très souvent travaillé pour l’office HBM de Paris. Les habitations sont implantées de part et d’autre d’une voie de desserte en Y, elles sont construites en briques masquées désormais par des enduits et traitées dans un esprit « pittoresque » un peu suranné.

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Le motif architectural du balcon d’angle en demi-cercle est repris plusieurs fois dans le lotissement.

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Après avoir emprunté la Villa Amalia on aboutit Rue de la Liberté: au n°29 la seule habitation du quartier dont la terrasse est un élément de composition et surtout un espace de vie face au panorama (R. Fisher Arch.1930). Ici le purisme est revisité si on le compare à l’hôtel particulier Kielberg de la rue Georges Braque réalisé par le même architecte en 1929 ( voir la balade architecturale autour des villas privées du Parc Montsouris).

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On revient vers la Villa Marceau que l’on traverse vers la rue du Général Brunet. Ces voies piétonnes dénommées ici « villas » forment un parcours dans lequel on peut déambuler au hasard des espaces entraperçus ou des centres d’intérêts. Un charme assez désuet se dégage de cet ensemble formé par environ 250 maisons avec des jardinets entourés de clôtures végétalisées pour protéger l’intimité .

Les maisons situées en bordure de la rue Mouzaïa sont sensiblement plus grandes que celles situées au centre des « villas » et révèlent par quelques détails une gentrification très avancée du quartier d’où les « classes populaires » ont progressivement disparues depuis une vingtaine d’années en raison de l’augmentation des prix immobiliers.

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Villa Cronstadt ( défense de Belleville 1814). La bataille de Belleville qui a opposée l’armée française aux forces alliées contre Napoléon a donné les noms des généraux et des officiers organisateurs de la défense de ces collines ( Ordener, Pelleport, Rébeval, Secrétan, Curial) à différentes rues du quartier ou de l’arrondissement.

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A l’extrémité de la rue du Général Brunet on remonte à gauche la rue de Mouzaïa, c’est la principale artère du quartier nommée en souvenir de la prise en 1840 d’un col d’Algérie par le Duc d’Aumale. On longe au n°9 l’église St François d’Assise (P. et A. Courcoux Arch.1914-1926).

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A l’angle avec la rue des Mignottes: un ensemble HBM des années 1930.

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Au n°18bis rue de Mouzaïa une villa années 30 remaniée.

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La villa d’Alsace est la première en remontant la rue Mouzaïa, elle présente des variétés dans le bâti à la suite de différentes extensions .

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Villa Eugène Leblanc:

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Villa Emile Loubet:

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Villa de Bellevue, les 30 « maisons ouvrières » conçues par P. Fouquiau ont été développées selon 4 plans types. Les façades sont en briques. A l’avant une courette, au rez de chaussée une porte d’entrée et une fenêtre, à l’étage une ou deux fenêtres, la toiture est à 2 pentes. Les parcelles de terrains sont très petites et à l’arrière l’espace avec la maison  donnant dans la villa voisine est étroit et a été généralement recouvert par un apenti. Les plantations dans le jardinet le long du passage sont donc essentielles pour éviter les vis à vis rapprochés. En haut du passage piétonnier le secteur de rénovation lourde du secteur de la Place des Fêtes se profile.

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Angle Villa des Lilas / Mouzaïa:

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Angle Villa de la Renaissance / Mouzaïa :

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Angle Villa Sadi Carnot  / Mouzaïa:

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Les propriétaires ont réalisé quelques aménagements pour s’approprier les lieux, de fait ils modifient un peu l’homogénéité initiale.

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Villa Félix Faure

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Plus loin sur la gauche avant le 59 de la rue de la Mouzaïa (un des trop rare commerce du quartier: le restaurant-concerts associatif  » Les petits joueurs« ), on descends dans la rue de l’Égalité .

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Les rues Égalité, Liberté et Fraternité on été percées en 1889 lors du centenaire de la Révolution pour exalter les valeurs républicaines. Dans la rue de l’Égalité les parcelles de terrains sont sensiblement plus grandes. Le bâti offre un aspect très composite: grande variété de volumétries et de matériaux.

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La butte de Beauregard autrefois nommée en raison des points de vues permet encore aujourd’hui un panorama bien que restreint sur la ville ( ici les tours de la rue de Flandre).

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Villa Alexandre Ribot ( ouverte en 1923). L’utilisation de la meulière est assez fréquent sur ce secteur de carrières.

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Plus bas à l’angle avec la rue de la Fraternité on aperçoit la villa de R. Fisher et sa toiture terrasse avec pergola, l’Art Déco côtoyant ici un pastiche « normand ».

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On revient ensuite vers la haut de la rue de Mouzaïa pour se diriger à gauche en direction du Pré-Saint-Gervais.

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Rue des Lilas: une vision inhabituelle du boulevard des Maréchaux qu’on peut traverser pour rejoindre ensuite le square de la Butte du Chapeau Rouge. La Butte fut le théâtre de plusieurs manifestations pacifistes notamment avec J. Jaurès avant 1914.

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Au n° 43 de la rue des Lilas, dans ce qui était au XVIIIe une construction à la campagne proche de Paris,  « Le manoir de Beauregard » offre des chambres d’hôtes aménagées pour touristes à la recherche d’un Paris moins convenu.

 

Au n°58-66 de la rue Mouzaïa, la Direction des Affaires Sanitaires et Sociales de Paris (1971-1974), un bâtiment assez méconnu de Claude Parent (peut être parce que co-signé avec André Rémondet), la paternité du projet est néanmoins évidente.

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A proximité de la station de métro « Pré-Saint-Gervais », au n°50 boulevard Serrurier, sur 3 niveaux  et sur 6 niveaux face au boulevard d’Algérie, un ensemble d’HBM (M. Houdin Arch.1932) avec ses bow-windows.

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Au delà des HBM un belvédère donne face à l’hôpital Robert Debré ( P. Riboulet Arch.1982-1988). Ce centre hospitalo-universitaire consacré à la mère et à l’enfant tire partie du dénivelé et de la configuration de la colline pour intégrer dans un arc de cercle les différentes fonctions. Il est isolé des nuisances du périphérique situé à l’arrière par des bâtiments-écrans dédiés aux laboratoires et aux bureaux.

L’église Ste Marie Médiatrice devenue N.D. de Fatima ( H.Vidal Arch. 1950-1954) a longtemps été isolée sur ce terrain des anciennes fortifications.

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On revient sur ses pas et, juste avant le bâtiment de Claude Parent, on monte la rue de l’inspecteur Alles. Plus loin, à l’angle avec la rue du Pré St Gervais, un ensemble de 250 logements HBM ( R. D. et L. Brandon Arch. 1922-1927) avec des succession de redents et une série de loggias, les bow-windows présentent un travail des façades dont l’ornementation associe brique vernissée, cabochons émaillés et éléments de grès de formats et de colorations variés.

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A l’approche de Belleville et de la place des Fêtes, il faut rappeler l’histoire de ce lieu considéré comme un  » bastion de la classe dangereuse » pendant la révolution de 1848 et durant la Commune en 1871. La topographie de cette colline abandonnée aux classes les plus pauvres joua un rôle stratégique dans les derniers combats entre les insurgés et les versaillais (comme pour la Butte aux Cailles).

On suit la rue du Pré-St-Gervais jusqu’à la rue des Lilas qu’on emprunte pour tourner à gauche rue de Bellevue ( nommée ainsi depuis 1812).

Cette rue est bordée à droite par les différentes villas qui remontent de la rue de Mouzaïa, et à gauche par le secteur de la rénovation lourde de la place des Fêtes. Ce « triomphe d’urbanisme quantitatif » (J.Dubuisson, Delb, Degirmencian Arch.1970-1975)  tire sa justification de la crise du logement et de la décision de remplacer les maisons basses des anciens faubourgs, particulièrement dans le secteur Nord-Est de Paris » ou l’habitation est très souvent mal implantée et la vie urbaine mal organisée ». Il aura fallu quelques décennies après l’implantation des tours de 26 étages autour de la place des Fêtes pour admettre enfin que le secteur avait besoin d’être requalifié. Bernard Huet,  » l’architecte de parachèvement » de la rotonde de la place Stalingrad,  après avoir composé avec les demandes du Maire, des habitants, des commerçants et de diverses associations, « recoudra » ponctuellement les morceaux de cet espace urbain. L’opération a été limitée à l’environnement immédiat de la place des Fêtes, mais en périphérie l’effet « tectonique des plaques » demeure. On réalise alors qu’une ville n’est pas qu’une série de monuments ou de constructions posées de façon fonctionnelle, mais surtout une organisation complexe entre bâtiments, espaces et population.

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La rue de Bellevue, bien nommée à la fin XIXe, permettait d’embrasser le panorama de l’Est parisien. A cet emplacement six moulins étaient implantés. La rue se prolonge ensuite rue Compans ( Comte Dominique de Compans, général de division, défenseur de Belleville en 1814). A l’angle avec le haut de la rue des Mignottes d’autres maisons individuelles plus récentes.

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On retrouve ensuite la rue du Général Brunet et sur la gauche on arrive au parc des Buttes Chaumont ( coté Métro Botzaris) ou le tissu urbain change totalement en périphérie du parc.

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Le parc des Buttes Chaumont occupe lui aussi l’emplacement d’une ancienne carrière de gypse exploitée de la Révolution jusqu’en 1860. Acquis par l’État en 1863, Napoléon III décide d’y créer le grand parc de l’Est parisien.

Marville, le photographe officiel de la ville de Paris, nous révèle la topographie antérieure des lieux en 1865 affectés aux établissements d’équarrissage et de vidanges.

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J-Ch Alphand nommé en 1853 par Haussmann ingénieur en chef au « Service des Promenades » en est le Maître d’œuvre assisté de l’architecte Davioud et de l’ingénieur Belgrand. Après 3 ans de travaux les anciennes carrières et décharges à ciel ouvert sont transformées en « campagne urbaine ». Une machine hydraulique monte l’eau du canal de l’Ourq au sommet de la future cascade. Le parc est inauguré en 1867 au même moment que l’Exposition Universelle du Champs de Mars. Alphand réalisera à Paris de 1853 à 1889 les jardins de l’avenue de l’Observatoire, des Champs Elysées, du parc Montsouris, des bois de Vincennes et de Boulogne,et du Trocadéro.

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Lac artificiel, Iles, ponts, grottes, fabriques, bosquets à thèmes, cascade alimentée par l’eau du canal de l’Ourq sont mis en scène dans des paysages pittoresques évocateurs de l’Italie ou des Alpes. Le parc des Buttes Chaumont, avec le parc Montsouris au Sud, sont les références de l’époque haussmannienne marquée par la mode du jardin paysager.

Une passerelle suspendue à 65m de haut permet d’accéder au temple de la Sybille, réplique du temple de Tivoli à Rome.

De là, on peut découvrir un large panorama de l’Est parisien.

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Du haut du belvédère, vue vers le Nord et dans l’axe de l’avenue de Laumière à l’angle avec la Mairie du XIXe, les 4 tours de l’avenue de Flandre ( M. Schulz Van Treeck Arch. 1970-1978) situées au delà du bassin de la Villette .

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Vers Montmartre et la basilique du Sacré-Cœur.

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Paris, balade architecturale de la tour Croulebarbe au « château de la Reine Blanche ».

Cette balade débute Place d’Italie, à l’extrémité de l’avenue de la Sœur Rosalie, pour partir à la découverte du singulier discours architectural parisien d’un siècle à l’autre au travers des gabarits et des styles.                                                                                                    La succession des modes architecturales s’affiche ici au fil des rues .

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Surnommé « le gratte-ciel n°1« , « la tour Croulebarbe » ou « la tour Albert » (E. Albert+ Boileau & Labourdette Arch. et JL Sarf Ing.1960), ce bâtiment de 23 étages, 65 m de hauteur, et 120 appartements, a symbolisé le renouveau urbanistique et architectural radical de Paris durant les années 60. C’est aussi le triomphe de l’affirmation de la structure sur le décor, l’habillage ou l’ornement.

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Une opération d’urbanisme ayant pour objectif d’organiser le quartier autour de l’espace vert du square René Le Gall et de relier l’avenue Sœur Rosalie à la rue Croulebarbe séparées par un fort dénivelé est à l’origine de cette tour.

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Deux autres tours réalisées rue Corvisart (1961) et boulevard Arago (1969) compléteront ce plan d’urbanisme conçu par l’architecte-voyer Adrien Brelet au cours des années 50.

Les grilles de clôture vertes visibles le long de la rue Abel Hovelacque correspondent au niveau de la terrasse couverte de la tour Croulebarbe. Le plan masse initial de la tour la reliait directement à l’avenue Sœur Rosalie et formait un cheminement piétons qui aurait permis la mise en scène du monumental Mobilier National situé en contrebas, rue Croulebarbe. Cette disposition fut abandonnée à la suite du refus de la RATP d’accepter une passerelle de liaison surplomber ses bâtiments-entrepôts.

Nous reviendrons plus loin vers cette tour. En descendant la rue des Reculettes pour aboutir rue Croulebarbe, d’autres bâtiments retiennent notre attention comme la façade des ateliers de l’École Supérieure des Arts Graphiques ( École Estienne fondée en 1896), avec un bas relief de P. Traverse (1941).

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L’ensemble de logements OPHLM ( A. Brelet et A. Le Donné Arch.1954-1957) est réalisé en préfabrication lourde sur une parcelle en pente, entre le boulevard Blanqui et la rue Croulebarbe, selon les principes constructifs des frères Perret (A. Brelet a été très impliqué dans les projets d’Auguste Perret au Havre). Pour cette réalisation le module préfabriqué en béton incluant en fond de moule des carreaux de grès cérame rouge est le seul élément de composition.

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A l’angle de la rue Croulebarbe un ensemble HBM des années 20.

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Dans la rue Croulebarbe ( dont le nom est mentionné dès 1214 pour un moulin le long de la Bièvre), le « cabaret de Madame Grégoire », actuelle auberge Etchegory,  a accueilli Hugo, Lamartine, Chateaubriand, et La Fayette.

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Revenons maintenant à l’autre façade de la tour d’Albert au n°33 de la rue Croulebarbe.

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Selon le concept initial, le cheminement piéton de la Place d’Italie vers la terrasse belvédère aurait permis une meilleure liaison avec le quartier, la mise en scène du monumental Mobilier National et un point de vue à 360° sur Paris. Ce dispositif qui faisait de la façade rue Croulebarbe la façade arrière, a été renversé à la suite du refus de la RATP de réaliser une passerelle: ce n’est plus le Mobilier National qui est l’objet majeur d’intérêt mais la tour. Quant à la terrasse panoramique du 6éme étage ( fresque de Jacques Lagrange*) elle n’est utilisée qu’occasionnellement lors des Fêtes de la Musique et exclusivement par les habitants de la tour.

* Jacques Lagrange est l’auteur d’une œuvre multiple. Il a notamment participé à la décoration du pavillon de l’Électricité en 1937 auprès de Dufy qui l’initie à l’art mural. Peintre de la Nouvelle École de Paris il rejoint ensuite Jean Lurçat à Aubusson dès 1945 et participe à la renaissance de la tapisserie. Co-scénariste avec Jacques Tati du film « Mon oncle » (1958) pour lequel il a conçu la fameuse maison moderniste. E. Albert l’appellera de 1965 à 1972 pour réaliser les décors aux sols du campus universitaire de Jussieu (24.000m2).

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La volonté urbaine de respecter une distance de 72 m entre la tour et le bâtiment du Mobilier National  lui faisant face correspond à la hauteur de la tour coté rue Croulebarbe. Le bâtiment latéral en R+5 correspond au niveau de la terrasse sous la tour ainsi qu’a l’échelle des bâtiments voisins, la tour s’implante en fond d’ilot. Cet assemblage des volumes permet d’alléger l’impact visuel dans le tissu urbain.

Pour cette commande des promoteurs Josefson & Sullitzer, E. Albert a utilisé le principe constructif développé en 1955 pour l’ immeuble de la rue Jouffroy à Paris qu’il reprendra pour le campus de Jussieu. La structure porteuse est en tubes d’acier creux assemblés sur site puis remplis de béton avec contreventements en croix de Saint-André, les dalles de plancher sont en béton. Les façades sont constituées de panneaux de remplissage en acier inox nervuré et d’alléges vitrées.

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Chaque étage dessert 6 appartements dont 4 situés aux angles, deux seulement sont mono-orientation. A l’intérieur des appartements les poteaux métalliques et les croix de Saint-André restent visibles et offrent aux occupants un plan libre.

Lors de sa construction la réglementation pour les Immeubles de Grande Hauteur n’était pas encore établie, cette tour est donc atypique vis à vis de la réglementation incendie. Son classement à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1994 permet aux propriétaires une aide de l’État pour les mises en conformité.

Le manque de place de parkings de cette tour demeure manifeste puisque pour ces 120 logements 18 ont été prévus en extérieur et 30 en rez de chaussée.

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Le Garde-meuble National ( A Perret Arch. et entrepreneur 1933-1936) est implanté face à la tour Croulebarbe.

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Pour l’exposition de 1937, les frères Perret avaient proposé un plan d’urbanisme incluant la création d’un grand axe entre la porte Dauphine et la place d’Italie mais leur proposition  s’est soldée par un échec. En dédommagement de leurs étude ils ont obtenu le projet du transfert du Garde Meuble National implanté Quai Branly depuis 1854  vers la Manufacture des Gobelins pour libérer les terrains de l’exposition.                                                        Le terrain est situé à l’emplacement des anciens potagers cultivés par les artisans lissiers  des Gobelins sur « l’île aux singes », formée par les 2 bras de la Bièvre correspondant aux limites du square René Le Gall, plus précisément ou il s’incurve pour suivre la courbe de la rue Berbier du Mets.                                                                                                         Les études de fondations ont été complexes en raison du sol argileux et de l’ancien lit de la Bièvre. Le bâtiment est construit comme un gigantesque navire dont le niveau bas correspond à la rue Berbier du Mets en dénivelé de 4 m par rapport à la rue Croulebarbe.

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La grande diversité des fonctions prévus dans la programmation aurait pu aboutir à une multiplicité de sous-ensembles dans différents bâtiments. Mais le jeu de trames géométriques et de sous trames d’ossature très élaboré a permis d’intégrer ces différentes fonctions avec rationalité.  Le « classicisme structurel », plein de monumentalité, est ici en phase avec les besoins de représentation de la fin des années 30.

 

 » Le béton se suffit à lui-même. Le béton c’est de la pierre que nous fabriquons, bien plus belle et plus noble que la pierre naturelle. On peut la travailler au marteau ou à la boucharde, on la cisaille, on la laye avec tous les instruments qui servent à aviver la pierre »; ces affirmations des frères Perret dans les années 30 laissent songeur compte tenu de la régression constatée dans l’aspect des bétons apparents des chantiers de bâtiments.

Sur la droite les constructions de la rue Berbier du Mets face au Mobilier National sont implantées le long de l’ancien lit de la Bièvre ( matérialisé par des clous en laiton sur le trottoir) .

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La Bièvre prend sa source à Saint Quentin en Yvelines, pour pénétrer dans Paris à la poterne des Peupliers. Au fil du temps, son cours et son embouchure ont variés, au XVe siècle on considérait que l’éclat des coloris écarlates obtenus par la famille Gobelin, teinturiers venus des Flandres, venait pour une part des racines des aulnes bordant la rivière. Cette propriété, probablement erronée, favorisa l’installation de tanneries, de mégisseries, de moulins à papier qui obligea à dédoubler la rivière entre la Poterne des Peupliers et la rue Mouffetard pour satisfaire les différentes corporations.                          Son utilisation intensive et l’importance des rejets obligea à la couvrir à partir de la rue Geoffroy Saint Hilaire en 1828 pour des raisons d’hygiène publique. Sa couverture fut réalisée rue Berbier du Mets en 1906 puis totalement en 1910. Depuis elle est transformée en égout. Deux photos en donnent une vision à la fin XIXe.

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Rue Berbier du Mets, après avoir passé la rue Gustave Geffroy, les constructions à usage d’ateliers datent de la fin du XVIIe.

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Elles jouxtent une construction du milieu du XVIIe siècle affectée à l’exploitation d’une huilerie. Au delà des bâtiments annexes du début du XXe ont été démolis pour laisser place à un petit ensemble d’habitations réalisé en 2001dont les clins en bois rappellent la présence à cet emplacement de séchoirs pour les mégisseries.

 

Dans le quartier, une centaine d’artistes se sont regroupés dans l’association « Lézarts de la Bièvre » et ouvrent leurs ateliers le deuxième week-end de Juin.

Plus loin à droite on remonte la rue des Gobelins, aux n°17-19 deux bâtiments construits vers 1500 parmi les plus anciens de Paris. Le n°19 était au XIXe l’atelier d’un apprêteur de draps et le n°17 abritait une tannerie après avoir été occupé par l’administration royale de tapis de la manufacture des Gobelins.

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Immédiatement après le n°17 le pignon Nord et la tour poivrière du « château de la Reine Blanche » apparaissent.  Le nom de « Reine Blanche » désignait autrefois la couleur de deuil portée par les reines.

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S’agirait-il de Blanche de Castille, épouse de Saint-Louis, de sa fille ou de Blanche de Bourgogne, femme de Charles IV ? elle aurait fait construire un petit hôtel vers 1300 disparu au XVIe. Beaucoup d’hypothèses ont été avancées, ce mythe semble avoir a été développé par les historiens de l’époque romantique, mais aucune confirmation historique n’a été faite. Une certitude, ce bâtiment est le plus ancien du 13e arrondissement.

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Il est aussi certain que les Gobelin avaient à cet emplacement des ateliers pour la teinture et cet ensemble a été classé Monument Historique.                                                 L’entrée de cet ilot dénommé « de la Reine Blanche » est maintenant situé à l’Est plus haut à partir de la rue Gustave Geoffroy percée en 1906.                                                            Deux visites annuelles sont possibles notamment lors des « Journées du Patrimoine ».          Les corps de bâtiments les plus anciens desservis par deux escaliers à vis datent de la Renaissance ( fenêtres à meneaux) entre 1500 et 1535.

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L’importante rénovation privée ( Hertenberger & Vitry Arch. 2000-2002) a permis de recréer la disposition des cours et bâtiments telle qu’elle existait au XVIIe siècle et  réhabiliter cette demeure en appartements. L’édifice principal est un ancien corps de logis à tourelles construit au début du XVIe par la famille Gobelin. D’autres teinturiers puis des tapissiers flamands appelés et protégés par Henri IV leur succéderont dans le quartier.    En 1662 Colbert décide d’y regrouper plusieurs ateliers de tapisserie parisienne.              Au fil des siècles et à la suite des successions ventes et partages, l’îlot initial était morcelé et sa destination était devenue industrielle autour des tanneries et mégisseries longeant la Bièvre.                                                                                                                                 Un extrait de l’acte de vente de 1739 des Consorts de Vitry au profit d’Antoine-Guillaume Moinery fournit quelques précisions sur les lieux:  » Une grande maison et lieux en dépendant sise rue de Bièvre ou Gobelin, faubourg Saint-Marcel, servant à une manufacture de teinture, consistant lesdits lieux en un grand et long passage à porte cochère conduisant à une grande cour dans laquelle il y a un grand bâtiment à main gauche composé au rez de chaussée d’un vestibule, salle, cabinet, cuisine et de plusieurs autres pièces de plain-pied, deux étages de chambres avec un grand grenier au dessus couvert de tuiles,caves ayant leur entrée en descente par la cuisine, escalier en tourelle, une galerie soutenue par des arcades de pierre de taille, petit grenier au dessus; plus dans ladite cour est à main droite en entrant un petit corps de logis composé d’un rez de chaussée, d’un premier étage et de grands greniers au dessus, escalier dans œuvre, cave au dessous, petite galerie ou passage pour communiquer du grand bâtiment au petit corps de logis, deux boutiques ou manufactures de teinture, l’une grande dans laquelle sont quatre chaudières chacune avec son fourneau et deux citernes dont l’une a son bac; l’autre boutique plus petite à trois chaudières chacune aussi avec son fourneau, guèdre au bout à droite de ladite grande boutique, quai de planches sur la rivière de Bièvre soutenu de piliers ou poteaux de bois,jardin derrière ledit grand bâtiment ou est un puits mitoyen, petit bâtiment en arcades au bout dudit jardin, basse-cour,écurie et remise près l’entrée de ladite maison et régnant le long de la rue Gobelin ».

La cour d’honneur (début XVIIe) est accessible par une porte charretière à encorbellement en pignon Nord, la coursive à l’étage permettait probablement une surveillance et un contrôle du travail des ouvriers dans la cour intérieure.

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La cour d’honneur intérieure et son aile principale à l’Ouest « grand corps de logis à tourelles » est desservi par deux escaliers à vis.

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Une photo atteste de son état avant réhabilitation dans les années 80.

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La construction des arcades et de l’escalier à vis remonte au début du XVIIe l’ensemble a probablement été consacré très tôt aux activités de teinturerie, de tissage, de tannerie, qui se sont développées dans le quartier grâce à la présence de la Bièvre.

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Vue d’ensemble de la tour, des arcades orientés vers le Nord et des bâtiments construits en 1999-2001 reprenant les clins en bois des séchoirs de mégisseries ou de moulins à papier.

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Derrière ces arcades, une autre cour au centre d’une construction datant du XVII qui est  probablement une huilerie avec une façade Est rue Gustave Geoffroy ( ci-dessous) et une autre coté rue Berbier du Mets.

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Les nouveaux bâtiments donnent sur la cour d’honneur et sur la rue Berbier du Mets suite à la démolition des bâtiments parasites construits fin XIXe.

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Le choix et la mise en œuvre des matériaux a fait l’objet de recherches attentives pour les nouveaux bâtiments.

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La balade se termine au carrefour des Gobelins ou « Le canon des Gobelins » rappelle la journée du 18 mars 1871 durant laquelle les troupes de Thiers tentent de s’emparer des 171 canons de la Garde nationale et investissent Paris. Le canon des Gobelins sonna l’appel à l’émeute dans ce quartier. La commune de Paris sera proclamée le 28 mars.

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Paris, la Butte aux Cailles et ses environs.

L’urbanisme des trente glorieuses a probablement favorisé la redécouverte de l’espace de la rue et de la poésie des lieux. En se promenant dans ce quartier de la butte aux Cailles, la nostalgie d’un mode de vie plus lent peut apparaitre, on peut aussi considérer que la proximité de l’avenue d’Italie, avec son urbanisme de tours sur la dalle du centre commercial enrichit la coexistence de deux visions non pas antagonistes mais complémentaires .

Cette balade débute boulevard Auguste Blanqui à la sortie du métro Corvisart.

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En longeant le métro qui devient aérien on aperçoit sur le coté Sud des HBM des années 30, sur le coté Nord il ne reste plus que deux maisons individuelles entre des immeubles récents. A cet emplacement se trouvait « la Folie Lepreste de Neubourg », construite en 1792 dans un style italien archaïque. Abandonnée à la Révolution cette maison devient une blanchisserie des Hôpitaux de Paris ( la Bièvre y coule au fond du jardin avant de former plus loin une ile  en contrebas de la Manufacture des Gobelins). Cette « folie » est en ruine lorsque vers 1885 Auguste Rodin y installa son atelier ou il retrouvera Camille Claudel, elle ne sera détruite qu’en 1909 et le terrain sera loti pour recevoir des maisons individuelles dont le nombre se réduit au profit de petits immeubles.

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On emprunte ensuite à gauche la rue Vergniaud qui longe le « mail de Bièvre » urbanisé dans les années 60. Face à la pointe avec la rue Wurtz et son temple antoiniste construit en 1913, on monte à gauche la rue Daviel sur le contrefort de la butte.

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Ce n’est qu’une butte de 60 mètres de haut ou étaient implantés autrefois des moulins à vents, et les Cailles étaient des meuniers qui ont laissé leur nom au quartier vers le XVIe siècle.

Au milieu du XIXe les photos d’Atget ne font état que de petites baraques de planches et de puits de carrières. Ce territoire qui appartenait à Gentilly a été annexé avec d’autres communes périphériques à Paris en 1860, puis peu à peu cet ancien faubourg s’est couvert de petites maisons très modestes.

Dans les années 1960 beaucoup d’habitations insalubres ont été démolies et les habitants relogés à Sarcelles. De nos jours la multiplicité de ces maisons individuelles réhabilitées a attiré d’autres couches de la population à la recherche de lieux calmes et cependant vivants grâce à la variété des lieux de rencontres comme les cafés et les restaurants autour de places piétonnes à échelle humaine.

Dans cette partie basse de la butte les lotissements sont plus récents et datent du début du XXe. C’est le cas de la cité Daviel où la société d’habitation familiale crée par l’abbé Viollet a réalisé la cité ouvrière de « la petite Alsace »(J Walter* Arch.1913). Le concept de cette cité-jardin de 40 maisons plonge ses racines dans le socialisme utopique anglo-saxon et dans l’action d’une partie du patronat. Le modèle fut propagé en France par Henri Sellier, après la première guerre mondiale les cités jardins se développèrent de façon concertée en périphérie des villes. Ici il s’agit d’une réalisation modeste par sa taille offrant un cadre d’habitat calme autour de la cour intérieure à la façon d’un « béguinage flamand ». L’architecture est assez caractéristique de la recherche d’une architecture « régionale » par opposition aux tendances nouvelles de l’architecture moderne du début du XXe siècle.                                                                                                                           * A cette œuvre de jeunesse réalisée à 30 ans, il faut ajouter que J Walter réalisera avec brio en 1931 du résidentiel de luxe ( immeubles boulevard Suchet à la porte de la Muette) puis de la construction hospitalière en 1935 avec l’hôpital Beaujon ( le premier hôpital-bloc réalisé en Europe sur un concept américain), puis la cité hospitalière de Lille.

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Face à la villa Daviel, l’impasse Daviel présente un alignement de maisons individuelles sur deux niveaux en briques silico-calcaires parfois peintes avec un jardinet .

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En haut de la rue Daviel on tourne à gauche dans la rue Barrault. Au n° 22 l’accès vers « La petite Russie », ensemble de petits pavillons peints en blanc entourés d’une terrasse commune et surplombant « La petite Alsace ». Plus loin un détour dans le passage Sigaud avec ses vieux pavés dont les constructions basses viennent buter contre des réalisations récentes plus hautes.

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On redescend ensuite par la rue Alphand face à un autre projet urbain, celui des HBM construits en 1935 à l’angle de la rue Barrault et du boulevard Blanqui, ses cours intérieures ses différents redans et ses jardins permettent de composer avec la forte déclivité du site.

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Avant d’arriver au boulevard Blanqui on remonte à nouveau, cette fois dans le passage Barrault qui aboutit rue des Cinq Diamants.

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La rue des Cinq Diamants débute place de la Commune de Paris et aboutit boulevard Auguste Blanqui. Au n°46 le siège des « Amis de la Commune de Paris », organisation du mouvement ouvrier français crée en 1882. Cette implantation ne doit rien au hasard puisque le quartier de la Butte aux Cailles joua un rôle stratégique à la fin de la Commune en 1871 lorsque les pièces d’artilleries installées au sommet de la butte permirent de ralentir les troupes versaillaises entrées dans Paris, pour faciliter la fuite des communards vers la rive droite de la Seine.

 

La cour du n°40 est assez typique des ateliers d’artisans ou de petits industriels qu’on trouvait dans le quartier jusque dans les années 60. Ici le tissu urbain a longtemps été composite et il garde encore les traces de son état antérieur.

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Certaines devantures de restaurants ou de boutiques ont elles aussi gardé leur « jus » début du XXe .

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Plus loin sur la gauche à l’angle avec la rue Jonas le café « Chez Gladines » cœur de la convivialité dans cette partie de la rue proche du jardin Eugène Atget.

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A ce croisement de rues on se retrouve brutalement face à un long immeuble de 15 étages des années 70 d’une grande pauvreté formelle et faisant abstraction de la topographie. Il suit la courbe du boulevard Blanqui et masque désormais le panorama de la butte vers le Panthéon. Un escalier permet en passant sous cet ensemble de rejoindre le métro (station Corvisart).

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La remontée du boulevard Blanqui en direction de la Place d’Italie s’effectue jusqu’à la rue du Moulin des prés.

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Au n°1: la maison ou Auguste Blanqui mourut en 1881.

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En remontant la rue du Moulin des prés vers la place Paul Verlaine le passage du Moulin des Prés nous rappelle les différences d’échelles du tissu urbain environnant. Ici la rue Bobillot et la vision des tours de l’avenue d’Italie ( A.Ascher, M Holley, G.Brown-Sarda, D.Mikol Arch.1970-1977).

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« Les tours ne sont plus maintenant des monuments exceptionnels, mais des objets de production courante, bientôt de série, et c’est plus particulièrement celles-ci qui vont créer le nouveau cadre urbain » Michel Holley 1971.

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La place Paul Verlaine est sur un plan carré traversé en diagonale par la rue Bobillot, sur un des cotés on découvre la piscine de la butte aux Cailles ( L Bonnier Arch, entreprise Hennebique1924). Cette implantation est directement liée au puits artésien dont le forage commencé en 1863 sous Haussmann dans le but d’augmenter le débit de la Bièvre, a été arrêté puis repris et terminé à la fin du XIXe à 600 m sous terre.                                   Compte tenu de la durée des travaux la mise en service de ce puits en 1903 n’offrait plus aucun avantage aux habitants par rapport à la distribution d’eau intervenue entre temps dans le quartier. Une solution fut développée pour utiliser les 6000 m3 quotidiens fournis par ce puits d’abord avec la création d’un bains-douches puis avec cet « établissement balnéaire » alimenté par une eau à 28° légèrement sulfureuse en phase avec les préoccupations hygiénistes de l’époque.                                                                            L Bonnier architecte-voyer de la ville s’était insurgé contre les abus d’une réglementation (déjà à cette époque…) « qui interdisait toute décoration des façades et menaçait de transformer Paris en une sorte de ville caserne », un décret de 1902 qu’il avait largement inspiré a « favorisé les tendances au pittoresque qui ont été brimées après un long régime de régularisation obligatoire ».

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Cet ouvrage fait actuellement l’objet d’une rénovation. La façade sur la place en brique est caractéristique du style Art Nouveau, à l’intérieur la décoration est sobre, carrelée de céramique blanche en phase avec la politique hygiéniste de cette époque en France qui ne comptait que 3 piscines publiques et 2 piscines privées à Paris. L’éclairage naturel est assuré par des coupoles de béton armé ajourées de dalles de verre, le motif de l’arc de cercle en façade est repris dans la structure et les voutes au dessus du bassin principal.

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La fontaine sur la place permet aux habitants de retirer une eau de qualité puisée dans les sables de l’Albien à l’abri des pollutions modernes. A proximité le buste du sergent Bobillot, figure héroïque du siège de Tuyen Quang ( Haut Tonkin) 1885.

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En longeant le square Henri Rousselle on emprunte ensuite la rue de la Butte aux Cailles , autre lieu de convivialité du quartier, avec ses restaurants se prolongeant le long des trottoirs.

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A l’angle avec la rue Samson le restaurant de la société coopérative ouvrière de production « Le temps des cerises« , en référence à la chanson de Jean-Baptiste Clément rendue célèbre par les survivants de la Commune, est situé dans un ensemble HBM des années 1930 .

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Descendons un peu dans le passage Boiton pour découvrir à l’abri de la rue et des regards d’autres maisons individuelles en cœur d’ilot.

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Un autre hommage de Ph Baudeloque à Moebius.

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En revenant dans la rue de la Butte aux Cailles on rejoint l’extrémité de la rue des Cinq Diamants sur la place de la Commune de Paris. A coté d’autres restaurants tels que « Le merle moqueur« , et « La folie en tête » dont les références sont explicites , le bistro  » le village de la butte » est un pivot de la vie de ce quartier militant.

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Sur la place de la Commune de Paris, lieu de fêtes nocturnes, on redescend ensuite vers la rue de l’Espérance. C’est dans ce secteur qu’ Haussmann envisagea en 1865 d’implanter une église monumentale au sommet de la butte.                                           Plus bas un bâtiment récent dont la typologie avec cour ouverte coté rue est assez rare  à Paris, malheureusement le foisonnement des détails est coupé du contexte  .

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A proximité: les rues Buot et Michal aboutissent contre l’abside de l’église Ste Marie de la Maison Blanche. Elles sont bordées de chaque coté par des maisons individuelles et quelques ateliers d’artistes.

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La rue Michal débouche plus loin dans la rue Barrault, au n° 42 l’école Telecom Paris Tech ( M Chappey Arch.1962), jouxte l’immeuble de la poste de la rue de Tolbiac. M Chappey s’est intéressé à toutes les disciplines des Beaux-Arts mais ici le bas relief apparait comme anachronique et « décalé » sur ce bâtiment moderne. La surélévation provisoire de ce bâtiment devrait disparaitre pour 2017 compte tenu du transfert de l’école sur le plateau de Saclay.

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Après avoir traversé la rue de Tolbiac pour prendre la rue Guyton de Morveau, deux constructions des années 1910 attirent l’attention. Au n°29 (F Gombeau Arch.) dont le traitement des deux derniers étages permet de voir un autre exemple du pittoresque réglementaire de 1902 qui a fait imploser les règlements urbains haussmanniens devenus au fil du temps générateurs de monotonie et d’uniformité.

P1170412 Plus loin un immeuble revêtu de céramiques vernissées avec une frise végétale sculptée exprime une autre vision plus proche de l’Art nouveau. P1170415

Le parcours continue en tournant à droite rue Bobillot jusqu’à la rue de la Colonie.           Au n° 72 : un immeuble HBM de 64 logements à cour ouverte (G Vaudoyer Arch.1911).  L’ensemble était à l’origine complété en rez de chaussée par différents équipements communs: bains-douches avec baignoires pour enfants, lavoir et séchoirs, local voitures d’enfants ainsi que par 40 jardins ouvriers de 50 m2 chacun, disparus dans les années 60.

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Les deux bâtiments sur rue sont reliés par le porche d’entrée avec deux ailes en retour.La simple polychromie des briques sert d’ornement à la façade.

A l’arrière  deux pavillons  viennent refermer la cour intérieure; cette dernière laisse des espaces libres et utiles pour irriguer d’air et de lumière de cet ensemble qui est un des derniers HBM philanthropiques construit à l’initiative de la fondation Singer de Polignac.

Initialement es appartements étaient destinés à recevoir des familles nombreuses, et les appartements de 2 ou 3 pièces ont de « petites chambres »pour les enfants.

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Juste avant la place de l’abbé Henocque ( ancienne place des Peupliers) un trop rare exemple de jardin vertical parisien.

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Autour de la place de l’abée Henocque on découvre dans cet ancien quartier des Peupliers différentes expérimentations urbaines: lotissements ouvriers construits entre 1908 et 1921 et HBM des années 30 qui insufflent un autre esprit « village ».                    Les trois lotissements autour de cette place résultent d’une action commune d’associations philanthropiques ou patronales mais aussi de lotisseurs privés.              Dans ce quartier longeant la Bièvre la ville a ouvert différentes rues entre 1876 et 1894  puis à la suite des premières interventions de l’État pour soutenir les sociétés d’habitation bon marché ( loi Siegfried) elle a cédé les terrains entre 1909 et 1911 pour un faible prix  à « la Fraternelle des employés des chemins de fer ». L’objectif était double: minimiser les révoltes ouvrières de cette population a tendance révolutionnaire et améliorer l’hygiène et la salubrité de ces bords de Bièvre pollués par les rejets chimiques en amont.              Cette cession s’est réalisée sous condition de revendre les futures maisons à ces mêmes employés. D’autres opérations dans ce secteur ont été plus spéculatives sur des terrains implantés au dessus de carrières.

La rue du Docteur Leray qui part de la place de l’abbé Henocque, ne comporte qu’assez peu d’aménagements individuels en façade sur rue, à l’origine chaque maison a été  équipée d’une « remise à auto ».

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Rue de l’interne Loeb, sur une place en demi-lune les bâtiments d’angle participent à la mise en scène d’une échelle « village »avec des aspects régionalistes mais sans continuité au delà de cette place. Au loin la tour Super-Italie 121 ( M Novarina Arch 1970 ).

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La rue Dieulafoy ouverte en 1912 (H Trésal Arch.1921) a été l’œuvre de spéculateurs qui la destinait à une clientèle plus bourgeoise que celle des cheminots ( 44 maisons), elle n’offre à ce jour qu’une tentative très ponctuelle de coloration des enduits . Ce modèle de maison sera reproduit dans d’autres petits lotissements jusqu’à la Porte de Gentilly.

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L’ilot Rousselle a été réalisé en 1911 par une société privée (« La petite chaumière ») sur les terrains achetés en 1909 et divisés en 30 parcelles. Seules les 8 maisons le long de la rue Henri Pape sont identiques, les autres ont été réalisées selon les individualités des propriétaires.

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Le lotissement sur une parcelle triangulaire de 32 parcelles de 120m2 délimité par les rues des Peupliers, H Pape et du Moulin des Près est le premier construit en 1908 (Lambert Arch.) pour les meilleurs employés des chemins de fer. A l’angle la maison atypique était destinée à un contremaitre. Ce projet a utilisé des planchers en béton armé, les toitures terrasses initiales ont été modifiées ultérieurement en raison de problèmes d’étanchéité par des combles plus traditionnels. Ce modèle sera repris près de la gare Paris-Lyon, entre les rues de Bercy et de Pommard, là aussi pour « la fraternelle des employés du chemin de fer ».

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La pointe de la rue Moulin des prés et rue des Peupliers face à d’autres HBM des années 1930.

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En retraversant la rue de Tolbiac vers la Butte aux Cailles le passage du Moulinet transformé en passage piétonnier rassemble lui aussi plusieurs maisons individuelles sur les contreforts de la butte, au n° 6 la maison contemporaine revendique clairement sa personnalité par sa volumétrie et les matériaux ( P Katz Arch.2007).

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Le jardin de la montgolfière dans la rue du Moulinet commémore le lieu ou a atterrit le 21 Novembre 1783 la montgolfière de Pilâtre de Rozier et du marquis d’Arlandes, entre 2 moulins de la butte.                                                                                                          Ce premier vol humain de l’Histoire réalisé entre le château de la Muette et la Butte aux Cailles sur une distance de 9km dura 25 minutes.

On remonte enfin la rue du Moulin des prés vers la place P Verlaine, un mur de soutènement atteste une nouvelle fois l’importance des travaux d’adaptations réalisés à la suite des percements des voies nouvelles fin XIXe dans ce quartier.

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Paris, balade architecturale de la Porte de Clichy à St Ouen.

La rue Pierre Rebière, point de départ de cette balade, est située entre le boulevard des maréchaux et le périphérique à proximité du chantier du futur palais de Justice.

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Dans cet espace délaissé par Paris mais ne faisant pas encore partie du territoire de la banlieue elle longe sur plus de 500 m d’un coté le mur sud du cimetière des Batignolles et de l’autre la partie arrière du lycée H de Balzac et d’autres établissements d’enseignements. Longtemps consacrée à la prostitution et aux trafics en tous genres elle n’attirait que les passages très motivés.

Néanmoins le délaissé de la voirie et des trottoirs de ce lieu ingrat représentait un potentiel d’aménagement. C’est ce qui vient d’être développé ici par la ville de Paris et Paris-Habitat en construisant la bande entre les frondaisons du cimetière et l’alignement des platanes du trottoir tout en réduisant la largeur de la chaussée afin de construire 180 logements, dont 140 sociaux, répartis sur 9 opérations réalisées par une seule entreprise.

Pour donner une urbanité à cette longue rue sans aucun commerce l’inventivité n’a fait pas défaut, il y a même un trop plein, aboutissant à un large palette de volumétries et de matériaux juxtaposés, et il faut admettre que pour sortir du lot les jeunes équipes d’architectes retenues n’ont pas été avares de démonstrations parfois radicales .

Dans l’ordre d’apparition: 21 logements (Hondelatte et Laporte Arch.), une mise en scène de trublion avec ses belvédères de représentation apparemment diversement appréciés  et appropriés par les habitants .

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20 logements (Le Fantastic Agence Arch.), une ré-interprétation des toits de Paris en face à face.

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16 logements (Avignon-Clouet Arch.+Atelier Provisoire Arch.), une intention de façade « verte » à moyen terme qui reste à réanimer .

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25 logements (Petitdidier Prioux Arch.)

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22 logements (Brunnquell et André Arch.)+ EM2N (Zurich) aboutissant au pied de la tour rénovée du Bois le Prêtre.

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A gauche on tourne vers la rue du Bois-le Prêtre à l’angle avec sa tour éponyme, construite en 1962 ( R Lopez Arch.), rénovée une première fois en 1990, puis en 2011 ( F Drouot, A Lacaton & JP Vassal Arch.). La dernière rénovation a été réalisée en site occupé pour les 100 logements, elle inclut la création de balcons préfabriqués et de jardins d’hiver pour chaque appartement qui ont permis de réduire la consommation d’énergie de 50%.

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On passe ensuite sous le viaduc du périphérique qui longe le cimetière des Batignolles sur sa limite Nord, l’entrée dans Clichy se fait par le boulevard du général Leclerc, après avoir franchi le boulevard Victor Hugo on découvre sur la gauche la Maison du Peuple.

La Maison du Peuple de Clichy est l’œuvre d’une équipe ( E Beaudoin et M Lods architectes associés aux ingénieurs W Bodiansky et Jean Prouvé 1938-1939). Ce bâtiment a été construit à l’emplacement d’un ancien marché. L’objectif du programme était de regrouper de façon flexible diverses activités: un marché en rez de chaussée, et à l’étage une salle des fêtes pour 1500 personnes, un cinéma de 500 places ainsi que des bureaux pour des activités syndicales. Cette équipe d’architectes et d’ingénieurs préoccupée par l’industrialisation, la préfabrication et la flexibilité et prenant comme modèle la construction aéronautique a expérimenté ici des principes constructifs novateurs. A noter la remarquable légèreté des façades translucides en verre armé séparé par un vide d’air constituant le « mur rideau » imaginé par Jean Prouvé, non porteur et suspendu à la structure. La partie mécanique est l’œuvre de W Bodianky ( diplômé de l’institut des Ponts & Chaussées de Moscou et de l’École Nationale Supérieure d’Aéronautique de Paris) pour le  plancher mobile du premier étage, les cloisons amovibles, et la toiture escamotable qui s’ouvrait pour faire un marché en plein air.

Une longue période d’abandon et de dégradations irréparables tel que le remplacement du plancher amovible métallique par un plancher béton avant sa restauration en 2002 ont malheureusement dénaturé sa flexibilité initiale.

Néanmoins cette œuvre demeure une des références architecturales majeures de l’architecture du XXe siècle pour son travail sur l’espace. Franck Llyod Wright lorsqu’il visita ce bâtiment ne cessa pas de dire son admiration pour les principes novateurs expérimentés et affirma « Clichy est une date dans l’architecture française, et sans doute internationale ».

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Les bureaux sont implantés en façade arrière, les panneaux modulaires opaques sont constitués de 2 tôles d’acier et de laine de verre sont accrochées à la structure de la charpente.

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Les bords des panneaux sont biseautés pour les rigidifier et pour éloigner le ruissellement des eaux de pluie, la courbure de la tôle extérieure et la rigidité de ses bords lui permettent d’encaisser les dilatations thermiques, les tôles sont mises en tension au moyen de ressorts.

La maquette présentée à la Cité de l’Architecture met en évidence la structure métallique.

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Au n° 69 du boulevard du général Leclerc et face au parc Roger Salengro: le bâtiment des Grands Magasins du Printemps construit de 1908 à 1911 pour la partie la plus ancienne ( Papinot et Simonet Arch.) avait pour fonction initiale d’abriter les ateliers de confection,  d’entrepôts et de remises pour le service de livraison hippomobile. Transformés entre 1991 et 1995 (Reichen et Robert Arch.) en bureaux du groupe PPR. L’entrée principale est marquée par un fronton en forme d’arcade monumentale surmonté d’une rotonde en construction métallique vitrée entourée de maçonnerie revêtue de grès flammé typique Art Nouveau attribué à A Bigot dont la polychromie est d’une grande richesse décorative.

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L’aile latérale droite reprend le même principe d’ossature avec des arcades métalliques qui s’étirent sur les deux premiers niveaux.

Le traitement des angles du bâtiment avec des courbes y compris dans le traitement des combles en toiture, reprend le principe de l’arche principale avec un souci du raffinement des détails particulièrement soigné.

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A gauche de l’arche principale une extension réalisée en 1925 (G Wibo et Demoisson Arch.) reprend la volumétrie générale mais en utilisant une structure en béton armé et remplissage briques. De part et d’autres de ces deux ailes Reichen et Robert ont développé des extensions en retrait qui valorisent le bâtiment existant sans tomber dans la mièvrerie d’accompagnement.

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La silhouette très photogénique de l’hôpital Beaujon est visible depuis le parc R Salengro ( J Walter U Cassan L-V Ploussay Arch. 1933-1935). Cet « hôpital-bloc » initialement prévu pour 1000 lits est inspiré des modèles américains: l’hébergement est regroupé sur 12 étages de 150 m de long avec une configuration « en peigne » à gradins, tandis que l’ensemble des plateaux techniques ( anesthésie,salles d’opérations, réanimation, etc) est regroupé dans les niveaux inférieurs. Beaujon est le premier hôpital construit selon ce concept fonctionnel en Europe. Sur cette façade arrière chaque étage se terminait par un balcon-terrasse en demi-cercle face au parc R Salengro, cette disposition initiale très forte dans son expression a été modifiée suite à la réalisation des escaliers de secours.

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La façade d’entrée de l’hôpital au Nord,au premier plan et sur deux niveaux: les plateaux médico-techniques et les urgences, dans l’axe central: l’amphithéâtre.

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La traversée du terrain de l’hôpital permet de rejoindre la rue du général Roget puis sur la gauche la rue Madame de Sanzillon, on aboutit alors à Saint-Ouen face au 169 du boulevard V Hugo,  Immeuble de logements avec un cœur d’ilot pour duplex (S & L Goldstein Arch.2001), façade en béton poli.

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Le paysage de Saint-Ouen dans partie située entre le boulevard Victor Hugo et la Seine est fortement marqué par le passé industriel: fonderies des usines RENAULT fermées dans les années 90, entreprises d’équipements automobiles etc. Les mutations économiques  ont crée des opportunités foncières et lancé des projets de reconversion ainsi que de construction de logements desservis par le RER C.

Sur les anciens terrains industriels de RENAULT  immeuble de bureaux (JJ Ory Arch.2004), en structure métallique.

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Bureaux sur les anciens terrains des usines LABINAL.

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L’ex distillerie d’alcool de menthe RICQLÉS ( A Afchain Arch.1936-1938), a été implantée à Saint-Ouen depuis 1898, elle était reliée au réseau ferré Paris-Nord et Paris -Est pour l’approvisionnement en menthe venant de l’Oise. Façade en brique appareillée dans l’esprit art-déco, le bâtiment a été transformé en bureaux et en studios photos pour le magazine ELLE (1987).

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Après être passé sous la voie ferrée dédiée au transport des marchandises on aborde un secteur très hétérogène. Sur la droite les bâtiments industriels en structure métallique avec remplissage de brique de l’ancienne usine CITROEN avenue du Capitaine Glarner construite en 1924. Sur la gauche jusqu’à la Seine l’ensemble des anciens docks:  cet « urbanisme de l’accident » est le résultat tant des grandes implantations industrielles du début du XXe siècle liés à ce carrefour névralgique le long de la Seine que des accidents de l’histoire ( bombardements américains du 2 aout 1944 sur Saint-Ouen), et plus récemment de la désindustrialisation liée aux chocs économiques. L’ensemble est entrecoupé d’infrastructures de chemin de fer, qui innervaient les industries lourdes du secteur. A ce titre la rue Ardouin qui aboutit à la Seine en longeant l’usine de chauffage urbain de la CPCU puis l’usine de traitement des résidus urbains de la SYCTOM est très caractéristique.

La rénovation urbaine du secteur des Docks de Saint-Ouen (100 hectares, soit le quart de la superficie communale) est en cours de réalisation, avec pour objectif de réaliser en 20 ans un quartier urbain mixte. La pluralité des fonctions sera assurée par l’habitat (4.000 nouveaux logements seront crées), les activités économiques (310.000m2 de bureaux), et les équipements, loisirs etc y compris avec une valorisation du patrimoine industriel notamment sur les terrains Alsthom ainsi que l’aménagement des bords de Seine (Makan Rafatdjou Urbaniste).

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A l’arrivée sur la place de la République on longe au n° 10 un ensemble de logements et bibliothèque (A Kopp Arch 1961) faisant face à la Mairie de Saint-Ouen. Ici A Kopp utilise la brique comme les autres bâtiments de ce coté de la place, mais il se montre moins inspiré que pour le programme du complexe sportif de l’île des Vannes que nous découvrirons plus loin.

A Kopp est aussi l’auteur de « Ville et révolution: Architecture et urbanisme soviétique des années vingt » ( Ed Anthropos Paris 1967) l’ouvrage de référence très documenté sur cette période courte mais très féconde en terme de recherche architecturale. Anatole Kopp a été l’organisateur en 1966 d’un colloque sur l’urbanisme et la construction en URSS regroupant ceux qui partageaient le même engagement politique mais aussi l’adhésion au mouvent moderne en architecture. D’une façon générale il faut reconnaitre à la Seine Saint-Denis le mérite d’être un des berceaux fondateur de ce communisme municipal « éclairé » en matière d’architecture et d’urbanisme, grâce à des réseaux initiés durant la Résistance puis développés avec efficacité après la Libération autour des ministres de la Reconstruction, des élus, et des architectes.

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La médiathèque à l’angle des rues G Péri et V Hugo ( JP Lott Arch.2009) témoigne elle aussi d’un certain volontarisme, sa présence à l’angle sur la place de la Mairie ne fait malheureusement qu’ajouter une impression de dureté sur cette place composée d’immeubles assez datés dont la juxtaposition aboutit a une absence d’harmonie.

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On remonte la rue Gabriel Péri devant la médiathèque jusqu’à la rue Anselme à gauche, au n°64 l’immeuble de 48 logements sociaux pour la SEMISO (P Soria G Lézénes J Nouvel Arch.1972), primé lors du premier « concours Programme Architecture Nouvelle », la cour centrale est plantée et dessert via 4 escaliers extérieurs les appartements par des passerelles individuelles.

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Les appartements se développent en duplex et en triplex et offrent une surface habitable beaucoup plus généreuse que les normes de référence.

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On emprunte ensuite le boulevard Biron jusqu’à la rue du Dr Bauer pour remonter à gauche vers la mairie de Saint-Ouen. Au n° 6-10  rue du Dr Bauer la patinoire-parking, structure de verre et d’acier avec une piste de 56 m de L (le décor du film « L’écume des jours« ) enjambe les rues de chaque coté ( AUA / P Chemetov Arch 1979). Un bâtiment d’esprit brutaliste et assez démonstratif inspiré probablement par Archigram, hélas le coût d’entretien devenu difficile pour les finances de la ville laisse une impression d’abandon.

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Cette patinoire est l’objet d’une controverse esthétique, et P Chemetov de préciser «  à l’époque la DDE avait décider de réaliser un passage souterrain pour relier le boulevard V Hugo à la rue A Dhalenne. Ils ont creusé jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent d’une erreur. Tout s’est arrêté, il restait un terrain vide »(le sous-sol est utilisé pour faire un parking). » La patinoire est construite comme un hangar, un Beaubourg « low-cost » qu’il faudrait entretenir. Un bâtiment a une espérance de vie de 100 ans.Pour conserver il faut transformer et pour transformer il faut conserver ».

On remonte ensuite cette rue Albert Dhalenne vers la Seine et le château de Sain-Ouen. L’habitat individuel est aussi varié la rupture des formes et le mélange des styles façonnent le paysage urbain pavillons populaires et maisons de petits industriels, ici dans la rue Soubise face à des HLM construits dans le années 60 un ensemble de maisons particulières jumelées début XIXe siècle.

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A l’approche du château de Saint-Ouen, un des rares exemples d’architecture de la Restauration construit par Louis XVIII en 1823, il s’agit plus d’une confortable maison de plaisance que d’un château.

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Les arbres du parc étaient d’essences rares, des fabriques agrémentaient les promenades, de la terrasse du château la vue s’étendait alors vers la Seine, et les collines de Montmartre. Ce dernier point est le fil conducteur du nouveau quartier en cours d’achèvement autour du château implanté sur les terrains industriels des docks de Saint-Ouen et à proximité de ceux d’Alsthom. Mixité habitations et bureaux, avec un vaste parc urbain de 12 hectares rejoignant la Seine.

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Au loin, situé rue Ardouin l’usine de traitement de déchets urbains ( S’pace J R Mazaud Arch 1990).

 

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Le parc paysagé de 12 hectares est en voie d’achèvement, il comportera des serres municipales à vocation pédagogiques ( agence TER).

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Le complexe sportif de l’île des Vannes à St Ouen, entre les deux bras de la Seine, dont la  halle  couverte d’une surface en paraboloïde hyperbolique de 3000m2 est composée d’un maillage de câbles prétendus entre les 2 arcs en béton ( label « Patrimoine du XXe siècle »,( A Kopp en collaboration avec R Sarger, L Métrich et P Chazanoff Arch. 1971).

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Paris, balade architecturale de Beaubourg au boulevard Beaumarchais.

Le panorama de Paris qu’on découvre des terrasses du centre Pompidou est un livre d’histoire qui mêle l’architecture gothique à celle de la Renaissance et plus simplement à celle de l’époque contemporaine. Cet ensemble de lieux remarquables et de bâtiments emblématiques nous pousse à découvrir le cœur historique situé à proximité.

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L’importante mutation du quartier Beaubourg avec l’implantation du centre Pompidou dans les années 70, considérée par certains comme une rupture dénaturant le paysage, ne doit pas faire oublier que la formation du tissu urbain du Marais a souvent eu pour origine la spéculation foncière menée par les grands propriétaires fonciers du XIIIe siècle: les congrégations religieuses, templiers ou moines de l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs.

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La rue de Venise permet de quitter le plateau Beaubourg pour rejoindre la rue  Quincampoix et retrouver une autre échelle de bâti qui nous fait remonter dans l’histoire de Paris. Au n°28 un immeuble mixte bureaux et logements ne joue pas dans le pastiche d’accompagnement comme le quartier de l’Horloge (S.Caillaud Archi.1990).

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La rue Quincampoix est citée déjà en 1023, au XVIII déjà au centre d’un quartier de banquiers elle devint le rassemblement des agioteurs attirés par les spéculations du financier écossais Law entre 1719 et 1720 ( Law était établi dans l’hôtel de Beaufort situé à l’emplacement du n°65 actuel).

Elle débouche sur la rue aux Ours qu’on emprunte pour prendre à gauche la rue St Martin. Cette rue est avec la rue St Jacques la plus vieille rue de Paris. Au temps de Lutèce, ce n’était qu’une piste, elle conduisait vers le Nord. Elle devint plus tard une voie romaine. L’abbaye Saint-Martin des Champs qu’elle longeait (à l’emplacement de l’actuel Conservatoire National des Arts et Métiers) lui a donné son nom.

Plus loin dans la rue St Martin un détour par le passage de l’Ancre Royale ( le plus vieux passage privé de Paris 1510) dont les boutiques, hôtel ou autres activités se sont appropriés l’espace de circulation qui relie la rue St Martin à la rue Turbigo.

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On y trouve quasiment le seul réparateur de parapluie de la capitale ce qui, a l’heure ou le jetable finit par coûter cher, devrait lui permettre de développer son activité dans ce quartier plus connu pour le développement envahissant de la maroquinerie d’importation asiatique.

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Face au passage de l’Ancre Royale: la rue Chapon, qu’on retrouvera plus tard à son extrémité, est une des rues parallèles crées vers 1293 avec les rues de Montmorency ( au n°51 la maison de Nicolas Flamel construite en 1407 a perdu son haut pignon, c’est une des plus anciennes de Paris) et des Gravilliers suite aux lotissements entrepris au cours du XIIIe siècle dans ce quartier de La Ville neuve du Temple.

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Dans la rue des Gravilliers l’attention est retenue par plusieurs hôtels particuliers notamment celui du n°70 construit en 1737 avec une cour carrée.

Dans la cour du n°69 le restaurant marocain « 404 » .

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Au Carrefour rue des Gravilliers et rue du Temple prendre à droite en direction de la rue Rambuteau.

Lorsque l’ordre des Templiers s’implante à Paris en 1139, différentes acquisitions lui permettent de se constituer au nord de l’enceinte de Philippe Auguste un domaine entouré de sa propre enceinte fortifiée et appelé l’enclos du Temple. La rue du Temple constitue une des limites de ce domaine ( correspondant au quadrilatère actuel rue du Temple-rue de Bretagne-rue de Picardie-rue Dupetit Thouars).

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Au n° 106 de la rue du Temple le central téléphonique construit entre 1920 et 1925 ( F. Le Coeur  Arch). Le béton brut est laissé apparent et reçoit un traitement de surface sous forme d’ornement de bâtons de ciment utilisé par cet architecte dans différents bureaux de poste et centraux téléphoniques. F Le Coeur a tenté ici l’intégration d’un grand équipement public dans un quartier historique proche d’hôtels particuliers du XVII et du XVIIIe sans tomber dans le pastiche.

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Perpendiculairement à la rue du Temple : à droite dans la rue Chapon au n°4, l’hôtel particulier construit vers 1619 pour Claude Passart, notaire et secrétaire de Louis XIII, la façade sur jardin avait disparu sous des constructions parasites au XIXe, sa reconstruction en 1992 est donc assez hypothétique.

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On poursuit la rue du Temple jusqu’à la rue des Haudriettes à droite, au n°3 pour « habiller » un retrait brutal de l’alignement: un mur peint de R. Combas  » la Femme lumière de l’Homme« ( 2000).

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Au n°1 à proximité du mur peint une fontaine néo-classique( P. Moreaux-Desproux Arch.1767) à l’angle avec la rue des Archives. A cet emplacement sous l’Ancien Régime était dressée l’échelle de justice du Temple ( trois trous vers le sommet pour y passer la tête et les deux poignets du criminel).

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On emprunte à gauche la rue des Archives vers le faubourg du Temple. Le coté droit est un alignement continu de différents hôtels particuliers du XVIIe. Un des plus beaux est certainement celui de Guénégaud des Brosses au n°60  le seul hôtel particulier de F. Mansart subsistant à Paris ,1652 . Sauvé par Malraux et acheté par la ville de Paris en 1961 il a fait l’objet de très importants travaux de rénovation entrepris par F. Sommer et son épouse pour accueillir le Musée de la Chasse et de la Nature avec une extension au n°62 dans l’hôtel de Mongelas construit en 1705.

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Au n°61, juste avant l’extension du central téléphonique Archives, une entrée d’immeuble ( C-C. Paul Blondel Arch 1907).

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Au n° 63 le central téléphonique construit par F. Le Coeur entre 1928 et 1932 et reprenant l’ordre colossal des façades réalisé en 1920 au 106 de la rue du Temple, pour cette réalisation le béton a été laissé brut et bouchardé. A cet emplacement était situé l’hôtel du président Lefébvre construit au début du XVIIe.

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Angle rue Pastourelle-rue des Archives( prolongement de la rue des Gravilliers), dans sa partie Ouest la rue Pastourelle a été construite fin du XIIIe siècle sur un parcellaire du lotissement médiéval.

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La diversité et la proximité des commerces certes complémentaires met en évidence la gentrification du quartier.

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Angle avec la rue Portefoin, ce reste de mur avec une arcade bouchée est celui de l’ancien hôpital des Enfants Rouges fondé par François Ier pour recueillir et éduquer des orphelins, ils étaient habillés de rouge couleur de la charité d’où leur nom .

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Rue Portefoin, la bibliothèque de la ville de Paris (SCP Delatre et Doucot Arch.) a conservé une partie des bâtiments existants. Au n° 14 un bel hôtel particulier de l’époque Louis XIV remanié a conservé son portail d’accès vers la cour intérieure.

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L’autre extrémité de la rue Portefoin ouverte par les Templiers débouche rue du Temple et aboutit peu après au Square du Temple. Face au square la Mairie du IIIe arrondissement est construite sur l’emplacement de l’ancienne prison du Temple.

 

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C’est à cet emplacement qu’un vaste terrain fut donné à l’ordre du Temple vers 1170 à l’extérieur de l’enceinte de Philippe Auguste. En 1291 après la perte de la Palestine  le Grand Maitre de l’ordre des Templiers installa sa commanderie à Paris pendant le règne de Saint-Louis.

Cet enclos fortifié en périphérie de la tour du Temple constituait le siège de la banque de l’ordre ou le Trésor royal français fut conservé dès 1146. En raison du développement de la puissance des Templiers devenu inquiétant pour Philippe le Bel celui-ci supprima l’ordre en 1313 et l’enclos revint à l’ordre des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem qui en fit un grand prieuré en 1667.

De cet ensemble de murailles et de bâtiments il ne reste rien et l’enceinte du Temple a été détruite en même temps que celui de la ville. Autour de cet enclos le tracé des rues correspond aux lotissements des terrains de l’ordre entrepris entre 1280 et 1290, notamment les actuelles rues Portefoin, Pastourelle, des Haudriettes et Braque, découpées selon les demandes de riches acheteurs pour y construire des hôtels particuliers. Plus tard vers 1667 les murailles ont été abattues pour développer d’autres hôtels particuliers.

En 1808 Napoléon Ier fit démolir le donjon du Temple pour faire cesser le pèlerinage royaliste développé autour de cette tour devenue prison durant la Révolution et qui servit de geôle à Louis XVI et à la famille royale de 1792 à 1793.

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Parallèlement, lors des travaux entrepris sous Napoléon Ier pour l’amélioration de la vie quotidienne, la « halle au vieux linge », consacrée à la fripe, fut transférée en 1809 de la rue de Poissy et du marché des Innocents sur les terres du Temple. L’architecte Molinos imagina quatre pavillons en bois pour recevoir la fripe, la vieille ferraille, les chaussures et les vêtements.

Enfin en 1863 les architectes J. de Mérindol et E. Legrand réalisèrent six pavillons dans l’esprit des « vastes parapluies » construits par Baltard pour les Halles. Amputé en 1905 des quatre principaux pavillons le Carreau du Temple a fait l’objet d’une rénovation importante pour y intégrer différents équipements de quartier ( Studio Milou Arch).

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Au nord du square du Temple la rue Dupetit-Thouard offre de multiples terrasses de cafés.

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En contournant le Carreau du Temple on arrive dans la rue du Forez qui débouche dans la rue Charlot. En 1608 Henri IV avait l’ambition de créer la « place de France » dans ce quartier de la Ville neuve du Temple. Claude Charlot est intervenu en sous-main du roi avec sa qualité d’entrepreneur et d’acheteur vers 1610 d’un grand nombre de parcelles du terrain des Templiers. Néanmoins l’ambition royale a été stoppée après l’assassinat d’Henri IV, les seules traces de cette idée restent les noms des rues avoisinantes: Normandie, Bretagne, Perche, Poitou, Saintonge, Forez. La rue Charlot possède plusieurs beaux petits hôtels du début du XVIIe siècle.

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Au n° 6 voir St Jean St François affectée aux catholiques arméniens, ancienne chapelle des Petits Capucins du Marais bâtie en 1624 et entièrement réédifiée en 1715 et à l’angle avec la rue du Forez au n° 57 un hôtel particulier avec une porte de 1776 .

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Rue de Bretagne (au n°10 un immeuble de rapport d’Hector Guimard de 1919, dont la verticalité est accentuée par les bow-window et l’ossature) il ne faut pas manquer le marché des Enfants Rouges accessible à partir du n°30 ou à partir de la rue Charlot. Inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques, ce marché est à la fois le plus ancien de Paris (1615) et aussi le plus bobo. Façon « place de village » dans une ambiance très conviviale on y trouve une grande diversité des offres de restauration autour de tables communes (ouvert du mardi au dimanche). Dans le même village voir aussi un « jardin partagé »: le Potager des oiseaux crée en 2004.

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Dans la rue Charlot on prend ensuite la rue de Poitou. Cette rue ainsi que celle de Saintonge s’ornent, elles aussi, de façades sans ornements du début du XVIIe.

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Les commerces d’alimentation sont remplacés par des boutiques de décoration, diverses galeries d’art et des créateurs de mode, parfois une ancienne boutique sert de hall de réception à un petit hôtel de charme comme celui à l’angle des rues du Poitou et de  Saintonge .

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Compte tenu de l’attractivité des devantures dont les détails suscitent curiosité ou intérêt, la balade se transforme en un zig-zag sur les trottoirs, comme dans la rue Debelleyne vers la rue de Bretagne dont le tracé courbe serait un souvenir de la rue ceinturant ce projet de « place de France » voulu par Henri IV. Au fond le pignon peint de la rue de Bretagne contre le bâtiment d’Hector Guimard (1914-1919) du 10 rue de Bretagne, d’une simplicité et d’un rationalisme inhabituels.

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On se dirige ensuite vers la rue Vieille du Temple qu’on traverse pour tourner à gauche vers la rue du Pont aux Choux.

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Au n°110 de la rue Vieille du Temple l’hôtel d’Hozier (1623) comporte une cour d’honneur initialement en pierre et briques du style Louis XIII, le portail sur rue date de 1731, la façade a été surélevée de deux étages au 19é siècle.

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La rue du Pont aux Choux ( le nom provient d’un petit pont qui enjambait un ruisseau dans un secteur de jardins maraichers au début du XVIIe) débouche boulevard Beaumarchais créé en 1670 après la destruction de l’enceinte de Charles V.

Le boulevard a été établi sur le remblai qui supportait cette enceinte, ce qui explique les escaliers entre le coté pair du boulevard coté rue Amelot. Cette enceinte est devenue au fil du temps la base matérielle de l’identité urbaine par opposition aux faubourgs.

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Au n° 113 de la rue du pont aux Choux, à l’angle avec le boulevard Beaumarchais, un immeuble de rapport construit en 1773 inscrit en 1925 aux Monuments Historiques.

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Au n°111 un temple de la consommation bobo recèle en cœur d’ilot quelques belles surprises, luxe calme et volupté .

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Au n°31 du boulevard Beaumarchais et à l’angle avec la rue du  Pas-de-la-Mule un immeuble d’habitation(G.Sachs Arch.1934) construit sur un terrain de 100 m² brique sur  ossature métallique avec bow-window en gravillon lavé.

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