Paris 17e Ouest : du pont Cardinet à la place de l’Etoile-Charles de Gaulle.

 

Le territoire de l’actuel 17e arrondissement comportait déjà avant son annexion à Paris en 1860 de grands lotissements spéculatifs. Après son rattachement, l’urbanisation de sa partie Ouest entre les voies ferrées de Paris-Saint-Lazare et les boulevards des maréchaux s’est développée par la volonté de l’administration haussmannienne largement aidée par les spéculateurs privés, notamment les frères Péreire, pour ouvrir de nouvelles voies créant de fait un important nombre de lotissements constructibles. Jusqu’à la fin du XIXe siècle ces lotissements verront s’implanter dans ce nouveau quartier parisien en vogue, des immeubles et de nombreux hôtels particuliers notamment pour une clientèle d’artistes officiels se rapprochant de leurs riches commanditaires regroupés autour du Parc Monceau.

Une vue aérienne de l’état en 1867 au dessus du village de Champerret.

La balade commence à la gare de Pont Cardinet (J.Polti Arch.1923) le long des voies SNCF de Paris-Saint-Lazare qui sépare les parties Ouest et Est (quartier des Batignolles) de l’arrondissement.

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La rue Cardinet permet de rejoindre la zone commerçante de cette partie Nord-Ouest de l’arrondissement autour de la rue de Lévis . A l’angle des rues Legendre, de Tocqueville et Cosnard, on découvre une succession de collages néo-historisants de la fin du XIXe et pour commencer, l’hôtel néo-renaissance en pierre et brique construit pour le parfumeur Guerlain .

36 rue de Tocqueville (Ch.Plumet Arch.1897) et ses loggias « décoratives » développées plus amplement en 1901 au 50 avenue V.Hugo.

A la fin du XIXe siècle, le Moyen-age et la Renaissance sont à la mode. En rupture avec l’uniformité apparente de l’architecture haussmannienne la critique du balcon a autorisée le développement des bow-windows ainsi que des loggias « décoratives » pour prolonger les appartements vers l’ extérieur. Ce dispositif architectural sera ensuite très largement développé tant pour les immeubles résidentiels que pour les logements sociaux au début du XXe siècle.

45 rue de Tocqueville: l’ immeuble commercial  Dorel (F.Bertrand Arch.1920-1923). Les bureaux sont implantés sur rue, l’appartement est situé au 4e étage avec un bow-window imposant, les ateliers de reprographie sont implantés à l’arrière de la parcelle. La façade en béton est totalement revêtue de motifs décoratifs en mosaïque de pâte de verre.

Au début du XXe siècle ce quartier en plein développement a permis d’ intégrer les différentes évolutions architecturales comme la Salle Cortot de l’Ecole Normale de Musique au 78 rue Cardinet (A.Perret Arch.1928). Sa façade en pierre est totalement épurée et sa frise correspond au système d’aération. Cette salle possède des qualités acoustiques tout à fait exceptionnelles (classée Monument Historique). Son Maître d’Ouvrage le pianiste Alfred Cortot déclarait au sujet de l’architecte: « il nous avait bien dit… »je vous ferai une salle qui sonnera comme un violon »; il a dit vrai mais il se trouve que ce violon est un stradivarius ».

Passé le boulevard Malesherbes on rejoint le lotissement Péreire qui est le plus complexe des tracés urbains parisiens par sa multitude d’îlots triangulaires. Ce procédé valorise les effets de perspectives et met en scène de façon renforcée les immeubles d’angles. L’organisation de l’ensemble est structurée par quelques grandes places à l’architecture ordonnancée ( Wagram, du Brésil , et Péreire).

Plusieurs rues de ce quartier ont conservé les fastes de la fin du XIX liés au développement de l’industrialisation et à l’enrichissement rapide d’une certaine classe sociale. Les ateliers d’artistes sont majoritairement implantés entre le boulevard Malesherbes, l’avenue de Wagram et l’avenue de Villiers. La rue Ampère rassemble la plus grande diversité dans les juxtapositions d’hôtels particuliers-ateliers d’artistes.

L’église Saint François de Salles initialement construite rue Brémontier a été agrandie ensuite coté rue Ampére entre 1911 et 1913 (E.Ewald Arch.) afin d’accompagner l’accroissement de la population du quartier. A proximité quelques immeubles présentent des bow-windows métalliques particulièrement développés.

A l’angle de l’avenue de Wagram et de la rue Brémontier  au 1 place d’Israël- 128 avenue de Wagram ( P.Patout Arch.1929), une expression modern’style sans ornement pour ce bâtiment d’angle, construit à l’origine pour une pension de famille, qui offrait une flexibilité des chambres afin de s’adapter aux demandes évolutives des clients.A l’origine les menuiseries des fenêtres étaient à guillotine .

61 rue Ampère l’atelier du peintre F.Flameng (J.Sauvestre Arch.1898 )

67 rue Ampère, dans la tendance Arts &Crafts.

La remontée du boulevard Péreire coté des numéros impairs vers la place de Wagram qui s’effectue en traversant les jardins publics implantés en 1968 sur la tranchée ferroviaire, permet d’admirer au n°145 un hôtel particulier avec ateliers d’artistes sur une parcelle très étroite qui a longtemps formé un signal urbain totalement isolé des autres constructions (G.A Dreyfus et V.Mette Arch.1931).

A l’arrivée sur la place Loulou Gasté et à la pointe des 3-17 rue Philibert Delorme, le tissu urbain a été largement modifié (U.Cassan Arch.1953). Ce qui pourrait s’apparenter à une barre est en fait l’assemblage de six éléments de 10 niveaux au plan en croix avec étages supérieurs en gradins, seul le premier élément à proximité de la place est isolé.

Cette place Loulou Gasté permet de rejoindre via la rue Alfred Roll le boulevard Berthier. Au n°23 l’ancien hôtel particulier d’un chanteur d’opéra (A.Sélonier Arch.1902). Une surcharge d’ornements à la façon décor de théâtre dans la mode historiciste. L’hôtel particulier voisin construit en 1899, maintenant démoli, était celui d’Yvette Guilbert dans un style  Art nouveau et donc d’esprit totalement différent .

En face: 134-142 bld Berthier, ces HBM rappellent l’importante production de logements sociaux de l’entre-deux guerres avec les façades en appareillages de briques (J.Bassompierre P.de Rutté et P.Sirvin Arch.1931-1933).

51 bld Berthier  (P.Sédille Arch.1892), ici les briques vernissées turquoises apportent une touche de polychromie dans cette succession d’appareillages de briques.

L’entrée de cet hôtel est située au 32 rue E.Fléchat, d’autres hôtels particuliers ont été construits dans cette rue.

En remontant vers le boulevard Péreire du coté des numéros pairs:au 100 bld Péreire (M.Hennequet arch.1925), systématisation des bow-windows polygonaux pour multiplier les vues obliques et travail plus particulier des derniers niveaux. Façade en granito de marbre avec des profils d’angle en faïence blanche. En 1930 M.Hennequet a réalisé rue Franklin un immeuble qui reprend exactement le même dispositif des bow-windows plissés.

Retour à la place Péreire.

A partir de cette vue aérienne de 1867 on peut visualiser les tracés viaires en étoile qui innervent le lotissement avec des avenues haussmanniennes très larges. Les principaux tracés y interférent selon deux triangles chevauchés qui rayonnent respectivement sur les places Péreire et Wagram, ces triangles sont subdivisés à leurs tour créant différentes voies secondaires.

Dans ce tissu urbain assez composite, au 134 avenue de Villiers, l’hôtel particulier Régnard de Chérif dans un style pseudo-hollandais (S.Sauvestre Arch.1883) .

L’avenue de Villiers permet de rejoindre la place du Brésil puis l’avenue de Wagram. Au n° 62 à l’angle avec la rue de Prony (D.Honegger Arch.1950-1955) cet immeuble de bureaux utilise l’industrialisation, sa préfabrication dans un langage très classique est d’un « rigorisme épidermique », la façade est en béton bouchardé.

Rue Jouffroy d’Abbans, une surélévation des années 30 romps curieusement la symétrie d’origine entre deux bâtiments du début XXe.

85 rue Jouffroy d’Abbans (E.Albert Arch. et JL Sarf Ing.1955).

A l’origine l’Epargne de France demanda à E.Albert de créer 1000 m² de bureaux sans toucher aux anciennes parties d’un hôtel particulier qui fut un temps celui de G.Eiffel.   Avec l’impossibilité de concevoir de nouvelles fondations et le programme imposant de créer des espaces flexibles E.Albert et JL Sarf ont imaginé une ossature métallique tubulaire légère en acier laissée visible et largement vitrée avec impostes en partie haute de chaque niveau, ce projet fut réalisé dans un délai très bref tout en conservant l’édifice existant qui laissait voir sa façade à partir de la rue. Les deux derniers niveaux respectent la courbe réglementaire du gabarit parisien de l’époque. Cette première réalisation d’architecture tubulaire sera ensuite développé dans les projets de la tour Croulebarbe et la direction de l’exploitation d’Air France à Orly .

Un parfait exemple d’architecture métallique alliant légèreté, économie et standardisation qui ont contribué à la renommée de l’édifice puisqu’il obtint en 1957 le Grand Prix International d’Architecture. Malheureusement une densification récente a dénaturée le projet initial en masquant la cour devant l’hôtel particulier sur la largeur des quatre premiers niveaux et sur les huit premières trames verticales.

103-105 rue Jouffroy d’Abbans (T.Petit Arch.1906)

Au développement du comble que favorise la réglementation de l’immeuble post-haussmannien s’intègre le motif de la loggia sur colonne, valorisant ainsi le « bel étage » et sa vue dégagée .

Dans l’alignement de l’avenue Wagram, à l’angle avec la rue Cardinet et au 132-134 rue de Courcelles (T.Petit Arch.1906), l’ implantation de cet immeuble en angle est exceptionnelle, elle a permis la mise en scène d’extravagances post-Art Nouveau sur une base haussmannienne, comme un art des compromis entre deux périodes .

Cet éclectisme est particulièrement développé dans le traitement des poivrières à l’angle avec l’avenue de Wagram. Libérée des contraintes haussmanniennes et renforcées par les perspectives nouvelles, les différents traitements des dômes et rotondes acquièrent le rôle de nouveaux signaux urbains pour cette époque  .

Lui faisant face au 119 avenue de Wagram (A.Perret Arch.1902), la galerie avec loggias du 5é étage de cet appartement succombe, certes avec modération, au motif familier de 1900. Un an plus tard et à 29 ans Auguste Perret réalisera en rupture avec cet immeuble assez convenu l’immeuble du 25bis rue Franklin, une des références majeures des débuts de l’architecture moderne.

Dans cette partie de l’avenue de Wagram près de la Place des Ternes, le tissu urbain dense est plus régulier et les immeubles haussmanniens se rapprochant de la place de l’Etoile apparaissent très neutres. La rupture d’échelle dans le bâti se situe à l’ angle du 33 rue Poncelet – rue des Renaudes avec un ensemble immobilier regroupant pour l’administration des Postes, bureaux et central téléphonique.(J.Dumont Arch.1975) .

L’ hommage rendu à cet architecte lors de sa réception à l’Académie d’Architecture en novembre 1976 laisse perplexe:« …l’immeuble des postes et télécommunications, à l’angle des rues Poncelet et des Renaudes dans le 17ème arrondissement de Paris illustre le sens des rapports, des proportions, ainsi que la perception aiguë des formes et des couleurs dont disposait naturellement Jean Dumont. » … »on peut apprécier avec quelle habileté Jean Dumont réussit à faire vibrer la façade, en fractionnant le volume principal, et en retrouvant un rythme vertical qui inscrit harmonieusement ce très volumineux bâtiment dans les perspectives urbaines ». Chacun pourra rectifier cette vision dithyrambique quant à l’inscription dans le site de cet ensemble après une visite .

A l’arrivée Place des Ternes: « La Cité Mondaine » (Boussard Arch.1882). Une cour centrale circulaire est implantée au centre de cet immeuble vers laquelle sont orientés les appartements. Une réalisation entre hygiénisme et rentabilisation de la façade sur la place traitée de façon volontairement  « prestigieuse ».

Place des Ternes et avenue des Ternes 1867

De la place des Ternes à la place de l’Etoile-Charles de Gaulle on rejoint un axe important depuis 1850.

Au 34 avenue Wagram l’ancien Logiluxe Parisien devenu le Céramic hôtel (J.Lavirotte Arch.1904).A l’origine, cette résidence hôtelière comportait en façade sur l’avenue, salle à manger, salon et petit salon; sur la cour centrale un office et une salle de bains commune aux 5 chambres implantées autour d’une seconde cour à l’arrière du terrain. La structure en béton pour ce bâtiment de 9m de large sur l’avenue est totalement masquée par une peau décorative en grès flammé et faïence émaillée réalisée par Alexandre Bigot. Ce bâtiment constitue un parfait exemple d’une réalisation d’Art Nouveau, même s’il n’atteint pas le niveau d’exubérance du 29 avenue Rapp par le même architecte,un brillant jeu de courbes avec les balcons décorés de glycines, les étages sont identiques mais l’expression en façade est travaillée différemment à chaque niveau. Lavirotte a été lauréat à trois reprises du concours des façades avec réserve toutefois du jury par rapport à ses « débordements » et à son style.

Lui faisant face, 37 avenue Wagram, l’hôtel Renaissance Wagram (Ch.de Portzamparc Arch.2003-2008), les courbes et contre courbes des parois vitrées forment un tressage permettant des vues panoramiques sur le paysage urbain comme un écho lointain au vis à vis de l’avenue.

Retour avenue des Ternes dont le tracé très ancien se poursuit vers le centre de Paris par la rue du Faubourg Saint-Honoré. Dans ce secteur à vocation commerciale et  au carrefour entre l’avenue des Ternes et l’avenue Niel : l’ancien Magasins Réunis s’affiche comme un autre manifeste en rupture avec l’uniformité de la ville haussmannienne (M.Oudin Arch.1912), ici la structure en béton est clairement mise en évidence.

Ces juxtaposions entre courants architecturaux successifs se retrouvent une dernière fois avant de rejoindre la place de l’Etoile via l’avenue Mac Mahon au n° 29 (G.Massa Arch.1902),  avec des lourdeurs décoratives très éclectiques en dépit des simplifications ultérieures réalisées en partie haute du 4é étage sous les combles.

Plus haut, dans l’avenue et à l’angle avec la rue du général Lanrezac, un traitement d’angle dynamique des années 30 termine cette balade à proximité de la place de l’Etoile-Charles de Gaulle.

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Paris du quai de Bercy au quartier de l’Arsenal.

 

Jusqu’au milieu du XIXe siècle la Seine demeura essentielle pour le transport et l’approvisionnement des marchandises dans la capitale. Les quais se poursuivaient de Bercy à Passy sans interruption, ils furent améliorés sans cesse avant que d’autres moyens de transports des marchandises ne viennent supplanter le transport fluvial puis nécessiter le réaménagement des zones de stockage ou de productions industrielles.

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Sur cette partie du fleuve au Sud-Est de Paris les usines de transformations furent progressivement déplacées telle l’usine génératrice d’électricité pour le métro parisien rue de Bercy ( doc.BNF) de P.Friesé Archi. 1904 , détruite pour y implanter le nouveau siège de la RATP. Le quai fut doublé par des voies de circulation rapides modifiant durablement le rapport entre la ville et le fleuve.

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Sur la partie du quai comprise entre le pont de Bercy et le pont Charles de Gaulle, l’îlot de rénovation urbaine Villiot-Rapée s’intègre entre les immeubles de bureaux. Aux logements sociaux des années 50 ont succédé 7 immeubles contigus réalisés par autant d’équipes d’architectes. Coté quai et rue Villiot la juxtaposition d’un immeuble a l’autre est maîtrisée et l’ensemble n’apparaît pas comme un collage composite.

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En coeur d’Îlot, une opération récente (Hamonic+ Masson Arch.2011) de 2 tours de 7 et 11 étages est plus dynamique et s’affranchie des contraintes vis à vis des immeubles voisins.

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Les logements comportent tous un angle avec balcon dont la géométrie est variable d’un niveau à l’autre.

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Sur cet îlot, la façade à l’opposée de la Seine fait face à la dalle surélevée de la gare Paris-Lyon. Elle longe la rue de Bercy et permet de découvrir la succession des immeubles de bureaux de l’opération d’urbanisme Bercy-La Rapée, disposés en peigne et  implantés sur un socle horizontal formant terrasse accessible ( J.Dubuisson urbaniste 1958-1978).

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Revenant vers la Seine, face à la rampe hélicoïdale de la passerelle d’Austerlitz, au 88 Quai de la Rapée et 2 boulevard Diderot: immeuble de bureaux (A.Leconte Arch.1933)  Les horizontales sont renforcées par les ensembles vitrés donnant une image forte dépouillée d’artifices superflus.

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96 Quai de la Rapée, immeuble de bureaux (A.Zubléna Arch.1992) et son  mur mobile vitré toute hauteur, sur 33m de large en façade occultant le parvis lors de la fermeture des bureaux. Une prouesse technique dépassée voire inutile et à l’opposée des contraintes actuelles d’économie des moyens pour les utilisateurs.

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Revenant vers la Gare de Paris-Lyon, au 13 boulevard Diderot: l’ancien hôtel Massilia        ( M.Oudin Arch.1911). Ce bâtiment îlot est implanté sur un terrain triangulaire délimité par le boulevard , les rues de Bercy et Traversière, lui donnant la force d’un signal.                La structure béton est immédiatement lisible sans exclure un coté pittoresque découlant pour partie des  bow-windows et des encorbellements. Lors de sa construction cet hôtel faisait figure de manifeste pro béton armé en dépit de certains aspects ne rompant pas totalement avec l’académisme ambiant.

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Angle 15 rue Traversière et 216 rue de Bercy, l’ancien siège administratif des Chemins de Fer Paris-Lyon-Méditerranée (1927-1930) d’une grande homogénéité architecturale.

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A l’angle rue de Bercy, la rue Crémieux ouverte en 1865 présente un aspect très particulier dans ce quartier. Réservée aux piétons, elle est bordée de chaque coté par une trentaine de maisons individuelles de deux étages chacune s’adossant contre les héberges du bâtiment administratif du PLM. Les teintes variées des façades se succèdent sans juxtapositions criantes entre elles .

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244-246 rue de Bercy, avant d’arriver au port de la Bastille, un tout autre aspect pour ce bâtiment qui regroupe une résidence du CROUS et un hall d’exposition automobile.

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Dans la ville haussmannienne, la modernisation des voies de communication a favorisé la division du travail. Ainsi le bassin de l’Arsenal fut utilisé entre le 19e et le 20e siècle comme port de commerce (vin,blé et bois). Relié au canal Saint-Martin ouvert en 1825 il permettait la liaison entre la Seine et le bassin de la Villette bordé de très nombreuses industries et au delà, le canal de l’Ourcq et les plaines du Nord. Sa reconversion en port de plaisance date de 1983.

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Le quartier de l’Arsenal, situé entre le quai Henri IV et  l’actuel boulevard Bourdon, tient son nom de l’arsenal royal dont l’implantation initiale remonte à 1533. Cette partie de la ville était destinée à la fabrication et au stockage des munitions, à la suite de différentes explosions et incendies la fabrication fut réalisée à La Salpêtrière et le quartier de l’Arsenal fut limité au stockage. L’île Louviers, encore visible sur le plan de Turgot (1739),était inhabitée, elle fut longtemps affectée à l’entreposage du bois flotté provenant du Morvan. Puis ensuite rattachée à la rive droite en 1843, l’ancien bras mort comblé forma l’actuel boulevard Morland. Sur la rive Sud le quai Henri IV fut actif jusque vers 1940.

Sur un terrain compris entre le quai Henri IV et le boulevard Morland, initialement affecté aux anciens laboratoires des Poudres et Salpêtres, l’ensemble « Nouvelle Vague » de 140 logements et crèche ( LIN Arch.2015) se développe en courbes avec ses façades en panneaux métalliques.

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Le terrain initial occupé par le Ministère de la Défense s’étend du n°18 quai Henri IV jusqu’au  2-6 rue de Schomberg et 15 boulevard Morland. Sur ce vaste terrain une opération mixte associe des logements pour la Garde Républicaine situés le long du quai et contre la rue de Schomberg ( Ateliers Lion Arch.1999). Le long du quai l’ensemble est constitué de quatre plots reliés par des passerelles avec balcons face à la Seine d’un niveau de finition malheureusement devenu inhabituel .

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Sur le retour rue de Schomberg et perpendiculaire au quai Henri IV, les trois bâtiments de l’ancienne caserne militaire Schomberg ( J-A Bouvard Arch.1883) en briques avec calepinages décoratifs et structure métallique apparente ont été surélevés de 2 étages bien différenciés en panneaux composites. Ces bâtiments reçoivent les logements sociaux avec un jardin central.

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Dans le quartier de l’ancien arsenal dont l’implantation initiale remonte à 1533, l’actuelle bibliothèque de l’Arsenal crée en 1757 a été installée dans la résidence construite en 1594 pour le duc de Sully, grand Maître de l’Artillerie, elle fut embellie en 1745.

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La frise décorative sous la corniche rassemble avec une profusion de détails les différents types de munitions de l’époque.

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17 boulevard Morland: la Cité administrative de la Ville de Paris a été conçue à l’origine pour regrouper les différents services de la Préfecture de la Seine (A.Laprade, P.Fournier et R.Fontaine Arch.1955-1965). Le plan en H ménage à l’avant et à l’arrière de la tour une pseudo esplanade monumentale d’une grande raideur totalement en phase avec ce bâtiment administratif aux références traditionnelles figées .

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La vision de cet édifice à partir du pont Sully-Morland, ne fait que renforcer l’ image du bâtiment régalien. A l’époque de sa construction le dépassement du plafond légal  par ce bâtiment de seize niveaux dans le secteur sauvegardé proche de l’île Saint-Louis n’a pas soulevé de polémique particulière de la part des riverains. Depuis les groupes de pressions et les recours des tiers ont su largement s’imposer à tout propos et souvent  de façon très abusive.

Souhaitons que le projet retenu lors de la consultation « Ré-imaginer Paris » basé sur la mixité des fonctions et des usages permette réellement « une véritable philosophie d’ouverture » afin de modifier le rapport du public avec ce bâtiment forteresse déconnecté de son environnement.

Ne doutons pas qu’il faudra plus que les plantations et arbres désormais érigés en nouveau dogme incontournable pour réussir ce challenge.

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L’actuel Pavillon de l’Arsenal (Clément Arch.1879) fut conçu pour recevoir la collection de tableaux d’un riche marchand. Transformé ensuite en lieu de stockage puis aménagé en pavillon permanent d’expositions dédié à l’urbanisme et l’architecture à Paris et en île de France (Reichen & Robert Arch.1988).

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La balade se termine à l’angle rue de Sully-boulevard Henri IV devant la caserne de la Garde Républicaine ( J.Hermant Arch.1895-1901), édifiée à la place de l’ancien couvent.

La caserne dédiée à la cavalerie comporte dans sa partie centrale un manège dont la charpente métallique , réalisée par G.Eiffel pour l’exposition de 1889, a été démontée quelques années plus tard et remontée dans la caserne.

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Paris, la Cité Internationale Universitaire et ses batiments icônes.

Galerie

Cette galerie contient 78 photos.

La Cité internationale universitaire de Paris est une fondation de droit privé qui a pour but de favoriser, dans un esprit de tolérance, les échanges entre étudiants venus du monde entier. Chaque année 6 000 résidents sont accueillis, répartis dans 37 pavillons … Lire la suite

Paris 2e: de la rue de Réaumur et ses immeubles début XXe au boulevard des Italiens.

 

En 1902 le nouveau règlement d’urbanisme parisien a confirmé la rupture avec l’architecture haussmannienne jugée trop codée et figeante, au profit d’une ville nouvelle valorisant alors la primauté de l’espace et des monuments publics par rapport à l’immeuble de rapport que beaucoup d’architectes jugeaient privé de toute fantaisie architecturale.

Cette révision amorcée dès 1882 s’est considérablement amplifiée au début du XXe avec d’un coté, le développement de l’éclectisme et du pittoresque y compris ses excès esthétiques et de l’autre celui de l’architecture métallique. D’abord masqué par la pierre d’habillage le métal fut progressivement assumé comme tel et mis en évidence.

A partir de 1895, le percement de la rue de Réaumur a servi de laboratoire à ces idées nouvelles et a permis la création d’immeubles mixtes d’habitations et d’activités commerciales ainsi que la création du métro au centre de cette voie nouvelle.

Le parcours proposé de la rue de Réaumur au boulevard des Italiens permet de constater le développement économique durant une trentaine d’années autour de la Bourse, entre le développement des banques lié aux maisons de commerces et les fabriques de textile liées au secteur de la mode et leurs extensions naturelles: boutiques de gros et grands magasins .

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Au 51 rue Réaumur, à l’angle avec le boulevard Sébastopol: l’ancien magasin Félix Potin   ( Ch.Le Maresquier Arch.1910). Même si la partie basse a été largement modifiée par la suppression de marquises d’angle qui renforçaient l’ aspect exubérant du décor, sa partie haute est dans le style « éclectique ornemental » défendu par l’académisme .

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82 rue de Réaumur, l’ancien magasin A Réaumur construit en 1897 ( Constant Bernard Arch.) et utilisé comme tel jusqu’en 1960, adapté depuis en magasin d’usines.

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61-63 rue de Réaumur (Ph.Juannin et G.Sirgery Arch.1900), sur une parcelle de très faible profondeur, la façade de cet immeuble d’activités commerciales ne manque pas de fantaisie avec un traitement néo-gothique central mais ne correspondant plus déjà aux nouvelles contraintes des locaux commerciaux en ce début du XXe siècle.

69 rue de Réaumur, immeuble commercial avec structure mixte maçonnerie et métal (E.Pergod Arch.1895). Dans cet immeuble construit initialement pour un atelier de typogravure, la recherche de la lumière est particulièrement soignée dans sa partie supérieure traitée comme une serre.

108-110 rue de Réaumur (Wattier Arch.1898). A la charnière entre deux périodes, les ensembles largement vitrés des premiers niveaux composent avec le traitement plus conventionnel des étages supérieurs .

91 rue de Réaumur (Ch.de Montarnal Arch.1897) à noter la finesse des structures métalliques pour cet immeuble commercial et ici sans compromis dans les étages supérieurs. Au n°118, une réalisation plus tardive mais beaucoup moins épurée illustre l’arrivée de l’Art Nouveau par le même architecte.

97 rue de Réaumur (Jolival et Devillard Arch.1900). Comme un grand nombre d’immeubles de la rue cet immeuble est hybride, l’ossature métallique est pour partie dissimulée derrière une façade pierre dont les motifs « décoratifs » empruntent largement au vocabulaire « Beaux-Arts ». Particularité : cet immeuble intègre à droite l’entrée du métro Sentier.

105 rue de Réaumur (Ch.Ruzè Arch.1899).

116 rue de Réaumur (Walwein Arch.1900-1903) immeuble primé au concours des façades.

118 rue de Réaumur immeuble commercial (Ch.de Montarnal Arch.1897), une mise en évidence de la mixité maçonnerie et métal avec une influence Art Nouveau. Immeuble primé au concours des façades.

122 rue de Réaumur (Despras Arch.1897), mixité activités commerciales et habitations dans les étages supérieurs.

124 rue de Réaumur: immeuble commercial (attribué probablement à tort à G.Chédanne Arch.1903-1905). La façade en métal riveté assume clairement les couleurs de l’industrie et limite l’emploi de la brique à la partie sous toiture. L’absence d’ornementation fait de cet immeuble une référence novatrice du début XXe pour la construction métallique.

126 rue de Réaumur (Le Voisvenel Arch.1899).

119 rue de Réaumur ( S.Bousson Arch.1900-1903), immeuble primé au concours des façades. Ossature métallique masquée par un parement en pierre aux détails très appuyés.

121 rue de Réaumur (Ch.Ruzé Arch.1900), un des immeubles les plus ouvragés notamment dans le travail des bow-windows galbés à l’angle avec la rue N-D des Victoires.

95 rue Montmartre (S.Périssé Ing.1899). Cet immeuble d’habitation novateur développe le principe constructif de la structure métallique et son remplissage en briques vernissées avec les ensembles vitrés des bow-windows .

130 rue de Réaumur (Ch.de Montarnal Arch.1898), sur un terrain d’angle résultant de la création des nouvelles voies.

Rue Montmartre (JJ Ory Arch.1991), si dans les bâtiments précédents le passage du bois à l’acier a permis de diminuer la section des profils pour augmenter les surfaces vitrées on trouve ici un exemple régressif avec une utilisation assez bâclée de l’aluminium .

Plus loin dans la rue d’Uzès, sur le terrain d’un ancien hôtel particulier, différents immeubles de bureaux dignes d’intérêt . Au 5 rue d’Uzès (E.Guillaume Arch.1878).

13 rue d’Uzès (G.Raulin Arch.1885-1886),  une recherche très aboutie de la lumière naturelle développée à son maximum avec une façade transparente et un plancher de verre diffusant la lumière jusqu’au sous-sol.

Avant de traverser le passage des Panoramas, au 167 rue Montmartre, un immeuble de 1909 présente un bow-window dont la saillie est remarquable (V.Blavette Arch.1909) .

Une courte traversée du passage des Panoramas permet de sortir au 8-10 rue Saint-Marc Au dessus du passage, un immeuble de bureaux (H.Sauvage Arch.1930). Un aspect raide dans le traitement notamment des bow-windows par cet architecte néanmoins brillant et très éclectique dans ses réalisations qui a su tirer parti dès 1903 avec les frères Perret des possibilités offertes par le béton.

24 rue Feydau (F.Colin Arch.1932) dans cette rue étroite, cet immeuble de bureaux présente une façade a redans plissée pour capter la lumière avec ses fenêtres d’angle et rationaliser le plan du terrain de biais par rapport à la rue. Le traitement des ferronneries est Art Déco.

24 rue Saint-Marc (Thalheimer Arch.1894), cet immeuble, bien que le plus ancien de cette balade, répond parfaitement au besoin d’éclairage naturel des locaux commerciaux, seul le traitement des balcons en saillie est un compromis avec l’ornementation fin XIX .

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6 rue de Hanovre (A.Bocage Arch.1908) revêtus de carreaux en grès de Bigot.

Angle rue du Hanovre/ rue de la Michodiére: la Cité de Hanovre (V.Laloux et Ch.Le Maresquier Arch. 1932). Cet ensemble de bureaux est construit sur la totalité de l’Îlot triangulaire. Au centre une grande coupole éclaire l’ensemble des plateaux implantés le long des façades.

Angle du même immeuble rue de la Michodiére et boulevard des Italiens.

En face de la Cité de Hanovre, sur le boulevard des Italiens et à l’angle rue Helder: bureaux et initialement hall d’exposition Ford de grande hauteur ( M.Roux-Spitz Arch.1929). Le seul bâtiment de la « série blanche » de M.Roux-Spitz non destiné à l’habitation.  Un emplacement de premier plan pour sa destination d’origine qui était renforcé par un éclairage spectaculaire formant signal .                                     L’impression de fluidité au rez de chaussée a été modifiée par la création d’un plancher intermédiaire dans le grand volume d’exposition initial.

Avant de revenir au boulevard des Italiens une dernière réalisation au 8 rue de Port-Mahon, immeuble de bureaux construit pour la SCI « L’avenir du Prolétariat »(A.Morel et L.Fillol Arch. 1936). Le programme d’origine mixte habitations et ateliers n’apparaît pas en façade. Le bâtiment sous l’influence stylistique hollandaise est traité en brique avec entourages des baies en carrelage noir, l’ample bow-window vient adoucir cet ensemble. Les retraits successifs des derniers niveaux respectent le règlement d’urbanisme de l’époque.

 

Paris 20e: de Ménilmontant à « La campagne à Paris ».

 

« Je gagnais les hauteurs de Ménilmontant, et de là prenant les sentiers à travers les vignes et les prairies, je traversais Charonne le riant paysage qui sépare ces deux villages, puis je fis un détour pour revenir par les mêmes prairies en prenant un autre chemin. Je m’amusais à les parcourir avec ce plaisir et cet intérêt que m’ont toujours donné les sites agréables… » (J-J Rousseau – Rêveries du promeneur solitaire, 1776).

Plus de soixante-dix après ce texte de Rousseau, le plan de Paris indique encore pour Belleville et Ménilmontant une urbanisation contenue par le boulevard de Ménilmontant à l’Ouest, au delà le territoire sur la colline n’était que très ponctuellement construit.

Ces communes de Belleville et de Charonne ne furent annexées à Paris qu’en 1860, Belleville fut coupée en deux et rattachée aux XIX et XX arrondissements dans le but de diviser la solidarité ouvrière très active. L’urbanisation progressive a été réalisée par la création de lotissements issus pour partie de plus grands domaines démembrés après la Révolution, ainsi que dans des espaces restés ruraux d’anciennes vignes très présentes alors sur les coteaux de Charonne. Ces lotissements destinés à une clientèle modeste ont aboutit à des résultats urbains qualitativement assez médiocres ( rues étroites et mal reliées au réseau viaire, médiocre qualité du bâti). L’ensemble a fait l’objet depuis 30 ans de rénovations urbaines plus ou moins importantes et brutales en opposition à un certain mode de vie paisible qu’offrait ce quartier dans Paris.

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Cette balade débute rue de Ménilmontant à l’angle avec la rue des Pyrénées. Au n°121 cet élégant bâtiment était le lieu de villégiature de Nicolas Carré de Beaudoin (P-L Moreau-Desproux Arch.1770). Inspirée par une villa publiée dans le traité de Palladio, cette folie est un témoin unique des maisons de campagnes édifiées au XVIIIe siècle pour les aristocrates. Longtemps propriété de la famille de Goncourt il fut transformé en pensionnat de jeunes filles puis ultérieurement en orphelinat. Ce bâtiment est devenu depuis 2007 l’espace culturel de la Mairie du XXe destiné à accueillir expositions et conférences.

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Au 119 rue de Ménilmontant, la résidence universitaire des frères Goncourt ( VIB Arch.2015) donne en façade arrière sur le jardin du Carré de Beaudoin. Cette résidence complète celle construite par Paris Habitat au n°111 pour intégrer les étudiants à la vie quotidienne du quartier. A cette hauteur de la rue de Ménilmontant la vue sur les arrondissements centraux est assez dégagée et permet d’apercevoir Beaubourg.

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En remontant plus haut sur la colline: le « 140 Ménilmontant » (L.Bonnier Arch.1922-1928) L.Bonnier architecte voyer de la Ville de Paris était  très critique concernant l’architecture haussmannienne et il lui a opposé en réaction « plus de pittoresque et de fantaisie artistique ».Le plan masse des 580 logements sur ce terrain de 12.000 m² avec un fort dénivelé, s’est développé en peigne de part et d’autre d’un square avec de nombreuses cours. La réputation de cet ensemble dans le quartier pâtira de sa densité de logements sociaux et Il faudra ultérieurement réduire le square pour créer la rue H.Jakubowicz afin de désenclaver l’ensemble de cette opération qui longtemps n’a pas pu empêcher une certaine forme d’enfermement.

Le traitement des façades est particulièrement austère même s’il comporte de multiples détails de construction pittoresques ainsi qu’une variété d’appareillages de briques.

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Le retour vers la rue des Pyrénées s’effectue en direction de la place Gambetta, au 283 rue des Pyrénées un immeuble de logements (R.Anger, M.Heymann,P.Puccinelli Arch. 1959), le jeu de volumes dans les imbrications des loggias a été amoindri par la pose de vitrages modifiant l’aspect cinétique de la façade originale.

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Après avoir passé la place Gambetta, au 6 rue Belgrand, le cinéma Gambetta Palace (H.Sauvage Arch.1920). Sur la façade blanche des masques en partie haute se présentent comme autant d’éléments décoratifs en léger relief, en phase avec la période Art Déco de sa réalisation.

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190 rue des Pyrénées : l’ancien dispensaire Jouye-Rouve et Taniès (L.Bonnier Arch.1910) devenu centre social du quartier. Cette construction en meulière d’un aspect rustique et pittoresque est implantée à l’angle de la rue Stendhal. Louis Bonnier architecte-voyer en chef de la ville de Paris fut l’auteur du règlement de voirie de 1902 qui permit de rompre avec les règles établies par Haussmann

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209 rue des Pyrénées ( R.Anger, M.Heymann, P.Puccinelli Arch. 1960) moins modifié que l’immeuble du n° 283, les loggias en porte-a faux apparaissent comme une sculpture cinétique. La recherche de géométrie tridimensionnelle a été développée par cette agence tout au long de nombreux projets à Paris en réaction à une certaine « pauvreté » des façades produites à cette époque

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La rue Charles Renouvier enjambe la rue des Pyrénées et se prolonge par la rue des Rondeaux jusqu’au cimetière du Père-Lachaise. Cette rue très calme semble particulièrement en retrait de l’agitation de la ville.

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En empruntant l’escalier longeant le jardin des oiseaux on retrouve en contrebas la rue de Pyrénées, ouverte après 1860 pour relier le XIXe au XIe à travers le XXe.

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Face à la rue Charles Renouvrier, la villa Stendahl est construite d’immeubles tous identiques en briques et pierre. Ce fut au début du XXe siècle la première rue de Charonne dont les immeubles furent bâtis en rupture d’échelle avec l’environnement immédiat.

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Plus loin l’espace engazonné laissé libre de toute occupation, est celui du réservoir de Charonne. Il devait accueillir en 2017/ 2018 la « micro ferme de Charonne » groupant des serres, des ruches. L’économie du projet repose sur la culture et la distribution de micro-pousses en phase avec les tendances actuelles du marché alimentaire ( bio, santé, local). Les cycles de production entre une et cinq semaines autoriseraient un volume de production entre environ 25 et 30 tonnes par an.

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Le chemin du parc de Charonne est sur la ligne de crête de la colline, un premier escalier permet de rejoindre en contrebas la rue de Bagnolet en longeant le cimetière Saint Germain de Charonne.

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Plus loin, un autre escalier urbain dessert un ensemble de logements et d’équipements publics qui aboutit rue de Bagnolet le long du chemin de fer « de la petite ceinture ».

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Revenons d’abord par une petite porte donnant chemin du Parc-de-Charonne pour traverser le cimetière de St Germain de Charonne. Dans celui-ci se trouve le mausolée de « Bègue dit Magloire, Peintre en bâtiments, Patriote, Poète, Philosophe et secrétaire de Monsieur de Robespierre 1793″, ainsi que la tombe de R.Brasillach qui écrivit en 1936 « j’aime cet asile ou l’on ne voit que des arbres, un clocher campagnard et d’ou la ville énorme aux hautes bâtisses a disparue ».

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Située sur la pente de la colline, l’église St Germain de Charonne ( XIIe siècle) a été construite sur un sol argileux, elle subit de fait une instabilité chronique. La campagne actuelle de travaux de confortement de la construction s’accompagne d’une fouille archéologique concernant la céramique funéraire médiévale. C’est autour de cette église que s’est constituée l’urbanisation du village au Moyen-Age.

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Au débouché de l’escalier, la rue Saint-Blaise bordée de maisons basses est l’ancienne rue principale du village de Charonne.

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Mais tout d’abord à droite au n°109-115 rue de Bagnolet: logements, bibliothèque municipale et l’hôtel Mama Shelter ( R.Castro, S.Denisoff S.Casi Arch.2008) innervé par l’escalier urbain desservant le coeur d’îlot.

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Cet ensemble de logements et hôtel longe la ligne désaffectée du chemin de fer de ceinture construite à partir de 1852 et mise en service dès 1862. A l’origine la ligne de 32 km reliait entre elles les grandes gares parisiennes tout en déservant les fortifications . Au 102 bis rue de Bagnolet s’élève encore la gare de Charonne fermée depuis 1934 mais aménagée en 1990 par des étudiants des Beaux-Arts et transformée en salle de concert  « La flèche d’or » en référence au train Paris-Londres.

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Revenant face à l’église St Germain de Charonne, la rue piétonne traverse le coeur  de l’ancien village restauré avec ses nombreuses terrasses de cafés et restaurants

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Une place ombragée avec bistrot est en limite de la zone de rénovation de Saint-Blaise et fait face aux nouveaux immeubles d’habitations.

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39-47 rue Vitruve et 2 rue Galleron, le Collège Flora Tristan ( J.Bardet Arch.1982) avec un jeu de patios périphériques éclairant les salles de classes .

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Les deux tours de la rue Vitruve ( square Vitruve et des cardeurs) de 36 et 33 étages sont les deux réalisées sur la dizaine projetées à l’origine pour cette opération immobilière sur dalle. Elles demeurent les témoins incontournables d’un échec de certaines rénovations lourdes entreprises dans Paris (Delaage & Tsaropoulos Arch.1975).

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Retour sur la rue de Bagnolet aux n° 135-137, les escaliers sont consécutifs aux travaux de nivellement de la chaussée entrepris au XIXe pour  amoindrir la pente très raide de la rue à cet endroit.

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Face au Jardin Debrousse et son pavillon de pierre (seul reste du château de Bagnolet construit en 1734 sur un terrain de 80 hectares qui fut morcelé à la fin du XVIIIe siècle), la rue Pelleport remonte vers la Porte de Bagnolet, à l’angle avec la rue de l’Indre un immeuble d’habitations en gradins selon le règlement des prospects des années 50

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Après avoir traversé la rue Belgrand et ses immeubles 1930 en brique, on remonte la rue du Capitaine-Ferber jusqu’à la place Octave-Chanute.

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Une maison individuelle associant vitrages clairs et dépolis ainsi qu’ habillage bois attire l’attention (P.Katz Archi. 2015). En terrasse une voile escamotable pour agrémenter les soirées d’été.

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De là, un escalier permet d’atteindre le lotissement « La campagne à Paris« .

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Dans cette zone de Paris et jusqu’aux alentours des Buttes Chaumont, les carrières de gypses étaient nombreuses au XIXe siècle. A cet emplacement une carrière fut comblée par les gravats des percées haussmanniennes entreprises avenue Gambetta. La butte fut achetée vers 1905 par une société coopérative « La campagne à Paris » pour y construire 92 maisons individuelles en meulière ou en briques voire avec colombages entre 1908 et 1928, l’ensemble en surplomb par rapport au boulevard Mortier.

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Les rues J.Siegfried, I.Blanc, G.Perec, P.Strauss sont bordées de maisons avec des jardinets coté rue, complétés par d’autres jardins à l’intérieur des parcelles ou les bruits de la ville sont estompés.

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La descente vers la Porte de Bagnolet se fait par la rue Père Prosper Enfantin (1796-1864 fondateur du Secours Mutuel).

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Le long du boulevard Mortier, en remontant vers Saint-Fargeau, on peut découvrir les autres façades et jardins du lotissement si loin et si proche à la fois de l’agitation de la Porte de Bagnolet.

Paris, balade architecturale dans le 8e arrondissement autour du parc Monceau.

Le quartier de la Plaine Monceau est représentatif des tissus urbains directement issus de la spéculation foncière développée durant le Second Empire lié indirectement au développement de la circulation ferroviaire. L’inscription des gares au centre de Paris, dans ce cas précis St Lazare, a eu pour conséquence d’importantes modifications urbaines comme en témoigne ce quartier .

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En partant de l’intersection avenue de Villiers et du boulevard de Courcelles l’homogénéité voire l’uniformité de l’architecture haussmannienne prend toute sa place au détriment des individualités.                                                                                                                              De loin seule la grande masse de l’ilot est lisible, de plus près les motifs des balcons sont autant de variations individuelles qui compensent cette apparente monotonie.

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Au 29 boulevard de Courcelles, un immeuble Art Nouveau. La façade avec décoration florale est sculptée autour des baies ( F-X Schoellkopf Arch.1902).

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Avant d’entrer dans le Parc Monceau au n°7 de l’avenue Velasquez: l’hôtel particulier d’ E. Cernuschi ( W.Bouwens van der Boijen Arch.1875). Ce financier proche de Garibaldi, avait fait en 1871 le voyage en Chine et au Japon d’où il avait ramené un nombre important d’objets d’art. Passionné par les arts asiatiques, il légat à sa mort en 1896 son hôtel et ses collections à la ville de Paris lui laissant la charge d’organiser un musée ouvert en 1898 spécialisé dans l’archéologie de la Chine archaïque jusqu’au XIIIe siècle.

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Le Parc Monceau longe le boulevard de Courcelles qui correspond à  l’enceinte des Fermiers Généraux. La rotonde de Chartres construite en 1787 est l’œuvre de C-N Ledoux. A l’origine à la fois bureau d’octroi des Fermiers Généraux et fabrique du parc. Les plans du bâtiment furent soumis au duc de Chartres futur duc d’Orléans propriétaire du parc, un appartement-belvédère fut aménagé à l’étage de la rotonde pour celui-ci.         A l’origine la coupole était sensiblement moins sphérique, elle fut modifiée en 1860.

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Dès son arrivée à la préfecture, Haussmann a sollicité des compagnies concessionnaires des chemins de fer de la ligne d’Auteuil initié par les frères Péreire pour le projet d’urbanisation de la Plaine Monceau.

Le terrain de la Plaine Monceau, propriété de la famille d’Orléans, fit l’objet d’une expropriation en 1860 par Haussmann. Il fut aménagé sous le second Empire par Alphand et l’architecte Davioud pour moitié, l’autre partie du parc fut revendue aux frères Péreire qui le lotir.

L’aménagement des terrains a été payé par le lotissement, les clauses de celui-ci ont définies les hauteurs de 20m des constructions de luxe. Une des caractéristiques de ce lotissement  réside aussi dans l’orientation vers le parc des façades principales de ces hôtels particuliers destinés à la clientèle des artistes officiels, notamment des peintres liés à des industriels rapidement enrichis grâce au développement économique.

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n°5 avenue Van Dyck (H.Parent Arch.1872 1873 ) l’hôtel-monument du chocolatier Menier avec une profusion ornementale de détails sculptés. Pas d’espaces successifs entre la partie publique et la partie privée comme à l’époque classique mais un unique espace en représentation permanente.

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n°8 rue Alfred de Vigny un autre hôtel de la famille Menier ( H.Parent Arch.1880), sur rue une façade néo-gothique

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à laquelle succède sur cour une façade inspirée de la Renaissance avec des communs bâtis à colombages et cette échauguette à damier ( actuel Conservatoire international de musique de Paris).

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13 rue Murillo immeuble de bureaux sur un terrain traversant donnant au n°60 rue de Lisbonne.

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angle rue de Lisbonne et rue Rembrandt

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60 rue de Lisbonne angle rue Rembrandt (G.et Ch. Blanche Arch.1937), d’une façon générale le quartier présente une multitude d’îlots qui valorisent les immeubles d’angle. Cette disposition favorise une grande diversité comme les autres angles d’îlots suivants le mettent en évidence.

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Dans la rue Rembrandt l’alignement est très hétérogène et d’une grande variété avec une succession d’immeubles dont les styles sont architecturalement étrangers les uns au autres. Au n° 7 rue Rembrandt: utilisation des nouveaux matériaux, le métal pour les oriels de cet immeuble résidentiel post-haussmannien comportant un appartement par niveau ( G.Rives Arch.1898). Le bow-window apparu à Paris autour de 1880 sera reconnu et autorisé par le règlement de 1893. Ici la serre du jardin d’hiver prolonge la perspective intérieure du grand salon et le bow-window permet d’agrandir la salle à manger.

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Place du Pérou, au 48 rue de Courcelles à l’angle avec la rue Rembrandt: la galerie Ching-Tsai Loo (F.Bloch Arch.1926) isolée par une clôture devant un petit jardin. Ce riche chinois venu étudier en France fit construire cet immeuble après avoir fait fortune dans le commerce des antiquités. Il abrite toujours une galerie consacrée aux antiquités asiatiques et comporte dans sa partie supérieure des appartements. Un des très rares exemples parisiens de ce style avec le cinéma La Pagode de la rue de Babylone. Classé Monument Historique.

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33 rue du docteur Lancereaux, immeuble de logements (M.Jacotey & C.Voyatsis Arch.2005 ) sur un terrain de 75 m². Une ré-interprétation de la persienne parisienne fréquent élément unificateur des façades .

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n°9 rue Murillo à l’angle avec la rue Rembrandt (G.Causse Arch.1870). Divers éléments architecturaux provenant du palais des Tuileries ont été regroupés par l’architecte dans la cour intérieure de l’immeuble.

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Angle Murillo et rue Rembrandt un autre hôtel particulier en bordure du parc Monceau à la monumentalité incontestable.

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Rue Murillo, une succession d’hôtels particuliers organisés en U autour d’un pavillon central.

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Entre pittoresque et classicisme un autre exemple d’éclectisme historique: le style Louis XIII des années 1880 mélange les citations en associant la brique à la pierre, devenu à la mode sous le Second Empire. Cette polychromie fait écho à l’évolution parallèle de la peinture de l’époque.

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Angle rue Murillo et au n° 3 de l’avenue Ruysdaël: un hôtel néo-classique transformé en immeuble de bureaux.

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n°4 avenue Ruysdaël l’ancien hôtel d’Abraham de Camondo qui appartint précédemment à la famille Meunier. Derrière le bâtiment principal l’architecte H.Parent construisit en 1885 les communs mélangeant assez curieusement les styles normand et mauresque .

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Avenue Ruysdaël et rue de Lisbonne un hôtel particulier très classique occupé par l’ambassade d’Algérie.

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47 à 49 rue Monceau un ensemble immobilier mixte bureaux-appartements dont le plan en H fait face au parc Monceau (A.Riegler Arch.vers 1950).

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63 rue de Monceau, la partie de l’hotel Moïse de Camondo construite en 1864 par un entrepreneur de travaux publics .

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Un hôtel entre cour et jardin (ce dernier étant assuré de fait par le parc Monceau): la cour d’honneur de l’hôtel de Camondo (R.Sergent Arch.1913) est inspiré du Petit Trianon.      Au rez de chaussée bas: le hall de réception et l’escalier monumental vers les pièces de réception situées au rez de chaussée haut, avec au premier étage les appartements privés.

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Coté parc une rotonde centrale avec deux ailes perpendiculaires entoure le jardin à broderies de buis dessinées par le paysagiste Achille Duchêne.

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L’hôtel Nissim de Camondo est une reconstitution d’une demeure artistique de la seconde moitié du XVIIIe siècle, il a été légué en 1935 au Musée des Arts Décoratifs.

Au premier étage le salon bleu offre une vue sur le parc Monceau.

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Paris, balade architecturale dans le 6e arrondissement.

 

Cette balade ne s’attarde pas à détailler la singularité des lieux autour du village Saint-Germain des Prés et de ses faubourgs du Pré aux Clercs de Saint-Sulpice ou de l’Odéon, mais plutôt à relever quelques bâtiments remarquables par leurs partis architecturaux et leurs inscriptions dans le paysage urbain.

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En partant des jardins de l’Observatoire et se dirigeant vers le jardin du Luxembourg,

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Le long des Jardins et à l’angle avec la rue Michelet, l’Institut d’Art et d’Archéologie (P.Bigot Arch.1926-1932). Ce bâtiment dont la conception structurelle est très conventionnelle par rapport à la production architecturale des années 30 développe un fort aspect « décoratif » par la variété des calepinages en briques rouges ou se juxtaposent les références romaines et orientales totalement à contre-courant du Mouvement Moderne.

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A l’angle du 6 rue Michelet et du 63 rue d’Assas: les laboratoires de recherche de la faculté de Pharmacie (C.Clouzeau et P.Sirvin Arch.1965-1967). Cette extension de laboratoires affiche clairement son inspiration brutaliste et met en évidence sa structure béton, larges ensembles vitrés et remplissage en briques claires.

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Face aux laboratoires de la fac et au carrefour des rues Michelet-Assas-Joseph Bara, un collage composite de volumétries et de traitements de façades.

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102 rue d’Assas, immeuble d’habitations (E.Malot Arch.1932) une reprise des idées de Roux-Spitz d’un luxe sans ostentation jouant sur la qualité des détails en effaçant toute aspérité dans le traitement de la façade.

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L’entrée vers le Musée Zadkine contigu permet de découvrir la façade arrière à redents .

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96 rue d’Assas: la Faculté de Droit (F.Carpentier et A.Lenormand Arch.1957-1963).       Sur cette parcelle traversante qui rejoint la rue N-D des Champs, sont implantés trois bâtiments distincts dont un amphithéâtre de 1700 places. Structure béton jusqu’au deuxième étage puis ossature métallique permettant de grandes portées sans poteaux intermédiaires. La grille de façade en acier inox habille la structure métallique porteuse.  Un ensemble d’escaliers de secours a récemment été ajouté lors de la remise aux normes du bâtiment.

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A l’arrière de la Fac et coté rue Notre Dame des Champs ( n°115): immeuble d’habitations avec loggias et redents qui accueille en cœur d’îlot la faculté libre de Droit..

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Plus loin dans la rue Notre Dame des Champs, la façade arrière du 143 bd du Montparnasse ( L-J.Madeline Arch.1939).

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La rue N-D des Champs croise la rue Vavin, au n°26, l’immeuble d’habitations à gradins au revêtement de façade en carrelage type « métro » blanc inspiré de la Sécession viennoise (H.Sauvage et Ch.Sarazin Arch.1911-1912). Esprit hygiéniste et recherche maximale de l’ensoleillement des logements et de la rue. En 1913, H.Sauvage développera à plus grande échelle ce principe des gradins lors de la construction des habitations et piscine municipale de la rue des Amiraux dans le 18è.

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Rue Guynemer, séquence « résidentiel de luxe » (F.Carpentier Arch.1964) par l’architecte de la Faculté de Droit, même maillage mais ici en pierre marbrière pour cet immeuble  face au jardin du Luxembourg.

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14 rue Guynemer: immeuble d’habitations (M.Roux-Spitz Arch.1927). Cet immeuble sans radicalité particulière comme les réalisations de Le Corbusier, propose une alternative à l’immeuble post-haussmannien. Il sera développé avec son bow-window dans quatre autres bâtiments en déclinant la même esthétique pour le 89 quai d’Orsay,            le 11 bd Montparnasse et le 45 bd d’Inkermann à Neuilly.                                              Dans cet immeuble destiné à M Roux-Spitz et à quelques amis, l’aménagement intérieur reste très conventionnel et n’apporte pas de recherche novatrice. Cette image du bow-window à 3 pans devenue d’une certaine façon la signature de Roux-Spitz n’a pas cessé depuis d’être utilisée .

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6-10 rue Guynemer, un autre immeuble résidentiel de luxe avec école privée ( J.Le Couteur Arch.1975-1975), un ensemble de duplex avec balcons face au jardin du Luxembourg, la partie arrière du terrain rue Madame regroupe l’ensemble de l’école privée Bossuet.

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La traversée du jardin du Luxembourg fait partie de ces petits bonheurs dont on ne se lasse jamais (préférez le matin à l’ouverture)…

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…et s’arrêter le long de la fontaine construite par Marie de Médicis vers 1630 à la façon des grottes de jardins Italiens. La niche centrale représente  » Polyphème surprenant Acis et Galathée »…

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La sortie du jardin vers la rue Médicis fait face à l’austère façade de l’Odéon-théâtre de l’Europe et ses formes cubiques (M-J Peyre Arch. et de Wailly décorateur 1779-1782). Sous les arcades étaient autrefois implantés des commerces dont celui de Flammarion et des cafés liés à la salle de spectacle.

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Après avoir longé la rue de Tournon et remonté le boulevard Saint-Germain, au 39-45 rue des Saints-Pères, l’École de Médecine ( P.Andrieu, L.Madeline, J.Walter Arch.1937-1953). L’échelle de ce bâtiment et son traitement lisse et monotone en pierre de Bourgogne ont constitué longtemps une des ruptures les plus criantes dans le tissu de ce quartier riche d’hôtels particuliers du XVIIè. Si les terrasses des étages supérieurs ne sont pas visibles de la rue elles sont facilement repérables de loin dans le ciel parisien.

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Le débouché de la rue des Saints-Pères se fait face à la Seine.

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A l’ angle de la rue des Saints-Pères et du n°1 quai Voltaire: l’hôtel de Tessé (1765), un emplacement exceptionnel face à la grande galerie du Louvre.

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Angle rue des Saints-Pères et quai Malaquais. Pour ces deux immeubles les surélévations datant de 1910 et de 1930 ont permis à ces deux immeubles et leurs pseudos ateliers d’artistes de développer de larges vues sur la Seine et la rive droite.

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11-13 quai Malaquais, les salles d’expositions de l’École Nationale Supérieure de Beaux-Arts (F.Duban Arch.1858), décor classique sur une structure en fer.

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14 rue Bonaparte: l’École Nationale Supérieure des Beaux-Arts s’étend sur deux hectares et compte de multiples bâtiments d’époques différentes.Sur la cour d’Honneur la façade principale du Palais des Études (F.Duban Arch.1840).

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Le Palais des Études d’influence Renaissance Italienne fut construit à l’origine pour présenter les collections du grand musée des Antiques et sa collection des moulages importés d’Italie, il fut déménagé entre 1968-1970. La cour intérieure était à l’origine à ciel ouvert. Elle fut ensuite couverte par une structure métallique, dont les colonnes creuses servent à l’écoulement des eaux, pour permettre une plus importante installation de moulages. Au sol carrelage en décor polychrome (1891-1903).

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La cour du Mûrier est l’ancien espace claustral du couvent des Petits-Augustins, sur lequel l’École a été implantée, elle doit son nom à un mûrier de Chine.

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L’hôtel de Chimay (15 quai Malaquais) et sa façade sur jardin est inclus dans l’École, il a été construit à l’origine par F.Mansart (1640) et acheté par l’État en 1883 afin d’agrandir l’École .

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La Place Furstemberg voulue par la cardinal de Furstemberg donne accès au palais  abbatial de St Germain des Prés à partir de la rue Jacob. Aujourd’hui elle permet d’accéder aussi au Musée Delacroix situé au n°6 de la place.

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A partir de la rue de l’Abbaye vers les rues de la Petite boucherie et de l’Échaudé on peut encore découvrir les dispositions anciennes du paysage urbain.

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Rue de l’Abbaye, la façade de l’ancien palais abbatial de St Germain des Prés (1586-1590) maintes fois restaurée jusqu’à dernièrement en 1976.

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57 Rue de Seine à l’intersection avec la rue Jacob: l’hôtel Varin et son comble à la Mansart (P-J Varin Arch.1740) les deux premiers étages sont remarquables par les fenêtres à anse de panier sculptées.

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Angle rue Mazarine-rue Jacques Calot les anciens Ateliers Extérieurs de l’École des Beaux-Arts ( H-G Expert Arch.1931-1933). Les poteaux en retrait de la façade permettent le développement maximal de l’éclairage naturel pour les ateliers avec mezzanines.

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Carrefour St Germain-Odéon, quelques façades fin du XVIIIè aux toits mansardés. La rue qui remonte vers le carrefour de l’Odéon et la place de l’Odéon n’a été percée qu’au XIXé.

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91 boulevard Saint-Germain devant la place Henri Mondor: immeuble de bureaux (L. et R.Michaux Arch. 1928). Les grands ensembles vitrés permettent la luminosité des espaces intérieurs.

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56 boulevard Saint-Germain, l’ancienne École Spéciale des Travaux Publics (J. Cholet et J-B Mathon Arch.1936). Il faut noter une forte influence hollandaise dans un certain nombre de bâtiments publics, en particulier les écoles, construits durant ces années.       Ici, aux verticalités ponctuant la façade sur le boulevard répondent les horizontales sur le retour de la rue Thénard .

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Place Marcelin-Berthelot l’extension du Collège de France (A.et J.Guilbert, A.Leconte Arch. 1928-1939) ces architectes qui ont réalisé les laboratoires de l’École Normale Supérieure à la même époque reprennent inlassablement les principes mis au point par les frères Perret sans apports personnels particuliers.

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29 rue Jean de Beauvais, immeuble de logements (J.Le Couteur et J. Prouvé Arch.1950),sur ce terrain d’angle l’immeuble développe un appartement par étage avec un plan libre, mono-orienté et des vues échappées vers la rue des Écoles.

Panneaux en alu nervuré et ensemble porte d’entrée par Jean Prouvé.

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La remontée de la rue Saint-Jacques coupe la rue Soufflot et permet de profiter d’une vision temporaire du Panthéon dont l’habillage du dôme fait un clin d’œil involontaire à la pagode Hsinbyume de Mingun ( Myanmar).

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174 rue Saint-Jacques, immeuble d’habitations ( P.Tournon Arch. 1931), dans ce quartier historique l’écriture de cet immeuble à la structure lisible avec ses loggias individuelles rappelle qu’à toute époque l’expression des recherches est bénéfique, contredisant les partisans d’une ville figée qui serait transformée en musée.

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Angle rue Saint-Jacques et rue des Fossés Saint-Jacques.

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195 rue Saint-Jacques, l’Institut Océanographique / Maison des Océans ( H-P Nénot Arch.1911), cet institut fut crée par Albert Ier de Monaco. La tour crénelée, les bossages de pierres et les appareillages de briques par ce Prix de Rome qui a remporté en 1927 le concours du Palais des Nations de Genève contre Le Corbusier, une « référence « dans le pittoresque !…

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