Grand Paris, balade architecturale de la Porte de la Villette à Pantin.

La Villette autrefois commune des faubourgs a été annexée à Paris en 1860. Sur cet emplacement étaient implantés les abattoirs de la capitale construits en 1867. Un très important projet d’agrandissement et de modernisation est réalisé et livré en 1964 mais en 1974 ces abattoirs ferment en raison du développement des transports frigorifiques qui modifient totalement les modes d’approvisionnement. L’État entreprend alors de restructurer cette entrée de Paris et d’implanter la Cité des Sciences et de l’Industrie sur ces anciens abattoirs .

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Face à la Cité des Sciences l’ensemble immobilier « Villette Nord » regroupe deux fonctions complémentaires: sur l’avenue Corentin Celton hôtels et commerces ( G.Thurnauer Arch.1987-1990),

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et coté boulevard Macdonald: un ensemble de logements ( G.Thurnauer Arch.1987-1990), qui se poursuit vers l’intérieur de la parcelle vers la Cité par des logements semi-collectifs.

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Coté Cité des Sciences, faisant face aux 12 jardins thématiques et aux « Folies » déconstructivistes laquées de rouge (B. Tschumi Arch.1982). Dans les jardins les axes de circulation tracés au cordeau permettent aux piétons pressés de traverser le parc urbain, aux autres de pouvoir flâner a leur rythme le long des courbes et entrelacs proches des canaux de l’Ourcq ou de la Villette.

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On longe la façade d’entrée de la Cité des Sciences pour rejoindre le tracé du tramway vers la Porte de Pantin,

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Le tracé du T3 délaisse ponctuellement le boulevard Sérurier et longe l’ancienne Halle aux cuirs pour desservir les bureaux implantés autour des anciens Grands Moulins de Pantin.

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La réhabilitation de la « Halle aux Cuirs » des anciens abattoirs de la Villette ( O.Friscara et X.Leroux-Cauche Arch.1987) est aussi visible à partir du canal de l’Ourcq. Construite en 1962 cette halle servait au salage et au stockage des peaux en provenance des abattoirs. Cet ensemble de 15.000 m2 a été reconverti en ateliers pour des artistes plasticiens en résidence (Fondation de France et Caisse des Dépôts). Un fois passé le nouveau pont construit pour le tramway, on rejoint les berges de l’Ourcq et du bassin de La Villette. Un parcours de randonnée pédestre de plus de 6 km le long du canal aboutit au parc de la Bergère à Bobigny puis au delà vers La Ferté-Millon.

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Les deux infrastructures de transport qui traversent Pantin: canal de l’Ourcq et chemin de fer ont affecté le paysage de ce territoire. Le canal ouvert dès 1813 puis le développement de la ligne Paris-Strasbourg en 1846 ont permis le développement industriel de Pantin dès la deuxième partie du XIXe siècle dans le prolongement du bassin de La Villette. Aux activités agricoles, notamment maraîchères, et aux exploitations de gypse vont succéder les implantations industrielles, telle que la production de matériel ferroviaire dès 1855. D’autres activités se sont greffées assez naturellement sur ces voies d’approvisionnement de marchandises: minoterie et industrie lourde, et de bestiaux .

Sur la gauche les anciens Grands Moulins de Pantin le long du canal de l’Ourcq. Silhouette familière servant de signal pour les automobilistes sur le périphérique. La première implantation sur ce site date de 1880 avec un moulin construit par un minotier de la Brie pour se rapprocher du marché parisien. Une seconde en 1922 reprend en totalité des installations avec une ossature béton et remplissage de briques (E.Haug Arch. 1922-1927), seul le bâtiment sur 8 niveaux subsiste. Le magasin à farine de 13 niveaux a été reconstruit en 1945 (L.Bailly Arch.) et la semoulerie de 7 niveaux en 1952. En 2008 leur reconversion en bureaux pour 3.000 personnes a été réalisée pour recevoir des bureaux pour BNPPARIBAS ( Reichen et Robert Arch).

 

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Rue Delphine Seyrig, le long de la boucle du tramway reliant la Porte de la Villette à la Porte de Pantin, et contre le stade J Ladoumègue: la résidence de 192 logements étudiants (OFIS Arch. 2012) .

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3 bâtiments de 9 étages, adossés sur les 2 premiers niveaux à l’atelier d’entretien des tramways de la RATP. Les coursives de déserte des studios des étages supérieurs font face aux plateaux sportifs du stade. Les façades coté chambres sont constituées de fausses loggias en lambris de bois composite qui regroupent deux à deux les balcons des studios sur 2 ou 3 niveaux et atténuent la perception de cet ensemble de 120m de long.

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Passerelle enjambant le canal de l’Ourcq construite pour le passage du tramway T3 ( à gauche l’ancienne Halle aux cuirs).

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Contre les Grands Moulins et à l’emplacement de l’ancienne blanchisserie industrielle Elis un programme de 370 logements sociaux et commerces est en cours de réalisation.

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Longeant le quai de l’Aisne de part et d’autre du pont: l’ancien centre administratif, et la nouvelle mairie de Pantin. On emprunte le pont puis à droite de l’ancienne mairie (construite en 1889) l’avenue du général Leclerc.

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Difficile de parler de centre historique à Pantin, cette ville a pour spécificité d’avoir un territoire très morcelé du fait de sa traversée par le canal de l’Ourq (1802-1813), et la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg (1846) élargie entre 1870 et 1890 pour implanter une gare de triage et une gare de marchandise, enfin la création du cimetière parisien en 1886 (100 hectares). L’ensemble est donc hétérogène et plusieurs centres se sont constitués à la suite de ces coupures dans le territoire communal.

Dans cette ville désarticulée et morcelée la municipalité avait développé l’idée d’un centre administratif dès 1938 à proximité de l’ancienne mairie entre le quai de l’Aisne et la rue V Hugo. Ce projet fut relancé en 1958 mais ne put aboutir qu’en 1973. Ce centre administratif  a été réalisé pour regrouper les différents services publics de la commune ( tribunal d’instance, services des impôts, inspection du travail, commissariat de police, sécurité sociale). En dépit de cette complexité programmatique ce bâtiment monumental d’inspiration brutaliste a réussi à présenter une unité d’ensemble ( A.U.A /J. Kalisz et J. Perrotet Arch.1972). Racheté ensuite par le Ministère de la Culture en 1999 il a été reconverti en Centre National de la Danse avec salles de répétition et de représentation pour les danseurs (A.Robain et C.Guiesse Arch.2004).

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Le béton brut est l’unique matériau tant en extérieur qu’à l’intérieur, ici l’entrée principale coté rue V Hugo. Toutefois la qualité du béton apparent d’origine n’a pas permis une reprise pleinement satisfaisante d’un certain nombre d’arêtes qui apparaissent largement épaufrées.

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Faisant face la nouvelle mairie offre une représentation plus convenue que l’ancien centre administratif tant du coté du canal que le long de l’avenue du général Leclerc.

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Dans la ZAC de l’Hotel de Ville un bâtiment de bureaux arrive a tirer son épingle du jeu sur cette parcelle sur laquelle sont implantés le nouvel hôtel de ville et un groupe scolaire. Cet immeuble abrite la Cité régionale de l’environnement (O.Fassio & J-B Viaud Arch 2014) et se présente comme le premier bâtiment tertiaire français en autoconsommation à énergie positive. Sa façade en Corian ajoute une nouvelle composante à la variété des faces à faces architecturaux de proximité

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Au n°51 avenue du général Leclerc, et cote à cote, l’usine de pompage et de traitement des eaux et la piscine municipale (Ch.Auray Arch.1937).

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L’organisation intérieure de la piscine reprend les principes directeurs types de son époque: ossature en béton, 2 niveaux de galeries en coursives desservent les cabines individuelles et entourent le grand bassin de 33,3 m x 12,5 m. A l’extrémité du bassin et opposé à l’entrée: le plongeoir. La grande verrière au dessus du bassin permet l’éclairage zénithal de l’ensemble.

Les façades de l’usine de pompage des eaux sont revêtues de briques et très épurées, les baies de l’usine de traitement d’eau sont entourées de grès émaillé noir, ( bâtiments inscrits à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques).

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Au n°100 av. du général Leclerc: l’hôtel industriel de l’Ourcq (P.Chemetov et B.Huidobro Arch.1987-1989) 4 corps de bâtiments autour d’un espace central avec ses rues intérieures desservant les locaux d’activités ( industries lourdes en rez de chaussée et plus légères au 1er étage accessibles par des rampes), au 3é étage les bureaux, l’ensemble abrite 2000 personnes. Structure mixte béton et charpente métallique. Bâtiment complété ultérieurement par un hôtel utilisant les mêmes matériaux.

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A l’angle avec l’avenue du général Leclerc et la rue Delizy l’ancienne usine des parfums Bourgeois implantée dès le XIXe siècle, regroupe désormais différents savoirs-faire du groupe CHANEL (broderie, façonnier, parurier, plumassier, orfèvre, chapelier).

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Après être passé sous le pont du chemin de fer, immédiatement à gauche la rue Cartier-Bresson (Le textile avec l’usine de filature Cartier-Bresson a longtemps constitué une activité importante pour Pantin). La caserne des pompiers de Pantin et ses logements (Crespel & Ropa Arch.1996), béton brut et menuiseries métalliques.

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Au n°100 de la rue Cartier-Bresson est parti le 15 août 1944 le dernier convoi de déportés de la Région Parisienne vers les camps de concentration.

De cette rue on peut découvrir au lointain la tour TDF de Romainville.

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En revenant vers l’avenue du général Leclerc; au n°69 la Galerie Thaddaeus Ropac a été aménagée (autour de 8 bâtiments d’une ancienne chaudronnerie du XIXe), pour accueillir sur 4.500 m² pour 2.000 m2 de surface d’exposition des œuvres monumentales (Butazzoni & Ass Arch.2012). Ouverte en 1983 à Salzbourg spécialisée dans l’art contemporain et déjà présente dans le Marais, elle trouve dans ce lieu une réponse à ses besoins de grands volumes pour présenter des œuvres monumentales

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Dans la cour sculpture de Tony Cragg.

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Face à cette galerie le Citrail et la halle Lafaille (SERNAM) nous ramènent aux territoires ferroviaires et aux bâtiments annexes dépourvus de relations avec les bâtiments voisins mais représentant un potentiel foncier et immobilier de tout premier ordre. Ici sur un terrain de 43 hectares le long des voies SNCF 35.000 m2 d’entrepôts ont été réalisés en préfabrication lourde entre 1946 et 1949 selon les procédés constructif de l’ingénieur Bernard Lafaille, spécialiste des voiles béton minces (utilisé aussi en 1954 pour l’église ND de Royan avec G.Gillet). Ces entrepôts sont éclairés naturellement par un système de lanterneaux transversaux orientés Est-Ouest avec un minimum de points d’appuis au sol. En 1947 l’ensemble de ces 3 grandes nefs en faisait la plus grande halle de la SNCF ( 324m de long x 108 m de large). Aujourd’hui l’interface de ces immenses halles se fait avec les plate-formes de logistique autour de Paris

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En remontant la rue Delizy vers le canal l’ancien économat de l’armée (G.Hennequin Arch. 1949), architecture officielle et symétrie .

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En enjambant le pont Delizy au dessus du canal: à droite bâtiment de la rénovation urbaine (D.Honneger Arch.1961-1965) du 10 rue Lakanal, au fond le site des entrepôts.

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Les entrepôts de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris ont été construits en 1929 après l’élargissement du canal. Destinés à recevoir les grains et la farine ils étaient raccordés aux gares de Pantin et de Noisy le Sec. Cette structure en béton sur 6 niveaux et d’une surface de 41.000 m² longe le canal sur 135m. Le bâtiment adossé auparavant à une gare routière construite en 1950 possède des coursives extérieures en porte-à faux par rapport à la façade.

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Cet entrepôt a été transformé pour recevoir l’agence de publicité BETC Euro RSCG ( Jung Architectures 2016). La reconversion de ce site est ainsi en parfaite continuité avec les autres évolution de l’architecture industrielle depuis le parc de la Villette et les Grands Moulins de Pantin.

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L’ancien chemin de halage a été aménagé pour recevoir les promeneurs à pieds en vélos ou en rollers, balade qui pour les plus endurants leur permettra de rejoindre Claye-Souilly.

Le long du canal le bâtiment du Centre National de la Fonction Publique Territoriale présente une image démonstrative qui manque de simplicité. On remonte ensuite le mail Charles De Gaulle vers l’église de Pantin.

Après être revenu à proximité de l’église de Pantin, on découvre le long de la RN3 en revenant vers la Porte de Pantin « l’ Unité Résidentielle » ( D.Honegger Arch.1955-1970) le signal de la rénovation du quartier initiée en 1950 par le Ministère de la Reconstruction. Cette opération expérimentale a permis de tester des techniques de préfabrication lourde, elle prévoyait 2000 logements de part et d’autre de la RN3 (rendue souterraine en partie) : centre commercial, salle communale et nouvelle église: un plan masse de barres parallèles autour d’une esplanade publique dans le droit fil de la Charte d’Athènes. Seule la première tranche de 800 logements de cette composition urbaine sera réalisée en raison du coût des acquisitions foncières, aggravant un peu plus le chaos urbain autour de l’église..

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An n° 99 avenue J Lolive la résidence V.Hugo de 280 logements s’organise en profondeur de l’ilot. Le seul bâtiment construit le long de l’avenue est le plus haut et forme un signal, rejetant l’enduit et la couleur des bétons la façade est d’une modernité classique en pierre de parement rehaussée ponctuellement de marbre (F. Pouillon Arch.1955-1957).

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Face à cet ensemble et en prolongation de l’espace vert: le parc Stalingrad ou dès 1959 un projet de centre culturel a été imaginé, incluant bibliothèque municipale et école municipale de musique.

La bibliothèque Elsa Triolet (A.U.A /J.Kalisz et J.Perrottet Arch. 1972): la structure mixte acier et béton est renforcée par une mise en scène de la structure métallique (ce qui pose des problèmes de ponts thermiques). Cinq modules de base forment un plan en H sur 2 niveaux. L’AUA a participé, notamment avec cette bibliothèque, aux premiers signes du renouveau architectural français des années 70.

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Plus loin un ensemble de collages hétéroclites laisse stupéfait par tant d’acharnement…

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Rassurons-nous néanmoins, Pantin est bien un nouveau vivier de projets et constitue un nouveau pôle d’attraction de l’Est du Grand Paris et ce n’est pas pur hasard si les  Designer’s Days 2013 y ont fait une incursion en vue de développements ultérieurs.

Les Ateliers HERMÈS, ici 12-16 rue Auger (C.Voyatzis et P.Siegrist Arch.1992), constituent un exemple des nouvelles implantations en cours.

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Cette première implantation avec des façades en produits verriers s’est développée dans dans un second temps à l’intérieur de îlot formé entre les rues Auger et Hoche. La création de « la cité des métiers HERMÈS » ( ateliers, bureaux, crèche, salle de sports, réserves muséographiques, restaurant d’entreprise, expositions et parkings) a été réalisée sur une parcelle de 16.000 m² , avec la brique comme matériau dominant. Une communauté de 1200 personnes travaillent sur des métiers variés dont le laboratoire créatif autour de 5 jardins en cœur d’îlots.(Rena Dumas Architecture Intérieure Architectes et L Benech paysagiste).

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Face au bâtiment de briques texturées de la Cité des Métiers HERMÈS, à l’emplacement de la future place du marché un ensemble d’habitations (2/3/4 Arch.2013). La diversité des matériaux des batiments qui se font face n’aident pas à la cohérence de l’ensemble de la ZAC du centre-ville ou les volumétries s’entrecroisent.

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Cette balade se termine Porte de Pantin au n°3 de l’avenue Jean Lolive en duplex et (P.Chemetov, Ch.Devillers, V. Fabre et J. Perrotet Arch.1981). Un immeuble emblématique de 300 logements en duplex et triplex, à l’échelle de l’entrée de Pantin. Un alignement de type « parisien » face au périphérique, utilisant le matériau de référence de la ceinture HBM de Paris, et gommant par sa monumentalité revendiquée une tour de bureaux voisine sans personnalité.

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Toutefois des essais de bardages laqués en façade aboutissant à dissimuler la brique laissent malheureusement présager des modifications d’aspect à venir.

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Paris, balade architecturale de la Porte de Clichy à St Ouen.

La rue Pierre Rebière, point de départ de cette balade, est située entre le boulevard des maréchaux et le périphérique à proximité du chantier du futur palais de Justice.

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Dans cet espace délaissé par Paris mais ne faisant pas encore partie du territoire de la banlieue elle longe sur plus de 500 m d’un coté le mur sud du cimetière des Batignolles et de l’autre la partie arrière du lycée H de Balzac et d’autres établissements d’enseignements. Longtemps consacrée à la prostitution et aux trafics en tous genres elle n’attirait que les passages très motivés.

Néanmoins le délaissé de la voirie et des trottoirs de ce lieu ingrat représentait un potentiel d’aménagement. C’est ce qui vient d’être développé ici par la ville de Paris et Paris-Habitat en construisant la bande entre les frondaisons du cimetière et l’alignement des platanes du trottoir tout en réduisant la largeur de la chaussée afin de construire 180 logements, dont 140 sociaux, répartis sur 9 opérations réalisées par une seule entreprise.

Pour donner une urbanité à cette longue rue sans aucun commerce l’inventivité n’a fait pas défaut, il y a même un trop plein, aboutissant à un large palette de volumétries et de matériaux juxtaposés, et il faut admettre que pour sortir du lot les jeunes équipes d’architectes retenues n’ont pas été avares de démonstrations parfois radicales .

Dans l’ordre d’apparition: 21 logements (Hondelatte et Laporte Arch.), une mise en scène de trublion avec ses belvédères de représentation apparemment diversement appréciés  et appropriés par les habitants .

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20 logements (Le Fantastic Agence Arch.), une ré-interprétation des toits de Paris en face à face.

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16 logements (Avignon-Clouet Arch.+Atelier Provisoire Arch.), une intention de façade « verte » à moyen terme qui reste à réanimer .

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25 logements (Petitdidier Prioux Arch.)

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22 logements (Brunnquell et André Arch.)+ EM2N (Zurich) aboutissant au pied de la tour rénovée du Bois le Prêtre.

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A gauche on tourne vers la rue du Bois-le Prêtre à l’angle avec sa tour éponyme, construite en 1962 ( R Lopez Arch.), rénovée une première fois en 1990, puis en 2011 ( F Drouot, A Lacaton & JP Vassal Arch.). La dernière rénovation a été réalisée en site occupé pour les 100 logements, elle inclut la création de balcons préfabriqués et de jardins d’hiver pour chaque appartement qui ont permis de réduire la consommation d’énergie de 50%.

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On passe ensuite sous le viaduc du périphérique qui longe le cimetière des Batignolles sur sa limite Nord, l’entrée dans Clichy se fait par le boulevard du général Leclerc, après avoir franchi le boulevard Victor Hugo on découvre sur la gauche la Maison du Peuple.

La Maison du Peuple de Clichy est l’œuvre d’une équipe ( E Beaudoin et M Lods architectes associés aux ingénieurs W Bodiansky et Jean Prouvé 1938-1939). Ce bâtiment a été construit à l’emplacement d’un ancien marché. L’objectif du programme était de regrouper de façon flexible diverses activités: un marché en rez de chaussée, et à l’étage une salle des fêtes pour 1500 personnes, un cinéma de 500 places ainsi que des bureaux pour des activités syndicales. Cette équipe d’architectes et d’ingénieurs préoccupée par l’industrialisation, la préfabrication et la flexibilité et prenant comme modèle la construction aéronautique a expérimenté ici des principes constructifs novateurs. A noter la remarquable légèreté des façades translucides en verre armé séparé par un vide d’air constituant le « mur rideau » imaginé par Jean Prouvé, non porteur et suspendu à la structure. La partie mécanique est l’œuvre de W Bodianky ( diplômé de l’institut des Ponts & Chaussées de Moscou et de l’École Nationale Supérieure d’Aéronautique de Paris) pour le  plancher mobile du premier étage, les cloisons amovibles, et la toiture escamotable qui s’ouvrait pour faire un marché en plein air.

Une longue période d’abandon et de dégradations irréparables tel que le remplacement du plancher amovible métallique par un plancher béton avant sa restauration en 2002 ont malheureusement dénaturé sa flexibilité initiale.

Néanmoins cette œuvre demeure une des références architecturales majeures de l’architecture du XXe siècle pour son travail sur l’espace. Franck Llyod Wright lorsqu’il visita ce bâtiment ne cessa pas de dire son admiration pour les principes novateurs expérimentés et affirma « Clichy est une date dans l’architecture française, et sans doute internationale ».

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Les bureaux sont implantés en façade arrière, les panneaux modulaires opaques sont constitués de 2 tôles d’acier et de laine de verre sont accrochées à la structure de la charpente.

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Les bords des panneaux sont biseautés pour les rigidifier et pour éloigner le ruissellement des eaux de pluie, la courbure de la tôle extérieure et la rigidité de ses bords lui permettent d’encaisser les dilatations thermiques, les tôles sont mises en tension au moyen de ressorts.

La maquette présentée à la Cité de l’Architecture met en évidence la structure métallique.

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Au n° 69 du boulevard du général Leclerc et face au parc Roger Salengro: le bâtiment des Grands Magasins du Printemps construit de 1908 à 1911 pour la partie la plus ancienne ( Papinot et Simonet Arch.) avait pour fonction initiale d’abriter les ateliers de confection,  d’entrepôts et de remises pour le service de livraison hippomobile. Transformés entre 1991 et 1995 (Reichen et Robert Arch.) en bureaux du groupe PPR. L’entrée principale est marquée par un fronton en forme d’arcade monumentale surmonté d’une rotonde en construction métallique vitrée entourée de maçonnerie revêtue de grès flammé typique Art Nouveau attribué à A Bigot dont la polychromie est d’une grande richesse décorative.

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L’aile latérale droite reprend le même principe d’ossature avec des arcades métalliques qui s’étirent sur les deux premiers niveaux.

Le traitement des angles du bâtiment avec des courbes y compris dans le traitement des combles en toiture, reprend le principe de l’arche principale avec un souci du raffinement des détails particulièrement soigné.

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A gauche de l’arche principale une extension réalisée en 1925 (G Wibo et Demoisson Arch.) reprend la volumétrie générale mais en utilisant une structure en béton armé et remplissage briques. De part et d’autres de ces deux ailes Reichen et Robert ont développé des extensions en retrait qui valorisent le bâtiment existant sans tomber dans la mièvrerie d’accompagnement.

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La silhouette très photogénique de l’hôpital Beaujon est visible depuis le parc R Salengro ( J Walter U Cassan L-V Ploussay Arch. 1933-1935). Cet « hôpital-bloc » initialement prévu pour 1000 lits est inspiré des modèles américains: l’hébergement est regroupé sur 12 étages de 150 m de long avec une configuration « en peigne » à gradins, tandis que l’ensemble des plateaux techniques ( anesthésie,salles d’opérations, réanimation, etc) est regroupé dans les niveaux inférieurs. Beaujon est le premier hôpital construit selon ce concept fonctionnel en Europe. Sur cette façade arrière chaque étage se terminait par un balcon-terrasse en demi-cercle face au parc R Salengro, cette disposition initiale très forte dans son expression a été modifiée suite à la réalisation des escaliers de secours.

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La façade d’entrée de l’hôpital au Nord,au premier plan et sur deux niveaux: les plateaux médico-techniques et les urgences, dans l’axe central: l’amphithéâtre.

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La traversée du terrain de l’hôpital permet de rejoindre la rue du général Roget puis sur la gauche la rue Madame de Sanzillon, on aboutit alors à Saint-Ouen face au 169 du boulevard V Hugo,  Immeuble de logements avec un cœur d’ilot pour duplex (S & L Goldstein Arch.2001), façade en béton poli.

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Le paysage de Saint-Ouen dans partie située entre le boulevard Victor Hugo et la Seine est fortement marqué par le passé industriel: fonderies des usines RENAULT fermées dans les années 90, entreprises d’équipements automobiles etc. Les mutations économiques  ont crée des opportunités foncières et lancé des projets de reconversion ainsi que de construction de logements desservis par le RER C.

Sur les anciens terrains industriels de RENAULT  immeuble de bureaux (JJ Ory Arch.2004), en structure métallique.

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Bureaux sur les anciens terrains des usines LABINAL.

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L’ex distillerie d’alcool de menthe RICQLÉS ( A Afchain Arch.1936-1938), a été implantée à Saint-Ouen depuis 1898, elle était reliée au réseau ferré Paris-Nord et Paris -Est pour l’approvisionnement en menthe venant de l’Oise. Façade en brique appareillée dans l’esprit art-déco, le bâtiment a été transformé en bureaux et en studios photos pour le magazine ELLE (1987).

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Après être passé sous la voie ferrée dédiée au transport des marchandises on aborde un secteur très hétérogène. Sur la droite les bâtiments industriels en structure métallique avec remplissage de brique de l’ancienne usine CITROEN avenue du Capitaine Glarner construite en 1924. Sur la gauche jusqu’à la Seine l’ensemble des anciens docks:  cet « urbanisme de l’accident » est le résultat tant des grandes implantations industrielles du début du XXe siècle liés à ce carrefour névralgique le long de la Seine que des accidents de l’histoire ( bombardements américains du 2 aout 1944 sur Saint-Ouen), et plus récemment de la désindustrialisation liée aux chocs économiques. L’ensemble est entrecoupé d’infrastructures de chemin de fer, qui innervaient les industries lourdes du secteur. A ce titre la rue Ardouin qui aboutit à la Seine en longeant l’usine de chauffage urbain de la CPCU puis l’usine de traitement des résidus urbains de la SYCTOM est très caractéristique.

La rénovation urbaine du secteur des Docks de Saint-Ouen (100 hectares, soit le quart de la superficie communale) est en cours de réalisation, avec pour objectif de réaliser en 20 ans un quartier urbain mixte. La pluralité des fonctions sera assurée par l’habitat (4.000 nouveaux logements seront crées), les activités économiques (310.000m2 de bureaux), et les équipements, loisirs etc y compris avec une valorisation du patrimoine industriel notamment sur les terrains Alsthom ainsi que l’aménagement des bords de Seine (Makan Rafatdjou Urbaniste).

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A l’arrivée sur la place de la République on longe au n° 10 un ensemble de logements et bibliothèque (A Kopp Arch 1961) faisant face à la Mairie de Saint-Ouen. Ici A Kopp utilise la brique comme les autres bâtiments de ce coté de la place, mais il se montre moins inspiré que pour le programme du complexe sportif de l’île des Vannes que nous découvrirons plus loin.

A Kopp est aussi l’auteur de « Ville et révolution: Architecture et urbanisme soviétique des années vingt » ( Ed Anthropos Paris 1967) l’ouvrage de référence très documenté sur cette période courte mais très féconde en terme de recherche architecturale. Anatole Kopp a été l’organisateur en 1966 d’un colloque sur l’urbanisme et la construction en URSS regroupant ceux qui partageaient le même engagement politique mais aussi l’adhésion au mouvent moderne en architecture. D’une façon générale il faut reconnaitre à la Seine Saint-Denis le mérite d’être un des berceaux fondateur de ce communisme municipal « éclairé » en matière d’architecture et d’urbanisme, grâce à des réseaux initiés durant la Résistance puis développés avec efficacité après la Libération autour des ministres de la Reconstruction, des élus, et des architectes.

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La médiathèque à l’angle des rues G Péri et V Hugo ( JP Lott Arch.2009) témoigne elle aussi d’un certain volontarisme, sa présence à l’angle sur la place de la Mairie ne fait malheureusement qu’ajouter une impression de dureté sur cette place composée d’immeubles assez datés dont la juxtaposition aboutit a une absence d’harmonie.

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On remonte la rue Gabriel Péri devant la médiathèque jusqu’à la rue Anselme à gauche, au n°64 l’immeuble de 48 logements sociaux pour la SEMISO (P Soria G Lézénes J Nouvel Arch.1972), primé lors du premier « concours Programme Architecture Nouvelle », la cour centrale est plantée et dessert via 4 escaliers extérieurs les appartements par des passerelles individuelles.

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Les appartements se développent en duplex et en triplex et offrent une surface habitable beaucoup plus généreuse que les normes de référence.

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On emprunte ensuite le boulevard Biron jusqu’à la rue du Dr Bauer pour remonter à gauche vers la mairie de Saint-Ouen. Au n° 6-10  rue du Dr Bauer la patinoire-parking, structure de verre et d’acier avec une piste de 56 m de L (le décor du film « L’écume des jours« ) enjambe les rues de chaque coté ( AUA / P Chemetov Arch 1979). Un bâtiment d’esprit brutaliste et assez démonstratif inspiré probablement par Archigram, hélas le coût d’entretien devenu difficile pour les finances de la ville laisse une impression d’abandon.

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Cette patinoire est l’objet d’une controverse esthétique, et P Chemetov de préciser «  à l’époque la DDE avait décider de réaliser un passage souterrain pour relier le boulevard V Hugo à la rue A Dhalenne. Ils ont creusé jusqu’à ce qu’ils s’aperçoivent d’une erreur. Tout s’est arrêté, il restait un terrain vide »(le sous-sol est utilisé pour faire un parking). » La patinoire est construite comme un hangar, un Beaubourg « low-cost » qu’il faudrait entretenir. Un bâtiment a une espérance de vie de 100 ans.Pour conserver il faut transformer et pour transformer il faut conserver ».

On remonte ensuite cette rue Albert Dhalenne vers la Seine et le château de Sain-Ouen. L’habitat individuel est aussi varié la rupture des formes et le mélange des styles façonnent le paysage urbain pavillons populaires et maisons de petits industriels, ici dans la rue Soubise face à des HLM construits dans le années 60 un ensemble de maisons particulières jumelées début XIXe siècle.

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A l’approche du château de Saint-Ouen, un des rares exemples d’architecture de la Restauration construit par Louis XVIII en 1823, il s’agit plus d’une confortable maison de plaisance que d’un château.

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Les arbres du parc étaient d’essences rares, des fabriques agrémentaient les promenades, de la terrasse du château la vue s’étendait alors vers la Seine, et les collines de Montmartre. Ce dernier point est le fil conducteur du nouveau quartier en cours d’achèvement autour du château implanté sur les terrains industriels des docks de Saint-Ouen et à proximité de ceux d’Alsthom. Mixité habitations et bureaux, avec un vaste parc urbain de 12 hectares rejoignant la Seine.

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Au loin, situé rue Ardouin l’usine de traitement de déchets urbains ( S’pace J R Mazaud Arch 1990).

 

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Le parc paysagé de 12 hectares est en voie d’achèvement, il comportera des serres municipales à vocation pédagogiques ( agence TER).

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Le complexe sportif de l’île des Vannes à St Ouen, entre les deux bras de la Seine, dont la  halle  couverte d’une surface en paraboloïde hyperbolique de 3000m2 est composée d’un maillage de câbles prétendus entre les 2 arcs en béton ( label « Patrimoine du XXe siècle »,( A Kopp en collaboration avec R Sarger, L Métrich et P Chazanoff Arch. 1971).

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