Paris du quai de Bercy au quartier de l’Arsenal.

 

Jusqu’au milieu du XIXe siècle la Seine demeura essentielle pour le transport et l’approvisionnement des marchandises dans la capitale. Les quais se poursuivaient de Bercy à Passy sans interruption, ils furent améliorés sans cesse avant que d’autres moyens de transports des marchandises ne viennent supplanter le transport fluvial puis nécessiter le réaménagement des zones de stockage ou de productions industrielles.

Capture d’écran 2015-07-28 à 09.10.16

Sur cette partie du fleuve au Sud-Est de Paris les usines de transformations furent progressivement déplacées telle l’usine génératrice d’électricité pour le métro parisien rue de Bercy ( doc.BNF) de P.Friesé Archi. 1904 , détruite pour y implanter le nouveau siège de la RATP. Le quai fut doublé par des voies de circulation rapides modifiant durablement le rapport entre la ville et le fleuve.

cp

Sur la partie du quai comprise entre le pont de Bercy et le pont Charles de Gaulle, l’îlot de rénovation urbaine Villiot-Rapée s’intègre entre les immeubles de bureaux. Aux logements sociaux des années 50 ont succédé 7 immeubles contigus réalisés par autant d’équipes d’architectes. Coté quai et rue Villiot la juxtaposition d’un immeuble a l’autre est maîtrisée et l’ensemble n’apparaît pas comme un collage composite.

P1330302

En coeur d’Îlot, une opération récente (Hamonic+ Masson Arch.2011) de 2 tours de 7 et 11 étages est plus dynamique et s’affranchie des contraintes vis à vis des immeubles voisins.

P1310185

Les logements comportent tous un angle avec balcon dont la géométrie est variable d’un niveau à l’autre.

P1310191

Sur cet îlot, la façade à l’opposée de la Seine fait face à la dalle surélevée de la gare Paris-Lyon. Elle longe la rue de Bercy et permet de découvrir la succession des immeubles de bureaux de l’opération d’urbanisme Bercy-La Rapée, disposés en peigne et  implantés sur un socle horizontal formant terrasse accessible ( J.Dubuisson urbaniste 1958-1978).

P1310189

Revenant vers la Seine, face à la rampe hélicoïdale de la passerelle d’Austerlitz, au 88 Quai de la Rapée et 2 boulevard Diderot: immeuble de bureaux (A.Leconte Arch.1933)  Les horizontales sont renforcées par les ensembles vitrés donnant une image forte dépouillée d’artifices superflus.

P1320979

96 Quai de la Rapée, immeuble de bureaux (A.Zubléna Arch.1992) et son  mur mobile vitré toute hauteur, sur 33m de large en façade occultant le parvis lors de la fermeture des bureaux. Une prouesse technique dépassée voire inutile et à l’opposée des contraintes actuelles d’économie des moyens pour les utilisateurs.

P1320980 P1210267

Revenant vers la Gare de Paris-Lyon, au 13 boulevard Diderot: l’ancien hôtel Massilia        ( M.Oudin Arch.1911). Ce bâtiment îlot est implanté sur un terrain triangulaire délimité par le boulevard , les rues de Bercy et Traversière, lui donnant la force d’un signal.                La structure béton est immédiatement lisible sans exclure un coté pittoresque découlant pour partie des  bow-windows et des encorbellements. Lors de sa construction cet hôtel faisait figure de manifeste pro béton armé en dépit de certains aspects ne rompant pas totalement avec l’académisme ambiant.

P1280610 P1310201

Angle 15 rue Traversière et 216 rue de Bercy, l’ancien siège administratif des Chemins de Fer Paris-Lyon-Méditerranée (1927-1930) d’une grande homogénéité architecturale.

P1260524

A l’angle rue de Bercy, la rue Crémieux ouverte en 1865 présente un aspect très particulier dans ce quartier. Réservée aux piétons, elle est bordée de chaque coté par une trentaine de maisons individuelles de deux étages chacune s’adossant contre les héberges du bâtiment administratif du PLM. Les teintes variées des façades se succèdent sans juxtapositions criantes entre elles .

P1190857

P1260512 P1260518

244-246 rue de Bercy, avant d’arriver au port de la Bastille, un tout autre aspect pour ce bâtiment qui regroupe une résidence du CROUS et un hall d’exposition automobile.

P1310209

Dans la ville haussmannienne, la modernisation des voies de communication a favorisé la division du travail. Ainsi le bassin de l’Arsenal fut utilisé entre le 19e et le 20e siècle comme port de commerce (vin,blé et bois). Relié au canal Saint-Martin ouvert en 1825 il permettait la liaison entre la Seine et le bassin de la Villette bordé de très nombreuses industries et au delà, le canal de l’Ourcq et les plaines du Nord. Sa reconversion en port de plaisance date de 1983.

P1310215

Le quartier de l’Arsenal, situé entre le quai Henri IV et  l’actuel boulevard Bourdon, tient son nom de l’arsenal royal dont l’implantation initiale remonte à 1533. Cette partie de la ville était destinée à la fabrication et au stockage des munitions, à la suite de différentes explosions et incendies la fabrication fut réalisée à La Salpêtrière et le quartier de l’Arsenal fut limité au stockage. L’île Louviers, encore visible sur le plan de Turgot (1739),était inhabitée, elle fut longtemps affectée à l’entreposage du bois flotté provenant du Morvan. Puis ensuite rattachée à la rive droite en 1843, l’ancien bras mort comblé forma l’actuel boulevard Morland. Sur la rive Sud le quai Henri IV fut actif jusque vers 1940.

Sur un terrain compris entre le quai Henri IV et le boulevard Morland, initialement affecté aux anciens laboratoires des Poudres et Salpêtres, l’ensemble « Nouvelle Vague » de 140 logements et crèche ( LIN Arch.2015) se développe en courbes avec ses façades en panneaux métalliques.

P1340893

P1340884

Le terrain initial occupé par le Ministère de la Défense s’étend du n°18 quai Henri IV jusqu’au  2-6 rue de Schomberg et 15 boulevard Morland. Sur ce vaste terrain une opération mixte associe des logements pour la Garde Républicaine situés le long du quai et contre la rue de Schomberg ( Ateliers Lion Arch.1999). Le long du quai l’ensemble est constitué de quatre plots reliés par des passerelles avec balcons face à la Seine d’un niveau de finition malheureusement devenu inhabituel .

P1340881

Sur le retour rue de Schomberg et perpendiculaire au quai Henri IV, les trois bâtiments de l’ancienne caserne militaire Schomberg ( J-A Bouvard Arch.1883) en briques avec calepinages décoratifs et structure métallique apparente ont été surélevés de 2 étages bien différenciés en panneaux composites. Ces bâtiments reçoivent les logements sociaux avec un jardin central.

P1210279

Dans le quartier de l’ancien arsenal dont l’implantation initiale remonte à 1533, l’actuelle bibliothèque de l’Arsenal crée en 1757 a été installée dans la résidence construite en 1594 pour le duc de Sully, grand Maître de l’Artillerie, elle fut embellie en 1745.

P1260496

La frise décorative sous la corniche rassemble avec une profusion de détails les différents types de munitions de l’époque.

P1260497

17 boulevard Morland: la Cité administrative de la Ville de Paris a été conçue à l’origine pour regrouper les différents services de la Préfecture de la Seine (A.Laprade, P.Fournier et R.Fontaine Arch.1955-1965). Le plan en H ménage à l’avant et à l’arrière de la tour une pseudo esplanade monumentale d’une grande raideur totalement en phase avec ce bâtiment administratif aux références traditionnelles figées .

P1310072

La vision de cet édifice à partir du pont Sully-Morland, ne fait que renforcer l’ image du bâtiment régalien. A l’époque de sa construction le dépassement du plafond légal  par ce bâtiment de seize niveaux dans le secteur sauvegardé proche de l’île Saint-Louis n’a pas soulevé de polémique particulière de la part des riverains. Depuis les groupes de pressions et les recours des tiers ont su largement s’imposer à tout propos et souvent  de façon très abusive.

Souhaitons que le projet retenu lors de la consultation « Ré-imaginer Paris » basé sur la mixité des fonctions et des usages permette réellement « une véritable philosophie d’ouverture » afin de modifier le rapport du public avec ce bâtiment forteresse déconnecté de son environnement.

Ne doutons pas qu’il faudra plus que les plantations et arbres désormais érigés en nouveau dogme incontournable pour réussir ce challenge.

P1310041

L’actuel Pavillon de l’Arsenal (Clément Arch.1879) fut conçu pour recevoir la collection de tableaux d’un riche marchand. Transformé ensuite en lieu de stockage puis aménagé en pavillon permanent d’expositions dédié à l’urbanisme et l’architecture à Paris et en île de France (Reichen & Robert Arch.1988).

P1380608

La balade se termine à l’angle rue de Sully-boulevard Henri IV devant la caserne de la Garde Républicaine ( J.Hermant Arch.1895-1901), édifiée à la place de l’ancien couvent.

La caserne dédiée à la cavalerie comporte dans sa partie centrale un manège dont la charpente métallique , réalisée par G.Eiffel pour l’exposition de 1889, a été démontée quelques années plus tard et remontée dans la caserne.

P1280760

 

Publicités

Paris, balade architecturale de Beaubourg au boulevard Beaumarchais.

Le panorama de Paris qu’on découvre des terrasses du centre Pompidou est un livre d’histoire qui mêle l’architecture gothique à celle de la Renaissance et plus simplement à celle de l’époque contemporaine. Cet ensemble de lieux remarquables et de bâtiments emblématiques nous pousse à découvrir le cœur historique situé à proximité.

Image 3

L’importante mutation du quartier Beaubourg avec l’implantation du centre Pompidou dans les années 70, considérée par certains comme une rupture dénaturant le paysage, ne doit pas faire oublier que la formation du tissu urbain du Marais a souvent eu pour origine la spéculation foncière menée par les grands propriétaires fonciers du XIIIe siècle: les congrégations religieuses, templiers ou moines de l’abbaye de Saint-Martin-des-Champs.

P1130134

P1120858

La rue de Venise permet de quitter le plateau Beaubourg pour rejoindre la rue  Quincampoix et retrouver une autre échelle de bâti qui nous fait remonter dans l’histoire de Paris. Au n°28 un immeuble mixte bureaux et logements ne joue pas dans le pastiche d’accompagnement comme le quartier de l’Horloge (S.Caillaud Archi.1990).

P1130172

La rue Quincampoix est citée déjà en 1023, au XVIII déjà au centre d’un quartier de banquiers elle devint le rassemblement des agioteurs attirés par les spéculations du financier écossais Law entre 1719 et 1720 ( Law était établi dans l’hôtel de Beaufort situé à l’emplacement du n°65 actuel).

Elle débouche sur la rue aux Ours qu’on emprunte pour prendre à gauche la rue St Martin. Cette rue est avec la rue St Jacques la plus vieille rue de Paris. Au temps de Lutèce, ce n’était qu’une piste, elle conduisait vers le Nord. Elle devint plus tard une voie romaine. L’abbaye Saint-Martin des Champs qu’elle longeait (à l’emplacement de l’actuel Conservatoire National des Arts et Métiers) lui a donné son nom.

Plus loin dans la rue St Martin un détour par le passage de l’Ancre Royale ( le plus vieux passage privé de Paris 1510) dont les boutiques, hôtel ou autres activités se sont appropriés l’espace de circulation qui relie la rue St Martin à la rue Turbigo.

P1130174

P1130177P1130184

On y trouve quasiment le seul réparateur de parapluie de la capitale ce qui, a l’heure ou le jetable finit par coûter cher, devrait lui permettre de développer son activité dans ce quartier plus connu pour le développement envahissant de la maroquinerie d’importation asiatique.

P1130188P1130186

Face au passage de l’Ancre Royale: la rue Chapon, qu’on retrouvera plus tard à son extrémité, est une des rues parallèles crées vers 1293 avec les rues de Montmorency ( au n°51 la maison de Nicolas Flamel construite en 1407 a perdu son haut pignon, c’est une des plus anciennes de Paris) et des Gravilliers suite aux lotissements entrepris au cours du XIIIe siècle dans ce quartier de La Ville neuve du Temple.

P1130190

Dans la rue des Gravilliers l’attention est retenue par plusieurs hôtels particuliers notamment celui du n°70 construit en 1737 avec une cour carrée.

Dans la cour du n°69 le restaurant marocain « 404 » .

P1130195

P1130196

Au Carrefour rue des Gravilliers et rue du Temple prendre à droite en direction de la rue Rambuteau.

Lorsque l’ordre des Templiers s’implante à Paris en 1139, différentes acquisitions lui permettent de se constituer au nord de l’enceinte de Philippe Auguste un domaine entouré de sa propre enceinte fortifiée et appelé l’enclos du Temple. La rue du Temple constitue une des limites de ce domaine ( correspondant au quadrilatère actuel rue du Temple-rue de Bretagne-rue de Picardie-rue Dupetit Thouars).

P1130202

Au n° 106 de la rue du Temple le central téléphonique construit entre 1920 et 1925 ( F. Le Coeur  Arch). Le béton brut est laissé apparent et reçoit un traitement de surface sous forme d’ornement de bâtons de ciment utilisé par cet architecte dans différents bureaux de poste et centraux téléphoniques. F Le Coeur a tenté ici l’intégration d’un grand équipement public dans un quartier historique proche d’hôtels particuliers du XVII et du XVIIIe sans tomber dans le pastiche.

P1130204P1130212

Perpendiculairement à la rue du Temple : à droite dans la rue Chapon au n°4, l’hôtel particulier construit vers 1619 pour Claude Passart, notaire et secrétaire de Louis XIII, la façade sur jardin avait disparu sous des constructions parasites au XIXe, sa reconstruction en 1992 est donc assez hypothétique.

P1130205

P1130206

On poursuit la rue du Temple jusqu’à la rue des Haudriettes à droite, au n°3 pour « habiller » un retrait brutal de l’alignement: un mur peint de R. Combas  » la Femme lumière de l’Homme« ( 2000).

P1130213

Au n°1 à proximité du mur peint une fontaine néo-classique( P. Moreaux-Desproux Arch.1767) à l’angle avec la rue des Archives. A cet emplacement sous l’Ancien Régime était dressée l’échelle de justice du Temple ( trois trous vers le sommet pour y passer la tête et les deux poignets du criminel).

P1130216

On emprunte à gauche la rue des Archives vers le faubourg du Temple. Le coté droit est un alignement continu de différents hôtels particuliers du XVIIe. Un des plus beaux est certainement celui de Guénégaud des Brosses au n°60  le seul hôtel particulier de F. Mansart subsistant à Paris ,1652 . Sauvé par Malraux et acheté par la ville de Paris en 1961 il a fait l’objet de très importants travaux de rénovation entrepris par F. Sommer et son épouse pour accueillir le Musée de la Chasse et de la Nature avec une extension au n°62 dans l’hôtel de Mongelas construit en 1705.

1

112

Au n°61, juste avant l’extension du central téléphonique Archives, une entrée d’immeuble ( C-C. Paul Blondel Arch 1907).

P1130219

Au n° 63 le central téléphonique construit par F. Le Coeur entre 1928 et 1932 et reprenant l’ordre colossal des façades réalisé en 1920 au 106 de la rue du Temple, pour cette réalisation le béton a été laissé brut et bouchardé. A cet emplacement était situé l’hôtel du président Lefébvre construit au début du XVIIe.

P1130217

Angle rue Pastourelle-rue des Archives( prolongement de la rue des Gravilliers), dans sa partie Ouest la rue Pastourelle a été construite fin du XIIIe siècle sur un parcellaire du lotissement médiéval.

P1130222

La diversité et la proximité des commerces certes complémentaires met en évidence la gentrification du quartier.

P1130223P1130225

P1130226

Angle avec la rue Portefoin, ce reste de mur avec une arcade bouchée est celui de l’ancien hôpital des Enfants Rouges fondé par François Ier pour recueillir et éduquer des orphelins, ils étaient habillés de rouge couleur de la charité d’où leur nom .

P1130228

Rue Portefoin, la bibliothèque de la ville de Paris (SCP Delatre et Doucot Arch.) a conservé une partie des bâtiments existants. Au n° 14 un bel hôtel particulier de l’époque Louis XIV remanié a conservé son portail d’accès vers la cour intérieure.

P1130231

L’autre extrémité de la rue Portefoin ouverte par les Templiers débouche rue du Temple et aboutit peu après au Square du Temple. Face au square la Mairie du IIIe arrondissement est construite sur l’emplacement de l’ancienne prison du Temple.

 

P1130240

C’est à cet emplacement qu’un vaste terrain fut donné à l’ordre du Temple vers 1170 à l’extérieur de l’enceinte de Philippe Auguste. En 1291 après la perte de la Palestine  le Grand Maitre de l’ordre des Templiers installa sa commanderie à Paris pendant le règne de Saint-Louis.

Cet enclos fortifié en périphérie de la tour du Temple constituait le siège de la banque de l’ordre ou le Trésor royal français fut conservé dès 1146. En raison du développement de la puissance des Templiers devenu inquiétant pour Philippe le Bel celui-ci supprima l’ordre en 1313 et l’enclos revint à l’ordre des Hospitaliers de St Jean de Jérusalem qui en fit un grand prieuré en 1667.

De cet ensemble de murailles et de bâtiments il ne reste rien et l’enceinte du Temple a été détruite en même temps que celui de la ville. Autour de cet enclos le tracé des rues correspond aux lotissements des terrains de l’ordre entrepris entre 1280 et 1290, notamment les actuelles rues Portefoin, Pastourelle, des Haudriettes et Braque, découpées selon les demandes de riches acheteurs pour y construire des hôtels particuliers. Plus tard vers 1667 les murailles ont été abattues pour développer d’autres hôtels particuliers.

En 1808 Napoléon Ier fit démolir le donjon du Temple pour faire cesser le pèlerinage royaliste développé autour de cette tour devenue prison durant la Révolution et qui servit de geôle à Louis XVI et à la famille royale de 1792 à 1793.

P1160534

Parallèlement, lors des travaux entrepris sous Napoléon Ier pour l’amélioration de la vie quotidienne, la « halle au vieux linge », consacrée à la fripe, fut transférée en 1809 de la rue de Poissy et du marché des Innocents sur les terres du Temple. L’architecte Molinos imagina quatre pavillons en bois pour recevoir la fripe, la vieille ferraille, les chaussures et les vêtements.

Enfin en 1863 les architectes J. de Mérindol et E. Legrand réalisèrent six pavillons dans l’esprit des « vastes parapluies » construits par Baltard pour les Halles. Amputé en 1905 des quatre principaux pavillons le Carreau du Temple a fait l’objet d’une rénovation importante pour y intégrer différents équipements de quartier ( Studio Milou Arch).

P1130242

Au nord du square du Temple la rue Dupetit-Thouard offre de multiples terrasses de cafés.

P1130248

En contournant le Carreau du Temple on arrive dans la rue du Forez qui débouche dans la rue Charlot. En 1608 Henri IV avait l’ambition de créer la « place de France » dans ce quartier de la Ville neuve du Temple. Claude Charlot est intervenu en sous-main du roi avec sa qualité d’entrepreneur et d’acheteur vers 1610 d’un grand nombre de parcelles du terrain des Templiers. Néanmoins l’ambition royale a été stoppée après l’assassinat d’Henri IV, les seules traces de cette idée restent les noms des rues avoisinantes: Normandie, Bretagne, Perche, Poitou, Saintonge, Forez. La rue Charlot possède plusieurs beaux petits hôtels du début du XVIIe siècle.

P1130253

Au n° 6 voir St Jean St François affectée aux catholiques arméniens, ancienne chapelle des Petits Capucins du Marais bâtie en 1624 et entièrement réédifiée en 1715 et à l’angle avec la rue du Forez au n° 57 un hôtel particulier avec une porte de 1776 .

P1130254

Rue de Bretagne (au n°10 un immeuble de rapport d’Hector Guimard de 1919, dont la verticalité est accentuée par les bow-window et l’ossature) il ne faut pas manquer le marché des Enfants Rouges accessible à partir du n°30 ou à partir de la rue Charlot. Inscrit à l’inventaire des Monuments Historiques, ce marché est à la fois le plus ancien de Paris (1615) et aussi le plus bobo. Façon « place de village » dans une ambiance très conviviale on y trouve une grande diversité des offres de restauration autour de tables communes (ouvert du mardi au dimanche). Dans le même village voir aussi un « jardin partagé »: le Potager des oiseaux crée en 2004.

P1130261

 

Dans la rue Charlot on prend ensuite la rue de Poitou. Cette rue ainsi que celle de Saintonge s’ornent, elles aussi, de façades sans ornements du début du XVIIe.

P1130267

Les commerces d’alimentation sont remplacés par des boutiques de décoration, diverses galeries d’art et des créateurs de mode, parfois une ancienne boutique sert de hall de réception à un petit hôtel de charme comme celui à l’angle des rues du Poitou et de  Saintonge .

P1130269

Compte tenu de l’attractivité des devantures dont les détails suscitent curiosité ou intérêt, la balade se transforme en un zig-zag sur les trottoirs, comme dans la rue Debelleyne vers la rue de Bretagne dont le tracé courbe serait un souvenir de la rue ceinturant ce projet de « place de France » voulu par Henri IV. Au fond le pignon peint de la rue de Bretagne contre le bâtiment d’Hector Guimard (1914-1919) du 10 rue de Bretagne, d’une simplicité et d’un rationalisme inhabituels.

P1130273

P1130275

On se dirige ensuite vers la rue Vieille du Temple qu’on traverse pour tourner à gauche vers la rue du Pont aux Choux.

P1130274

Au n°110 de la rue Vieille du Temple l’hôtel d’Hozier (1623) comporte une cour d’honneur initialement en pierre et briques du style Louis XIII, le portail sur rue date de 1731, la façade a été surélevée de deux étages au 19é siècle.

P1130276

La rue du Pont aux Choux ( le nom provient d’un petit pont qui enjambait un ruisseau dans un secteur de jardins maraichers au début du XVIIe) débouche boulevard Beaumarchais créé en 1670 après la destruction de l’enceinte de Charles V.

Le boulevard a été établi sur le remblai qui supportait cette enceinte, ce qui explique les escaliers entre le coté pair du boulevard coté rue Amelot. Cette enceinte est devenue au fil du temps la base matérielle de l’identité urbaine par opposition aux faubourgs.

P1130280

Au n° 113 de la rue du pont aux Choux, à l’angle avec le boulevard Beaumarchais, un immeuble de rapport construit en 1773 inscrit en 1925 aux Monuments Historiques.

P1130281

Au n°111 un temple de la consommation bobo recèle en cœur d’ilot quelques belles surprises, luxe calme et volupté .

P1130282P1130292

Au n°31 du boulevard Beaumarchais et à l’angle avec la rue du  Pas-de-la-Mule un immeuble d’habitation(G.Sachs Arch.1934) construit sur un terrain de 100 m² brique sur  ossature métallique avec bow-window en gravillon lavé.

P1130304