Paris, balade architecturale de la Porte de la Chapelle à la Porte de la Villette.

Ce territoire parisien en limite Nord-Est situé entre les 18e et 19e arrondissements couvre 200 hectares environ. Il s’étire entre le Périphérique au Nord, les voies SNCF (réseaux Paris-Est et Paris-Nord) au Sud et à l’Ouest, et le canal Saint-Denis à l’Est.

La juxtaposition des réseaux de transports routiers, fluviaux et ferrés reliés aux entreprises de logistique ne présentait pas jusqu’à présent un cadre très favorable pour l’habitat.

Avec le développement du pôle économique de la Plaine Saint-Denis l’opportunité d’un renouvellement urbain s’est imposée. Le projet d’aménagement de Paris-Nord-Est en cours de travaux accueillera à terme 28.000 habitants et 41.000 emplois (respectivement 13.000 et 16.000 actuellement).

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Partant de la Porte de la Chapelle, la voie ferrée relie le réseau Nord à l’ancienne gare de marchandise du secteur Évangile et enjambe le boulevard des Maréchaux.

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La convergence de ces réseaux à proximité de l’ancien tissu industriel du Nord de Paris a concouru dans les années 60 à l’implantation des entrepôts Calberson filant sur plus de 800 m entre les portes de la Chapelle et de la Villette, et interrompus uniquement au droit de la porte d’Aubervilliers.

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La partie des entrepôts entre les portes de la Chapelle et la porte d’Aubervilliers est la plus récente, elle a été construite en 1970 ( M.Forest Arch.). Ce bâtiment est desservi à la fois par les réseaux SNCF Paris-Est et le chemin de fer de « la petite ceinture », il est assez exceptionnel par ses dimensions et par sa conception: construit sur 3 niveaux avec un parking sur la totalité de la terrasse. Sur la partie comprise entre les portes de la Chapelle et d’Aubervilliers la façade comporte différents redents. La rampe d’accès des véhicules vers les différents niveaux des entrepôts est implantée en extrémité du bâtiment coté Porte d’Aubervilliers.

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La cité HBM Charles Hermite est située le long du boulevard Ney face aux entrepôts. Elle est longée par le périphérique, le bassin d’Aubervilliers situé plus au Nord longe le centre commercial du Millénaire et les Magasins Généraux de La Plaine St Denis.

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Après la Porte d’Aubervilliers, et sur le boulevard Macdonald en direction de la Porte de la Villette: 3 ensembles de 150 logements sont implantés chacun autour d’une cour-jardin privatif avec une transparence des halls en rez de chaussée.

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L’opération centrale (R.& M. Schweitzer Arch.1997) développe une rigueur expressive dans la volumétrie en évitant les parois trop vitrées, elle utilise la palette de matériaux des HBM voisins en brique et enduit. Cette opération présente beaucoup de similitudes dans le traitement des volumes et des percements avec l’immeuble de logements du 9 avenue de la Porte de Clichy réalisé par cette même agence .

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La partie des entrepôts située entre les portes d’Aubervilliers et de La Villette (n° 141 à 221 du boulevard Macdonald) a été construite à la fin des années 60 (M.Forest Arch.) sur les terrains d’anciennes usines à gaz dont l’implantation datait des années 1860. La façade de la longue barre de 617 m de long et de 165.000 m² est ici sans redents, la résille de béton en souligne l’horizontalité. La structure en béton du bâtiment (prévue pour recevoir 3 étages supplémentaires) est recoupée sur les trois niveaux par des murs coupe-feu avec une hauteur moyenne sous plancher de 6 m. Pour ce bâtiment de stockage des marchandises les planchers pouvaient recevoir des surcharges de 2 tonnes/m². Le premier étage présente un porte à faux de 5 m tant du coté voie ferrée que du coté quai de déchargement des camions. La toiture terrasse a été utilisée comme fourrière de véhicules pour la ville de Paris.

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Cette seconde partie des anciens entrepôts a fait l’objet d’une importante reconversion pour créer 1126 logements, une résidence étudiante avec foyers de jeunes travailleurs, des bureaux, des commerces (C. de Portzamparc, N. Michelin, Brenac & Gonzalez, Gigon Guyer, Fantastic Architecture, Hondelatte-Laporte Arch.). Cette mixité des fonctions peut être conçue comme un levier pour favoriser les transformations des équipements pose un regard différent sur un patrimoine immobilier devenu inadapté, y compris comme ici ou l’épaisseur du bâtiment et les hauteurs sous dalles de ces entrepôts sont inhabituels peuvent produire des logements atypiques souvent riches de qualités spatiales. Par un effet de balancier fréquemment rencontré cette déconstruction-reconstruction aboutit à un sur la partie Sud coté Porte d’Aubervilliers à effet « matériauthèque »  qui certes nourrit le buzz, mais était-ce bien nécessaire pour les logements donnant face à la nouvelle gare RER Rosa Parks?.

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Coté canal et vers la Porte de la Villette, les traitements logements et bureaux sont moins anecdotiques.

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Coté boulevard Macdonald  la reconversion des entrepôts  en bureaux réalisée: 28.000 m² ( F. Leclerq, M. Mimram Arch.2015) n’ont pas le même effet de diversité des traitements à tout prix

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A son extrémité coté Porte de la Villette la reconversion des entrepôts a été affectée aux équipements publics: école, collège gymnase, crèche ( Kengo Kuma & Ass Arch.2015).

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Face à ces anciens entrepôts, la ZAC Claude Bernard fut crée en 2005 à l’emplacement de hôpital détruit dans les années 90. Cette ZAC de 15,5 hectares est enserrée entre le boulevard périphérique, le boulevard Macdonald et le canal Saint-Denis. Le premier quartier mixte dans ce secteur en mutation est desservi par le tramway et la nouvelle gare RER E « Rosa Parks » constituant un pôle intermodal important à l’échelle régionale.

Au n°166 le Cinéma UGC de 10.000 m² (JP.Viguier Arch.2013) est implanté en limite Est, et contigu au square Claude Bernard.

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Ce nouveau quartier urbain mixte (bureaux-logements-commerces et groupe scolaire) est limité au Nord par un ensemble de 3 immeubles de bureaux (41.000 m²) qui protège des nuisances sonores du périphérique. Les façades des bureaux sont très différenciées entre elles sans qu’on en saisisse la réelle justification, ici en limite Nord-Ouest (E.Combarel & D.Marrec Arch. 2011). Les habitations sont implantées le long du boulevard Macdonald.

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Faisant face au premier bâtiment de bureaux: l’immeuble de logements le long du boulevard Macdonald ( R.Marciano Arch.2011).

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Deux voies perpendiculaires au boulevard Macdonald déservent les bâtiments d’habitations et de bureaux, ces derniers communiquent entre eux par des galeries de liaisons transparentes isolant des nuisances du périphérique (J.Ferrier Arch.2011).Les bureaux et immeubles d’habitation sont séparés par un jardin accessible au public tout au long de la ZAC (agence de paysagistes TER).

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Face au deuxième bâtiment de bureaux, autre immeuble de logements (V.Brossy Arch. 2011).

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Immeuble mixte commerces-maison de retraite EHPAD de 104 lits-logements sociaux et en accession ( Atelier Zundel-Cristea Arch.2011) revêtu de céramique blanche.

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Le troisième immeuble de bureaux en limite Nord-Est (Sauerbruch & Hutton Arch.2011)

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Face au quatrième immeuble de logements ( D.Feichtinger Arch.2011) ici coté cœur d’îlot, et faisant face au groupe scolaire de la ZAC.

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Façade coté boulevard Macdonald (bardage en polycarbonate brillant).

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Le groupe scolaire de la ZAC Claude Bernard (Brenac & Gonzalez Arch.) coté cœur d’îlot: 12 classes (5 maternelles et 7 primaires) avec halte-garderie, pour répondre aux besoins des nouveaux habitants. L’enveloppe extérieure en verre opalin gomme toute expression de l’organisation intérieure de l’école.

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A l’angle entre le boulevard Macdonald et le quai du Lot.

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Coté canal de l’Ourq: les berges sont en cours de réaménagement entre Paris et Aubervilliers pour offrir de nouvelles promenades piétonnes. Le socle de béton clair en bordure de quai abrite une halte garderie, tandis que le premier étage reçoit la maternelle et le deuxième l’école primaire qui s’ouvre sur une cour de récréation.

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Le canal St Denis vers La Villette, au loin la colline de Belleville et la Place des Fêtes.

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Après avoir franchi le pont on découvre au n° 111-115 du boulevard Macdonald la façade Art Déco d’un immeuble de 130 logements d’une architecture moderne et radicale avec ses quatre bow-windows cylindriques donnant en façade arrière sur les voies de Paris-Est. L’ensemble est revêtu d’éclats de grès cérame (R. Enault Arch.1933).

Robert Enault est aussi l’auteur du remarquable immeuble du 176 rue Saint-Maur à l’angle avec la rue du Faubourg du Temple (1930).

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Détail des quatre bow-windows cylindriques.

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Au 115 boulevard Mac Donald et à l’angle avec le  quai de la Charente longeant le canal Saint-Denis un nouvel ensemble de logements et de commerces revêtu de panneaux cuivrés vient s’accoler (Badia Berger Arch. 2015), avec un retour contre un récent immeuble d’habitations jouxtant les voies ferrées de Paris-Est (G.Margot-Duclos Arch.2015).

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tout en laissant apparaitre la façade arrière de l’immeuble 1930.

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En poursuivant les berges en direction de la Cité des Sciences et au delà des voies ferrées: les Entrepôts et Magasins Généraux de Paris (accès par le n°11 de la rue de Cambrai). Ces entrepôts étaient autrefois reliés au canal par une darse intérieure pour permettre les déchargements de péniches.

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Le quai est maintenant longé par la ligne du tramway.

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Compte tenu de la densité des réseaux de communication, le Nord-Est parisien a longtemps constitué un emplacement idéal pour le stockage. Sous Napoléon III l’essor de l’industrialisation, du commerce, et aussi de l’urbanisation a nécessité le développement des capacités d’approvisionnement et de stockage des denrées non périssables.

Les docks du pont de Flandre (comme ceux du pont de Crimée sur le bassin de la Villette) ont été reliés au chemin de fer du Nord, de l’Est puis au chemin de fer industriel. Ils ont été construits entre 1845 et 1853 pour stocker blé, sucre et alcool jusque dans les années 50. Ces entrepôts sont d’une conception simple: les façades sont en meulière avec des chaînages d’angle en briques, la charpente et les planchers sont en bois. Les plus récents ont été prévus « fire-proof » pour répondre aux normes des compagnies d’assurance dès 1860. Ils offrent de grands espaces intérieurs qui les ont rendus utilisables facilement pour d’autres fonctions. Actuellement ils abritent des bureaux et des halls d’expositions.

Cette balade se termine temporairement en vue de la Cité des Sciences de La Villette, le long du canal qui passe sous l’avenue de Flandre.

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Paris, le quartier de l’avenue de Flandre.

Une des caractéristiques de ce quartier c’est la grande hétérogénéité d’objets architecturaux formant un kaléidoscope des cinquante dernières années. Ces ensembles de conceptions architecturales et urbanistiques des années 60 à nos jours ont été réalisables dans cette partie du 19e en raison de son implantation éloignée du centre historique. Cette faille dans le conservatisme frileux des arrondissements centraux a permis un renouvellement d’expériences digne d’intérêt en dépit de réalisations qui constituent souvent des « passages en force » .

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La balade démarre à la station de métro Stalingrad pour se diriger par l’avenue de Flandre, jusqu’à la station Corentin Cariou avec des échappées de part et d’autre de cet axe.

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A l’angle entre la rue du faubourg Saint-Martin et du boulevard de la Villette une architecture très présente, pour faire face à la violence de ce carrefour et face au viaduc de la ligne 2. Cet ensemble de 16 logements sociaux aux détails soignés est revêtu de tuiles plates vernissées (Fresh Architectures Arch.2014).

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n°7 avenue de Flandre immeuble de bureaux pour le syndicat CFDT (F. Raynaud Arch.2005) simplicité de la façade vitrée animée par les occultants argentés.

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n°12-14 avenue de Flandre: sur un terrain traversant avec une façade quai de Seine face au bassin de La Villette 2 immeubles de logements autour d’une cour en cœur de parcelle (H.Goube Arch.1995) travail sur une façade « post-moderne ».

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L’imposant immeuble de la Caisse Régionale de Sécurité Sociale de Paris du 17-25 avenue de Flandre (A.Leconte, J.& M.Roux-Spitz Arch.1966) qui occupe la parcelle rue du Maroc et le retour sur la rue de Tanger semble avoir provoqué par réaction la production architecturale à proximité.

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Le besoin de se singulariser pour rompre avec cette « normalité » des années 60 aboutit à un bâtiment signal. Ici à l’angle de l’avenue de Flandre et de la rue du Maroc l’immeuble de 50 logements sur 12 niveaux regroupe 3 corps de bâtiment rassemblés ( Tectône Arch. 1992-1996), tendance déconstructiviste urbaine qui multiplie les plans dans ce cadre urbain alors que F.Gehry pour l’ancien centre culturel américain de Bercy le développe dans un parc urbain.

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Rue du Maroc, 46 logements sociaux ( F.Marzelle et I.Manescau Arch.2013)

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n°21 rue de Tanger une réalisation soignée: sur les 2 niveaux bas l’agence d’architecture, l’appartement est situé au dessus de l’espace vide consacré à une terrasse (C. Lab Arch.1999-2005)

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L’alignement des 3 architectures vues de la place du Maroc.

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n°67-107 avenue de Flandre: l’ensemble de logements des « Orgues de Flandre » ( M. Schulz van Treeck Arch.1967-1976, l’un des principaux assistants de Jean Ginsberg). 1950 logements répartis entre 4 tours et deux bâtiments longeant l’avenue de Flandre dont l’échelle est plaquée violemment sur un tissu à l’origine traditionnel. Si une certaine filiation avec les réalisations de H.Sauvage ( piscine des Amiraux) est discernable, l’échelle de cette  » performance exubérante » avec ses encorbellements successifs date cette architecture imaginée avant la crise de l’énergie. Façades en carreaux de grès étiré émaillés blanc.

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« La cité des Flamants » / Les tours de l’ilot Riquet au centre du terrain délimité par les rues de Flandre, Archereau, Mathis, Riquet et d’Aubervilliers ( M.Schultz Van Treek Arch. 1975-1977).

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Carrefour Riquet-Curial-Archereau

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Coté rue Curial l’ancien bâtiment du Service Municipal des Pompes Funèbres de Paris dont le terrain débouche au 104 rue d’Aubervilliers (Delbarre et Gaudon Arch.1873) les deux halles de construction métalliques habillées de pierre et de brique ont été transformées en espace culturel d’arrondissement. Le « 104 » est désormais dédié à la création artistique de la ville de Paris et accueille expositions, restaurants, cinéma et théâtre.

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La rénovation de ces 39.000m² ( Atelier Novembre Arch.2006-2008) permet d’accueillir jusqu’à 5.000 personnes.

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La sortie du 104 rue d’Aubervilliers permet de longer au n°138 et à l’angle avec la rue Raymond Radiguet, l’hôtel industriel « Métropole 19 » face au faisceau ferroviaire de la gare de l’Est (JP.Viguier & JF. Jodry Archi.1988), coté rue une façade urbaine faite d’alternance de briques de parement et de surfaces vitrées horizontales.

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Coté rue R Radiguet la cour intérieure dessert les deux corps de bâtiments parallèles (20.000 m²) avec une mise en scène des circulations verticales et des passerelles de liaisons pour une ré-interprétation contemporaine des entrepôts industriels à proximité.

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Au 17 rue Raymond Radiguet les ateliers municipaux de la Ville de Paris ( R.Piano Arch.) à coté de la cuisine scolaire bardée d’aluminium (Ph.Gazeau Arch.). La façade est la vitrine des activités de maintenance opérées dans le bâtiment. Le monte charge en façade relié l’auvent d’entrée exprime clairement la fonction du bâtiment.

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n°18-20 rue Mathis ( J-P.Buffi Arch.1982), un retour dans ce quartier à des sources plus urbaines et critiques vis à vis de l’urbanisme des « trente glorieuses ». Ici un programme de logements organisé autour d’une place intérieure urbaine. A l’opposé d’une façade trop lisse et vide de sens, et en continuité avec les alignements voisins celle-ci prétextant une référence au parcellaire ancien est creusée et ménage des vues biaises, cette tendance de la fin des années 70 est une déclinaison de dispositions initiées par Ch.de Portzamparc et G.Benamo pour la rue des Hautes-Formes dans le 13e.P1180741

Angle rue de Crimée et rue Curial, une autre opération d’urbanisme des années 60 (N.Coquet Arch. 1966). Sur l’ancien emplacement des usines à gaz face à la porte d’Aubervilliers, 1800 logements regroupés dans 16 tours de 19 niveaux avec effet graphique des façades en phase avec la production architecturale de l’époque mais sans atteindre les développements imaginés par Anger et Puccinelli en particulier pour les 3 tours de la résidence Erard dans le XIIé.

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Au carrefour avec l’avenue de Flandre voici un peu d’apaisement visuel dans  la production des façades et le respect des gabarits parisien (P.Berger et J.Anziutti Arch.1999) pour un programme de 20 logements ateliers d’artistes sur un rez de chaussée de commerces. La baie type est répétée de façon strictement identique et correspond à la superposition des habitations et des lieux de travail reliés par un escalier intérieur. Compte tenu de l’étroitesse de la parcelle les duplex sont à simple orientation

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L’ensemble de 400 logements du 127 avenue de Flandre (R.Anger, M.Heymann , P.Puccinelli, L. Véder Arch. 1961), seule une seule tour de 27 niveaux sur les 2 prévues à l’origine a été réalisée. Le plan est « en aile de moulin » animé par des décrochés de loggias. Bien loin de la qualité des autres projets réalisés par cette agence qui entretiennent une certaine relation avec l’art cinétique.

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Au 143 rue de Flandre, habitations (P.Riboulet Arch.1990), le traitement du bâti à l’alignement autour du carrefour avec la rue de l’Ourq masque en partie la vision des plus grands ensembles d’habitations situés en cœur d’îlot construits précédemment.

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Avec l’ensemble du 146 avenue de Flandre ( M.Heymann H.Girou Arch.1981) l’alignement des bâtiments sur la voie publique est remis en cause comme beaucoup de grands programmes des années 70. Le plan masse de cet ensemble immobilier entouré de 3 rues est proliférant, préfabrication lourde et originalité à tout prix datent cet ensemble comme celui des « orgues de Flandre », pourquoi faire simple…..durant ces années beaucoup d’architectes fuyaient le dépouillement et la rigueur et préféraient jouer la carte de l’individualité des logements à l’intérieur du groupement.

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46 rue de l’Ourcq (Ph.Gazeau Arch.1993) 26 logements pour postiers sur un terrain étroit et profond, étrangement les espaces communs sur cœur d’îlot sont plus connus que cette façade sur rue. Séparation des 2 volumes construits pour insérer dans la faille les escaliers et les coursives d’accès. Un « petit projet » sobre, radical, mais d’une grande richesse expressive par la variété des vues autour du paysage intérieur au cœur d’îlot qui a répondu aux exigences du Maître d’Ouvrage pour promouvoir qualité et expérimentation architecturale .

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Dans cette rue de l’Ourcq d’anciennes manufactures subsistent ré-aménagées souvent en bureaux.

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n°49-53 rue de l’Ourcq un important ensemble HBM de 1923.

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Retour vers l’avenue de Flandre, séparée sur toute sa longueur par un terre-plein central réservé aux piétons et planté d’arbres.

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n°156-160 avenue de Flandre et 30 rue de l’Argonne, contre le chemin de fer de Petite Ceinture, ( J.Brunet et E.Saunier Arch.1995-2000) une façade avec pan coupé assure la continuité du traitement assez familier à Paris, traitement du dernier étage avec duplex.

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Cette balade se termine à la station de métro Corentin Cariou situé après le viaduc du chemin de fer de Petite Ceinture. Elle peut se prolonger au delà ( voir Grand Paris, balade architecturale de la Porte de la Villette à Pantin).

Grand Paris, balade architecturale de la Porte de la Villette à Pantin.

La Villette autrefois commune des faubourgs a été annexée à Paris en 1860. Sur cet emplacement étaient implantés les abattoirs de la capitale construits en 1867. Un très important projet d’agrandissement et de modernisation est réalisé et livré en 1964 mais en 1974 ces abattoirs ferment en raison du développement des transports frigorifiques qui modifient totalement les modes d’approvisionnement. L’État entreprend alors de restructurer cette entrée de Paris et d’implanter la Cité des Sciences et de l’Industrie sur ces anciens abattoirs .

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Face à la Cité des Sciences l’ensemble immobilier « Villette Nord » regroupe deux fonctions complémentaires: sur l’avenue Corentin Celton hôtels et commerces ( G.Thurnauer Arch.1987-1990),

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et coté boulevard Macdonald: un ensemble de logements ( G.Thurnauer Arch.1987-1990), qui se poursuit vers l’intérieur de la parcelle vers la Cité par des logements semi-collectifs.

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Coté Cité des Sciences, faisant face aux 12 jardins thématiques et aux « Folies » déconstructivistes laquées de rouge (B. Tschumi Arch.1982). Dans les jardins les axes de circulation tracés au cordeau permettent aux piétons pressés de traverser le parc urbain, aux autres de pouvoir flâner a leur rythme le long des courbes et entrelacs proches des canaux de l’Ourcq ou de la Villette.

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On longe la façade d’entrée de la Cité des Sciences pour rejoindre le tracé du tramway vers la Porte de Pantin,

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Le tracé du T3 délaisse ponctuellement le boulevard Sérurier et longe l’ancienne Halle aux cuirs pour desservir les bureaux implantés autour des anciens Grands Moulins de Pantin.

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La réhabilitation de la « Halle aux Cuirs » des anciens abattoirs de la Villette ( O.Friscara et X.Leroux-Cauche Arch.1987) est aussi visible à partir du canal de l’Ourcq. Construite en 1962 cette halle servait au salage et au stockage des peaux en provenance des abattoirs. Cet ensemble de 15.000 m2 a été reconverti en ateliers pour des artistes plasticiens en résidence (Fondation de France et Caisse des Dépôts). Un fois passé le nouveau pont construit pour le tramway, on rejoint les berges de l’Ourcq et du bassin de La Villette. Un parcours de randonnée pédestre de plus de 6 km le long du canal aboutit au parc de la Bergère à Bobigny puis au delà vers La Ferté-Millon.

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Les deux infrastructures de transport qui traversent Pantin: canal de l’Ourcq et chemin de fer ont affecté le paysage de ce territoire. Le canal ouvert dès 1813 puis le développement de la ligne Paris-Strasbourg en 1846 ont permis le développement industriel de Pantin dès la deuxième partie du XIXe siècle dans le prolongement du bassin de La Villette. Aux activités agricoles, notamment maraîchères, et aux exploitations de gypse vont succéder les implantations industrielles, telle que la production de matériel ferroviaire dès 1855. D’autres activités se sont greffées assez naturellement sur ces voies d’approvisionnement de marchandises: minoterie et industrie lourde, et de bestiaux .

Sur la gauche les anciens Grands Moulins de Pantin le long du canal de l’Ourcq. Silhouette familière servant de signal pour les automobilistes sur le périphérique. La première implantation sur ce site date de 1880 avec un moulin construit par un minotier de la Brie pour se rapprocher du marché parisien. Une seconde en 1922 reprend en totalité des installations avec une ossature béton et remplissage de briques (E.Haug Arch. 1922-1927), seul le bâtiment sur 8 niveaux subsiste. Le magasin à farine de 13 niveaux a été reconstruit en 1945 (L.Bailly Arch.) et la semoulerie de 7 niveaux en 1952. En 2008 leur reconversion en bureaux pour 3.000 personnes a été réalisée pour recevoir des bureaux pour BNPPARIBAS ( Reichen et Robert Arch).

 

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Rue Delphine Seyrig, le long de la boucle du tramway reliant la Porte de la Villette à la Porte de Pantin, et contre le stade J Ladoumègue: la résidence de 192 logements étudiants (OFIS Arch. 2012) .

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3 bâtiments de 9 étages, adossés sur les 2 premiers niveaux à l’atelier d’entretien des tramways de la RATP. Les coursives de déserte des studios des étages supérieurs font face aux plateaux sportifs du stade. Les façades coté chambres sont constituées de fausses loggias en lambris de bois composite qui regroupent deux à deux les balcons des studios sur 2 ou 3 niveaux et atténuent la perception de cet ensemble de 120m de long.

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Passerelle enjambant le canal de l’Ourcq construite pour le passage du tramway T3 ( à gauche l’ancienne Halle aux cuirs).

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Contre les Grands Moulins et à l’emplacement de l’ancienne blanchisserie industrielle Elis un programme de 370 logements sociaux et commerces est en cours de réalisation.

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Longeant le quai de l’Aisne de part et d’autre du pont: l’ancien centre administratif, et la nouvelle mairie de Pantin. On emprunte le pont puis à droite de l’ancienne mairie (construite en 1889) l’avenue du général Leclerc.

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Difficile de parler de centre historique à Pantin, cette ville a pour spécificité d’avoir un territoire très morcelé du fait de sa traversée par le canal de l’Ourq (1802-1813), et la ligne de chemin de fer Paris-Strasbourg (1846) élargie entre 1870 et 1890 pour implanter une gare de triage et une gare de marchandise, enfin la création du cimetière parisien en 1886 (100 hectares). L’ensemble est donc hétérogène et plusieurs centres se sont constitués à la suite de ces coupures dans le territoire communal.

Dans cette ville désarticulée et morcelée la municipalité avait développé l’idée d’un centre administratif dès 1938 à proximité de l’ancienne mairie entre le quai de l’Aisne et la rue V Hugo. Ce projet fut relancé en 1958 mais ne put aboutir qu’en 1973. Ce centre administratif  a été réalisé pour regrouper les différents services publics de la commune ( tribunal d’instance, services des impôts, inspection du travail, commissariat de police, sécurité sociale). En dépit de cette complexité programmatique ce bâtiment monumental d’inspiration brutaliste a réussi à présenter une unité d’ensemble ( A.U.A /J. Kalisz et J. Perrotet Arch.1972). Racheté ensuite par le Ministère de la Culture en 1999 il a été reconverti en Centre National de la Danse avec salles de répétition et de représentation pour les danseurs (A.Robain et C.Guiesse Arch.2004).

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Le béton brut est l’unique matériau tant en extérieur qu’à l’intérieur, ici l’entrée principale coté rue V Hugo. Toutefois la qualité du béton apparent d’origine n’a pas permis une reprise pleinement satisfaisante d’un certain nombre d’arêtes qui apparaissent largement épaufrées.

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Faisant face la nouvelle mairie offre une représentation plus convenue que l’ancien centre administratif tant du coté du canal que le long de l’avenue du général Leclerc.

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Dans la ZAC de l’Hotel de Ville un bâtiment de bureaux arrive a tirer son épingle du jeu sur cette parcelle sur laquelle sont implantés le nouvel hôtel de ville et un groupe scolaire. Cet immeuble abrite la Cité régionale de l’environnement (O.Fassio & J-B Viaud Arch 2014) et se présente comme le premier bâtiment tertiaire français en autoconsommation à énergie positive. Sa façade en Corian ajoute une nouvelle composante à la variété des faces à faces architecturaux de proximité

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Au n°51 avenue du général Leclerc, et cote à cote, l’usine de pompage et de traitement des eaux et la piscine municipale (Ch.Auray Arch.1937).

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L’organisation intérieure de la piscine reprend les principes directeurs types de son époque: ossature en béton, 2 niveaux de galeries en coursives desservent les cabines individuelles et entourent le grand bassin de 33,3 m x 12,5 m. A l’extrémité du bassin et opposé à l’entrée: le plongeoir. La grande verrière au dessus du bassin permet l’éclairage zénithal de l’ensemble.

Les façades de l’usine de pompage des eaux sont revêtues de briques et très épurées, les baies de l’usine de traitement d’eau sont entourées de grès émaillé noir, ( bâtiments inscrits à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques).

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Au n°100 av. du général Leclerc: l’hôtel industriel de l’Ourcq (P.Chemetov et B.Huidobro Arch.1987-1989) 4 corps de bâtiments autour d’un espace central avec ses rues intérieures desservant les locaux d’activités ( industries lourdes en rez de chaussée et plus légères au 1er étage accessibles par des rampes), au 3é étage les bureaux, l’ensemble abrite 2000 personnes. Structure mixte béton et charpente métallique. Bâtiment complété ultérieurement par un hôtel utilisant les mêmes matériaux.

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A l’angle avec l’avenue du général Leclerc et la rue Delizy l’ancienne usine des parfums Bourgeois implantée dès le XIXe siècle, regroupe désormais différents savoirs-faire du groupe CHANEL (broderie, façonnier, parurier, plumassier, orfèvre, chapelier).

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Après être passé sous le pont du chemin de fer, immédiatement à gauche la rue Cartier-Bresson (Le textile avec l’usine de filature Cartier-Bresson a longtemps constitué une activité importante pour Pantin). La caserne des pompiers de Pantin et ses logements (Crespel & Ropa Arch.1996), béton brut et menuiseries métalliques.

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Au n°100 de la rue Cartier-Bresson est parti le 15 août 1944 le dernier convoi de déportés de la Région Parisienne vers les camps de concentration.

De cette rue on peut découvrir au lointain la tour TDF de Romainville.

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En revenant vers l’avenue du général Leclerc; au n°69 la Galerie Thaddaeus Ropac a été aménagée (autour de 8 bâtiments d’une ancienne chaudronnerie du XIXe), pour accueillir sur 4.500 m² pour 2.000 m2 de surface d’exposition des œuvres monumentales (Butazzoni & Ass Arch.2012). Ouverte en 1983 à Salzbourg spécialisée dans l’art contemporain et déjà présente dans le Marais, elle trouve dans ce lieu une réponse à ses besoins de grands volumes pour présenter des œuvres monumentales

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Dans la cour sculpture de Tony Cragg.

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Face à cette galerie le Citrail et la halle Lafaille (SERNAM) nous ramènent aux territoires ferroviaires et aux bâtiments annexes dépourvus de relations avec les bâtiments voisins mais représentant un potentiel foncier et immobilier de tout premier ordre. Ici sur un terrain de 43 hectares le long des voies SNCF 35.000 m2 d’entrepôts ont été réalisés en préfabrication lourde entre 1946 et 1949 selon les procédés constructif de l’ingénieur Bernard Lafaille, spécialiste des voiles béton minces (utilisé aussi en 1954 pour l’église ND de Royan avec G.Gillet). Ces entrepôts sont éclairés naturellement par un système de lanterneaux transversaux orientés Est-Ouest avec un minimum de points d’appuis au sol. En 1947 l’ensemble de ces 3 grandes nefs en faisait la plus grande halle de la SNCF ( 324m de long x 108 m de large). Aujourd’hui l’interface de ces immenses halles se fait avec les plate-formes de logistique autour de Paris

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En remontant la rue Delizy vers le canal l’ancien économat de l’armée (G.Hennequin Arch. 1949), architecture officielle et symétrie .

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En enjambant le pont Delizy au dessus du canal: à droite bâtiment de la rénovation urbaine (D.Honneger Arch.1961-1965) du 10 rue Lakanal, au fond le site des entrepôts.

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Les entrepôts de la Chambre de Commerce et d’Industrie de Paris ont été construits en 1929 après l’élargissement du canal. Destinés à recevoir les grains et la farine ils étaient raccordés aux gares de Pantin et de Noisy le Sec. Cette structure en béton sur 6 niveaux et d’une surface de 41.000 m² longe le canal sur 135m. Le bâtiment adossé auparavant à une gare routière construite en 1950 possède des coursives extérieures en porte-à faux par rapport à la façade.

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Cet entrepôt a été transformé pour recevoir l’agence de publicité BETC Euro RSCG ( Jung Architectures 2016). La reconversion de ce site est ainsi en parfaite continuité avec les autres évolution de l’architecture industrielle depuis le parc de la Villette et les Grands Moulins de Pantin.

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L’ancien chemin de halage a été aménagé pour recevoir les promeneurs à pieds en vélos ou en rollers, balade qui pour les plus endurants leur permettra de rejoindre Claye-Souilly.

Le long du canal le bâtiment du Centre National de la Fonction Publique Territoriale présente une image démonstrative qui manque de simplicité. On remonte ensuite le mail Charles De Gaulle vers l’église de Pantin.

Après être revenu à proximité de l’église de Pantin, on découvre le long de la RN3 en revenant vers la Porte de Pantin « l’ Unité Résidentielle » ( D.Honegger Arch.1955-1970) le signal de la rénovation du quartier initiée en 1950 par le Ministère de la Reconstruction. Cette opération expérimentale a permis de tester des techniques de préfabrication lourde, elle prévoyait 2000 logements de part et d’autre de la RN3 (rendue souterraine en partie) : centre commercial, salle communale et nouvelle église: un plan masse de barres parallèles autour d’une esplanade publique dans le droit fil de la Charte d’Athènes. Seule la première tranche de 800 logements de cette composition urbaine sera réalisée en raison du coût des acquisitions foncières, aggravant un peu plus le chaos urbain autour de l’église..

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An n° 99 avenue J Lolive la résidence V.Hugo de 280 logements s’organise en profondeur de l’ilot. Le seul bâtiment construit le long de l’avenue est le plus haut et forme un signal, rejetant l’enduit et la couleur des bétons la façade est d’une modernité classique en pierre de parement rehaussée ponctuellement de marbre (F. Pouillon Arch.1955-1957).

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Face à cet ensemble et en prolongation de l’espace vert: le parc Stalingrad ou dès 1959 un projet de centre culturel a été imaginé, incluant bibliothèque municipale et école municipale de musique.

La bibliothèque Elsa Triolet (A.U.A /J.Kalisz et J.Perrottet Arch. 1972): la structure mixte acier et béton est renforcée par une mise en scène de la structure métallique (ce qui pose des problèmes de ponts thermiques). Cinq modules de base forment un plan en H sur 2 niveaux. L’AUA a participé, notamment avec cette bibliothèque, aux premiers signes du renouveau architectural français des années 70.

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Plus loin un ensemble de collages hétéroclites laisse stupéfait par tant d’acharnement…

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Rassurons-nous néanmoins, Pantin est bien un nouveau vivier de projets et constitue un nouveau pôle d’attraction de l’Est du Grand Paris et ce n’est pas pur hasard si les  Designer’s Days 2013 y ont fait une incursion en vue de développements ultérieurs.

Les Ateliers HERMÈS, ici 12-16 rue Auger (C.Voyatzis et P.Siegrist Arch.1992), constituent un exemple des nouvelles implantations en cours.

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Cette première implantation avec des façades en produits verriers s’est développée dans dans un second temps à l’intérieur de îlot formé entre les rues Auger et Hoche. La création de « la cité des métiers HERMÈS » ( ateliers, bureaux, crèche, salle de sports, réserves muséographiques, restaurant d’entreprise, expositions et parkings) a été réalisée sur une parcelle de 16.000 m² , avec la brique comme matériau dominant. Une communauté de 1200 personnes travaillent sur des métiers variés dont le laboratoire créatif autour de 5 jardins en cœur d’îlots.(Rena Dumas Architecture Intérieure Architectes et L Benech paysagiste).

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Face au bâtiment de briques texturées de la Cité des Métiers HERMÈS, à l’emplacement de la future place du marché un ensemble d’habitations (2/3/4 Arch.2013). La diversité des matériaux des batiments qui se font face n’aident pas à la cohérence de l’ensemble de la ZAC du centre-ville ou les volumétries s’entrecroisent.

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Cette balade se termine Porte de Pantin au n°3 de l’avenue Jean Lolive en duplex et (P.Chemetov, Ch.Devillers, V. Fabre et J. Perrotet Arch.1981). Un immeuble emblématique de 300 logements en duplex et triplex, à l’échelle de l’entrée de Pantin. Un alignement de type « parisien » face au périphérique, utilisant le matériau de référence de la ceinture HBM de Paris, et gommant par sa monumentalité revendiquée une tour de bureaux voisine sans personnalité.

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Toutefois des essais de bardages laqués en façade aboutissant à dissimuler la brique laissent malheureusement présager des modifications d’aspect à venir.

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Paris, balade architecturale le long du bassin de la Villette.

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C’est en 1785 que Claude Nicolas Ledoux s’est vu confier la réalisation d’une cinquantaine de bureaux aux entrées dans Paris pour percevoir les droits sur les marchandises y entrant. Ces bâtiments pour l’enceinte des fermiers généraux sont à la fois d’une grande unité stylistique mais aussi d’une grande variété formelle. Quatre barrières n’ont pas été démolies en 1860: celles d’ Enfert, du Trône, et les rotondes d’Orléans et de la Villette.

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La Rotonde de La Villette (nommée aussi Rotonde Saint-Martin) est implantée à la bissectrice des anciennes routes de Flandre et d’Allemagne. Inspirée de la villa Rotonda de Palladio, elle est basée sur une géométrisation audacieuse des volumes: la rotonde centrale comprend une cour entourée d’arcades vénitiennes posées sur un socle carré, quatre portiques identiques avec frontons et colonnes angulaires encadraient les entrées.

Ledoux a été un architecte visionnaire ardent défenseur du néo-classicisme en réaction au style rococo. Il a défendu dès 1770 la ré-interprétation de l’ architecture de l’antique au service de l’idéal de progrès diffusé par la philosophie des Lumières. Pour ces bureaux de l’enceinte des fermiers généraux Ledoux voulait offrir  » pour le plus petit objet ce dont le plus grand est susceptible » et pour ces octrois parisiens  » des bureaux de commis deviennent des Propylées magnifiques ». 

Plus tard en 1802 et pour résoudre le problème de l’approvisionnement en eau de Paris Napoléon ordonna par décret la création d’un canal de dérivation de l’Ourcq sur 96km jusqu’à un bassin près de La Villette rendu navigable. Le premier bassin de La Villette terminé en 1808 formait alors un réservoir à partir duquel les eaux approvisionnèrent Paris par un système d’aqueduc. Les travaux se termineront en 1821 et permettront alors l’établissement d’une nouvelle voie d’approvisionnement de marchandises vers Paris. Le bassin de La Villette est devenu ainsi l’interface entre les canaux de l’Ourcq et le canal Saint-Martin.

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Le bassin de La Villette, dans ce secteur entre les gares du Nord et de l’Est, a longtemps concentré une part très importante de l’activité de production à Paris au XIXé siècle grâce à ses connections avec les moyens de transports fluviaux. Pour accompagner l’important développement industriel la croissance des usines et des ateliers s’est prolongée ensuite vers le centre de Paris le long du canal Saint-Martin (ouvert à la navigation en 1825). Ainsi s’est constitué progressivement entre le bassin de La Villette et le bassin de l’Arsenal près de la Bastille l’axe du premier quartier industriel de Paris. Pour palier aux nuisances et aux pollutions industrielles de plus en plus prégnantes la croissance suivante s’est développée vers le Nord  le long du canal de l’Ourcq en direction de Pantin et Aubervilliers ou des terrains de plus grandes superficies étaient disponibles et reliés aux voies ferrées.

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Aujourd’hui les berges de La Villette se sont transformées en un lieu apprécié pour ses  promenades paisibles. La batellerie marchande de ce qui a été le premier port fluvial de France a été remplacée par la navigation de plaisance, le bassin sert toute l’année de point de départ de croisières fluviales et de lieu pour la pratique de l’aviron.

Les 2 anciens hangars en charpente métallique qui restent de part et d’autre du bassin ont été construits en 1880 avec les charpentes de la galerie de l’Exposition Universelle de 1878 (initialement ils faisaient partie d’un ensemble de 12 bâtiments implantés de part et d’autre du bassin). Ils abritent le cinéma « 14 Juillet sur Seine ».

Le quai de La Seine, mieux ensoleillé que le quai de La Loire, accueille les pécheurs à la ligne et une extension de « Paris plage » occupe durant l’été une partie du quai avec divers restaurants de plein air.

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Au 16-18 quai de La Loire ( Ph. Gazeau Arch.1993-1999), un immeuble de bureaux dont la façade propose une forme singulière tout en respectant habilement les contraintes réglementaires

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24 quai de Seine (à l’ angle avec la rue de Soissons) immeuble de bureaux pour le siège social des chaussures André ( S.Fiszer Arch.1990).

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A coté du foyer pour personnes âgées du 41 quai de Seine (M.Duplay Arch.1985) un bâtiment sur une parcelle étroite.P1180606

Îlot du 49-55 quai de Seine et 8-14 passage de Flandre: 18 ateliers d’artistes, 59 logements sociaux et 49 studios pour personnes âgées (Y.Lion Arch.1987-1990), une fragmentation des volumes plus ou moins liée aux limites de l’ancien cadastre au lieu d’une façade à expression unique.

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La base nautique et les péniches-spectacles remplacent les constructeurs de bateaux à vapeur de la fin du XIXe.

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64 quai de Loire (E.Girard Arch. 1982), et sa façade plissée coté rue Euryale Dehaynin     pour permettre des échappées visuelles vers le bassin de La Villette de cet ensemble ( 111 logements) qui s’organise avec deux bâtiments en équerre autour d’un jardin intérieur.

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Le bassin de La Villette se rétréci au Nord contre les entrepôts du pont de Crimée. En 1884 deux entrepôts ont été construits pour le grain et le sucre à la suite de ceux qui avaient été construits en 1845 puis incendiés durant la Commune de Paris. La destruction de celui situé le long du quai de La Seine à la suite de l’incendie en 1990 aboutit, pour maintenir une symétrie avec l’entrepôt le long du quai de Loire, à la construction d’un nouveau bâtiment « emballé » dans une résille qui respecte la volumétrie initiale: hôtel, restaurant et auberge de jeunesse (Chaix & Morel Arch.2008).

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Au 41 bis quai de Loire « la Résidence de Loire » est l’une des deux résidences universitaires « hors les murs » de la Cité Internationale du boulevard Jourdan.

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Derrière ces deux bâtiments le pont levant de la rue de Crimée à l’extrémité du canal de l’Ourcq a été construit en 1885 (Emile Vignier ingénieur) assure la communication entre les deux bassins (800 m x 70 m et 730 m x 30 m).

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Le bassin de La Villette est ainsi devenu un point majeur de dépôts de matériaux pondéreux, ou s’est concentré 10% de la force motrice de Paris et plus de la moitié des raffineries de sucre à proximité des quais de déchargements qui alimentèrent l’industrie agroalimentaire des chocolatiers et des épiciers industriels. Une gravure de 1899 représente la boulangerie industrielle Schweitzer ( rue d’Allemagne devenue rue Jean Jaurès), au loin à droite les 2 entrepôts du pont de Crimée.

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A l’angle avec le quai de l’Oise et le 49-53 rue de l’Ourcq un ensemble HBM de 1923 face au pont de l’Ourcq qui abrite le Conservatoire Libre du Cinéma Français.

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Le bassin et les quais sont ensuite enjambés par le pont métallique de la rue de l’Ourcq.

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( gravure de J-B Sécheret)

Les gares de l’Est et du Nord ainsi qu’un réseau secondaire de voies ferrées irriguent tout le N-E de Paris, reliant entrepôts et usines. En 1851 le raccordement des 2 gares de marchandises est la première étape de réalisation du chemin de fer de ceinture parisien, ici le pont métallique de la « Petite Ceinture » .

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L’ancienne ligne de chemin de fer de la  » Petite Ceinture » fait partie du paysage parisien. Construite entre 1852 et 1869 et fermée au trafic voyageurs depuis 1934 elle ceinture Paris sur 32km. Sa réouverture est savamment bloquée par des associations de riverains-lobbyistes que sa réouverture gênerait, même si celle-ci décongestionnerait le trafic parisien. Actuellement cette friche aérienne ou enterrée est interdite d’accès sauf sur quelques très rares portions dans les XVé et le XVIé arrondissements. Ce havre de biodiversité en milieu urbain peut réjouir les écologistes. La reconversion de certaines gares en restaurants ou salles de concert se développe tant à l’Ouest qu’au Nord-Est.

 

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A coté des abattoirs de La Villette(1867) s’ajoutèrent le dépotoir et les dépôts de combustibles, une usine à gaz et une usine de goudrons (1873). C’est ainsi que La Villette était devenu fin XIXe début XXe le principal point noir industriel de Paris dans un choc brutal avec les zones d’habitations voisines.

On arrive ensuite au rond point des canaux. C’est ici le lieu de convergence du bassin de La Villette, du canal de l’Ourcq (qui amène l’eau de l’Ourcq sur plus de 100 km), et du canal Saint-Denis (qui rejoint la Seine à Saint-Denis via l’écluse de La Villette).

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En poursuivant le canal de l’Ourcq: les « folies » déconstructivistes (B.Tschumi Arch.1983-1991) ponctuent les lignes et les surfaces du parc de la Villette.

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La cité des Sciences et de l’Industrie (A.Fainsilber Arch.1986), avec au premier plan la Géode, au delà les 3 serres extérieures conçues par Peter Rice, le sous-marin Argonaute, et une « folie » de B.Tschumi.

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La balade continue ensuite en longeant l’Ourcq au delà des anciens Grands Moulins vers Pantin en longeant l’ancien chemin de halage aménagé pour les randonneurs, les cycloutouristes ou les rollers vers Bobigny, Claye-Souilly, Meaux et La Ferté-Millon.

Paris, balade architecturale autour du quartier de la Mouzaïa et des Buttes Chaumont.

Cette balade débute dans la Sente des Dorées face à l’ancienne Halle aux bœufs des abattoirs de la Villette (J.de Mérindol Arch. 1867), devenue un lieu culturel depuis sa réhabilitation.

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Au n°20 le lycée d’Alembert (P. Tabon & P. Abraham Arch.1936-1937). Le plan est conforme aux principes développés entre les deux guerres: classes orientées vers l’Est et couloirs de circulations à l’Ouest coté rue. Une « classe de plein air » est implantée en terrasse. La monumentalité du bâtiment public est affirmée par des volumes simples: symétrie des entrées et des avant-corps concaves devant les cages d’escaliers.

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Face au lycée l’hôpital Jean Jaurès / centre de traumatologie (A-W. Cargill et F. Leroy Arch.1972): façades épurées mettant en évidence les cellules d’hébergement , béton brut et traitement brutaliste des pignons et du dernier étage.

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A l’angle de la rue Petit et de la Sente des Dorées sur la place du Général Cochet: un péristyle cintré protège le square du trafic assez dense dans ce secteur proche du boulevard des Maréchaux.

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On remonte ensuite la rue Manin en direction des Buttes Chaumont.  A l’angle avec la rue d’Alsace-Lorraine une école publique construite vers 1900 (P-L. Nessi Arch.) dont la composition de briques et de métal est caractéristique de l’architecture industrielle de la fin du XIXe.

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Ce quartier faisait partie de la commune de Belleville annexée à Paris en 1860, il est implanté sur le versant de la colline ( la butte de Beauregard) nommée ainsi en raison de points de vues réputés. Occupé depuis le Moyen-Age jusqu’en 1872 par des carrières de gypse de 1000 m de profondeur. Il donnait un plâtre d’excellente qualité et aurait été exporté jusqu’en Amérique pour y édifier la Maison Blanche, de là il tire son nom de quartier « d’Amérique ».

Rue de la Solidarité: ensemble HBM (P. Pelletier et A. Teisseire Arch. 1914-1925), le plan masse entre les rues de la Solidarité et Gaston Pinot a dû composer prioritairement avec le relief et la fragilité du sous-sol au dessus des carrières: immeubles à redents autour de cours intérieures plantées s’ouvrant sur la rue par de larges porches.

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Rue G. Pinot: ensemble de logements sociaux et ateliers d’artistes (A. Arfvidson, J. Bassompierre et P. de Rutté Arch.1923-1926), le plan masse entre les rues G. Pinot et de la Prévoyance est organisé là aussi autour de grands espaces libres intérieurs en raison de l’instabilité du terrain, l’entrée principale se fait via le porche monumental.

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La rue d’Alsace-Lorraine aboutit place Rhin et Danube .                                                   Le lycée D Diderot donnant sur la place a été construit sur le terrain de l’ancien hôpital Hérold. La station de métro Rhin et Danube est fondée sur des piliers de plus de 30 m de hauteur dans une ancienne carrière de gypse.

Dès le Second Empire à l’achèvement du programme haussmannien de construction l’État et Paris s’abstinrent de nouveaux programmes et la spéculation privée reprit sa place dans le processus de production des tissus urbains. L’urbanisation de ce quartier a débutée vers 1870 par un projet de marché aux chevaux et au foin, il fut abandonné en raison d’un fiasco financier dans lequel la ville était impliquée. Le quartier conserve de ce projet le tracé des rues datant de 1875 puis complété en 1889.

L’urbanisation a été ensuite relancée par deux créanciers de la société liquidée qui ont confié leurs terrains à l’architecte P-C Fouquiau. Celui-ci les achète dès 1888 et les subdivise ensuite pour les revendre nus ou construits selon le cahier des charges défini par la ville en 1889. A partir de 1899 Fouquiau profitera de la loi Siegfried instituant les HBM (Habitations à Bon Marché) pour créer une société immobilière qui bénéficiera de prêts immobiliers publics pour la constructions de « logements ouvriers ». Paul Fouquiau architecte et promoteur a ainsi réalisé d’autres lotissements à Paris: rues de Panama, de Suez, Eugène Sue, et la villa Olivier Métra pour lesquels il s’est associé avec des banques et des entrepreneurs.

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Sur la place un immeuble de 1925 surélevé de cinq niveaux en 1933 comporte un traitement « Art Déco » au niveau de la toiture. Au n° 46 rue du Général Brunet le « Hameau du Danube » est composé de 28 maisons individuelles ( E. Gonnot et G. Albenque Arch.1923-1924). Ces deux architectes ont très souvent travaillé pour l’office HBM de Paris. Les habitations sont implantées de part et d’autre d’une voie de desserte en Y, elles sont construites en briques masquées désormais par des enduits et traitées dans un esprit « pittoresque » un peu suranné.

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Le motif architectural du balcon d’angle en demi-cercle est repris plusieurs fois dans le lotissement.

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Après avoir emprunté la Villa Amalia on aboutit Rue de la Liberté: au n°29 la seule habitation du quartier dont la terrasse est un élément de composition et surtout un espace de vie face au panorama (R. Fisher Arch.1930). Ici le purisme est revisité si on le compare à l’hôtel particulier Kielberg de la rue Georges Braque réalisé par le même architecte en 1929 ( voir la balade architecturale autour des villas privées du Parc Montsouris).

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On revient vers la Villa Marceau que l’on traverse vers la rue du Général Brunet. Ces voies piétonnes dénommées ici « villas » forment un parcours dans lequel on peut déambuler au hasard des espaces entraperçus ou des centres d’intérêts. Un charme assez désuet se dégage de cet ensemble formé par environ 250 maisons avec des jardinets entourés de clôtures végétalisées pour protéger l’intimité .

Les maisons situées en bordure de la rue Mouzaïa sont sensiblement plus grandes que celles situées au centre des « villas » et révèlent par quelques détails une gentrification très avancée du quartier d’où les « classes populaires » ont progressivement disparues depuis une vingtaine d’années en raison de l’augmentation des prix immobiliers.

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Villa Cronstadt ( défense de Belleville 1814). La bataille de Belleville qui a opposée l’armée française aux forces alliées contre Napoléon a donné les noms des généraux et des officiers organisateurs de la défense de ces collines ( Ordener, Pelleport, Rébeval, Secrétan, Curial) à différentes rues du quartier ou de l’arrondissement.

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A l’extrémité de la rue du Général Brunet on remonte à gauche la rue de Mouzaïa, c’est la principale artère du quartier nommée en souvenir de la prise en 1840 d’un col d’Algérie par le Duc d’Aumale. On longe au n°9 l’église St François d’Assise (P. et A. Courcoux Arch.1914-1926).

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A l’angle avec la rue des Mignottes: un ensemble HBM des années 1930.

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Au n°18bis rue de Mouzaïa une villa années 30 remaniée.

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La villa d’Alsace est la première en remontant la rue Mouzaïa, elle présente des variétés dans le bâti à la suite de différentes extensions .

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Villa Eugène Leblanc:

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Villa Emile Loubet:

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Villa de Bellevue, les 30 « maisons ouvrières » conçues par P. Fouquiau ont été développées selon 4 plans types. Les façades sont en briques. A l’avant une courette, au rez de chaussée une porte d’entrée et une fenêtre, à l’étage une ou deux fenêtres, la toiture est à 2 pentes. Les parcelles de terrains sont très petites et à l’arrière l’espace avec la maison  donnant dans la villa voisine est étroit et a été généralement recouvert par un apenti. Les plantations dans le jardinet le long du passage sont donc essentielles pour éviter les vis à vis rapprochés. En haut du passage piétonnier le secteur de rénovation lourde du secteur de la Place des Fêtes se profile.

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Angle Villa des Lilas / Mouzaïa:

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Angle Villa de la Renaissance / Mouzaïa :

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Angle Villa Sadi Carnot  / Mouzaïa:

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Les propriétaires ont réalisé quelques aménagements pour s’approprier les lieux, de fait ils modifient un peu l’homogénéité initiale.

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Villa Félix Faure

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Plus loin sur la gauche avant le 59 de la rue de la Mouzaïa (un des trop rare commerce du quartier: le restaurant-concerts associatif  » Les petits joueurs« ), on descends dans la rue de l’Égalité .

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Les rues Égalité, Liberté et Fraternité on été percées en 1889 lors du centenaire de la Révolution pour exalter les valeurs républicaines. Dans la rue de l’Égalité les parcelles de terrains sont sensiblement plus grandes. Le bâti offre un aspect très composite: grande variété de volumétries et de matériaux.

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La butte de Beauregard autrefois nommée en raison des points de vues permet encore aujourd’hui un panorama bien que restreint sur la ville ( ici les tours de la rue de Flandre).

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Villa Alexandre Ribot ( ouverte en 1923). L’utilisation de la meulière est assez fréquent sur ce secteur de carrières.

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Plus bas à l’angle avec la rue de la Fraternité on aperçoit la villa de R. Fisher et sa toiture terrasse avec pergola, l’Art Déco côtoyant ici un pastiche « normand ».

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On revient ensuite vers la haut de la rue de Mouzaïa pour se diriger à gauche en direction du Pré-Saint-Gervais.

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Rue des Lilas: une vision inhabituelle du boulevard des Maréchaux qu’on peut traverser pour rejoindre ensuite le square de la Butte du Chapeau Rouge. La Butte fut le théâtre de plusieurs manifestations pacifistes notamment avec J. Jaurès avant 1914.

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Au n° 43 de la rue des Lilas, dans ce qui était au XVIIIe une construction à la campagne proche de Paris,  « Le manoir de Beauregard » offre des chambres d’hôtes aménagées pour touristes à la recherche d’un Paris moins convenu.

 

Au n°58-66 de la rue Mouzaïa, la Direction des Affaires Sanitaires et Sociales de Paris (1971-1974), un bâtiment assez méconnu de Claude Parent (peut être parce que co-signé avec André Rémondet), la paternité du projet est néanmoins évidente.

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A proximité de la station de métro « Pré-Saint-Gervais », au n°50 boulevard Serrurier, sur 3 niveaux  et sur 6 niveaux face au boulevard d’Algérie, un ensemble d’HBM (M. Houdin Arch.1932) avec ses bow-windows.

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Au delà des HBM un belvédère donne face à l’hôpital Robert Debré ( P. Riboulet Arch.1982-1988). Ce centre hospitalo-universitaire consacré à la mère et à l’enfant tire partie du dénivelé et de la configuration de la colline pour intégrer dans un arc de cercle les différentes fonctions. Il est isolé des nuisances du périphérique situé à l’arrière par des bâtiments-écrans dédiés aux laboratoires et aux bureaux.

L’église Ste Marie Médiatrice devenue N.D. de Fatima ( H.Vidal Arch. 1950-1954) a longtemps été isolée sur ce terrain des anciennes fortifications.

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On revient sur ses pas et, juste avant le bâtiment de Claude Parent, on monte la rue de l’inspecteur Alles. Plus loin, à l’angle avec la rue du Pré St Gervais, un ensemble de 250 logements HBM ( R. D. et L. Brandon Arch. 1922-1927) avec des succession de redents et une série de loggias, les bow-windows présentent un travail des façades dont l’ornementation associe brique vernissée, cabochons émaillés et éléments de grès de formats et de colorations variés.

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A l’approche de Belleville et de la place des Fêtes, il faut rappeler l’histoire de ce lieu considéré comme un  » bastion de la classe dangereuse » pendant la révolution de 1848 et durant la Commune en 1871. La topographie de cette colline abandonnée aux classes les plus pauvres joua un rôle stratégique dans les derniers combats entre les insurgés et les versaillais (comme pour la Butte aux Cailles).

On suit la rue du Pré-St-Gervais jusqu’à la rue des Lilas qu’on emprunte pour tourner à gauche rue de Bellevue ( nommée ainsi depuis 1812).

Cette rue est bordée à droite par les différentes villas qui remontent de la rue de Mouzaïa, et à gauche par le secteur de la rénovation lourde de la place des Fêtes. Ce « triomphe d’urbanisme quantitatif » (J.Dubuisson, Delb, Degirmencian Arch.1970-1975)  tire sa justification de la crise du logement et de la décision de remplacer les maisons basses des anciens faubourgs, particulièrement dans le secteur Nord-Est de Paris » ou l’habitation est très souvent mal implantée et la vie urbaine mal organisée ». Il aura fallu quelques décennies après l’implantation des tours de 26 étages autour de la place des Fêtes pour admettre enfin que le secteur avait besoin d’être requalifié. Bernard Huet,  » l’architecte de parachèvement » de la rotonde de la place Stalingrad,  après avoir composé avec les demandes du Maire, des habitants, des commerçants et de diverses associations, « recoudra » ponctuellement les morceaux de cet espace urbain. L’opération a été limitée à l’environnement immédiat de la place des Fêtes, mais en périphérie l’effet « tectonique des plaques » demeure. On réalise alors qu’une ville n’est pas qu’une série de monuments ou de constructions posées de façon fonctionnelle, mais surtout une organisation complexe entre bâtiments, espaces et population.

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La rue de Bellevue, bien nommée à la fin XIXe, permettait d’embrasser le panorama de l’Est parisien. A cet emplacement six moulins étaient implantés. La rue se prolonge ensuite rue Compans ( Comte Dominique de Compans, général de division, défenseur de Belleville en 1814). A l’angle avec le haut de la rue des Mignottes d’autres maisons individuelles plus récentes.

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On retrouve ensuite la rue du Général Brunet et sur la gauche on arrive au parc des Buttes Chaumont ( coté Métro Botzaris) ou le tissu urbain change totalement en périphérie du parc.

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Le parc des Buttes Chaumont occupe lui aussi l’emplacement d’une ancienne carrière de gypse exploitée de la Révolution jusqu’en 1860. Acquis par l’État en 1863, Napoléon III décide d’y créer le grand parc de l’Est parisien.

Marville, le photographe officiel de la ville de Paris, nous révèle la topographie antérieure des lieux en 1865 affectés aux établissements d’équarrissage et de vidanges.

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J-Ch Alphand nommé en 1853 par Haussmann ingénieur en chef au « Service des Promenades » en est le Maître d’œuvre assisté de l’architecte Davioud et de l’ingénieur Belgrand. Après 3 ans de travaux les anciennes carrières et décharges à ciel ouvert sont transformées en « campagne urbaine ». Une machine hydraulique monte l’eau du canal de l’Ourq au sommet de la future cascade. Le parc est inauguré en 1867 au même moment que l’Exposition Universelle du Champs de Mars. Alphand réalisera à Paris de 1853 à 1889 les jardins de l’avenue de l’Observatoire, des Champs Elysées, du parc Montsouris, des bois de Vincennes et de Boulogne,et du Trocadéro.

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Lac artificiel, Iles, ponts, grottes, fabriques, bosquets à thèmes, cascade alimentée par l’eau du canal de l’Ourq sont mis en scène dans des paysages pittoresques évocateurs de l’Italie ou des Alpes. Le parc des Buttes Chaumont, avec le parc Montsouris au Sud, sont les références de l’époque haussmannienne marquée par la mode du jardin paysager.

Une passerelle suspendue à 65m de haut permet d’accéder au temple de la Sybille, réplique du temple de Tivoli à Rome.

De là, on peut découvrir un large panorama de l’Est parisien.

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Du haut du belvédère, vue vers le Nord et dans l’axe de l’avenue de Laumière à l’angle avec la Mairie du XIXe, les 4 tours de l’avenue de Flandre ( M. Schulz Van Treeck Arch. 1970-1978) situées au delà du bassin de la Villette .

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Vers Montmartre et la basilique du Sacré-Cœur.

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