Paris, Fondation Louis Vuitton pour l’art contemporain.

La Fondation Louis Vuitton est une spectaculaire « folie » réalisé par Frank Gehry (assisté pour la réalisation par Studios Architecture). Le bâtiment est exceptionnel par de multiples aspects tant il place haut la compétition internationale en associant à de rares mécènes pour lesquels « le rêve n’a pas de prix » des architectes stars.

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La Fondation est située à l’orée du bois de Boulogne en limite du Jardin d’ Acclimatation. Dans ce parc crée sous Napoléon III, un « Palais d’Hiver » avait été construit en 1851 puis reconstruit avec plus d’importance en 1890. Cette lointaine référence aux verrières revisitée par F Gehry, comportait sur 8.000 m² des serres, une galerie, un palmarium, des salles de conférences et des volières.

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Le « vaisseau » de verre se déploie coté Nord face à la clairière du Jardin d’Acclimatation.

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Les contraintes réglementaires liées à ce lieu particulier imposaient un étage unique mais sans limite de hauteur. Le jeu complexe des volumes, étudié d’abord sous forme de maquettes, s’est affranchi avec beaucoup d’habileté de cette contrainte. Le rez de chaussée a été dédoublé par la création d’un patio en rez de jardin avec un large escalier d’eau face à la cage de scène de l’auditorium.

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Les maquettes d’études du projet, exposées temporairement dans la Fondation, permettent de suivre la progression des études architecturales.

La phase d’étude suivante a utilisé la maquette numérique BIM (Building Information Modeling).

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En terme de performance technique la barre a aussi été placée très haute. Les études de conception des formes géométriques exceptionnelles tant pour les surfaces de « l’iceberg » que pour les 12 voiles courbes, nécessitent quelques développements complémentaires.

Une suite de modélisations décompose les différentes strates du bâtiment. La première met en évidence « l’iceberg » haut de 26 m.

Cette coque étanche enveloppe hermétiquement les espaces muséographiques et détermine les différentes facettes du bâtiment.

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La superstructure de « l’iceberg » est constituée d’une coque en acier à laquelle s’ajoutent des poutres tridimensionnelles pour soutenir les différents niveaux. L’ensemble est organisé en 3 blocs et consolidé par des bielles.

L’intérieur de l’escalier secondaire permet d’admirer la puissance dans les assemblages des coques d’acier et leurs nervures intérieures.

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Les surfaces plus ou moins gauches ont été revêtues d’une isolation recouverte d’une membrane d’étanchéité testée lors de la construction puis de panneaux en aluminium.

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La deuxième modélisation met en évidence la multiplicité des facettes de l’habillage extérieur composé de plaques de Ductal (béton fibré ultra-performant du cimentier  Lafarge). Elles sont toutes uniques (18.000) produites industriellement et façonnées sur mesure.

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Ce projet est aussi une expérience unique de coordination dans l’exécution du chantier.

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Il faut insister sur la parfaite exécution de ces plaques en Ductal et plus particulièrement à l’intersection des formes gauches, comme d’ailleurs pour l’ensemble des détails traités avec soin tant au niveau des études que lors de l’exécution par VINCI.

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La troisième modélisation permet de mieux appéhender la verrière composée de 12 voiles de verre d’une surface de 13.500 m² qui comporte 3.600 panneaux tous uniques. Elle recouvre à la façon d’un parapluie l’ensemble du bâtiment et protège les espaces muséographiques des terrasses extérieures supérieures.

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Les circulations extérieures se développent en terrasses successives et participent pleinement à l’expérience de la visite. C’est un extraordinaire parcours à ciel ouvert qui est offert en déambulant à travers les différents niveaux sous l’enchevêtrement improbable des verrières. Cette découverte architecturale s’enrichit de multiples points de vues jusqu’alors inusités vers les collines de Meudon, La Défense et Paris.

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La charpente en bois et acier prend appui sur des poteaux inclinés tripodes, ancrés sur la structure et au travers de « l’iceberg ». Cette charpente est composée d’une résille en acier inox portant les panneaux de verre; la résille est supportée par des poutres en mélèze lamellé-collé.

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La charpente se développe dans l’espace selon des courbes et en vrille afin d’épouser la forme des voiles.

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Le hall d’accueil coté avenue du Mahatma Gandhi, à proximité la librairie.

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L’accès coté Jardin d’Acclimatation à proximité du restaurant LE FRANK.

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Circulation verticale desservant les salles d’expositions

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Au niveau -1, l’auditorium et sa cage de scène face au bassin à escalier (oeuvres d’Ellsworth Kelly).

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Toujours au niveau -1 mais en extérieur, l’installation monumentale « Inside The Horizon » d’Olafur Eliasson : kaléidoscope géant de 43 colonnes de formes triangulaires éclairées de l’intérieur.

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Le patio en rez de jardin avec le large escalier d’eau face à la cage de scène de l’auditorium.

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Le nouveau challenge de la fondation Louis Vuitton est maintenant de présenter des oeuvres au même niveau que cet exceptionnel contenant, le risque réel de la sélection étant de paraître mineure par rapport à cette réalisation .

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Paris, balade architecturale dans le quartier d’Auteuil,16e Sud.

Cette balade architecturale complète celle consacrée au quartier de Passy (« du Trocadéro jusqu’au Pont Mirabeau  » de Juin 2013).

De la même façon qu’à Chaillot et Passy le village d’Auteuil s’est couvert de constructions entre 1895 et 1914 à la place du tissu industriel. Ainsi le Sud du XVIe arrondissement comporte de très nombreuses œuvres d’Hector Guimard entre 1895 et 1910 évoluant entre rationalité constructive et pittoresque. Beaucoup plus tard le tissu urbain a été complété par les réalisations des années 60 issues de la promotion immobilière dont Jean Ginsberg, le moderniste, peut apparaitre comme le représentant le plus prospère si on s’en tient à sa dizaine de réalisations dans le quartier d’Auteuil.

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A proximité de l’église d’Auteuil l’immeuble à l’angle des rues d’Auteuil et Verderet avec ses bow-windows courbes est représentatif des années 30 de même que sa façade revêtue de carrelages en « opus incertum » (J.Bassompierre, P.de Rutté, P.Sirvin Arch.1933). Sur ce terrain exigu (80m2) la volumétrie développée grâce aux bow-windows permet avec le surplomb de développer de grands studios dans les étages supérieurs alors que le premier est réservé aux logements des domestiques. Cette volumétrie tout en courbes a été développée en 1930 par les mêmes architectes dans l’immeuble face au pont Mirabeau sur la rive gauche.

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Dans l’avenue Chardon Lagache après avoir longé l’hôpital Sainte Périne, on découvre au n°41: l’hôtel particulier Jassedé (H. Guimard Arch.1893) tendance « éclectique ». En rendant le dessin des façades irrégulier pour se conformer aux préceptes de Viollet-le-Duc édictés vers 1860 :  » la symétrie est une de ces idées malheureuses auxquelles nous sacrifions, dans nos habitations, notre bien-être quelquefois, le bon-sens et beaucoup d’argent toujours ». Ce bâtiment utilisant une large palette de textures et de matériaux est le premier important construit par Guimard à Paris y compris le mobilier réalisant ainsi une œuvre d’art total.

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Au croisement avec la rue Jouvenet, un immeuble d’habitations des années 50: structure béton et profil en gradins des étages supérieurs selon le règlement provisoire de 1950 (la verticale du gabarit est égale à la largeur effective de la voie: H=L, tandis que l’oblique peut s’élever jusqu’au plafond dont la hauteur est fixée par le plan d’aménagement de l’îlot). La rue du Ranelagh est un des exemple le plus représentatif de ce dispositif réglementaire avec la multiplication de « cascades » successives.

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Ne pas manquer rue Molitor le n°1ter, l’hôtel particulier Delfau d’Hector Guimard 1894-1895.

Au n°40 rue Boileau (J .Richard Arch.1908). Cet hôtel particulier a été construit par un des pionniers du béton armé, il est à rapprocher du style d’Anatole de Baudot notamment à St Jean de Montmartre. L’ossature en béton, même si à cette époque elle est revêtue de carrelage protecteur, est mise en évidence en opposition au remplissage en briques, décorés ici par  des éléments en grès flammé. Cette construction a le mérite de capitaliser différents essais parfois hétéroclites qui expriment néanmoins les potentialités du nouveau matériau.

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L’excroissance sur le balcon du premier étage est plus tardive. Le bâtiment est occupé par le lycée algérien de la représentation diplomatique.

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Plus loin rue Boileau l’ambassade du Viet-Nam et ses logements de fonction, un catalogue de détails assez « décalés » mais bien représentatif des architectures importées.

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Rue Michel-Ange, au n° 2bis: la station électrique d’Auteuil (P.Friesé Arch.1912), destinée à l’alimentation du métro, affiche un vocabulaire industriel par opposition à celles qui étaient destinées à l’alimentation des habitations traitées de façon plus « traditionnelle ».

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Au 138 boulevard Exelmans (P.Guadet Arch.1930). Cet immeuble d’habitations met en valeur l’ossature en béton avec des remplissages en briques. L’ornementation n’est pas encore totalement abandonnée mais limitée à la ferronnerie des garde-corps.

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91 boulevard Exelmans (J.Ginsberg & A.Ilinsky Arch.1964-1967), nous reviendrons plus loin sur ce bâtiment dont le terrain va jusqu’au boulevard Murat.

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61-63 rue Erlanger (P.Vago Arch.1957). Cet immeuble d’habitations combine un nombre assez variés de type d’appartements y compris des duplex se traduisant dans l’animation de la façade par un jeu d’alternance entre loggias et  bow-windows.

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Perpendiculaire au boulevard Exelmans, la rue du général Delestraint comporte à l’angle avec la rue de Varize un ensemble immobilier des années 30 qui se développe sur une grande longueur avec des saillies de loggias et bow-windows.

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Hôpital de la Croix Rouge Française 95 rue Michel Ange (Ed Arch. 1985)

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Porte de Saint-Cloud au n°101 du boulevard Murat ( H.Favier Arch.1919). Les deux façades de cet immeuble d’angle expriment ses différentes fonctions, à la fois accueil et espace d’exposition au premier étage sur le boulevard et bureaux sur la rue du général Delestraint. Pas de « décoration » superflue pour E.Brandt le Maitre d’Ouvrage qui a été à l’origine du renouveau du fer forgé en France, les façades sont en briques.

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95 boulevard Murat, l’hôtel particulier Guadet (P.Guadet Arch.1912), ce petit immeuble a été construit pour recevoir en rez de chaussée l’agence de l’architecte. Au premier étage les chambres, au deuxième salons et salle à manger, la terrasse est accessible. Cet immeuble réalisé par un des pionniers du béton armé possède une ossature béton décorée de pastilles en grès émaillé à la façon d’Anatole de Baudot.

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A l’angle des rues Murat-Varize un très bel immeuble dans l’esprit des années 30 avec une rotonde assez proche de celle de B.Elkouken du 146 boulevard Montparnasse, signature de ces années novatrices.

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Plus loin un immeuble d’habitations et ateliers d’artistes.

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37-39 boulevard Murat et 91 boulevard Exelmans (J.Ginsberg, A.Ilinsky et M.Schultz van Treek Arch.1964-1967). Les façades sur le boulevard de cet ensemble immobilier  se développent aussi en cœur d’ilot, elles sont animées par des loggias dont la recherche sculpturale et cinétique est à rapprocher de celle de l’agence Anger Heymann et Puccinelli de la même époque. Le traitement du rez de chaussée permet la vision du jardin intérieur.

Si le balcon a été une marque de fabrique de l’immeuble haussmannien, avec les années 50 il est devenu un enjeu architectural. Avec les années 60 il devient le moyen le plus économique de créer une nouvelle esthétique et très souvent l’unique dispositif autour duquel est développé le projet.

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Lycée Jean-de-La-Fontaine, le long de la rue Meryon extension pour la création d’un centre de documentation (J.Lucan Arch.2002). Ossature métallique vitrée posée sur le bâtiment d’origine (G.Héraud Arch.1935-1938). Minimalisme et intégration.

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En poursuivant la balade à la limite avec Boulogne, confrontation entre le stade du Parc des Princes (R.Taillibert Arch.1967-1972) et le stade Jean Bouin après sa récente rénovation  (R.Ricciotti Arch.2011-2012). Le Parc des Prince implanté au dessus du boulevard périphérique est composé de 50 portiques en béton précontraint de hauteurs différentes lui donnant son caractère ondulant.

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Pour le stade Jean Bouin la rénovation imposait de passer le nombre de places couvertes de 5.000 à 20.000. Cet objectif a été atteint par la réalisation d’une nappe de 21.000 m2 en résille à double courbure utilisant une maille composée de 3.500 triangles autoportants en BFUP ( béton fibré à ultra-hautes performances) de 8 à 9 m de long et de 2,5 m de large.

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Face au stade Jean Bouin et à la limite de Paris et de Boulogne, la rue Nungesser et Coli et l’immeuble Molitor de Le Corbusier ( voir le parcours à Boulogne à proximité du Bois  consacrée aux années 30, Avril 2014).

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Au delà, le 14 avenue de la Porte Molitor et la piscine éponyme (L .Pollet Arch.1929) fermée en 1989 et récemment réouverte après travaux.

Après un retour Porte de Saint Cloud le parcours emprunte l’avenue de la Porte de Versailles. Au n°33 rue Claude Terrasse à l’angle avec la rue Charles Tellier, cet immeuble comporte trois appartements par étage, chacun pourvu d’un bow-window (D.& A.Thébaut Arch.1932)

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A l’extrémité de la rue Charles Tellier et à l’angle du boulevard Murat un autre immeuble des années 30 mérite une attention pour le travail des volumes.

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142 Avenue de Versailles, à l’angle avec la rue de Lancret, l’immeuble Jassedé   (H.Guimard Arch.1903-1905). Le traitement d’angle assez audacieux et habile exprime bien chez Guimard cette volonté de maîtriser chaque détail de ses constructions. La façade coté avenue est traitée en pierre alors que le retour sur la rue est entièrement en briques avec deux colonnes de bow-windows. Si l’ensemble est traité de façon assez compact, beaucoup de détails le sont avec une recherche du pittoresque. H Guimard a construit pour le même Maitre d’Ouvrage l’hôtel particulier Jassedé de la rue Chardon-Lagache en 1893.

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La remontée de la rue de Lancret aboutit au 17 rue Jouvenet. Le traitement d’angle de cet immeuble d’habitations permet par un retrait formant cour ouverte de dégager un peu de lumière sur cette parcelle mal orientée ( Jodart et A.Zaccagnino Arch.1934).

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Avenue de Versailles et sur un terrain donnant aussi coté Seine, l’immeuble « Panoramique » du 102-128 quai Louis Blériot (A.Aubert J.Baudriot et Y.Courcoux Arch.1952-1955). 300 logements majoritairement traversants donnant coté Seine face au parc André Citroën, coté avenue de Versailles le jardin initial est maintenant abandonné au profit de parkings aériens.

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La barre coté Seine est atténuée par la disposition des balcons, ou des loggias.

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La balade se poursuit jusqu’au 17-21 du quai Louis Blériot, avec l’hôtel particulier (C.Blanche Arch.1911), dans la tendance « pittoresque » et dont la façade coté Seine peut être mieux observée à partir de la pointe de l’Île aux Cygnes au pied de la statue de la Liberté.

 

Paris 16é, balade architecturale du Trocadéro jusqu’au pont Mirabeau.

Le regroupement des anciens villages de Passy et d’Auteuil avec des champs, des couvents et des châteaux est à l’origine du 16é arrondissement. Les grandes propriétés seigneuriales ont été découpées et loties comme le hameau Boileau qui reçoit des « cottages gothiques », puis peu à peu de plus grandes opérations d’urbanisme réalisées au rythme de la libération des terrains donnent au quartier sa trame actuelle. En 1860 le rattachement à Paris a lieu.

Le 16é va se couvrir de constructions entre 1895 et 1915. Des rues entières vont se construire chacune avec un ou deux architectes assurant de cette façon une unité architecturale, majoritairement dans le style post-haussmannien.

Le percement de grandes avenues permet alors à la grande bourgeoisie de se faire construire des hôtels particuliers. Toutefois jusqu’au début du 20é siècle les ateliers des artisans et des petites industries vont les côtoyer, le départ de ces activités polluantes à l’Ouest de la capitale permettra la réalisation d’opérations de construction .

Cette balade débute au Trocadéro pour suivre tout d’abord la crête de la colline de Chaillot.

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Une des réalisations majeures de ce quartier peu après avoir dépassé le Trocadéro se trouve au 25bis rue Franklin ( A.G. et C. Perret Arch.1903-1904). Cet immeuble novateur a fait lors de sa construction la démonstration des possibilités technique du béton, sur un terrain de faible profondeur et de petite surface (185 m²) qu’une cour intérieure aurait rendu difficile à valoriser. Or toutes les pièces d’habitation sont orientées sur la rue, et en façade arrière le remplissage de la cage d’escalier est réalisé par des briques de verre. Les murs porteurs ont été remplacés par des poteaux porteurs en béton armé permettant un plan d’étage libre. En façade les remplissages entre poteaux sont constitués par des panneaux en béton et l’ensemble est revêtu de carreaux de grès flammés à motifs floraux d’A. Bigot alors à la mode dans le style Art Nouveau.

C’est F. Hennebique qui lança l’utilisation du béton dans la construction parisienne, mais à l’origine les architectes n’ayant aucun retour d’expérience sur le vieillissement de ce nouveau matériau et par crainte que sa porosité à la pluie ne favorise l’oxydation des armatures l’ont protégé par des habillages « décoratifs ».

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La silhouette découpée de la façade du 25bis rue Franklin recherche l’ensoleillement maximum pour les pièces principales.

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Plus loin au n°17 rue Franklin à l’angle avec la rue Scheffer ( M. Hennequet Arch.1930). La façade de cet immeuble d’habitation est rythmée par l’alternance des poteaux et des bow-windows à 3 pans géométriques assez typique des années 1920-1930.

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Remontée vers l’angle avenue Paul Doumer et rue Scheffer, ( Anger et Puccinelli Arch.1960) la géométrie combinatoire participe à la création d’une dynamique urbaine et s’apparente d’une certaine façon à de l’art cinétique. En rez de chaussée , aménagement du hall réalisé par l’Oeuf centre d’études d’une grande fluidité.

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Au carrefour de la place de Costa-Rica descendre la rue de l’Alboni, elle surplombe le métro ligne 6 qui s’enfonce en souterrain vers Passy. C’est l’emplacement de la plus importante opération immobilière engagée avant l’Exposition Universelle de 1900 à Paris par la société Immobilière du Trocadéro et l’architecte Louis Dauvergne. Les immeubles s’accrochent sur la pente de la colline de Passy assez forte à cet emplacement. Les deux immeubles à tourelles qui donnent sur la quai de Seine de part et d’autre de la ligne 6 sont d’anciens hôtels construits pour l’exposition universelle de 1900 de Paris et transformés ensuite en immeubles d’habitations .

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On remonte ensuite vers la place de Costa-Rica pour prendre la rue Raynouard. Au n° 15-17 (M. Julien & L. Duhayon Arch.1932) immeubles d’habitations de luxe dont la vue des appartements s’ouvre largement coté Seine qu’elle domine. Ici les architectes ont aussi joué sur la dénivellation importante entre les rues Raynouard et Marcel Proust .

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La terrasse au delà du porche d’entrée coté rue Raynouard permet une vue panoramique coté Seine, elle profite de la dénivellation importante de la colline de Chaillot et correspond à  la toiture du bâtiment situé en contrebas rue Marcel Proust.

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n°21-25 rue Raynouard ( L. Nafilyan Arch.1933).

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L’escalier de la rue Raynouard permet de mesurer la déclivité de cette colline de Passy.

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Sur le site de Passy, et coté rue Marcel Proust l’ensemble le l’immeuble de la rue Raynouard apparaît au total comme un immeuble d’une quinzaine d’étages. En contrebas de la terrasse qui correspond au niveau de la rue Raynouard 110 chambres de service.

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A ce niveau coté Seine on entre dans le parc de Passy. Ce terrain appartenait au Ministère de l’Equipement et du Logement, avant de le quitter pour s’installer à La Défense un concours architecte-promoteur a été a été lancé en 1988 pour l’aménagement de ces  2,7 ha en vue de financer l’installation du ministère dans l’Arche. C’est toujours un délicat rôle que d’être le vendeur du terrain et l’initiateur du concours d’aménagement, et celui-ci a provoqué par un « malheureux concours de circonstances » polémiques et remous puisque Claude Parent, le candidat retenu par le jury, n’a pas été celui qui a réalisé l’opération !.

Le parc de Passy, en légère déclivité vers la Seine, est coupé des quais par trois immeubles plots qui le referment sur lui même. En résulte l’image d’un grand jardin intérieur ceint de bâtiments crée en 2004 sur une des dernières grandes parcelles de la capitale.

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On sort du parc de Passy vers la rue d’Ankara. Au premier plan l’extension de l’ambassade de Turquie ( H. Beauclair Arch.1972), et au second l’immeuble du 51-55 rue Raynouard ou se trouvait l’agence des frères Perret ( Arch 1929-1932), construit 30 ans après celui de la rue Franklin. Son ossature en béton apparent libéré de tout parement céramique « décoratif » contraste fortement avec les immeubles précédents qui dominent le parc de Passy.

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En remontant la rue d’Ankara vers la rue Raynouard une succession d’ immeubles 1930 dépouillés de toute ornementation.

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L’immeuble sur une parcelle triangulaire à l’angle de la rue Raynouard et de la rue Berton pour abriter l’agence et l’appartement d’A Perret aux 2 derniers étages.

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Le béton s’est défait de la céramique d’habillage, il s’affiche comme un nouveau matériau noble. Au niveau -1 par rapport à la rue Raynouard une utilisation de la façade rideau pour l’agence coté rue Berton, qui reste un dispositif rare chez Perret

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En continuant  la rue Raynouard vers la rue du Ranelagh on surplombe la maison de Balzac. Poursuivi pas ses créanciers Balzac loua cette maison en 1840 ( 5 pièces en rez de jardin ou il séjourna 7 ans, une seconde entrée lui permettait de fuir ses créanciers). Au second plan l’immeuble en terrasses du quai Kennedy ( A. Rémondet Arch. ).

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La Maison de la Radio (H. Bernard Arch.1955-1962), en cours de rénovation lourde par Architecture Studio.

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On emprunte ensuite à droite la rue du Ranelagh, la moitié de l’élévation des n° 34-36  de 10 étages est ici en gradins ( Y.Colmet-Daage Arch.1952-1957). Il faut rappeler qu’ à la suite de la modification de la réglementation de 1902 et de l’impérieux besoin de constructions nouvelles des années 50, le problème du gabarit a resurgit. Évolution démographique et renoncement à la ville basse ont aboutit au règlement de décembre 1950 révisé en juillet 1956 qui a permis de densifier les constructions tout en respectant l’ensoleillement, l’effet étant plus spectaculaire sur les voies de faible largeur .

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Donnant sur la rue du Ranelagh, la rue Vion-Whitcomb (n°5 :J. Ginsberg et F. Heep Arch. 1935), est une variation sur la façade de l’immeuble de Le Corbusier du 24 rue Nungesser et Coli. Ginsberg a opté pour un traitement en travertin là ou Le Corbusier a préféré le verre.

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En face de la rue Vion-Whitcomb: la rue des Chalets présente une toute autre vision de l’architecture urbaine, ainsi que la dernière partie de la rue du Ranelagh vers le boulevard de Beauséjour.

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La rue du Ranelagh aboutit sur le boulevard de Beauséjour qui suit le tracé de l’ancien chemin de fer d’Auteuil (de la station Passy-La Muette à la station Auteuil Boulogne, (ces stations sont maintenant transformées en restaurants).

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En revenant sur ses pas dans la rue du Ranelagh on emprunte la rue du docteur Blanche, riche d’autres réalisations architecturales , pour commencer (le n°5 P. Patout Arch.1928)

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Puis la rue Mallet Stevens, 1927. Une parcelle de terrain libre de 3800 m2 a fournit à Robert Mallet-Stevens l’opportunité de réaliser une suite d’ateliers-maisons de ville. Très associé au « style Art Déco » en raison de son œuvre graphique pour les décors de nombreux films, il crée ici une entité qui évite le système fermé des villas et hameaux voisins pour réaliser le seul manifeste « Art déco » parisien de cette importance. Le traitement est identique pour les volumes construits, « son aspect même, par sa structure générale, doit évoquer la placidité sans tristesse », pour Mallet-Stevens l’architecture est un assemblage de volumes géométriques d’une grande pureté formelle d’où est absente toute expression de la technique de construction.

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A l’entrée du lotissement l’hôtel particulier et l’agence de Mallet-Stevens ( par rapport à l’origine la construction a été surélevée de 2 niveaux).

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L’atelier de sculpture des frères Martel avec 3 appartements autonomes, autour de l’escalier s’articulent les différentes pièces. La chaussée  est bordée de trottoirs agrandis par des bandes de gazon; aucune barrière ne limite ces zones, l’aspect d’ensemble est celui de maisons au milieu de jardins.

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A l’origine l’hôtel particulier Reifenberg dont la cage d’escalier est l’élément structurant.

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En revenant rue du docteur Blanche au n°13-19 un immeuble d’habitations (J. Ginsberg G. Massé et A. Ilinski Arch.1950-1953). Ici la façade contribue à l’expression plastique du bâtiment.

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En retrait sur la rue et construit sur pilotis l’immeuble permet de dégager un espace pour un jardin qui accueille des sculptures ( A. Bloc ) et d’apercevoir le jardin intérieur de la parcelle.

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Plus loin la rue Henri Heine offre une variété d’échelles et de styles architecturaux.

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Au n°15 immeuble d’habitation (H. Guimard Arch.1925-1926).

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A l’angle avec la rue Jasmin l’ancien central téléphonique Jasmin ( P. Guadet Arch.1913) transformé en immeuble de bureaux. Structure béton revêtue de pastilles céramiques en particulier autour du porche d’entrée Art Nouveau.

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Dans la rue Jasmin le n°3 du square Jasmin, hôtel particulier (H. Guimard Arch. 1924-1926) entièrement réalisé en moellons de béton préfabriqués, cet hôtel devait être le premier d’un lotissement dans le square Jasmin, cette expérience restera sans suite.

La céramique est un des premiers matériaux utilisé pour cet habillage ( blanche chez Sauvage, plus travaillée chez d’autres comme on le découvrira). A partir des années 30 une nouvelle technique s’impose: l’utilisation des éclats de grès cérame, plus faciles à poser et surtout s’accommodant plus facilement des imperfections et des tolérances du béton.

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Plus loin au Carrefour rue Jasmin-avenue Mozart, brique vernissée bleu ciel pour un immeuble de standing des années 1900.

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En remontant la rue de l’Yvette la rue Robert Turquan offre en fond l’ immeuble du 11 square Jasmin ( J. Rivet Arch.1956) à la façade d’une grande rigueur dont la structure métallique peinte en noir et les allèges en verre émaillé sont clairement exprimés.

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Rue René Bazin un autre hôtel particulier qui joue le contraste avec les autres immeubles voisins.

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Toutes les rues mènent finalement au Square du docteur Blanche pour visiter la Villa La Roche ( Le Corbusier Arch. 1923-1925), et la Villa Jeanneret actuellement siège de la Fondation Le Corbusier. La villa La Roche est avant tout celle d’un collectionneur de tableaux notamment des oeuvres d’Ozenfant pour lequel Le Corbusier a réalisé l’atelier près du parc Montsouris.

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Le hall est ouvert sur les 3 niveaux, aucun décor superflu pour jouer avec la lumière tout au long de la journée.

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La rampe menant à l’étage est la première étape d’un parcours qui multiplie les vues et les stations pour apprécier la volumétrie intérieure, que Le Corbusier appelait la « promenade architecturale ».

La galerie des tableaux et la rampe courbe inclinée vers le 2é étage.

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Au 3é étage: le toit jardin, avec banc et dalles ciments.

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Pour rejoindre la place d’Auteuil on prend d’abord la rue Raffet le n°40 à l’angle avec la rue Jasmin ( A Morosolli Arch.1929) est d’une teinte atypique dans ce quartier.

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Maison « triptyque » n° 24 rue Jasmin (P.Abraham Arch.1923). Colonnes cannelées, chapiteaux épurés au maximum et bow-windows revisités pour proposer une vision Art déco du classicisme.

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Angle rue Jasmin et rue Heine:le collège Montmorency ( Pol Abraham Arch.1928-1931).Sur un terrain de 168 m² un collège initialement destiné pour de jeunes américaines. La bibliothèque est en saillie par rapport aux autres niveaux et renforce l’aspect sculptural.

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Au n° 65 rue La Fontaine : « Studio Building » (H. Sauvage Arch.1926-1928), un des derniers projets de Sauvage avec une ré-interprétation des bow-windows. Cet immeuble est composé d’ateliers d’artistes disposés en duplex, l’ensemble est revêtu de carreaux de céramique qui a évolué avec plus de polychromie par rapport à ses précédentes réalisations des rues Vavin et des Amiraux.

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Ateliers d’artistes rue Lecomte de l’Isle.

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Toujours en remontant vers la place d’Auteuil: l’ancien château Ternaux construit au 19é siècle pour un industriel du tissage de châles, actuellement Lycée JB Say.

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A la suite de ces diverticules pour percevoir la grande variété des bâtis, on arrive Place de l’église d’Auteuil. Pour servir d’annexe à l’église construite sur la place de 1877 à 1892 par E. Vaudremer, le regard est accroché par la chapelle sainte-Bernadette construite par P. Hulot Arch.(1936) et complétée en 1953 par cet alignement poteaux et portique en brique rouge sur la rue.

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Au n° 2 rue Verderet ( Bassompierre, de Ruté, Sirvin Arch. 1931) une recherche sur la volumétrie assez proche de celle de Pol Abraham rue Heine et sur un terrain encore plus petit (78 m²). Ensemble de grands studios. Façade revêtue de carreaux cassés ocre.

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On redescend ensuite vers la Seine par l’avenue Th. Gauthier pour un aperçu du Square Henry Paté ( P. Patout Arch.1929).

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Un peu plus loin on emprunte la rue Perrichont, au n° 15 ( J. Richard Arch.1907, Gentil & Bourdet céramistes), immeuble de rapport économique avec des détails floraux en céramique assez proches de ceux d’A. Bigot pour le 25 rue Franklin. J Richard reprendra ces détails pour l’hôtel particulier du 40 rue Boileau (1908).

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Le vis à vis du n°15 avec un traitement en totale opposition, les deux immeubles s’enrichissant néanmoins mutuellement.

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A l’angle de la rue des Pâtures et du 42 avenue de Versailles ( J. Ginsberg & Heep Arch. 1934). Cet immeuble est le deuxième réalisé à Paris par Ginsberg: ses lignes sont particulièrement élégantes en particulier le traitement à l’angle des 2 rues. A noter que pour ce projet les deux architectes sont aussi les Maîtres d’ouvrage. Cet immeuble présente des similitudes de recherches esthétiques proches de l’immeuble du 216 boulevard Montparnasse ( B. Elkouken Arch.1932).

Le premier immeuble réalisé par Ginsberg à 26 ans( associé à Lubetkin 1931) est au 25 de l’avenue de Versailles et il relève du purisme.

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Angle rue Degas et quai Louis Blériot (A. Gille Arch.1935), façade en grès cérame traité en mosaïque.

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On franchit le pont Mirabeau avec la vision du quartier Beaugrenelle et l’urbanisme des années 70.

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7 Rond Point du Pont-Mirabeau et 14 rue de la Convention: immeuble d’habitation (J. Bassompierre, P. de Rutté et P. Sirvin Arch.1930-1933). Modernisme et monumentalité, les formes sont ici souples et revêtues de carreaux de grès.

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Les balcons garde-corps et portail d’entrée par Raymond Subes.

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On retrouve le RER C et sa station avec céramiques.

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