Balade architecturale de la Porte Dorée à l’avenue Ledru Rolin.

A la fin du XVe siècle les voies d’approvisionnement à partir du Sud-Est de Paris vers le centre de la capitale se faisaient par les rues de Charenton, de Reuilly et de Picpus. L’actuelle avenue Daumesnil est venue en complément des précédentes à partir de 1862. Cette percée haussmannienne a permis lors de sa création la réalisation de nombreux lotissements privés. Les adjudicataires de cette nouvelle voie radiale furent souvent des architectes ou des entrepreneurs. Ce sont eux qui dessineront peu à peu le quartier que nous connaissons aujourd’hui.

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Au XXe siècle l’Exposition coloniale de 1931 relancera l’ urbanisation de cette périphérie. L’implantation retenue pour cette exposition organisée sur 110 hectares visait notamment à développer des « quartiers déshérités » le long des fortifications de Thiers. Ainsi le terminus de la ligne 8 du métro fut déplacé jusqu’à la Porte de Picpus rebaptisée Porte Dorée en lien avec la sculpture monumentale dorée de la France coloniale ( une allégorie au casque gaulois symbolisant « la France apportant la paix et la prospérité aux colonies ») qui fut implantée dans l’axe de la place monumentale dont l’ancien musée des Colonies vint clore un des cotés.

Depuis sa construction la Porte Dorée s’identifie fortement à ce bâtiment ( A.Laprade et L.Jaussely Arch.1931) qui fut construit à l’orée du bois de Vincennes pour célébrer l’empire colonial français. Ce projet provoqua d’inévitables conflits politiques lors de sa programmation mais aussi de représentation architecturale entre régionalisme et modernisme, tradition et modernité. 

En 1931 la fine colonnade de ce bâtiment monumental avait pour objectif de mettre en valeur une fonction pédagogique pour les visiteurs: « illustrer l’apport économique des colonies de l’Afrique à l’Asie » . Le bas-relief sculpté sur plus de 1130m2 ( et de 10 cm d’épaisseur maximale) fut réalisé par A.Janniot, il demeure un triomphe de « l’art décoratif moderne » réalisé en deux ans.« Grande tapisserie de pierre abritée par une sorte de dais léger, évoquerait les pays du soleil dans une note neutre et moderne » ( cf. A Laprade dans une note au Maréchal Lyautey commissaire général de l’exposition). Cette allégorie de l’Abondance, de la Paix et de la Prospérité est entourée des figures des grands ports maritimes français. L’Histoire rappelle que de tels ouvrages à but de propagande portent inévitablement les germes de leurs déclins programmés.

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La signature Intérieure du bâtiment est assurée par la couverture intérieure à gradins du hall central ainsi que par les travaux de décoration réalisés par de nombreux artistes réputés : G.Poillerat pour les serrureries décoratives, Baguès pour les luminaires, E.J Ruhlmann et E.Printz pour le mobilier, les mosaïques au sol sont traités comme des tapis précieux, Jean Prouvé a réalisé le portail d’entrée.

Le musée des Colonies (1931-1935) fut ensuite dédié à la France d’Outre-Mer (1935-1959) puis aux Arts d’Afrique et d’Océanie (1961-2003), actuellement il accueille la Cité nationale de l’immigration. 

A la fin de l’Exposition coloniale et après démolition de la majeure partie des bâtiments certains espaces libérés permirent l’implantation de logements sociaux. Des HBM furent construits sur l’emplacement de la Cité de l’Information de l’Exposition coloniale le long du boulevard Poniatowski (1932-1934), résultat tangible d’une volonté politique forte de prise en main de l’aménagement urbain par les pouvoirs publics.

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A ces ilots d’HBM il faut opposer en vis à vis une « dent creuse » sur une parcelle qui nécessiterait d’être « raccommodée » au moyen d’une opération probablement difficile à faire émerger entre pesanteurs administratives et développement abusif des procédures de recours .

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Entre le boulevard Poniatowski et la voie ferrée de « la petite ceinture » rue E Lacoste, un petit lotissement coopératif rappelle la variété du tissu urbain dans ces quartiers périphériques. Celui-ci reprend des plans types d’habitations individuelles développés autour de la rue du docteur Leray dans le 13e par une société coopérative pour cheminots.

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En revenant sur ses pas au 6 boulevard Soult: immeuble de logements (Alluin & Mauduit Arch.1991), un des premiers développements de la façade « véranda » parfaitement adapté pour réduire les nuisances sonores le long du boulevard.

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En remontant l’avenue Daumesnil, à l’angle de l’avenue Michel Bizot et de la rue de Picpus (P.Riboulet Arch.1997), un ensemble de logements avec loggias vitrées économisant l’énergie, améliorant les performances acoustiques et formant jardins d’hiver. Comme souvent, la transformation en pièces de débarras nuit à l’esthétique de l’ensemble.

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Angle rue de Fécamp et 16 rue E.Robert, un plan masse en peigne de chaque coté d’une cour intérieure pour cet ensemble des 600 logements HBM (groupement des architectes de l’office public d’HBM 1924), détails entre tradition et début du vocabulaire de la modernité naissante.

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Au débouché de la rue de Fécamp sur l’avenue Daumesnil, voir aux n°234-246 des immeubles d’habitations sur 4 niveaux pour ouvriers bâtis à la demande de Napoléon III sur sa cassette personnelle. Ils furent dessinés en 1867 et réalisés par des entreprises britanniques.

186 avenue Daumesnil: l’église du Saint-Esprit (P.Tournon Arch.1928-1934). Certainement un des ouvrages des « chantiers du cardinal » les plus ambitieux par la taille. A partir de l’avenue Daumesnil, le porche d’entrée et son clocher (terminé en 1942) viennent s’intégrer entre deux immeubles d’habitations, l’église se développe à l’intérieur de l’îlot en particulier le long de la rue Canebière.

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Modernisme de la structure avec l’emploi du béton laissé brut de décoffrage, l’importance de la coupole de 22m de diamètre et de 33m de haut n’est visible qu’à partir de la rue R.E Robert, les parements des façades sont traitées de façon très traditionnelle en briques de Bourgogne.

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La couronne de lumière qui se dégage autour de la coupole byzantine n’inonde pas l’intérieur de l’église. L’éclairage naturel donne dans le « clair obscur » qui peut rappeler Sainte Sophie de Constantinople. Le poids de la tradition reste ici très pesant. On est loin de l’inventivité développée pour l’église St Jean de Montmartre par Anatole de Baudot (1887-1904), ou par A.et G.Perret dans l’église du Raincy (1923 ) .

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En remontant la rue Canebière on arrive à l’ensemble des 500 logements HLM  du 59-93 rue Claude Decaen, 5-7 rue de Gravelle et rue Georges-Contenot (J.Bourgeois, J.Bukiet, G.Lesou et A.Picard Archi.1955 ). Cette importante rénovation urbaine par sa taille comporte 8 tripodes de 13 niveaux accolés deux par deux, ils sont associés à 5 autres bâtiments linéaires de 6 niveaux. Ces bâtiments inspirés d’exemples suédois ont été construits avant le développement des méthodes de préfabrication , ils sont réalisés avec une structure béton et remplissage en parpaings.

A défaut de luxe et de volupté, le calme règne ici dans un des plus grands jardins privatifs de Paris qui pourrait, en réduisant les blocages administratifs, être partagé avec les autres habitants du quartier. Une densification est en cours avec la réalisation de logements supplémentaires et d’une crèche.

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Ce n’est pas le seul ensemble immobilier monumental dont le plan masse est en rupture  avec le tissu urbain environnant dans le 12e, comme le met en évidence cette maquette du Pavillon de l’Arsenal, d’autres existent en longeant l’avenue de Reuilly .

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Après avoir franchi la Place Daumesnil ( ancienne barrière de Reilly des Fermiers Généraux), au 168 avenue Daumesnil, l’ensemble bureau de Poste et logements pour postiers ( P.Chavannes Arch.1993), cette opération s’est inscrite dans le développement important pour ce type de programme mixte entrepris par l’administration postale à Paris, avec des réalisations extrêmement variées « ….que cent fleurs s’épanouissent » … .

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Lui faisant face, au 187 avenue Daumesnil, le central téléphonique (P.Guadet Arch.1926). Comme pour l’hôtel particulier Guadet du 95 boulevard Murat l’ossature est revêtue de pastilles céramiques colorées.

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Retour place Daumesnil: dans la rue de Reuiily  du n° 95 au 103 et à l’angle avec la rue du Sergent-Bauchat, plusieurs bâtiments distincts ( R.Schweitzer Arch.1971-1976), l’école d’infirmières des Diaconesses et l’institut Sainte-Clotilde. Façades en béton et briques selon les principes du néo-brutalisme et déclinés ici avec rigueur et sobriété.

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Par le même architecte l’importante opération de rénovation urbaine entre la rue de Picpus et les 105-109 rue de Reuilly ( plus de 40.000m² de logements sociaux) construite en 1971 n’offre hélas pas le même intérêt architectural et correspond à la politique de rénovation aux forceps de cette époque. A proximité immédiate l’église St Eloi en acier utilise un vocabulaire contemporain qu’on ne rencontre que trop rarement ( M Leboucher Arch. 1967).

29-33 rue Montgallet et 25 passage Stinville vers le square de la baleine (Babel Arch.2006) un travail « décoratif » des balcons associé à un usage de la brique de parement.

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Dans la rue de Reuilly au n°85 l’impasse Mousset présente quelques exemples d’anciens ateliers d’artisans transformés en habitations avec à la belle saison des floraisons bucoliques. Dans le même esprit au n° 69 le portail de fer forgé permet d’accéder à la cour d’Alsace-Lorraine autrefois dédiée à l’artisanat, maintenant rénovée et repeinte dans des couleurs ocres. La partie arrière de la cour jouxte l’Ecole Boulle.

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Plus loin dans la rue de Reuilly et en longeant le passage Saint-Charles, une autre importante opération d’urbanisme s’étire sur une grande longueur pour attester que les promoteurs ont largement participé au renouvellement du tissu urbain parisien.

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Avant de gagner la rue P.Boudan, l’extension de l’Ecole Boulle, (A.Laprade et J.Prouvé Arch.1952), le mur rideau développé par Jean Prouvé est contemporain de celui de la Fédération du Bâtiment rue Lapérouse, dans les deux cas il a été développé dans un esprit de légéreté y compris dans sa manutention et sa mise en oeuvre sur chantier.

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Avenue Diderot, résidence étudiante (S.Brou Arch.2011) entre signal urbain et rupture de l’alignement et dans les matériaux.

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Entre le boulevard Diderot et la rue du Faubourg Saint-Antoine, on rejoint l’ancienne caserne de Reuilly. Initialement Manufacture Royale des Glaces en 1634 puis bâtiment militaire et administratif sous Louis-Philippe. Ce terrain de 2 hectares fait l’objet d’une réhabilitation et d’un réaménagement avec démolition des murs d’enceinte pour faire émerger un nouveau quartier d’environ 600 logements autour de l’ancienne place d’arme aménagée en espace vert de 5.000 m2.

Au delà à gauche, la rue Crozatier permet de rejoindre l’ avenue de Corbera. Des deux cotés de cette rue un ensemble de logements de rapport par le même architecte (E.Lambla de Sarria Arch.1923-1928) pour le compte d’un investisseur privé. L’homogénéité monumentale de la rue est rythmée par des bow-windows, totalement à l’opposé du morcellement quasi-systématique mettant en valeur les individualismes qu’on rencontre depuis une vingtaine d’années.

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48 boulevard Diderot, l’ancienne Maison des élèves de l’école Centrale ( P.Leprince Ringuet Arch.1929) a été transformée en résidence Citeaux du CROUS de Paris.

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28 rue de Citeaux, la cuisine centrale de l’hôpital Saint-Antoine (E.Ciriani Arch.1985),la volonté de produire un manifeste d’abstraction tout en bousculant vigoureusement les constructions voisines, naissance du « style Ciriani » entre complexité et modernité plastique aux effets de démonstration très appuyés qui apparait maintenant très daté.

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En face le square L. Ferré et le passage Driancou, comme dans beaucoup de lieux de l’arrondissement, le passé artisanal du quartier cède la place à la boboisation rampante.

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Seul lotissement notable dans le faubourg Saint-Antoine avant la Révolution, le Marché-Beau, devenu Marché d’ Aligre, est installé depuis 1781. M-G Jolivet, architecte de la ville  construisit en 1843 le nouveau marché couvert . Dans la partie Nord-Est l’immeuble aux balcons filants exprime par sa rupture très affirmée avec le tissu environnant la brutalité de beaucoup de rénovations urbaines des années 70 .

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Le quartier possède d’autres chocs urbains, celui à l’angle de l’avenue Ledru-Rollin et du 50-56 rue de Charonne résulte de l’abandon en 1965 de l’élargissement programmé de cette rue à 40m.

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Une tranche particulièrement fine attire l’attention du promeneur.

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Seule compensation pour les nostalgiques à ce carrefour :« le Bistrot du Peintre ». Crée en 1902 dans un décor brasserie Art Nouveau et orné de faïence et de bois, il vous permettra d’épiloguer sur les bouleversements urbains passés ou à venir de l’arrondissement.

Paris du quai de Bercy au quartier de l’Arsenal.

 

Jusqu’au milieu du XIXe siècle la Seine demeura essentielle pour le transport et l’approvisionnement des marchandises dans la capitale. Les quais se poursuivaient de Bercy à Passy sans interruption, ils furent améliorés sans cesse avant que d’autres moyens de transports des marchandises ne viennent supplanter le transport fluvial puis nécessiter le réaménagement des zones de stockage ou de productions industrielles.

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Sur cette partie du fleuve au Sud-Est de Paris les usines de transformations furent progressivement déplacées telle l’usine génératrice d’électricité pour le métro parisien rue de Bercy ( doc.BNF) de P.Friesé Archi. 1904 , détruite pour y implanter le nouveau siège de la RATP. Le quai fut doublé par des voies de circulation rapides modifiant durablement le rapport entre la ville et le fleuve.

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Sur la partie du quai comprise entre le pont de Bercy et le pont Charles de Gaulle, l’îlot de rénovation urbaine Villiot-Rapée s’intègre entre les immeubles de bureaux. Aux logements sociaux des années 50 ont succédé 7 immeubles contigus réalisés par autant d’équipes d’architectes. Coté quai et rue Villiot la juxtaposition d’un immeuble a l’autre est maîtrisée et l’ensemble n’apparaît pas comme un collage composite.

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En coeur d’Îlot, une opération récente (Hamonic+ Masson Arch.2011) de 2 tours de 7 et 11 étages est plus dynamique et s’affranchie des contraintes vis à vis des immeubles voisins.

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Les logements comportent tous un angle avec balcon dont la géométrie est variable d’un niveau à l’autre.

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Sur cet îlot, la façade à l’opposée de la Seine fait face à la dalle surélevée de la gare Paris-Lyon. Elle longe la rue de Bercy et permet de découvrir la succession des immeubles de bureaux de l’opération d’urbanisme Bercy-La Rapée, disposés en peigne et  implantés sur un socle horizontal formant terrasse accessible ( J.Dubuisson urbaniste 1958-1978).

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Revenant vers la Seine, face à la rampe hélicoïdale de la passerelle d’Austerlitz, au 88 Quai de la Rapée et 2 boulevard Diderot: immeuble de bureaux (A.Leconte Arch.1933)  Les horizontales sont renforcées par les ensembles vitrés donnant une image forte dépouillée d’artifices superflus.

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96 Quai de la Rapée, immeuble de bureaux (A.Zubléna Arch.1992) et son  mur mobile vitré toute hauteur, sur 33m de large en façade occultant le parvis lors de la fermeture des bureaux. Une prouesse technique dépassée voire inutile et à l’opposée des contraintes actuelles d’économie des moyens pour les utilisateurs.

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Revenant vers la Gare de Paris-Lyon, au 13 boulevard Diderot: l’ancien hôtel Massilia        ( M.Oudin Arch.1911). Ce bâtiment îlot est implanté sur un terrain triangulaire délimité par le boulevard , les rues de Bercy et Traversière, lui donnant la force d’un signal.                La structure béton est immédiatement lisible sans exclure un coté pittoresque découlant pour partie des  bow-windows et des encorbellements. Lors de sa construction cet hôtel faisait figure de manifeste pro béton armé en dépit de certains aspects ne rompant pas totalement avec l’académisme ambiant.

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Angle 15 rue Traversière et 216 rue de Bercy, l’ancien siège administratif des Chemins de Fer Paris-Lyon-Méditerranée (1927-1930) d’une grande homogénéité architecturale.

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A l’angle rue de Bercy, la rue Crémieux ouverte en 1865 présente un aspect très particulier dans ce quartier. Réservée aux piétons, elle est bordée de chaque coté par une trentaine de maisons individuelles de deux étages chacune s’adossant contre les héberges du bâtiment administratif du PLM. Les teintes variées des façades se succèdent sans juxtapositions criantes entre elles .

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244-246 rue de Bercy, avant d’arriver au port de la Bastille, un tout autre aspect pour ce bâtiment qui regroupe une résidence du CROUS et un hall d’exposition automobile.

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Dans la ville haussmannienne, la modernisation des voies de communication a favorisé la division du travail. Ainsi le bassin de l’Arsenal fut utilisé entre le 19e et le 20e siècle comme port de commerce (vin,blé et bois). Relié au canal Saint-Martin ouvert en 1825 il permettait la liaison entre la Seine et le bassin de la Villette bordé de très nombreuses industries et au delà, le canal de l’Ourcq et les plaines du Nord. Sa reconversion en port de plaisance date de 1983.

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Le quartier de l’Arsenal, situé entre le quai Henri IV et  l’actuel boulevard Bourdon, tient son nom de l’arsenal royal dont l’implantation initiale remonte à 1533. Cette partie de la ville était destinée à la fabrication et au stockage des munitions, à la suite de différentes explosions et incendies la fabrication fut réalisée à La Salpêtrière et le quartier de l’Arsenal fut limité au stockage. L’île Louviers, encore visible sur le plan de Turgot (1739),était inhabitée, elle fut longtemps affectée à l’entreposage du bois flotté provenant du Morvan. Puis ensuite rattachée à la rive droite en 1843, l’ancien bras mort comblé forma l’actuel boulevard Morland. Sur la rive Sud le quai Henri IV fut actif jusque vers 1940.

Sur un terrain compris entre le quai Henri IV et le boulevard Morland, initialement affecté aux anciens laboratoires des Poudres et Salpêtres, l’ensemble « Nouvelle Vague » de 140 logements et crèche ( LIN Arch.2015) se développe en courbes avec ses façades en panneaux métalliques.

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Le terrain initial occupé par le Ministère de la Défense s’étend du n°18 quai Henri IV jusqu’au  2-6 rue de Schomberg et 15 boulevard Morland. Sur ce vaste terrain une opération mixte associe des logements pour la Garde Républicaine situés le long du quai et contre la rue de Schomberg ( Ateliers Lion Arch.1999). Le long du quai l’ensemble est constitué de quatre plots reliés par des passerelles avec balcons face à la Seine d’un niveau de finition malheureusement devenu inhabituel .

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Sur le retour rue de Schomberg et perpendiculaire au quai Henri IV, les trois bâtiments de l’ancienne caserne militaire Schomberg ( J-A Bouvard Arch.1883) en briques avec calepinages décoratifs et structure métallique apparente ont été surélevés de 2 étages bien différenciés en panneaux composites. Ces bâtiments reçoivent les logements sociaux avec un jardin central.

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Dans le quartier de l’ancien arsenal dont l’implantation initiale remonte à 1533, l’actuelle bibliothèque de l’Arsenal crée en 1757 a été installée dans la résidence construite en 1594 pour le duc de Sully, grand Maître de l’Artillerie, elle fut embellie en 1745.

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La frise décorative sous la corniche rassemble avec une profusion de détails les différents types de munitions de l’époque.

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17 boulevard Morland: la Cité administrative de la Ville de Paris a été conçue à l’origine pour regrouper les différents services de la Préfecture de la Seine (A.Laprade, P.Fournier et R.Fontaine Arch.1955-1965). Le plan en H ménage à l’avant et à l’arrière de la tour une pseudo esplanade monumentale d’une grande raideur totalement en phase avec ce bâtiment administratif aux références traditionnelles figées .

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La vision de cet édifice à partir du pont Sully-Morland, ne fait que renforcer l’ image du bâtiment régalien. A l’époque de sa construction le dépassement du plafond légal  par ce bâtiment de seize niveaux dans le secteur sauvegardé proche de l’île Saint-Louis n’a pas soulevé de polémique particulière de la part des riverains. Depuis les groupes de pressions et les recours des tiers ont su largement s’imposer à tout propos et souvent  de façon très abusive.

Souhaitons que le projet retenu lors de la consultation « Ré-imaginer Paris » basé sur la mixité des fonctions et des usages permette réellement « une véritable philosophie d’ouverture » afin de modifier le rapport du public avec ce bâtiment forteresse déconnecté de son environnement.

Ne doutons pas qu’il faudra plus que les plantations et arbres désormais érigés en nouveau dogme incontournable pour réussir ce challenge.

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L’actuel Pavillon de l’Arsenal (Clément Arch.1879) fut conçu pour recevoir la collection de tableaux d’un riche marchand. Transformé ensuite en lieu de stockage puis aménagé en pavillon permanent d’expositions dédié à l’urbanisme et l’architecture à Paris et en île de France (Reichen & Robert Arch.1988).

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La balade se termine à l’angle rue de Sully-boulevard Henri IV devant la caserne de la Garde Républicaine ( J.Hermant Arch.1895-1901), édifiée à la place de l’ancien couvent.

La caserne dédiée à la cavalerie comporte dans sa partie centrale un manège dont la charpente métallique , réalisée par G.Eiffel pour l’exposition de 1889, a été démontée quelques années plus tard et remontée dans la caserne.

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Paris, balade architecturale de Bercy au viaduc d’Austerlitz.

En 1974  l’abandon du projet de voie rapide sur la rive gauche a permis de développer une approche plus respectueuse des berges de la Seine. L’objectif de valorisation des quais de Seine est désormais bien avancée dans Paris intra-muros et va se poursuivre à plus long terme vers le secteur Seine-Amont. La ré-appropriation des berges et du fleuve par les piétons offre une vision différente de Paris plus apaisée.

Cette balade entre le nouveau quartier de Bercy et la gare de Paris-Austerlitz traite des vis à vis architecturaux plus ou moins dignes d’intérêts sur les deux rives

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Point de jonction entre le nouveau quartier « Seine Rive Gauche », la Bibliothèque de France et les quartiers récents autour du Parc de Bercy, la passerelle piétonne Simone de Beauvoir (D.Feichtinger Arch.et RFR Ing. 2006) permet d’établir des liens de proximité entre les deux rives*. Cette passerelle de 304m est similaire dans son fonctionnement de celle réalisée par M.Mimram entre les Tuileries et le Musée d’Orsay. On observe sur la rive gauche que la transformation du port de la Gare s’inscrit dans la profonde mutation urbaine en incluant un développement d’activités de loisirs le long du quai. La présence de plusieurs bateaux dont le Batofar amarré depuis 1998 offrent en permanence des salles de concerts mais aussi dans la journée des café-restaurants sur le pont pour profiter de la vue de la Seine. Ce quai est devenu une alternative branchée  aux boites de nuit parisiennes. A proximité la piscine flottante Joséphine Baker ( R.de Busni Arch.) est amarrée quai de la Gare complète depuis 2006, grâce à son toit de verre été comme hiver, l’attrait de cette rive rendue aux piétons.

* consulter la balade architecturale autour du quartier Seine Rive Gauche ( Mars 2013).

 

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Sur la rive droite la circulation automobile du quai haut de Bercy n’a pas pu être déplacée mais la grande terrasse a été construite pour permettre d’isoler le parc de Bercy des pollutions sonores et de profiter du panorama tant du coté parc que face à la Seine.

Du XVIIé  jusqu’à la fin du XVIIIé siècle le village de Bercy a servi de port pour l’alimentation de Paris. Les négociants en vins s’installèrent à cet emplacement pour échapper aux taxes. Annexée à Paris en 1859 Bercy est devenu au XIXé siècle le plus important marché au vin du monde. Les tonneaux arrivaient de Bourgogne via le fleuve mais aussi par wagons citernes depuis la gare de la Rapée disparue aujourd’hui. Le vin était entreposés dans des chais et les jours de fêtes, les parisiens venaient se détendre dans les guinguettes le long de la Seine. Ce n’est que vers la années 50 que ce commerce a commencé à régresser.

Cette citée commerciale était desservie par des allées pavées, plantées d’arbres et bordées de constructions basses. En 1979 la ville a amorcée la reconversion de cet ensemble avec la construction du Palais Omnisports de « Paris-Bercy », alors que la restructuration des anciens entrepôts s’est développée à partir 1990. Actuellement deux chais subsistent celui de St Emilion construit dans les années 1840, dénommé maintenant « Bercy-Villages », qui accueille des boutiques et des restaurants en terrasses de chaque coté de la voie centrale et les chais Lheureux construits en 1886 réhabilités pour recevoir  des expositions temporaires.

Le jardin de Bercy ( I.Le Caisne et Ph.Raguin paysagistes) est composé de trois parties, il a gardé la trame orthogonale de l’ancien site et les rails encore visibles entre les pavés.

A proximité du POPB « les grandes pelouses » regroupent les aires de jeux et les terrains de sports. Les « parterres » composent autour du chai de Bercy et la Maison du Jardinage verger, potager, vignes, roseraie et labyrinthe jusqu’à la rue Joseph Kessel. Au delà de la rue Joseph Kessel qui scinde le parc, on découvre le « jardin romantique » .

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Dans « les parterres » le chai de Bercy reconverti en espace pour expositions temporaires

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Au delà la rue Joseph Kessel, le « jardin romantique » comporte des bassins autour de la Maison du lac, siège de l’Agence Parisienne du Climat.

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Il ne reste que quelques travées de chais alignés de l’ancien quartier pittoresque des  entrepôts de Bercy, l’animation d’autrefois a été remplacée totalement par des ensembles de bureaux et un complexe de cinémas. Rue des pirogues de Bercy, les chais ont été reconvertis pour recevoir le Musée des Arts Forains. A proximité, ceux de la cour Saint-Emilion, construits dans les années 1840 en meulière avec des chainages en briques, ont été réhabilités et transformés en restaurants, boutiques et galeries d’expositions.

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En front du parc de Bercy, sur plus de 600 m, 650 logements ont été construits dont 200 logement sociaux (J-P Buffi Arch.en chef de la ZAC, 1984-2005). Une certaine exemplarité dans l’esprit architectural a été rendu possible grâce à un cahier des charges bien défini sur cette ZAC qui aboutit ici à un éclectisme maitrisé  (H.Ciriani, C.de Portzamparc, F. Hammoutène Arch.) évitant ainsi un collage « composite », voire hétéroclite.

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Au n°51 de la rue de Bercy, en 1993 la réalisation du nouveau Centre Culturel Américain fut confiée à Frank O.Gehry ( associé pour la réalisation à R.Saubot et F.Jullien). Ce centre fut fermé en 1996 19 mois après son ouverture, les Étasuniens considérant peut être les Français comme suffisamment imprégnés de culture US.

La Cinémathèque Française profita de l’opportunité et déménagea du Palais de Chaillot pour y implanter ses salles de projections ( travaux de réaménagement réalisés par l’Atelier de l’Ile Arch. 2003-2005)

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Cette architecture déstructurée exprime en quelque sorte la complexité du programme initial de ce Centre Culturel coté parc de Bercy,

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Même s’il y a volonté de composer avec les matériaux traditionnels parisiens, le climat laisse apparaitre avec les différents volumes revêtus de pierre des vieillissements prématurés inconnus sous le climat californien.

La façade coté rue de Bercy s’applique a être plus « haussmannienne » que déconstructiviste.

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Après avoir dépassé le Palais Omnisports de Paris-Bercy, on se trouve le long du boulevard de Bercy face à l’incontournable Ministère des Finances et de l’Économie (P. Chemetov, B.Huidobro et E.Duhart-Harosteguy Arch.1982-1989). Avec ses 2 arches enjambant d’un coté le quai de Bercy et de l’autre le quai de la Rapée tel un viaduc de 360m, ce bâtiment semble reconstituer l’enceinte des Fermiers Généraux avec ses portes d’entrées dans Paris .

Cette grande muraille (le premier des grands chantiers de la présidence Mitterrand), campée les pieds dans l’eau exprime parfaitement la puissance incontournable de ce ministère, véritable ville dans la ville, qui s’est encore étendu dans d’autres projets à proximité ( L.Arretche, Karasinsky et Ciocardel Arch.) pour accueillir plus de 7.000 fonctionnaires. Le fossé symbolise parfaitement cette distance vis à vis du citoyen souvent exprimée dans les bâtiments étatiques, à l’opposé de tous les discours convenus.

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La traversée de la Seine sur le pont de Bercy permet de regagner la rive gauche vers la viaduc d’Austerlitz.

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Quai d’Austerlitz: la Maison de la batellerie (les frères Arsène-Henry Arch.1965). Ce bâtiment d’une lecture simple et d’un grand dépouillement est implanté en continuité avec les anciens Docks de Paris. Il offre aux bateliers différents services sociaux ainsi qu’une bourse des enlèvements et livraisons. La qualité initiale de cette réalisation en béton blanc brut de décoffrage a nécessité récemment d’inévitables travaux de mise aux normes et de réhabilitation (JB Lacoudre Arch.2011-2012) ainsi qu’un curage à la suite de diverses adjonctions anciennes assez maladroites. Les cannelures du béton blanc d’origine, imprimées par les planches de coffrage, ont malheureusement été estompées par les couches de peintures ultérieures et le récent traitement n’a pas permis de retrouver totalement la finesse de la texture d’origine.

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La qualité d’exécution initiale apparaît dans le veinage des bois de coffrage et les motifs décoratifs situés de part et d’autre de l’entrée du bâtiment.

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Au 34 du quai d’Austerlitz les Magasins Généraux forment un écran entre le quai d’Austerlitz et la Seine. Ils ont été construits en 1907 (G.Morin-Goustiaux Arch.) puis transformés en entrepôts sous douane en 1915 pour jouer un rôle majeur dans l’expansion du port autonome de Paris. Depuis 2008 ils abritent sur 2 niveaux avec la terrasse panoramique les « Docks-Cité de la Mode et du Design » (Jakob & McFarlane Arch.) ils renforcent ainsi la vocation culturelle des bords de Seine.

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Ces entrepôts construits sur 480m de long occupent une surface de 36.000m2, la structure légère en « ciment armé » s’exprime clairement du coté Seine par la répétition de modules indiquant la fonction logistique du bâtiment. Le niveau du quai est laissé libre pour la manutention (une voie ferrée industrielle était implantée à l’origine).

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Coté Seine, les architectes, aidés par le paysagiste M.Desvignes et Y.Kersalé pour la mise en lumière, ont ajouté une ossature légère recevant les rampes de circulations et escaliers pour relier les niveaux et la terrasse et offrant ainsi une variété de points de vues sur le fleuve. L’ajout de la nouvelle façade est lisible par rapport à l’orthogonalité du bâtiment initial, la couleur de cette nouvelle peau augmente encore cette opposition.

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L’ossature d’origine des docks apparait en toute simplicité, son maillage permet des expositions sur de grandes plateaux libres.

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L’accès à la terrasse panoramique se fait dans l’épaisseur de la nouvelle façade coté Seine.

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En terrasse, le deck en bois pour des réceptions ou des événementiels est accessible au public. Il aurait pu être plus largement ouvert sur la Seine et moins orienté sur l’espace central.

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Entrée des Docks-Cité de la Mode le long du quai d’Austerlitz .

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Le pont Charles-de-Gaulle (L.Arretche & R.Karasinski architectes) d’une portée de 207m a été construit de 1993 à 1996 pour doubler le pont d’Austerlitz dans cette zone qui a subi une profonde mutation. Il possède un tablier métallique en forme d’aile d’avion et repose sur des piles en béton à l’aide d’appuis en forme de « corolles ».

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Le viaduc d’Austerlitz est un des plus beaux ouvrages métalliques avec arc. A cet emplacement la ligne 5 du métro le franchit sur 107m d’une seule portée (L. Biette & M Koechlin Ing. et JC Formigé Arch.1905), après avoir emprunté une rampe hélicoïdale du coté du Quai de la Rapée. L’élégante structure reçoit une très abondante « décoration » en fonte moulée de JC Formigé.

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J-C Formigé a été chargé en 1904 de la conception de l’ensemble des escaliers et des stations aériennes des lignes 2 et 6. Son autre chef-d’œuvre de l’architecture métallique est le viaduc de Passy entre les stations Passy et Bir-Hakeim.

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A proximité de la culée sur la rive gauche, la péniche en ciment armé, revisitée par Le Corbusier, va connaitre une troisième vie. Construite avec une coque en béton en 1919 pour le transport du charbon entre Rouen et Paris, elle fut rachetée en 1925 par l’Armée du Salut et aménagée en Asile de nuit flottant.

En 1929 Le Corbusier lui donnera un style moderne et assurera le confort de l’époque (fenêtres carrées et minces colonnes dans le dortoir de 100 lits). Fermée en 1994 la péniche est actuellement en cours de réhabilitation pour être transformée en Centre d’Architecture ( agence ACYC + Shuhei Endo Arch.). Cette péniche est le seul bâtiment flottant de Paris classé Monument Historique. (WWW.LOUISE-CATHERINE.COM)

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Entrée du viaduc dans la gare d’Austerlitz,

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La gare de Paris-Austerlitz est entrée en activité en 1840, elle a été reconstruite selon l’image actuelle entre 1862 et 1867 (P-L Renaud Arch.), la longueur de sa grande verrière au dessus des voies est de 280 m et sa largeur est de 52 m. En 1870, dans cette immense verrière, les ballons-postes étaient réalisés durant l’occupation Prussienne. En 1926, ce fut la première gare parisienne a ne plus recevoir de trains à vapeur à la suite de son électrification .

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Cette gare urbaine est en profonde restructuration pour accueillir vers 2020 40 millions de voyageurs grâce à l’arrivée des TGV vers Lyon, contre 17 millions actuellement. Sa modernisation (Jean-Marie Duthilleul et Ateliers Jean NOUVEL architectes) s’intègre plus largement dans l’opération d’urbanisme autour de la zone Austerlitz et de l’avenue de France construite au dessus des voies ferrées .

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Paris, la Promenade Plantée de la Bastille au boulevard Soult.

La Promenade Plantée est l’espace vert qui traverse le 12é arrondissement en suivant  l’ancienne voie ferrée de la ligne qui a relié de 1859 à 1969 la gare de la Bastille à Verneuil -l’ Étang en passant par Vincennes ( nommé aussi la ligne de la Bastille du chemin de fer  « Paris- Strasbourg »). Elle débute avenue Daumesnil derrière l’Opéra Bastille plus précisément au Viaduc des Arts, et s’étire sur environ 5 km  jusqu’à la porte de Montempoivre boulevard Soult. A Paris l’autre emprise ferroviaire désaffectée qui a été réaménagée est celle entre la porte d’Auteuil et La Muette.

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La ligne de chemin de fer de la Bastille a été désaffectée en 1969 à la suite de l’ouverture du RER A qui a emprunté le même parcours en dehors de Paris, et en 1984 la gare de la Bastille est démolie pour permettre le démarrage des travaux de construction de l’Opéra Bastille. Ces différentes opportunités conjuguées à l’abandon de la gare de marchandise de Reuilly ont permis la transformation de cette infrastructure en une suite de séquences paysagères ( partie aérienne, partie au niveau des rues, ou encore en tranchée). La piste cyclable est accessible uniquement dans la partie Est de la promenade.

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Derrière l’Opéra Bastille la promenade suit le trajet au dessus du Viaduc des Arts, à une dizaine de mètres au dessus de l’avenue Daumesnil.

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Les arcades du Viaduc des Arts datent de la construction de la ligne en 1858, elles ont été réhabilités à partir de 1988 par l’architecte P Berger. La longueur totale du viaduc le long de l’avenue Daumesnil est de 1,5 km, à laquelle correspondent 64 voûtes sous la Promenade Plantée. Le Viaduc des Arts propose de découvrir dans sa partie vers la Bastille une cinquantaine d’artisans passionnés qui exercent leur talents dans des corps de métier variés de la mode et de la décoration.

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Cette promenade est en tous temps un lieu ou on rencontre beaucoup de joggeurs, et aussi des personnes qui viennent se reposer ou mettre un peu de distance vis à vis de la ville et de la circulation.

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A chaque intersection avec les rues ou avenues des escaliers permettent les liaisons avec la Promenade Plantée, ici la liaison vers l’avenue Ledru-Rolin.

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La rue comme « décor »: de chaque coté de la promenade les façades et leurs styles architecturaux variés s’offrent au regard des promeneurs. Les immeubles haussmaniens et la victoire du pittoresque en particulier dans les immeubles d’angle, les contemporains parfois accrocheurs ou démonstratifs éclectique, certains avec des dômes, des frontons, des sculptures, dans une large palette de matériaux: pierres, meulière, briques, bois , verre etc.

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Au croisement de la rue de Rambouillet: le commissariat central du 12é arrondissement ( M. Nunez-Yanowsky Arch.1991) et ses sculptures, reproduction partielle de l’Esclave mourant de Michel-Ange. Avec l’Esclave rebelle ces 2 sculptures étaient destinées au tombeau du pape Jules II, elles sont restées inachevées et ont été offertes en 1546 par Michel-Ange à son ami Roberto Strozzi qui en fit don ensuite à François Ier ( présentes dans les collections du Louvre depuis 1794).

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Plus loin la vision vers les quais des TGV de la gare de Paris-Lyon .

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Toujours la possibilité de s’échapper de la ville pour regagner le jardin….

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L’habitat semi-collectif de la voie AA /12 .

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Le surplomb sur la rue Montgallet ( nom d’usage depuis le 18é siècle).

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Au niveau de la rue Montgallet et de la mairie du 12é arrondissement la Promenade Plantée enjambe le jardin de Reuilly par la passerelle BZ/12 et descend alors au niveau de la rue, puis continue ensuite sous forme d’un mail sur l’avenue Vivaldi.

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Le jardin de Reuilly date de 1991 ( proche de l’ancien château de Reuilly, séjour des rois mérovingiens).

Le nom du hameau de Reuilly apparaît très tôt au Moyen-Age. Des couvents et des hôtels particuliers ont été construits aux alentours aux 17 et 18é siècles, dont la folie Rambouillet qui possédait un jardin dit de Reuilly qui descendait jusqu’à la Seine .

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La passerelle BZ/12 enjambe le jardin de 15.000 m2 imaginé par P.Colboc Arch. entouré par un chemin circulaire sur lequel se raccordent des jardins thématiques.

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A partir de années 1980 la SNCF a abandonné les emprises d’un certain nombre de gares de marchandises de Paris intra-muros et notamment celle de Reuilly. Compte tenu de cette opportunité foncière la ZAC de Reuilly est conçue à partir de 1986, dans le périmètre avenue Daumesnil et des rues Montgallet et de Reuilly, pour réintégrer l’emprise ferroviaire de cette gare et réaménager le quartier autour d’espaces verts. Le projet de la Promenade Plantée est mis en place au même moment par l’architecte Ph. Mathieux et le paysagiste J. Vergely pour aménager le reste de la ligne désaffectée entre Bastille et la porte Montempoivre.

La piscine de Reuilly et au second plan l’une des 2 barres imposantes de 10 étages construites avenue Daumesnil (D.Honneger Arch.1957-1959) qui s’étirent sur 300 m de long, toujours très fidèle à l’expression de la structure développée dans l’agence des frères Perret D.Honneger utilise ici avec succès le système de façade préfabriquée « Gamma 57 » comme dans toutes ses réalisations d’après guerre.

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A l’angle des rues Riesener et Hénard dominant le parc de Reuilly: un immeuble de logements dont le jeu des volumes présente des liens avec les recherches de l’architecture soviétique des années 20; source d’inspiration pour Le Corbusier et A. Lurçat et beaucoup d’autres architectes des années 30,( JM Bossu et R. Ribes Arch.1991).

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La Promenade Plantée traverse le mail de l’avenue Vivaldi: axe majeur de la ZAC de Reuilly au niveau de la circulation des voitures mais isolée par des plantations. On a parfois l’impression que le plan masse de la ZAC a fait de l’espace public le cœur du quartier. A gauche immeuble de logements ( K. Kalayciyan et J. Oubrerie Arch.), la colonnade en rez de chaussée  sur 2 niveaux de hauteur est dénaturée ponctuellement par des restaurants d’un aspect extérieur kitch, en total décalage avec ce projet « corbuséen ».

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Coté Sud de la promenade des immeubles-plots ont été construits perpendiculairement à l’allée Vivaldi ( Brenac & Gonzalez Arch.1992), ce plan masse « en peigne » permet une intégration de l’immeuble barre de 180 m coté avenue Daumesnil .

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L’ancienne gare de Reuilly, sur l’avenue Daumesnil, à l’angle avec la rue Brahms. A l’arrière les paysagistes ont dessiné un jardin avec pelouse, massifs d’arbustes, plantes vivaces, érables, chênes et pommiers pour rappeler l’allure champêtre qui entourait les petites gares.

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Au bout de l’avenue Vivaldi la promenade oblique vers l’Est et suit l’ancienne tranchée ferroviaire en contrebas des rues et des immeubles avoisinants, passant en tunnel à deux reprises, le premier sous la rue de Reuilly, le second sous le boulevard de Picpus. C’est le début de la piste cyclable.

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L’avenue Vivaldi depuis la rue de Reuilly, à droite vue partielle de la résidence étudiante à l’angle Vivaldi rue de Reuilly  (Ph. Gazeau Arch.).

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Au croisement avec le boulevard de Picpus, on peut remonter vers la station de métro Bel-Air.

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Au niveau de la rue du Sahel, le tracé offre deux possibilités. La première se poursuit vers l’Est en direction de la porte de Montempoivre et du square G Méliès, la seconde se dirige vers le Sud en longeant l’ancienne voie de raccordement à la ligne de la « petite ceinture » jusqu’au square Charles Péguy puis ressort rue Rottemboug vers le boulevard Soult face au lycée Paul Valéry.

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Au croisement rue du Sahel – avenue du général Bizot.

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Le square Charles Péguy.

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Les jardins partagés se trouvent à l’embranchement qui reliait la ligne ferroviaire de la « petite ceinture » à la ligne de chemin de fer allant de Paris-Bastille à Verneuil-l’Etang ( 77) . Cette ligne dénommée ligne de Vincennes, desservait la gare de Reuilly et empruntait le viaduc de Daumesnil pour arriver à la Bastille.

 

Un havre de paix de part et d’autre de la « petite ceinture ».On comprends mieux l’insistance de certains lobbyistes à bloquer toute remise en activité de cette ligne.

La « petite ceinture » est longue de 32 km, a été construite autour de Paris durant la seconde moitié du 19é siècle, afin de relier entre elles les gares parisiennes. Auparavant de lourds charrois à traction animale assuraient le transport des marchandises entre les gares, ce moyen jugé trop lent et archaïque à été remplacé par le train.

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La sortie du square Charles Péguy par la rue Rottembourg.

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Boulevard Soult et la ligne du tramway.

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Et plus si affinités ……: Il existe dans le monde d’autres exemples de lignes ferroviaires désaffectées reconverties en promenades, la Promenade Plantée a inspiré New-York  en reconvertissant une portion de la « High Line » réseau des années 30 longeant l’Hudson, en un parc urbain sur 2,5 km  inauguré en 2009 qui constitue un toit vert, voici quelques photos avant les aménagements et la consécration des plantes sauvages qui avaient envahi le site après l’arrêt de son fonctionnement en 1980.

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A proximité du Jacob Javits Convention Center d’IM Pei .

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