Villa Hennebique à Bourg-la-Reine.

A proximité de la station du RER B de Bourg-la-Reine, une construction avec une tour de 40m de haut le long des voies ferrées éveille la curiosité.                                                    Il s’agit de la villa familiale que François Hennebique a réalisé de 1901 à 1903 pour son propre usage. Une oeuvre en forme de manifeste pour l’utilisation du béton armé démontrant les possibilités techniques de ce nouveau matériau encore contesté à l’époque de sa réalisation et devenue une vitrine de promotion pour cet entrepreneur-architecte.

F Hennebique assura la promotion de son « palais familial » dans la revue « Le béton armé » qu’il créa en 1898 pour assoir son autorité sur ses concurrents. « La villa doit abriter la tribu composée de 3 à 4 ménages ayant des enfants. La vie matérielle y sera commune c’est à dire que le rez de chaussée aura de grands salons pour toute la famille, mais l’étage comprendra plusieurs appartements complets où chaque ménage jouira dans l’intimité de son foyer de l’indépendance et de l’isolement ».

Vue le long du 22 avenue Victor Hugo  face au lycée Lakanal de Sceaux.

Les volumes présentent de façon délibérée de nombreux décrochements: saillies des terrasses en encorbellement, différences de niveaux, verrières de grande hauteur pour intégrer au plus près le jardin à tous les niveaux de la construction. La variété de ces points particuliers, parfois exubérants, démontre au tout début du XX siècle l’expérience des systèmes de construction déjà acquise et développée par l’entreprise Hennebique.

Vue du n° 1 avenue du lycée Lakanal et longeant les voies du RER ligne B.

En 1972 la Commission supérieure des Monuments Historiques a inscrit ce bâtiment à son inventaire pour le protéger de défigurations par des extensions inapropriées,

En 1981 la villa est divisée en une vingtaine d’appartements. La restauration entreprise entre 2011 et 2015 a redonnée à cette villa l’éclat de ses parements en béton et la couleur initiale de ses balustrades.

Quant à la tour et son réservoir d’eau pour l’arrosage par gravitation des jardins intégrés aux terrasses et des serres, elle démontre l’élasticité et l’étanchéité de ce nouveau matériau au début du XX siècle.

F. Hennebique a surmonté cette tour de quatre dragons orientés aux quatre coins de la planète pour promouvoir internationalement le savoir-faire de son entreprise.

Une promotion justifiée pour ce visionnaire autodidacte qui armé de son certificat d’études décide de devenir maçon. En 1865, à 23 ans, devenu chef de chantier il s’installe pendant 20 ans comme entrepreneur en Belgique et s’intéresse à l’alliance du fer et du béton comme protection du métal contre le feu. A partir de 1879 il se consacrera à l’exploitation de ses brevets grâce à un bureau d’étude d’une centaine d’ingénieurs et à un réseau d’entreprises liées à sa société par contrats pour les réalisations des ouvrages.

En 1898 il construit le premier pont civil en béton armé à Chatellerault.                                                     En 1900, il réalise comme entrepreneur avec l’architecte E.Arnaud au 1 rue Danton à Paris le premier immeuble néo-haussmannien en béton armé ( une parfaite démonstration de son affirmation  » On peut tout demander au béton armé et il peut tout reproduire »), cet immeuble abritera la centaine d’ingénieurs du bureau d’études de l’empire Hennebique. En 1905 la société Bétons armés Hennebique contrôle environ 20% de la construction mondiale en béton armé.                                                                                                  En 1911, il construit à Rome le pont du Risorgimento, le plus long pont du monde à cette époque.

 

Publicités

Puteaux ou la difficile identification d’une ville .

Cette balade en boucle dans Puteaux à partir du Pont de Neuilly va à la rencontre de styles architecturaux que beaucoup d’architectes font semblant de ne pas regarder, ils ont été majoritairement « inspirés » et souvent quasi-imposés par des édiles se complaisant dans des environnements nostalgiques de plaquettes de briques, de mansardes en zinc et de balustres, sans désir de participer à un environnement moderne.

On découvre depuis le pont de Neuilly une vue de Puteaux étroitement liée au quartier de La Défense implanté sur un tiers de son territoire communal. Ce premier regard est très réducteur si on ne va pas à la découverte de cette commune aux aspects très contrastés.

Capture d’écran 2015-07-28 à 08.59.55

Cette balade présente la grande variété des styles architecturaux directement liés aux impulsions imposées de façon plus ou moins éclairées par les différents maires : novateurs ou conservateurs voire passéistes. Ces successions de volontés politiques très différentes et plus ou moins affirmées impactent directement le paysage architectural et aboutissent fréquemment à des juxtapositions au mieux composites, au pire hétéroclites.

P1300173 L

La très remarquable tour Nobel (J de Mailly J.Depussé J.Prouvé Arch.1967) n’est donc pas représentative de la production architecturale qui suit. L’urbanisme de dalle des  terrasses Bellini, cet ensemble de logements et de bureaux récemment rénové, a peut être servi d’exemple à ne plus reproduire, mais après analyse l’effet balancier n’est pas exempt de critiques lui aussi.

P1300172

L’arrière des terrasses Bellini ,vue de la passerelle enjambant le périphérique de La Défense, montre les limites de l’urbanisme de dalle des années 60 et apparaît assez caricaturale.

.P1280709

Un cheminement le long de la Seine permet d’avoir une vision plus générale des transformations du tissu territorial . Aux coteaux de la Seine et à ses vignobles fin du XIX ont succédé le développement du chemin de fer, puis l’ industrialisation rapide le long du fleuve. Le développement des services a engendré l’accroissement des bureaux y compris en dehors de l’espace central de La Défense.

puteau P1330206

Un bref détour dans l’ l’île de Puteaux ou à coté du gymnase de bois et d’acier voisine le »Palais des Sports, … »le peuple lui aussi a droit à des colonnes »…un avant-gout du kitsch qui va suivre. A noter que l’île est accessible uniquement par le pont de Puteaux , le pont de Neuilly ne donne accès qu’au palais des sports de Neuilly mais ne permet pas d’accéder au complexe sportif de Puteaux, chacun reste maître dans son fief !...

P1330204

Revenons vers le centre-ville, à l’angle rue Richard Wallace et rue Voltaire avec ce rappel des constructions basses début XX lié au passé industriel avec ses anciens quartiers ouvriers maintenant relookés tendance « nostalgie » avec des enseignes dignes de parcs d’attraction.

P1330208

Rue Richard Wallace, une image-type du néo fréquemment rencontré avec ses lucarnes, bow-windows et autres réminiscences qui en rassurent certains.

P1330210

Néanmoins à d’autres époques l’esprit était moins timoré comme comme le démontre l’ Ecole Benoit Malon, 8 rue Colin (R.Roy et Lorenz Arch.1926) avec une volonté de décor qui ne se contentait pas de reproduire des images types.

P1330224

Donnant sur la rue  Richard Wallace: la Place du Théâtre, la bien nommée…on devrait préciser d’opérette dans ce cas précis avec la tentation de retrouver la qualité de la ville traditionnelle en se contentant d’importer des décors; malheureusement n’est pas Rob Venturi ou Aldo Rossi qui veut !.

P1330230 P1330231

Sur cette même place des peintures de pignons aveugles font figure de pansements urbains.

P1330235

Plus loin, l’Hotel de ville et sa colonnade monumentale (les frères Niermans Arch.1934), qui servit de modèle à la Mairie d’Alger construite par les mêmes architectes, rassurerait presque quant à la force affichée de la volonté publique durant les années 30.

P1300876 P1300884

Face à l’entrée principale de l’hôtel de ville et à son bas-relief d’A.Janniot, la médiathèque tente une recherche du monumental à tout prix .

P1300882

En remontant vers la gare de Puteaux, on peut découvrir des rues calmes avec des habitats individuels et des petits jardins. Sur le plateau, après avoir franchi la gare, on peut découvrir d’autres  productions architecturales.  Rue Cartault, la résidence Cartault (A.Labussière Arch.1922-1925). Le plan masse en peigne a permis de dégager à partir de ce point haut du relief des vues obliques vers Suresnes et la vallée de la Seine avec un réel souci à cette époque d’hygiénisme pour un habitat mieux éclairé offrant plus de confort.

. P1330245 P1330247

En redescendant vers la gare SNCF, au 172 rue de la République: la Cité Lorilleux ( les frères Niermans Arch. 1954) sur l’ancien emplacement des usines d’encres éponymes. Ces constructions contemporaines de la Cité Radieuse de Le Corbusier n’en ont pas la qualité sculpturale ni le concept fort, néanmoins elles ne font pas dans le pastiche.

P1330255

A proximité, au 48 rue F.Pelloutier, le groupe scolaire Marius Jacotot (les frères Niermans Arch. 1935-1936) présente un signal fort visible depuis la ligne SNCF de Paris-St Lazare vers Saint-Cloud.

P1330257

En longeant la voie SNCF, un autre signal urbain à l’angle de la rue Sadi Carnot qui surplombe les voies SNCF avec une vue dégagée vers la vallée de la Seine au Sud.

P1330260

En redescendant vers l’Hôtel de Ville, dans la rue de la République le néo reprend toutes ses aises. Dans le bas de Puteaux et à proximité avec le plus grand quartier d’affaires européen, il est frappant de constater la multiplicité des poncifs dignes de station balnéaire avec de frêles colonnes, des corniches, des frontons et des balustres involontairement kitsch pastichant les antiques à la façon Beverly Hills.

P1300880

Dans la cette veine factice à proximité:« Le quartier Haussmannien » 15 rue Marius Jacotot.

P1300886

 » Le Saint Andrew » 20 rue Rousselle , pauvreté et platitude de l’ architecture ordinaire.

P1300890 P1300162

Les oppositions de styles sont parfois saisissants dans cette vision urbaine ou le néo-haussmannien de la promotion immobilière privée s’oppose frontalement avec la production architecturale des tours de bureaux à l’architecture internationale.

Toujours en se dirigeant vers La Défense, rue Arago, l’immeuble de logements « Villa Carolina » reprend de façon très élémentaire l’image du Parc St James de l’autre coté de la Seine, décidément ce permanent « complexe de Neuilly » en taraude beaucoup. De toute évidence on est bien loin ici des politiques architecturales volontaristes développées dans d’autres zones péri-urbaines dont les finances publiques sont beaucoup moins favorisées que Puteaux.

P1300158

L’ affiche ringarde de la « force tranquille » de 1981 avec son village rural autour du clocher , rassemble décidément une grande partie d’ élus locaux dont la culture architecturale est « a minima » ce qui n’est hélas pas pour déplaire a beaucoup d’ acteurs de la construction.

Avant de franchir le boulevard circulaire de La Défense et contre un ensemble résidentiel en préfabrication lourde des années 70, une école « blockhaus » très figée à l’angle de la rue Arago et du boulevard A.Soljenitsyne.

P1180386 P1300874

La coupure du boulevard circulaire de La Défense isole certes le quartier d’affaires des « centre-villes »  limitrophes mais pour conclure je vous invite à profiter des espaces publics de la Défense ou vous pourrez jouer aux boules, bronzer, prier,  jouer de la guitare, flâner, échanger ou simplement respirer autour des bassins et fontaines d’Agam ou deTakis que je trouverai toujours préférables aux mignardises rencontrées dans les jardins publics de Puteaux.

P1330284 P1330294

Boulogne, secteur « ile Seguin-rives de Seine »: le nouveau quartier du Trapèze.

Au sud de Boulogne, à proximité du Pont de Sèvres et face à l’Ile Seguin, le nouveau quartier du Trapèze sur 74 hectares (10% du territoire de la commune) constitue un nouveau pôle de développement du Grand Paris. L’urbanisation du secteur a longtemps été liée au développement des usines RENAULT. Depuis 1992 et l’arrêt de la production sur ce site historique, ce nouveau quartier développe une urbanisation basée sur la mixité avec un équilibre entre habitations, bureaux et espaces verts. Une conception innovante à différents égards et en phase avec les critères de développement durable actuels plus respectueux de l’environnement .

Capture d’écran 2014-04-02 à 09.03.35

En limite Nord du quartier il faut rappeler l’urbanisation du quartier de Pont de Sèves entrepris dans les années 60.

P1230360

Le site du Pont de Sèvres occupe sur 10 ha une position stratégique de l’Ouest parisien. Initialement ces terrains faisaient partie des usines RENAULT bombardés à la fin de la guerre. Plus de 1900 logements furent construits dont 1500 HLM et ILN, 60.000m2 de bureaux et 10.000m2 de surface d’activités. L’espace public central est piétonnier, il relie entre eux différents forums et places. A l’extrémité Ouest des tours de bureaux ont été implantées dans la ZAC Tête du Pont-de Sèvres dont la surface construite est ainsi passée de 150.000 m2 à 370.000m2( Badani et Roux-Dorlut Arch.1967- 1980)

P1230400

De vastes parkings de dissuasion destinés à équiper l’entrée dans Paris ont été inclus dans le programme avec la volonté de s’abstraire de ces derniers en surface, aboutissant ainsi à une architecture de dalles innervant le centre commercial. A noter que les surfaces pour des projets tertiaires prévues initialement ont été regroupées dans le quartier de La Défense qui était alors en gestation.

P1230328

Cette architecture de la « grande échelle » issue de la période de la reconstruction d’après-guerre résume cruellement un type de rénovation urbaine des années 70 comme souvent après un retour d’expérience de l’urbanisme « sur dalle ».

Lors de sa construction ce chantier fut un modèle en matière de préfabrication avec l’utilisation du chemin de grue pour aboutir à des barres les plus longues possibles, et la domination probante de l’industrie cimentière. Aujourd’hui cette logique productiviste fait évidemment grincer des dents .

Le long de la rue du vieux pont de Sèvres: l’opération de réhabilitation du Forum est en cours, construit en 1976 (Badani,Roux-Dorlut et Vigneron Arch.1976). Cet ensemble de 800 logements de mégastructure pyramidale est composé de 2 barres de 16 niveaux constituées d’éléments préfabriqués de béton et dont les pignons sont traités en gradins. Après réhabilitation ( Eliet & Lehmann Arch. 2014) les fonds des loggias seront équipées de façades qui seront  entièrement vitrées pour profiter de terrasses.

P1230301

Cet urbanisme présente des éléments constitutifs conçus sur des formes simples: hexagones (bureaux en limite Nord face à la Seine), anneaux, pyramides ou croissants ( autour de la place)

 

P1230425

Contre cet urbanisme des années 70 le nouveau quartier du Trapèze se développe sur d’autres principes de renouvellement urbains. Pour cette opération ce n’est plus la puissance publique qui est aux commandes, elles ont été déléguées à la SAEM Val de Seine Aménagement associée à des investisseurs privés et à des promoteurs, pour développer sur ce site au cœur d’une boucle de la Seine les capacités d’attraction  à proximité immédiate de l’Ile Seguin. L’ aménagement entamé en 2008 avec la première livraison d’immeuble devrait s’achever en 2018. Actuellement sur  37,5 ha 330 000m2 ont été livrés permettant d’accueillir 5.000 habitants et 5.000 employés autour de 5 équipements publics.

P1230361

A l’origine, ce quartier est issu d’un lotissement intervenu en 1840 dont la place Jules Guesde et les rues adjacentes sont issues. Cet « éco-quartier » organisé sur la base d’un plan directeur ( P. Chavannes, C.Devillers et le paysagiste T.Laverne) allie mixité programmatique (logements et bureaux) et performance énergétique (à terme les réseaux de froid et de chaud à l’échelle du quartier doivent évoluer vers la géothermie et utiliser 65% d’énergies renouvelables) autour du vaste parc paysagé de Billancourt parallèle à la Seine. La variété des réponses réalisées par les différents architectes est renforcée par une très ( trop?) large palette de matériaux .

A la pointe de la rue du vieux pont de Sèves et du Cours de l’Île Seguin: les bureaux pour le journal L’Équipe (JP.Viguier Arch.2008).

P1230318

et son élévation coté Cours de l’ile Seguin:

P1230331

A l’angle du cours de l’ile Seguin et de la rue Y.Kerven: l’immeuble de bureaux Aurélium ( D.Perrault Arch. 201 ) façades en panneaux semi-transparents constitués de verre et de maille métallique.

P1230321

en se dirigeant vers la Seine, l’immeuble MICHELIN (C.Ferrater, E Babin, J-F.Renaud Arch.2012 ) les façades utilisent un seul module de pierre argentée ainsi qu’un seul module de châssis vitré.

P1230330

Après l’immeuble MICHELIN la traversée en cœur d’ilot est possible, elle permet d’accéder à l’ensemble groupe scolaire et maternelle Robert Doisneau ouvert en 2010 qui assure la liaison entre le cours de l’île Seguin et l’allée Robert Doisneau qui est parallèle.

P1230333

P1230337

L’allée piétonne R Doisneau est bordée d’immeubles d’habitations,

P1230336

P1200227

Plus loin en poursuivant l’allée piétonne, mis à part l’immeuble en R+8 à l’angle de la rue Marcel Bontemps et de l’allée Robert Doisneau, les façades des 3 autres bâtiments en R+6 disposés en périphérie du terrain sont arrondies et sur des plans biais pour se dégager de relations moins frontales en cœur d’ilots. Des peintures métallisées cuivre or et argent donnent un aspect moiré aux façades rehaussées par des panneaux de tôles perforées en aluminium anodisé reproduisant des scènes de chasse dans cet environnement urbain (L.Paillard Arch.).

P1230311

L’ allée piétonne R.Doisneau se poursuit jusqu’au foyer-résidence pour travailleurs à l’angle de la rue Y Kermen  (Saison & Menu Arch.2013 ), les façades sont recouvertes d’un bardage en cassettes d’aluminium anodisé bronze.

P1230307

En face: immeuble de bureaux ( KCAP et Atelier 115 Arch.2012 ) les façades sont revêtues de briques de béton clivé.

P1230308

Plus loin dans l’allée El Ouafi Boughera ( Bulher Arch.2012 ) pour ce bâtiment en limite de la zone piétonne les façades de ces 29 logements sont à chaque fois particulières .

P1230314

y compris pour son élévation élévation coté du cours E Zola.

P1230304

Sur le cour E Zola: « La Factory » ( Mateo Arquitectura Arch.2013 ), les façades sont en panneaux d’aluminium et d’acier perforé habillant une structure béton, seule l’ossature béton en rez de chaussée reste apparente.

P1230306

Immeuble de bureaux ( Naud et Poux Arch. 2012 ) avec façades en fonte d’aluminium,

P1200222

en pignon un mur végétal se poursuivant jusqu’en terrasse.

P1230348

A l’angle des avenues E.Zola et P.Lefaucheux un ensemble bureaux et commerces (Sauerbruch & Hutton Arch.2014) fait face aux bureaux RENAULT  conservés, dans cette zone la diversité devient cacophonie.

P1230343

Le long de l’avenue P.Lefaucheux et face au grand parc de Billancourt l’immeuble d’habitations « Rive de Parc » ( Lipsky+Rollet Arch.2013) imprime une présence forte. 151 logements sociaux offrent une doble orientation, en façade Sud les balcons filants sont équipés de châssis repliables à lames de verre permettant une utilisation en toutes saisons ( jardin de serre ou balcon ombragé).

P1230345

Deux batiments plots font face au cœur d’ilot et traités en panneaux polycarbonate et reprend le système de portance en rez de chaussée du bâtiment sur parc.

P1230355

La façade de long de l’avenue P.Lefaucheux face au parc de Billancourt est un signal fort par rapport aux autres constructions avoisinantes.

P1230367

P1230346

De part et d’autre du parc urbain d’autres ensembles d’habitations apparaissent plus conventionnels.

 

P1230340

Ensemble d’habitations entre l’avenue G.Gorse qui longe la Seine et l’ Allée G.Askinazi face au parc de Billancourt aux façades parfois trop démonstratives.

P1230373

A l’extrémité Ouest du parc et face au pont RENAULT rejoignant l’ile Seguin, l’immeuble de bureaux (Norman Foster Arch. 2013) en deux parties reliées par un atrium central.

P1230377

P1230378

Le pont RENAULT ( M.Barani Arch. 2012 ), relie le quartier du Trapèze au futur espace ou sera implanté l’ensemble « R4 » (J.Nouvel Arch.) comportant le pôle des arts plastiques et visuels, lieux culturels avec salles de cinéma et de concert,mettant en synergie les nouvelles technologies.

P1230381

Retour vers le cours de l’ile Seguin et au « 57 Métal » ( C.Vasconi Arch.1987) qui est le dernier grand projet architectural de RENAULT avant le transfert en 1992 des usines devenues trop polluantes. Cette halle de 25.000 m2 a depuis été transformée et compartimentée en 2004 en centre de communication High Tech pour RENAULT

P1230391

Vue du « 57 métal » à partir de la place G.Besse.

P1230416

Le « 57 métal » fait face à l’inclassable tour Horizon ( Ateliers J.Nouvel Arch.2012 ).

P1230394

P1230397

Le socle des 5 premiers niveaux est en béton projeté sur un treillis en métal puis travaillé par un sculpteur par entaillage selon des effets prédéfinis.

A proximité immédiate de la tour est implantée la crèche « de la girafe » a objectif « zéro énergie » ( R.Hondelatte M.Laporte Arch.2012) .

P1230415

Ici se termine la balade dans le quartier du Trapèze, troisième volet des balades dans Boulogne, après avoir évoqué les quartiers Nord vers le Bois et un parcours architectural autour des années 30, puis le Sud et le quartier central autour de la Mairie réalisée par Tony Garnier.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Grand Paris / Balade architecturale à Boulogne-Billancourt Sud.

Située sur l’axe Versailles-Louvre, Boulogne  » ville des blanchisseurs », installés sous Louis XIV pour entretenir le linge des courtisans est un vaste territoire avec, assez longtemps, une forte différentiation spatiale Nord-Sud. Au Nord le Boulogne riche et très résidentiel et au  Sud le long de la Seine avec Billancourt ( rattaché à Boulogne en 1860) ou se concentrait les usines et les quartiers populaires. Cette balade débute au centre du territoire et s’achève dans le quartier du Point du Jour dont le renouveau urbain date des années 60. Elle vient en complément du parcours architectural effectué au Nord le long du bois.

Capture d’écran 2014-04-02 à 09.07.44

L’urbanisation est pour grande partie l’œuvre du maire André Morizet organisateur visionnaire durant ses quatre mandats successifs de 1929 à 1942. C’est en effet grâce à son impulsion que la ville s’est structurée pour se forger une identité propre. En 1929 l’adoption d’un plan d’aménagement a permis une répartition du territoire entre quartiers industriels et résidentiels tout en implantant équitablement les équipements publics pour en faire à la veille de la seconde guerre mondiale une ville moderne indissociable à différents égards de l’entreprise RENAULT.

L’année 1934 correspond à l’apogée de cette période d’urbanisation et de grands projets  avec l’inauguration de Hôtel de ville (Tony Garnier et J. Debat-Ponsan Arch. 1931-1934), marquant enfin une centralité à ce vaste territoire. Le centre géographique de la cité entre Boulogne et Billancourt fut ensuite renforcé par l’implantation d’autres équipements administratifs comme la poste principale.

Les façades de l’Hôtel de ville expriment clairement les deux fonctions associées à ce bâtiment administratif. La façade Sud qui s’élève coté avenue André Morizet correspond aux salons d’honneur de la mairie, la composition classique en pierre de comblanchien avec une entrée monumentale se prolonge intérieurement par l’escalier d’honneur menant aux salons à l’étage.

P1200105

P1200130

P1200128

L’escalier d’honneur est rehaussé par une toile monumentale d’Olivier Debré (1988).

P1200157

Les différents salons d’honneur peuvent former un seul et même espace de 50 m de long et de 10 m de haut. Les cloisons séparatives ont été dessinées par Jean Prouvé. Le décor à la feuille d’or est d’une grande simplicité y compris dans le dessin du mobilier de la salle des mariages. Le plafond de Georges Mathieu ( arabesques d’or sur laque noire) a été réalisé en 1983 à l’initiative du maire G Gorse.

P1200147

La façade Nord coté rue Jules Henripe (en béton bouchardé) correspond aux différents services municipaux organisés autour d’un vaste hall central sur quatre niveaux.

P1200125

Les différents services fonctionnels sont regroupés sur trois coursives en encorbellement autour du vaste hall central ( 65 m x 28 m ).

P1200133

En partie haute l’éclairage latéral et zénithal inonde cet espace fonctionnel.

P1200137

P1200131

A proximité de l’hôtel de ville qui constitue le motif principal de la place, l’annexe Delory regroupe les différents organismes sociaux (R-L Hummel Arch. 1936-1946), le bâtiment s’organise autour d’un patio central ouvert sur toute sa hauteur.

P1200162

Face à l’hôtel de ville l’hôtel des Postes et le central téléphonique ( Ch.Giroud Arch. 1938), la surélévation en 1960 manque un peu de discernement par rapport au bâtiment d’origine.

P1200126

Devant l’espace Paul Landowski,( atelier Josic Arch.1990) la réplique de l’arbre en ciment armé de Jan et Joël Martel présenté a l’exposition internationale des arts décoratifs de 1925. Cette recherche volontairement abstraite sert d’introduction aux collections du musée des Années 30 crée en 1958.

P1200111

En remontant la rue André Morizet vers le Nord: une ancienne blanchisserie, dont ne subsiste que la cheminée, et dont le site est occupé désormais par une agence de communication (JJ.Ory Arch.1999).

P1200118

P1200116

En revenant vers la place Marcel Sembat juste après la poste centrale de Boulogne la cité G.Sorel présente 10 plots d’habitations sociales des années 30 se faisant face de chaque coté de la rue.

P1200104

Après avoir passé la place Marcel Sembat on emprunte le boulevard de la République vers la Seine.

On emprunte ensuite la rue Thiers qui débouche sur l’avenue Pierre Grenier. Au n°34 autre site digne d’intérêt le square de l’Avre-et-des-Moulineaux, ( J.Bassompierre, P.Sirvin et P.de Rutté Arch.1932), sur un terrain rectangulaire de 27.600 m². Aux 1.000 logements d’origine construits en brique jaune autour des espaces intérieurs de d’îlot, en phase avec les théories hygiénistes de l’époque, une surélévation récente en structure métallique et bardage (P.Magendie Arch.1992-1996) apporte un regard assez monumental sur la densification de cet ensemble d’OPHLM.

P1200173

P1200188

L’ entrée monumentale au 54-56 quai du Point du Jour face à la Seine.

P1200193

P1200198

Dès les années 60 et pour faire face à l’essor démographique (107.000 habitants en 1962) de nombreux logements furent construits à l’emplacement d’anciennes usines comme pour La cité du Point du Jour ( terrain des anciennes usines Salmson) un groupe d’immeubles de 2.260 logements avec équipements ( F.Pouillon Arch. 1958-1963) qui réalisa dès 1953 pour l’OPHLM d’ Alger des projets monumentaux en utilisant la pierre. Fernand Pouillon crée ici une composition urbaine structurée avec des espaces publics   d’esprit très classiques. La création du Comptoir National du Logement structure ou il intervient à la fois comme Maitre d’Ouvrage et Maitre d’œuvre lui permet d’abaisser les coûts de revient de plus de 60% sans transiger sur la qualité. Ses réalisations en région parisienne: ici à Boulogne, à Pantin, ou à Meudon attestent 50 ans plus tard l’intelligence du montage économique ainsi que la qualité esthétique des réalisations.

P1200200

P1200203

La composition du plan masse relie avec une certaine mise en scène classique les façades places et jardins. La pierre identifiée souvent avec l’apparition du béton à l’expression du monumentalisme classique de bâtiments officiels, est reprise ici pour ses valeurs de noblesse dans un environnement industriel immédiat assez dégradé et difficilement valorisable.

P1200205

Les espaces intérieurs sont clos, ordonnancés et ornés de bassins ou de fontaines pour créer des résidences à l’abri des voitures et dont les parkings sont implantés en sous-sol.

P1200208

Les façades sont le support d’un décor: les façades avants des tours sont avec des balcons filants, les façades arrières sont constituées d’éléments préfabriqués en béton armé moulé.

P1200212

Cette balade se termine au pont de Billancourt avant les terrains des anciennes usines RENAULT qui fera l’objet d’une autre balade.

 

 

 

 

 

 

Grand Paris / Boulogne: balade architecturale autour des années 30 à proximité du bois.

Située sur l’axe Versailles – le Louvre, Boulogne-Billancourt a longtemps été scindé en deux entre Boulogne au Nord, riche, princier et lieu privilégié par les artistes, et le Sud ou se concentrait le long de la Seine dans le quartier de Billancourt les usines et les quartiers plus populaires.

Cette balade se propose de découvrir différentes réalisations marquantes des années 30 au Nord de ce territoire. Compte tenu de la richesse du patrimoine architectural et urbanistique d’autres balades compléteront celle-ci.

Deuxième ville d’île de France après Paris sur le plan démographique, l’urbanisation de Boulogne-Billancourt a pris forme dans les années 30 en phase avec les courants architecturaux de l’époque et grâce à l’encouragement de clients audacieux et libres d’idées préconçues. Souvent issus d’une élite artistique, regroupée autour du marchand d’art Daniel-Henry Kahnweiler et ses riches heures des « dimanches de Boulogne« . Ces clients firent confiance à de jeunes architectes se réclamant de l’avant-garde, de la tradition voire du néo-classicisme qui ont apporté une diversité et une richesse digne d’intérêt à cette ville.

Image 2

La balade débute route de la Reine, après avoir passé le stade du Parc des Princes dans la rue de la Tourelle. Plusieurs extensions et surélévations récentes de maisons individuelles sont en continuité avec l’habitat mixte existant: immeubles et hôtels particuliers des années 30.

P1210281

A l’angle rue des Princes – rue de la Tourelle, un groupe de 5 immeubles d’habitations desservis en cœur d’îlot par un ensemble de rues et de petites places ( C.Lefranc Arch.1929-1931).

P1210280

Ce groupe présente des similitudes par rapport aux ensembles HBM des boulevards des ceinture parisiens. Pour cet ensemble immobilier construit pour une compagnie d’assurances la brique et l’enduit sont utilisés sur l’espace intérieur, les façades sur la rue de la Tourelle sont en pierre de taille.

P1210282

Plus loin à l’angle avec la rue du Belvédère la hauteur de cet ensemble est réduit pour s’aligner avec les premières villas particulières mitoyennes et assurer une transition dans l’échelle du bâti. Le traitement des bow-windows et des balcons dégage une impression de vigueur.

P1210286

Plus loin au n°52 de la rue de la Tourelle: structure en béton pour cet immeuble en pierre de taille d’une apparence très classique (U.Cassan Arch.1924).

P1210285

En revenant au n° 5 de la rue du Belvédère, cet hôtel particulier à la façade concave ( R.Bornay Arch.1928-1929) est d’un esprit néo-classique avec son attique, il dialogue avec la maison Godfray au n°4 dont la façade convexe suit le tracé de la rue (R.Fischer Arch.1927) dont le traitement plus moderne gommant toute référence au classique.

P1210287

P1210288

Au n°9 le traitement de la façade sur rue avec sa grande baie vitrée surmontée d’une pergola signale cette résidence-atelier d’artiste (A.Lurçat Arch.1926-1927) construite à l’origine pour le sculpteur Froriep de Salis.

P1210290

Au n°21 la villa Dora Gordin (A.et G.Perret Arch.1929), la structure en béton apparent clairement exprimée est surmontée d’une corniche classique avec remplissage des allèges en panneaux de briques appareillées. La grande baie de l’atelier occupe toute la largeur de la façade sur rue, la façade sur jardin dessert les pièces privées. Une autre villa des frères Perret pour Marguerite Huré située au n°25 a été grandement remaniée.

P1210292

D’autres villas modernistes des années 30 ou des ré-interprétations contemporaines ponctuent la balade dans la rue du Pavillon et le quartier des Princes-Marmottan.

P1210294

Place de l’Europe, face aux stades du Parc des Princes et Jean Bouin, à l’angle au n°1 rue du Pavillon et 32bis rue de la Tourelle, sur une parcelle triangulaire (M-V.Guilgot Arch.1937) cette villa se développe entre des courbes concaves et convexes, seule la corniche vient rompre l’aspect dépouillé des façades

P1210296

P1210325

Au n° 24 rue Nungesser et Coli, l’immeuble collectif de la Porte Molitor (Le Corbusier Arch.1933-1934). L’immeuble construit sur ce terrain traversant (12 m x 26 m) a développé le principe des planchers libres (incluant 5 poteaux entre les façades sur les 2 rues) aménagés par les occupants. Le plan en H reçoit 14 appartements sur 7 étages, éclairés par 2 cours intérieures. Aux 7é et 8é étages l’appartement-atelier a double orientation de Le Corbusier est implanté avec son toit jardin face au Parc des Princes ( visitable sur RdV avec la Fondation Le Corbusier). Un immeuble d’un modernisme plus radical que l’immeuble mitoyen du n°22 réalisé par M.Roux-Spitz .

P1210333

n° 24 rue Nungesser et Coli: (J.Fidler et A.Poliakoff Arch.1932).

P1210335

Au n°20 rue Nungesser et Coli, sur un terrain traversant (J.Fidler  Arch.1930) et dans un style éclectique cet immeuble utilise les reculs d’alignement par rapport aux 2 rues pour développer avec 2 arrondis des jeux de gradins ( légèrement différemment dans le traitement des balcons et des balustres sur la façade donnant rue de la Tourelle).

P1210339

A l’angle avec la rue du Château deux ensembles de logements pour la Caisse des Dépôts et Consignations se font face (L.Faure-Dujarric Arch.1934-1936) dont l’un occupe tout l’îlot. Façades en béton revêtues de pierre et percées de baies identiques, les derniers niveaux sont dotés de terrasses donnant vers le Bois de Boulogne.

P1210342

P1210345

On reprend ensuite la rue de la Tourelle pour observer les autres façades des immeubles construits sur les terrains traversants avec la rue Nungesser et Coli, au n° 15 ( J.Fidler Arch.1930).

P1210309

n° 19 rue de la Tourelle ( J.Fidler et A.Poliakoff Arch.1932): un jeu de volumes simples et massifs reprenant le principe des bow-windows rabattus à 45°.

P1210311

Au 23 rue de la Tourelle la façade arrière de l’immeuble de Le Corbusier. Les 10 chambres prévues à l’origine pour les domestiques sont implantées en RdC et en Sous-sol. Comme sur la rue Nungesser et Coli: structure en béton armé façade de verre et acier, et briques de verre.

P1210312

Au n°24 les ornements en céramique de cet immeuble (G.Moreau Arch.1913) attirent l’attention ainsi que le gabarit particulier de cet immeuble entouré d’autres constructions de styles éclectique ou régionaliste.

P1210314

P1210316

P1210317

P1210320

On emprunte ensuite rue Maurice Loyau jusqu’à l’avenue Robert Schumann, au 19bis  l’hôtel particulier de la famille Renard (J-L Courrège Arch.1926-1929) est un exemple d’architecture d’Art Déco de tendance régionaliste. Grands versants de toitures en tuiles de Bourgogne avec de hautes cheminées, en façades des alternances de briques et de pierres sculptées. J-L Courrège très intéressé par les arts décoratifs a construit plusieurs hôtels pour le Touring Club de France (notamment ceux d’Auxerre et d’Aix en Provence).

 

Cet hôtel particulier comporte deux grands appartements, André Malraux a occupé le duplex du premier étage de 1945 à 1962.

P1210303

En face au 18bis avenue Robert Schumann: l’hôtel particulier Dujarric de la Rivière (L.Faure-Dujarric Arch.1930) présente une image différente marquée par la sobriété. Ici tout concoure à mettre en valeur la salle qui accueillait l’orgue de la propriétaire sur deux niveaux.

P1210302

 

Détail du portail d’entrée rue Salomon-Reinach.

P1210301

La rue Salomon Reinach aboutit rue Denfert-Rochereau, au n°5 l’immeuble de rapport (G-H Pingusson Arch.1933-1936).

A l’origine Le Corbusier avait élaboré un projet en 1923 réalisé en 1926 l’appartement- atelier d’artiste des Ternisien sur ce terrain en pointe assez difficile. Des problèmes financiers, la mise en œuvre de procédés nouveaux et les modifications pour s’adapter aux différentes contraintes aboutiront à de multiples malfaçons, s’en suivirent revente et destruction. C’est alors que G-H Pingusson, un proche de R.Mallet-Stevens réalisa sur cet emplacement un immeuble de rapport de 3 petits appartements par étage autour d’un escalier hélicoïdal. Pingusson a conservé la pointe en RdC du bâtiment de Le Corbusier et édifié cet immeuble aux hublots et à la proue arrondie du style « paquebot », source d’inspiration en vogue à cette époque de développement des grands transatlantiques.

P1210355

P1210358

Dans l’allée des Pins deux autres résidences ateliers par Le Corbusier: les villas des sculpteurs Miestchaninoff et Lipchitz (1924).

Aux n°8, 6 et 4 de la rue Denfert-Rochereau: les villas Collinet, Cook et Dubin forment un ensemble d’une grande unité architecturale, excepté une surélévation récente. Ces trois villas mitoyennes ont été édifiées entre 1926 et 1927 respectivement par Mallet-Stevens, Le Corbusier, et R.Fischer.

P1210365

La Villa Collinet réalisée en 1926 est un prélude à la villa-atelier que réalisera Mallet-Stevens dans le 16e arrondissement notamment pour les frères Martel. Ici Mme Collinet a loti le terrain d’origine en 3 parcelles de 10 m de large, la profondeur des terrains a permis  de profiter de jardins à l’arrière des constructions. Cette première réalisation a définie les alignements et les hauteurs qui ont ensuite été respectées par les 2 autres villas. Le volume de l’escalier en extrémité légèrement avancé par rapport au plan carré d’étage de la villa permet de caler la composition de l’ensemble. Béton blanc et façade dépouillée sans décoration rapportée en façade, le jeu des volumes sert de contrepoint à une certaine rigueur formelle de l’ensemble. Au RdC les pièces de service, au premier étage les pièces de réception et au dessus les chambres qui donnent sur le toit terrasse. En façade arrière un haute verrière éclaire le salon-atelier.

P1210360

Villa Cook: pour ce journaliste américain Le Corbusier applique ici en 1927 ses certitudes de « l’architecture nouvelle« : construction sur pilotis libérant le sol, toit jardin, plan et façade libres, fenêtres en longueur coulissant latéralement. Le  plan classique est renversé: le rez de chaussée est libre et la réception sur le toit permet de découvrir le Bois de Boulogne. Par rapport à la villa Collinet Le Corbusier affiche son appartenance au « style international » avec les fenêtres en bande continue au nu extérieur de la façade.

P1210362

Villa Dubin (R.Fisher Arch.1928), même déclinaison d’une façade en béton lisse et toit terrasse malheureusement modifié au dernier étage par une extension en 1964 réalisée par le propriétaire, ancien président de l’UNSFA et de l’Ordre des Architectes.

P1210364

A l’angle avec les rues Denfert-Rochereau et Gambetta, face au carrefour des Anciens- Combattants l’hôtel particulier de J.Niermans (1935). Les deux façades sont traitées de façons différentes. La façade coté jardin rue Denfert-Rochereau est d’une mise en scène assez classique avec un escalier monumental compte tenu du faible recul par rapport à la rue.

P1210378

La façade sur la rue Gambetta se distingue par une multiplicité d’ouvertures de dimensions variées.

P1210380

n°5 rue Gambetta, hôtel particulier ( E.Terry y Sanchez Arch.1928-1931). Pour cette réalisation l’architecte s’inspire assez librement des styles dits « historiques » notamment de Palladio et de Ledoux (le soubassement massif avec fruit) pour réaliser un « collage anti-moderne » assez décomplexé.

P1210382

Du coté des numéros pairs de la rue Gambetta deux immeubles collectifs autour d’une cour ouverte ( M.Julien et L.Duhayon Arch.1933-1934).

P1210386

A proximité: les hôtels particuliers des 8-14 rue Gambetta ( M.Julien et L.Duhayon Arch.1933): béton désactivé en façade et une imposante corniche souligne le toit terrasse. .

P1210387

n°4 l’hôtel particulier de l’architecte A.Gutton (1928-1930), auteur notamment du plan d’urbanisme de reconstruction de Boulogne en 1948.

Sur le terrain du n°2 rue Gambetta, face au carrefour des Anciens-Combattants, et 1 avenue J-B Clément: la résidence atelier pour le peintre M.Lombard, l’un des décorateurs du paquebot Normandie (P.Patout Arch.1928). L’atelier du peintre est implanté dans la pointe et face au rond point, les accès sont reportés sur les façades latérales. Conçu sur un plan maçonnique, le soleil devant briller sur la table de salle à manger à toute heure de la journée.

P1210371

 

Façades des hôtels particuliers coté rue JB Clément.

P1210392

Au n°3 avenue J-Clément (L.Compoint Arch.1928-1929), motifs sculptés et frontons Art Déco pour cet immeuble qui vient s’insérer dans le plan masse de Julien et Duhayon vu précédemment.

P1210396

Cette balade se termine avec au n° 25 les immeubles de la France Mutualiste qui se prolongent sur la voie privée Pau-Casals ( Bénier Arch.1933) le traitement des cages d’escaliers sont assez représentatifs de l’Art Déco.

P1210397

P1210400