Paris, balade architecturale dans le quartier d’Auteuil,16e Sud.

Cette balade architecturale complète celle consacrée au quartier de Passy (« du Trocadéro jusqu’au Pont Mirabeau  » de Juin 2013).

De la même façon qu’à Chaillot et Passy le village d’Auteuil s’est couvert de constructions entre 1895 et 1914 à la place du tissu industriel. Ainsi le Sud du XVIe arrondissement comporte de très nombreuses œuvres d’Hector Guimard entre 1895 et 1910 évoluant entre rationalité constructive et pittoresque. Beaucoup plus tard le tissu urbain a été complété par les réalisations des années 60 issues de la promotion immobilière dont Jean Ginsberg, le moderniste, peut apparaitre comme le représentant le plus prospère si on s’en tient à sa dizaine de réalisations dans le quartier d’Auteuil.

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A proximité de l’église d’Auteuil l’immeuble à l’angle des rues d’Auteuil et Verderet avec ses bow-windows courbes est représentatif des années 30 de même que sa façade revêtue de carrelages en « opus incertum » (J.Bassompierre, P.de Rutté, P.Sirvin Arch.1933). Sur ce terrain exigu (80m2) la volumétrie développée grâce aux bow-windows permet avec le surplomb de développer de grands studios dans les étages supérieurs alors que le premier est réservé aux logements des domestiques. Cette volumétrie tout en courbes a été développée en 1930 par les mêmes architectes dans l’immeuble face au pont Mirabeau sur la rive gauche.

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Dans l’avenue Chardon Lagache après avoir longé l’hôpital Sainte Périne, on découvre au n°41: l’hôtel particulier Jassedé (H. Guimard Arch.1893) tendance « éclectique ». En rendant le dessin des façades irrégulier pour se conformer aux préceptes de Viollet-le-Duc édictés vers 1860 :  » la symétrie est une de ces idées malheureuses auxquelles nous sacrifions, dans nos habitations, notre bien-être quelquefois, le bon-sens et beaucoup d’argent toujours ». Ce bâtiment utilisant une large palette de textures et de matériaux est le premier important construit par Guimard à Paris y compris le mobilier réalisant ainsi une œuvre d’art total.

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Au croisement avec la rue Jouvenet, un immeuble d’habitations des années 50: structure béton et profil en gradins des étages supérieurs selon le règlement provisoire de 1950 (la verticale du gabarit est égale à la largeur effective de la voie: H=L, tandis que l’oblique peut s’élever jusqu’au plafond dont la hauteur est fixée par le plan d’aménagement de l’îlot). La rue du Ranelagh est un des exemple le plus représentatif de ce dispositif réglementaire avec la multiplication de « cascades » successives.

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Ne pas manquer rue Molitor le n°1ter, l’hôtel particulier Delfau d’Hector Guimard 1894-1895.

Au n°40 rue Boileau (J .Richard Arch.1908). Cet hôtel particulier a été construit par un des pionniers du béton armé, il est à rapprocher du style d’Anatole de Baudot notamment à St Jean de Montmartre. L’ossature en béton, même si à cette époque elle est revêtue de carrelage protecteur, est mise en évidence en opposition au remplissage en briques, décorés ici par  des éléments en grès flammé. Cette construction a le mérite de capitaliser différents essais parfois hétéroclites qui expriment néanmoins les potentialités du nouveau matériau.

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L’excroissance sur le balcon du premier étage est plus tardive. Le bâtiment est occupé par le lycée algérien de la représentation diplomatique.

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Plus loin rue Boileau l’ambassade du Viet-Nam et ses logements de fonction, un catalogue de détails assez « décalés » mais bien représentatif des architectures importées.

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Rue Michel-Ange, au n° 2bis: la station électrique d’Auteuil (P.Friesé Arch.1912), destinée à l’alimentation du métro, affiche un vocabulaire industriel par opposition à celles qui étaient destinées à l’alimentation des habitations traitées de façon plus « traditionnelle ».

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Au 138 boulevard Exelmans (P.Guadet Arch.1930). Cet immeuble d’habitations met en valeur l’ossature en béton avec des remplissages en briques. L’ornementation n’est pas encore totalement abandonnée mais limitée à la ferronnerie des garde-corps.

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91 boulevard Exelmans (J.Ginsberg & A.Ilinsky Arch.1964-1967), nous reviendrons plus loin sur ce bâtiment dont le terrain va jusqu’au boulevard Murat.

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61-63 rue Erlanger (P.Vago Arch.1957). Cet immeuble d’habitations combine un nombre assez variés de type d’appartements y compris des duplex se traduisant dans l’animation de la façade par un jeu d’alternance entre loggias et  bow-windows.

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Perpendiculaire au boulevard Exelmans, la rue du général Delestraint comporte à l’angle avec la rue de Varize un ensemble immobilier des années 30 qui se développe sur une grande longueur avec des saillies de loggias et bow-windows.

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Hôpital de la Croix Rouge Française 95 rue Michel Ange (Ed Arch. 1985)

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Porte de Saint-Cloud au n°101 du boulevard Murat ( H.Favier Arch.1919). Les deux façades de cet immeuble d’angle expriment ses différentes fonctions, à la fois accueil et espace d’exposition au premier étage sur le boulevard et bureaux sur la rue du général Delestraint. Pas de « décoration » superflue pour E.Brandt le Maitre d’Ouvrage qui a été à l’origine du renouveau du fer forgé en France, les façades sont en briques.

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95 boulevard Murat, l’hôtel particulier Guadet (P.Guadet Arch.1912), ce petit immeuble a été construit pour recevoir en rez de chaussée l’agence de l’architecte. Au premier étage les chambres, au deuxième salons et salle à manger, la terrasse est accessible. Cet immeuble réalisé par un des pionniers du béton armé possède une ossature béton décorée de pastilles en grès émaillé à la façon d’Anatole de Baudot.

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A l’angle des rues Murat-Varize un très bel immeuble dans l’esprit des années 30 avec une rotonde assez proche de celle de B.Elkouken du 146 boulevard Montparnasse, signature de ces années novatrices.

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Plus loin un immeuble d’habitations et ateliers d’artistes.

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37-39 boulevard Murat et 91 boulevard Exelmans (J.Ginsberg, A.Ilinsky et M.Schultz van Treek Arch.1964-1967). Les façades sur le boulevard de cet ensemble immobilier  se développent aussi en cœur d’ilot, elles sont animées par des loggias dont la recherche sculpturale et cinétique est à rapprocher de celle de l’agence Anger Heymann et Puccinelli de la même époque. Le traitement du rez de chaussée permet la vision du jardin intérieur.

Si le balcon a été une marque de fabrique de l’immeuble haussmannien, avec les années 50 il est devenu un enjeu architectural. Avec les années 60 il devient le moyen le plus économique de créer une nouvelle esthétique et très souvent l’unique dispositif autour duquel est développé le projet.

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Lycée Jean-de-La-Fontaine, le long de la rue Meryon extension pour la création d’un centre de documentation (J.Lucan Arch.2002). Ossature métallique vitrée posée sur le bâtiment d’origine (G.Héraud Arch.1935-1938). Minimalisme et intégration.

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En poursuivant la balade à la limite avec Boulogne, confrontation entre le stade du Parc des Princes (R.Taillibert Arch.1967-1972) et le stade Jean Bouin après sa récente rénovation  (R.Ricciotti Arch.2011-2012). Le Parc des Prince implanté au dessus du boulevard périphérique est composé de 50 portiques en béton précontraint de hauteurs différentes lui donnant son caractère ondulant.

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Pour le stade Jean Bouin la rénovation imposait de passer le nombre de places couvertes de 5.000 à 20.000. Cet objectif a été atteint par la réalisation d’une nappe de 21.000 m2 en résille à double courbure utilisant une maille composée de 3.500 triangles autoportants en BFUP ( béton fibré à ultra-hautes performances) de 8 à 9 m de long et de 2,5 m de large.

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Face au stade Jean Bouin et à la limite de Paris et de Boulogne, la rue Nungesser et Coli et l’immeuble Molitor de Le Corbusier ( voir le parcours à Boulogne à proximité du Bois  consacrée aux années 30, Avril 2014).

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Au delà, le 14 avenue de la Porte Molitor et la piscine éponyme (L .Pollet Arch.1929) fermée en 1989 et récemment réouverte après travaux.

Après un retour Porte de Saint Cloud le parcours emprunte l’avenue de la Porte de Versailles. Au n°33 rue Claude Terrasse à l’angle avec la rue Charles Tellier, cet immeuble comporte trois appartements par étage, chacun pourvu d’un bow-window (D.& A.Thébaut Arch.1932)

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A l’extrémité de la rue Charles Tellier et à l’angle du boulevard Murat un autre immeuble des années 30 mérite une attention pour le travail des volumes.

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142 Avenue de Versailles, à l’angle avec la rue de Lancret, l’immeuble Jassedé   (H.Guimard Arch.1903-1905). Le traitement d’angle assez audacieux et habile exprime bien chez Guimard cette volonté de maîtriser chaque détail de ses constructions. La façade coté avenue est traitée en pierre alors que le retour sur la rue est entièrement en briques avec deux colonnes de bow-windows. Si l’ensemble est traité de façon assez compact, beaucoup de détails le sont avec une recherche du pittoresque. H Guimard a construit pour le même Maitre d’Ouvrage l’hôtel particulier Jassedé de la rue Chardon-Lagache en 1893.

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La remontée de la rue de Lancret aboutit au 17 rue Jouvenet. Le traitement d’angle de cet immeuble d’habitations permet par un retrait formant cour ouverte de dégager un peu de lumière sur cette parcelle mal orientée ( Jodart et A.Zaccagnino Arch.1934).

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Avenue de Versailles et sur un terrain donnant aussi coté Seine, l’immeuble « Panoramique » du 102-128 quai Louis Blériot (A.Aubert J.Baudriot et Y.Courcoux Arch.1952-1955). 300 logements majoritairement traversants donnant coté Seine face au parc André Citroën, coté avenue de Versailles le jardin initial est maintenant abandonné au profit de parkings aériens.

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La barre coté Seine est atténuée par la disposition des balcons, ou des loggias.

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La balade se poursuit jusqu’au 17-21 du quai Louis Blériot, avec l’hôtel particulier (C.Blanche Arch.1911), dans la tendance « pittoresque » et dont la façade coté Seine peut être mieux observée à partir de la pointe de l’Île aux Cygnes au pied de la statue de la Liberté.

 

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