Grand Paris / Balade architecturale à Boulogne-Billancourt Sud.

Située sur l’axe Versailles-Louvre, Boulogne  » ville des blanchisseurs », installés sous Louis XIV pour entretenir le linge des courtisans est un vaste territoire avec, assez longtemps, une forte différentiation spatiale Nord-Sud. Au Nord le Boulogne riche et très résidentiel et au  Sud le long de la Seine avec Billancourt ( rattaché à Boulogne en 1860) ou se concentrait les usines et les quartiers populaires. Cette balade débute au centre du territoire et s’achève dans le quartier du Point du Jour dont le renouveau urbain date des années 60. Elle vient en complément du parcours architectural effectué au Nord le long du bois.

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L’urbanisation est pour grande partie l’œuvre du maire André Morizet organisateur visionnaire durant ses quatre mandats successifs de 1929 à 1942. C’est en effet grâce à son impulsion que la ville s’est structurée pour se forger une identité propre. En 1929 l’adoption d’un plan d’aménagement a permis une répartition du territoire entre quartiers industriels et résidentiels tout en implantant équitablement les équipements publics pour en faire à la veille de la seconde guerre mondiale une ville moderne indissociable à différents égards de l’entreprise RENAULT.

L’année 1934 correspond à l’apogée de cette période d’urbanisation et de grands projets  avec l’inauguration de Hôtel de ville (Tony Garnier et J. Debat-Ponsan Arch. 1931-1934), marquant enfin une centralité à ce vaste territoire. Le centre géographique de la cité entre Boulogne et Billancourt fut ensuite renforcé par l’implantation d’autres équipements administratifs comme la poste principale.

Les façades de l’Hôtel de ville expriment clairement les deux fonctions associées à ce bâtiment administratif. La façade Sud qui s’élève coté avenue André Morizet correspond aux salons d’honneur de la mairie, la composition classique en pierre de comblanchien avec une entrée monumentale se prolonge intérieurement par l’escalier d’honneur menant aux salons à l’étage.

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L’escalier d’honneur est rehaussé par une toile monumentale d’Olivier Debré (1988).

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Les différents salons d’honneur peuvent former un seul et même espace de 50 m de long et de 10 m de haut. Les cloisons séparatives ont été dessinées par Jean Prouvé. Le décor à la feuille d’or est d’une grande simplicité y compris dans le dessin du mobilier de la salle des mariages. Le plafond de Georges Mathieu ( arabesques d’or sur laque noire) a été réalisé en 1983 à l’initiative du maire G Gorse.

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La façade Nord coté rue Jules Henripe (en béton bouchardé) correspond aux différents services municipaux organisés autour d’un vaste hall central sur quatre niveaux.

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Les différents services fonctionnels sont regroupés sur trois coursives en encorbellement autour du vaste hall central ( 65 m x 28 m ).

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En partie haute l’éclairage latéral et zénithal inonde cet espace fonctionnel.

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A proximité de l’hôtel de ville qui constitue le motif principal de la place, l’annexe Delory regroupe les différents organismes sociaux (R-L Hummel Arch. 1936-1946), le bâtiment s’organise autour d’un patio central ouvert sur toute sa hauteur.

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Face à l’hôtel de ville l’hôtel des Postes et le central téléphonique ( Ch.Giroud Arch. 1938), la surélévation en 1960 manque un peu de discernement par rapport au bâtiment d’origine.

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Devant l’espace Paul Landowski,( atelier Josic Arch.1990) la réplique de l’arbre en ciment armé de Jan et Joël Martel présenté a l’exposition internationale des arts décoratifs de 1925. Cette recherche volontairement abstraite sert d’introduction aux collections du musée des Années 30 crée en 1958.

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En remontant la rue André Morizet vers le Nord: une ancienne blanchisserie, dont ne subsiste que la cheminée, et dont le site est occupé désormais par une agence de communication (JJ.Ory Arch.1999).

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En revenant vers la place Marcel Sembat juste après la poste centrale de Boulogne la cité G.Sorel présente 10 plots d’habitations sociales des années 30 se faisant face de chaque coté de la rue.

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Après avoir passé la place Marcel Sembat on emprunte le boulevard de la République vers la Seine.

On emprunte ensuite la rue Thiers qui débouche sur l’avenue Pierre Grenier. Au n°34 autre site digne d’intérêt le square de l’Avre-et-des-Moulineaux, ( J.Bassompierre, P.Sirvin et P.de Rutté Arch.1932), sur un terrain rectangulaire de 27.600 m². Aux 1.000 logements d’origine construits en brique jaune autour des espaces intérieurs de d’îlot, en phase avec les théories hygiénistes de l’époque, une surélévation récente en structure métallique et bardage (P.Magendie Arch.1992-1996) apporte un regard assez monumental sur la densification de cet ensemble d’OPHLM.

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L’ entrée monumentale au 54-56 quai du Point du Jour face à la Seine.

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Dès les années 60 et pour faire face à l’essor démographique (107.000 habitants en 1962) de nombreux logements furent construits à l’emplacement d’anciennes usines comme pour La cité du Point du Jour ( terrain des anciennes usines Salmson) un groupe d’immeubles de 2.260 logements avec équipements ( F.Pouillon Arch. 1958-1963) qui réalisa dès 1953 pour l’OPHLM d’ Alger des projets monumentaux en utilisant la pierre. Fernand Pouillon crée ici une composition urbaine structurée avec des espaces publics   d’esprit très classiques. La création du Comptoir National du Logement structure ou il intervient à la fois comme Maitre d’Ouvrage et Maitre d’œuvre lui permet d’abaisser les coûts de revient de plus de 60% sans transiger sur la qualité. Ses réalisations en région parisienne: ici à Boulogne, à Pantin, ou à Meudon attestent 50 ans plus tard l’intelligence du montage économique ainsi que la qualité esthétique des réalisations.

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La composition du plan masse relie avec une certaine mise en scène classique les façades places et jardins. La pierre identifiée souvent avec l’apparition du béton à l’expression du monumentalisme classique de bâtiments officiels, est reprise ici pour ses valeurs de noblesse dans un environnement industriel immédiat assez dégradé et difficilement valorisable.

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Les espaces intérieurs sont clos, ordonnancés et ornés de bassins ou de fontaines pour créer des résidences à l’abri des voitures et dont les parkings sont implantés en sous-sol.

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Les façades sont le support d’un décor: les façades avants des tours sont avec des balcons filants, les façades arrières sont constituées d’éléments préfabriqués en béton armé moulé.

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Cette balade se termine au pont de Billancourt avant les terrains des anciennes usines RENAULT qui fera l’objet d’une autre balade.

 

 

 

 

 

 

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2 réflexions au sujet de « Grand Paris / Balade architecturale à Boulogne-Billancourt Sud. »

  1. Kaisskonna pu faire comme horreurs ! Je crois que c’est surtout depuis l’utilisation du béton. Avec des pierres, du bois, de la brique c’est naturellement esthétique…..Sans efforts !

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