Balade architecturale à IVRY sur SEINE.

Les banlieues proches de Paris après avoir été faubourgs de la capitale sont passées urbanisation aidant, d’une relation dehors/dedans à une relation centre/périphérie. Bien que les formes soient souvent difficilement identifiables, mélange de désordre anarchique et d’ordre le plus contraignant, une diversité liée à la mémoire locale demeure, les tracés viaires restent pratiquement inchangés, quant aux traces des activités précédentes elles ravivent les représentations collectives des habitants et perpétuent la conscience de la variété de la ville.

Aujourd’hui IVRY est un lieu de passage obligé d’une partie de la banlieue Sud située sur la rive gauche pour se rendre à Paris. Sa proximité avec la capitale a profondément marqué son territoire par l’intégration forcée d’équipements publics parisiens ( SNCF, cimetières, hôpitaux, traitement des eaux et des résidus urbains etc ). Son tissu industriel durement frappé par les mutations économiques laisse aujourd’hui encore un lourd passif urbain de friches industrielles. Ces éléments ajoutés à la fragmentation de la ville causée par les axes de transit concentrés sur la commune qui cisaillent brutalement, interrompent ou limitent les franchissements ont amené la municipalité à valoriser les spécificités des différents quartiers.

En terme de politique urbaine et de planification ce qui caractérise plus spécifiquement IVRY c’est la totale stabilité politique des municipalités qui se sont succédées depuis 1925 , avec pour conséquence une gestion à long terme du foncier et du bâti depuis la création  de l’OPHLM en 1923.

Le relief de la ville détermine 3 zones: la vallée de la Seine ou est implanté le centre-ville, coupé par les voies ferrées avec le quartier d’Ivry-Port au passé industriel lié au fleuve et au réseau ferré, enfin le Petit-Ivry situé sur le plateau qui a longtemps gardé des traces d’une activité agricole.

Cette balade débute dans le centre-ville place de la République ( métro Mairie d’IVRY ) pour un aperçu des réalisations architecturales les plus marquantes entreprises ces 50 dernières années.

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En 1969 après la démission de Roland Dubrulle architecte en chef de la ville, c’est Renée Gailhoustet qui le remplace et présente Jean Renaudie à l’OPHLM. Les barres imaginées sur le plan d’urbanisme dans les années 60 sont remplacées par un concept de nappe basse très découpée, dont les décrochements permettent d’organiser des terrasses étagées plantées et reçoivent différents équipements socio-culturels et commerciaux, des bureaux ainsi que des logements. La rénovation du centre ville a ainsi développé un projet d’architecture volontaire et ambitieux dans lequel logements, équipements et lieux de travail sont intimement combinés.

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Sur la place de la République au premier plan, la tour d’habitation Jeanne Hachette (R Gailhoustet Arch.1975) complétée par l’opération des terrasses Marat (R Gailhoustet Arch.1986), logements , commerces , ateliers permettant de créer entre 2 rues un cheminement public diversifié.

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En descendant l’avenue G Gosnat on longe l’opération Jeanne Hachette. Dans la partie de la rénovation urbaine imaginée et développée par J Renaudie (ici 40 logements, commerces, bureaux et salle d’exposition 1970-1975) l’imbrication des différents types d’espaces est très développée à l’opposé du modèle reproductible ou de la systématisation.  « Ces déclinaisons et ces décompositions géométriques  ce non-conformisme du plan et du volume, ce souci de concevoir un tout formé d’éléments très divers, ce respect de l’échelle et du site dans lequel il faut s’insérer marquent le travail de J Renaudie ». Comme beaucoup de communes de banlieue IVRY démontre, s’il en était encore besoin, sa capacité à accueillir les inovations typologiques.

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A l’angle de la rue Marat, les escalators relient le métro au niveau supérieur de la dalle  ou sont implantés les commerces, des promenées piétons à l’abri des voitures desservent le cœur d’ilot vers les entrées d’immeubles.

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Au même niveau que le centre commercial sur la dalle couvrant les parkings: la promenée piétonne vers le Théâtre d’Ivry. La diversité des parcours piétonniers possibles est une des richesses de cette rénovation urbaine, chaque habitant peut ainsi pratiquer la ville à sa manière.

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La première partie du centre commercial Jeanne Hachette dont l’implantation a été développée par J. Renaudie à l’écart de la rue principale et qui consistait à rentrer puis à monter dans un cœur d’îlot ne constitue malheureusement pas une réussite sur le plan de l’activité commerciale. Ainsi de nombreux commerces ont périclité, seuls ceux situés au niveau de la rue ont maintenu leur activité. Actuellement la force et les typologies des volumétries intérieures ne sont plus valorisées, les aménagements des commerces sont devenus incohérents et déconnectés de la qualité des espaces construits.

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Les circulations piétonnes du centre commercial permettent d’enjamber l’avenue G. Gosnat, et relient l’ilot Jeanne Hachette à la place Voltaire ou est implantée la médiathèque A. Artaud. A gauche la tour Lénine ( R. Gailhoustet Arch 1970).

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La placette devant une des entrées du centre commercial  face à la tour Raspail: jardins publics ou privés et accès possibles vers les logements en terrasses.

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Ensemble de logements et commerces à l’angle des rues Raspail et J-B Clément, plan en étoile et principe de l’espace libre sur lequel sont pris les volumes des différentes pièces, terrasses plantées, multiplicité des vues biaises.

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Au n°4 de la rue Raspail la première tour ILN  réalisée lors de la vaste rénovation du centre-ville ( R.Gailhoustet Arch.1963-1968). 96 logements en semi-duplex et ateliers d’artistes,( réalisation labellisé « Patrimoine du XXe siècle »). Chaque tour est composée de 2 éléments décrochés l’un par rapport à l’autre en plan et réunis par le bloc des circulations verticales. Cette architecture brutaliste (au sens que lui a donné Le Corbusier lors de la construction de l’Unité d’habitation de Marseille: béton grossier et coffrages rudimentaires pour les raisons économiques entre 1948 et 1954) n’a pas cherché a dissimuler la rugosité du matériau, au contraire elle a joué avec la mise en lumière, sans artifice, de la même façon que la structure et l’organisation du bâtiment sont clairement lisibles. En dépit de ses qualités plastiques le béton brut n’a pas réussi à enthousiasmer les habitants, particulièrement par temps de pluie. Dans les années 90 le béton apparent a été masqué sous une peinture grise qui a gommé toute sa force expressive.

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La Mairie (1896), dont les sculptures en façade et les peintures de l’escalier d’honneur illustrent le caractère industriel de la ville au seuil du XXé siècle. Dans la grande salle des fêtes à l’étage: 4 panneaux de Fernand Léger (1953)* sont autant de variations sur le poème de Paul Eluard ou s’inscrit : « J’écris ton nom Liberté » et le visage du poète *( 3 x4 m).

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La médiathèque Antonin Artaud (N.Schuch Arch. 2001) est implantée à l’angle de la place Voltaire et de la rue D. Casanova. C’est à cet emplacement que se trouvait la maison de santé du célèbre aliéniste Esquirol fondée en 1828 (A.Artaud y a fini ses jours en 1948).

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La place Voltaire se développe en intérieur d’ilot pour recevoir logements et activités ( J. Renaudie et N. Schuch Arch.): terrasses plantées et façades en béton traité avec lasure, liaison avec le niveau supérieur du centre commercial Jeanne Hachette.

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Promenée du Liégat: logements  HLM avec jardins en terrasses ( R. Gailhoustet Arch. 1982 ), dans cette opération situé entre la rue Danielle Casanova ( entrée sur cette photo ) et la rue G Péri, la perméabilité au sol des bâtiments est modulée par des placettes ou cours-jardins intérieurs permettant de multiples points de rencontres, des échappées visuelles, voire des jeux d’éclairages naturels. Chacun peut ainsi faire son propre chemin dans la ville, trouver ses points de repère dans des espaces différenciés, et non pas dans la lecture immédiate d’un ordonnancement réducteur.

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En empruntant la rue Gabriel Péri puis la rue d’Estienne d’Orves on peut voir au n° 9 un petit immeuble d’habitation par un disciple de Le Corbusier (A.Provelenghios Arch.1955 avec R.Sarger et B.Lafaille Ing.). A l’origine en béton brut et dont les logements sont traversants et organisés sur 2 ou 3 niveaux (les panneaux de façade d’origine ont été remplacés).

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( Voir une autre réalisation de cet architecte dans la balade de l’Observatoire au carrefour Raspail-St Germain ).

Face à la promenée du Liégat l’opération D. Casanova, 80 logements commerces et bureaux (J. Renaudie  en collaboration avec R. Gailhoustet Arch. 1972), nappe organique complémentaire aux tours incluant des logements avec terrasses plantées, bureaux, et commerces en rez de chaussée, circulations pour piétons autour de jardins en partie arrière face au parc M.Thorez. Une démonstration forte dans le traitement des volumétries permettant des perceptions multiples, les différentes composantes de la ville sont incluses dans une même structure urbaine cohérente.

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Détail des cœur d’ilots de la résidence Danielle Casanova ( J Renaudie Arch).

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École A. Einstein: 12 classes ( J. Renaudie et N. Schuch Arch.1982), un équipement intégré à l’ensemble des habitations qui l’entourent (cité du Parc 1983). Débordant le rez de chaussée et descendant progressivement vers la cour de récréation en contrebas des cheminements publics qui la contournent. Fluidité des espaces et imbrication des volumes. Chaque ensemble de 2 classes possède un petit amphithéâtre qui accueille les activités de groupes.

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Dans la réalisation de la cité du Parc  le plan reprend le principe en étoile développé dans le centre-ville, mais le béton compose ici avec des remplissages de maçonnerie enduite et des ouvertures beaucoup plus réduites que lors des précédentes opérations.

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On revient ensuite vers la Mairie d’IVRY pour la longer sur la droite en empruntant la rue Raspail vers la place Parmentier.

Au n°31-33 de la rue Raspail , l’ancienne Manufacture des œillets métalliques Bac est le parfait exemple de conservation du patrimoine industriel de la ville avec un nouvel usage tirant parfaitement parti de la conception initiale. La partie la plus ancienne de cette usine fut construite en 1894, à la suite de son rachat par la United Shoe Machinery Work elle fut agrandie en 1913 par P Sée, avec une structure métallique et de fins piliers de briques s’inspirant d’une usine dans le Massachusetts construite par E Ransome. Ce bâtiment presque entièrement vitré est un parfait exemple de la « day-light factory ». Il a été sauvé en 1989 grâce à la ténacité de passionnés du patrimoine architectural industriel . Actuellement il accueille une cinquantaine d’ateliers d’artistes répartis sur trois bâtiments autour d’un jardin paysagé, un espace culturel « la Manufacture des Œillets », l’École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (ENSAD), ainsi que diverses expositions temporaires notamment du CREDAC.

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IVRY sur SEINE comporte de multiples espaces industriels aux larges volumes bien éclairés avec des liaisons faciles par les transports avec Paris. Beaucoup d’ artistes plasticiens ont été intéressés par ces volumes inhabituels devenus financièrement  inaccessibles dans Paris. Cet avantage a permis une reconversion partielle de friches industrielles en ateliers, participant ainsi à la sauvegarde du patrimoine architectural de la ville. IVRY est probablement une des villes de France ou la densité d’ateliers d’artistes est la plus élevée. Depuis 1989 en partenariat avec la ville d’IVRY et l’association d’artistes SANSTITRE de nombreux artistes ouvrent au public les portes de leurs ateliers fin septembre pour des moments d’échanges privilégiés à ne pas manquer.

On arrive ensuite en vue de la place Parmentier, dans un angle un immeuble de 7 logements et bureaux en rez de chaussée à l’angle des rues Raspail et de la rue Fouilloux ( M. et P. Boudry Arch 2005).

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Le quartier de la place Parmentier est de création ancienne ( le village de St Frambour figure sur la carte de CASSINI de 1764), le centre ville situé à 600 m n’a supplanté ce quartier qu’à partir de la fin du XVIIIé siècle. Avec ses bistrots en terrasse ce « faubourg » est resté à l’extérieur de la ville, et cette place au centre de laquelle est érigée une statue représentant la République a conservé son originalité .

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Au delà, l’avenue de la République amène à l’hôpital Charles FOIX. Construit entre 1865 et 1869 sur les 14 hectares de l’ancien château d’Ivry selon les plans de Théodore Labrouste , pour regrouper les « incurables » femmes et hommes qui se trouvaient dans deux hospices parisiens. Cet ensemble de type pavillonnaire a compté jusqu’à 1200 lits de gériatrie, son bâti est caractéristique de l’architecture hospitalière du XIXé siècle assez proche de l’ordonnancement militaire.

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La cour centrale dans un esprit « cloitre-jardin » accueille dans l’axe la chapelle, selon un schéma reproduit aussi à l’hôtel Dieu de Paris, à Lariboisière et à Tenon. Pour éviter toutes concentrations et épidémies, les bâtiments ne dépassent pas 2 étages, ils sont assemblés de telle sorte qu’ils demeurent indépendants, ils sont séparés par de larges espaces de jardins reliés par des galeries couvertes avec des arcades avec pilastres. Ce type de détail est courant dans l’architecture hospitalière des années 1830-1860.

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En revenant sur la place Parmentier on est très proche du fort d’Ivry, autre autre pôle à forte signification. Construit dans le cadre des fortifications de Paris en 1840  (actuellement occupé par  l’ECPAD du Ministère de la Défense et ouvert en Septembre durant les journées du Patrimoine) il constitue une réserve d’espace vert avec en périphérie les jardins ouvriers photographiés par R Doisneau.

Sur la place Parmentier on reprend à gauche la rue Marat vers le groupe de 440 logements HLM façades en briques appareillées et carreaux de céramique ( H.et R. Chevallier Arch.1936-1939, et extension 1948-1950). Des commerces sont implantés en rez de chaussée sous des arcades pour la quasi-totalité des achats quotidiens. Cet ensemble épouse les courbes du terrain à flanc de coteau .

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 Après avoir continué dans la rue Marat on prend à droite la rue Saint-Just jusqu’à la rue Spinoza. Ensemble de 80 logements sociaux en duplex, bibliothèque pour enfants ( son esprit initial a malheureusement été dénaturée ), centre médico-psycho-pédagogique, foyer de jeunes travailleurs et crèche en terrasse ( R. Gailhoustet Arch. 1973 ). Plan masse en T avec un traitement  « corbuséen  » des volumes, les équipements publics situés en rez de chaussée se glissent entre les pilotis sur 2 niveaux, les circulations verticales et les coursives de desserte sont clairement exprimées .

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La rue Spinoza rejoint l’avenue G. Gosnat face à la cité  Maurice THOREZ: 351 logts (H. et R. Chevallier Arch.1947-1953). En opposition avec la complexité et le « désordre » de la ville ancienne, cette construction en briques sur 15 niveaux compose avec 3 éléments: le bloc, le parking, la pelouse. Un certain nombre de détails comme les cadres de fenêtres préfabriqués constituent des caractéristiques assez typiques des années de la Reconstruction. La disposition répond à des règles simples : assurer un bon ensoleillement et respecter des prospects pour palier au besoin prégnant de l’époque: loger le plus grand nombre.

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On passe devant cette muraille de briques rouges, et juste avant le pont SNCF on tourne à gauche pour entrer dans le parc départemental des Cormailles longeant les voies ferrées. Sur les friches d’un ancien carrossier industriel et comportant un sol pollué cet espace vert de 5 hectares a vu le jour au bout de 30 ans de péripéties pour la détente des habitants. Le parc est parfaitement situé à proximité immédiate du centre-ville et accessible à partir de différentes entrées au travers de cheminements paysagés variés. Un butte d’une vingtaine de mètres de hauteur,longtemps rouge (de coquelicots), permet la vision d’un panorama d’ensemble ( Agence TER paysagistes), Grand prix national du Paysage 2007.

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Une sortie du parc coté rue Ledru Rollin permet ensuite d’emprunter la nouvelle passerelle Müller (V. Dominguez & D. Vaniche Arch.2009) et de franchir sur 120 m les voies ferrées pour arriver dans un quartier d’Ivry-Port comportant d’anciennes petites industries. Ces locaux industriels abandonnés ont été reconvertis en ateliers d’artistes et autres lieux de créations. Une biennale des portes ouvertes organisée fin Septembre permet d’apprécier la qualité de vie offert par ces lieux notamment les cœur d’ilots.

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En descendant de la passerelle coté Jules Vanzuppe, prendre à droite la rue Molière  jusqu’à la rue Elisabeth. Au n°7-9 l’ancienne graineterie « A la pensée » a été réhabilitée en 1994, la création de coursives métalliques a permis d’aménager des appartements-ateliers , et des bureaux ( C Lamberty et O Gounon-Ascain Arch.).

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En raison d’une procédure de quasi-cooptation parmi les intéressés la vie communautaire est bien développée entre les occupants. On y retrouve des aménagements avec une récupération du passé ouvrier de cette partie de ville séparée du centre par les faisceaux des voies ferrées. On ne peut s’empêcher de relever quelques « décalages » avec les habitants « historiques »du quartier.

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Le n°100 de la rue Molière présente une autre rénovation avec de très grands ateliers d’artistes en R+1 entourés de cours-jardins ( C Lamberty et O Gounon-Ascain Arch.).

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Au n°101 rue Molière un ancien laboratoire pharmaceutique réhabilité en ateliers ( A Davier Arch.1948).

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Au n°103 de la rue Molière, cette laiterie industrielle construite entre 1953 et 1956 ( P. Hindré Arch.) était directement desservie par les voies ferrées, les différentes fonctions demeurent clairement lisibles en façade: quais de déchargements et d’expédition, lieux de transformation ou bureaux. Cette ancienne usine YOPLAIT  a été une des premières reconversions entreprise dans le quartier. Elle reçoit maintenant 45 ateliers-logements avec de grandes terrasses pour des plasticiens, des architectes et des galeristes (C Lamberty et O Gounon-Ascain Arch.).

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Au n°107, toujours en bordure des voies ferrés entre l’ancienne usine YOPLAIT et un autre bâtiment industriel reconverti: le nouvel immeuble « Camille Claudel » regroupe une vingtaine de logements-ateliers d’artistes en duplex. Ossature béton et façade en panneaux de remplissage bois, coté voies ferrées sa couleur rouge se présente comme un signal ( XY Architecture). Un clin d’œil au bâtiment voisin traité de façon plus économique. La convivialité entre habitants est facilitée par un restaurant aménagé en rez de chaussée.

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Au n°111 dans les anciens entrepôts des graines Xavier Bernard d’autres logements-ateliers d’artistes ont été crées avec en toiture de larges terrasses cotés voies ferrées.

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A l’extrémité de la rue Molière on ne peut pas échapper à l’usine de traitement des résidus urbains que Paris a rejeté en banlieue (remise en forme du process industriel et traitement des volumes par S’Pace /J-R Mazaud Arch 1998).

En se dirigeant vers la droite on arrive sur les quais de Seine qui continuent d’accueillir les stockages de matériaux de construction, en attendant une meilleure valorisation de ce bord de fleuve, secteur à fort potentiel de développement urbanistique dans le cadre du projet d’urbanisation de la ZAC Ivry-Confluences. A proximité du confluent entre la Seine et la Marne la première centrale thermique d’Ivry réalisée en 1927 a été profondément remaniée, le pont passerelle réalisé en 1930 permettait le passage des câbles vers l’autre rive (Inventaire du patrimoine culturel).

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A proximité de cette centrale EDF avait prévu la construction de 12 maisons individuelles destinés à ses employés. Au n°44 boulevard du colonel Fabien et à l’angle de la rue des péniches, l ‘Atelier de Montrouge ( Renaudie, Riboulet, Thurnauer, Véret) développera  2 petits immeubles de 7 et 5 étages (1963-1967). Chaque appartement occupe un étage, les plans d’étages sont identiques avec une rotation à 90° à chaque niveau permettant de dégager des terrasses privatives et offrant une volumétrie et un traitement des façades aux accents brutalistes;(bâtiments et clôtures sont classés à l’Inventaire des Monuments Historiques).Ces bâtiments sont actuellement inoccupés mais ils vont faire l’objet d’une réhabilitation et seront intégrés dans l’espace vert de la ZAC Ivry-Confluences.

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Face à ces 2 immeubles, l’ancienne usine SKF implantée à Ivry depuis 1904 et fermée en 1985 a vu une partie de ses constructions en briques datant de 1920 réaménagées avec une extension (A.Mrowiec Arch.1987) pour recevoir l’imprimerie du journal Le Monde.

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Après être revenu rue Molière on se dirige vers la gauche dans la rue Victor Hugo et on franchit le pont surplombant l’ensemble des voies ferrées. Au loin, le secteur Seine Rive-Gauche en phase finale d’urbanisation apparaît: prémices de changements à venir pour la zone au delà du périphérique .

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Dans la rue V. Hugo on s’arrête pour découvrir au n° 79  les entrepôts de l’ancienne entreprise de construction métallique Moisant-Laurent-Savey ( la réalisation du Grand Palais à Paris ),installée sur ce site en 1904. Occupés ensuite par d’autres industries jusqu’à la fin des années 80. La réhabilitation en 2001 en grands ateliers d’artistes a gardé la mémoire du passé industriel par le maintien des structures porteuses métalliques et des ponts roulants, l’ensemble fait aussi la part belle au végétal. Des artistes reconnus sur la scène internationale y ont implanté leurs vastes ateliers,( XY Architecture:Xavier Esselinck et Yves Bour).

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Après le carrefour avec la rue P Sémard  on continue ensuite la rue L Bertrand ,autre exemple de reconversion en ateliers-logements avec celui des anciennes usines de téléviseurs SCHNEIDER  .

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Passé le carrefour avec la rue Gabriel Péri on remonte vers le coteau du Petit-Ivry et la promenade des Petits Bois. Sur la droite: 2 tours de 102 logements: HLM à 4 branches autour des circulations verticales ( Candilis, Josic, et Woods Arch.1959-1962). La fenêtre est ici un élément organique qui assure l’ensoleillement et l’éclairement maximum, tout en contribuant à l’expression plastique.

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Le haut de la rue Louis Bertrand à flanc de coteau permet de découvrir sur la droite un vaste panorama sur cette partie de la ville occupée autrefois par des vignes et des maraichers avec au loin l’Est parisien. Au n°61bis un immeuble de style éclectique avec béton de rocaille est classé à l’inventaire général du patrimoine culturel.

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A l’arrivée sur le plateau dans le quartier du Petit-Ivry on abouti avenue M. Thorez , immédiatement à droite l’ancien cinéma de quartier « le Palace » construit en 1934 dans le style Art Déco (structure béton et éléments décoratifs en verres colorés encore visibles) a été reconverti dans les années 70 en supermarché.

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Plus loin sur la gauche la place du 8 Mai 1945, dans un mélange « composite », voire hétéroclite: le moulin de la Tour est l’ancien moulin banal de la seigneurie d’Ivry et de Saint Frambour, déplacé et restauré en 1980. L’épaisseur des murs et sa base laissent présumer une construction d’époque médiévale modifiée au XVIIé , en activité jusqu’au XIXé .

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Au delà du moulin, situé au carrefour des rues Barbès et Jean Le Galleu: »Les Longs Sillons »: 96 logements PLA ( I. Buczkowska Arch.1986). Sur ce terrain à densité élevée les pans obliques successifs remontent jusqu’à la limite arrière de la parcelle permettant d’offrir des appartements en duplex à plan libre.Une réalisation dans le droit fil des recherches développées par Jean Renaudie, avec une multiplicité des angles de vues crées par les obliques.

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A la pointe d’Ivry, la place Jean Ferrat et l’immeuble Aguda ( fin, aigu en espagnol): siège du groupe BRÉMOND en Ile de France ( J-C BESSEAU Arch.2005). Cet immeuble bâti sur une parcelle en pointe est un signal épuré dont l’écriture architecturale se distingue d’un environnement architectural assez confus.

A cet emplacement était implanté dans les années 1880 l’ancien octroi pour rentrer dans Paris et l’immeuble comportait déjà un café « A la pointe d’Ivry« . Dans cette avenue M. Thorez dénommée auparavant rue de Paris arrivait dès 1897 le tramway qui reliait la Bourse du commerce au Petit-Ivry et à la route stratégique vers le fort d’Ivry.

En franchissant le périphérique on arrive à la Porte d’Ivry ( tramway et métro) . Cette balade peut se poursuivre jusqu’à la Place d’Italie (voir balade de la Porte d’Ivry jusqu’à la Place d’Italie / Septembre 2014)..

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4 réflexions au sujet de « Balade architecturale à IVRY sur SEINE. »

  1. Ping : Semaine patrimoine | Sun Trap

  2. Vous oubliez de parler de certains habitants tres particuliers d ivry : les renards qui vivent au cimetiere parisien !

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