Paris, balade architecturale entre l’Observatoire et le carrefour Raspail-St Germain.

Cette balade architecturale met en lumière la grande hétérogénéité de l’architecture parisienne quotidienne, qu’elle soit affirmée ou d’accompagnement, sophistiquée ou tout simplement anonyme.

Elle débute à proximité de la place Denfert-Rochereau, plus précisément à l’Observatoire de Paris fondé en 1667 à l’instigation de Colbert, Claude Perrault qui travaillait à la construction de la colonnade du Louvre fut chargé d’en établir les plans. Le bâtiment est traversé en son milieu par le méridien de Paris, le corps principal cubique est orienté selon les points cardinaux. Colbert demanda à Cassini d’organiser le nouvel établissement.

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Le point de départ de l’avenue de l’Observatoire c’est la matérialisation dans l’espace urbain du tracé du méridien de Paris. Or lorsqu’en 1798 il faudra concrétiser le tracé « la symbolique astronomique se trouvera confrontée à la symbolique politique du milieu du palais du Luxembourg », car certains n’ont pas voulu voir que la méridienne tire nettement à l’Ouest de la façade du palais;  suite à ce constat une place triangulaire fut établie entre l’Observatoire et l’avenue du Montparnasse.

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A l’arrière de l’Observatoire, visible depuis le jardin public donnant sur le boulevard Arago est implantée la salle servant à l’observation du passage des astres au méridien ( J. Prouvé et J.Rémondet Arch.1951). L’ensemble est constitué de panneaux assemblés en tôles minces d’aluminium à petites ondes en forme de demi-coquilles hyperboliques. Ce bâtiment constitue une des premières réalisations des « éléments coques »qui continueront à être perfectionnés par Jean Prouvé.

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A proximité immédiate de l’entrée de l’Observatoire prendre la rue Cassini. Bien que courte elle présente un panorama architectural assez éclectique ou le pittoresque côtoie la modernité plastique, au n°12 un immeuble d’habitation et ateliers d’artistes ( Ch. Abella Arch.1930) façades en béton de gravillons lavés.

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Bas-relief de Xavier Haas.

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Suivi plus bas par les n° 3bis, 5 et 7 (L; Suë Arch.1903-1906) qui constituent trois interprétations différentes pour des ateliers de peintres. Tout d’abord une ossature béton apparente non dénuée sous la toiture d’ornements assez démonstratifs, puis une interprétation de l’architecture Toscane en brique rouge, et pour le 3é bâtiment une association de style baroque et rationaliste, l’ensemble conçu sur des plans identiques.Les architectes L. Süe  et P. Huillard réaliseront dans les mêmes années la cité Poussin située boulevard Raspail.

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Détail de la façade du n° 3 bis pour le peintre Lucien Simon ( L. Suë associé à P. Huillard).

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En revenant sur ses pas apparait face à l’Observatoire la perspective vers le palais du Luxembourg amenant au carrefour Montparnasse et Saint-Michel devant deux institutions de la vie de Montparnasse: d’un coté la Closerie des Lilas, de l’autre le Bal Bullier ( le vrai Bal Bullier a fermé ses portes en 1940, il était implanté à l’emplacement actuel du CROUS).

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On emprunte ensuite le boulevard du Montparnasse pour découvrir plusieurs réalisations architecturales dont le traitement dépouillé des façades est caractéristique des années 30. Ici la conquête du lisse est en opposition aux céramiques décoratives des années 1910.

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Prendre à gauche la rue Boissonade en direction du boulevard Raspail, après le vaste jardin privé d’une institution religieuse un bâtiment de bureaux 1930 est implanté sur un terrain triangulaire ( l’escalier est implanté dans la pointe).

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En arrivant boulevard Raspail un immeuble d’angle de la production « moderne » des années 50, ( HM.Delaage et H.Wenger Arch.1959) avec ses balcons qui contribuent au rythme de la façade réduite à sa plus simple expression. En rez de chaussée la station-service est un facteur de mixité imposé pour faire face au développement de la voiture dans la ville.

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On remonte jusqu’au n° 261 du boulevard Raspail (ancien emplacement du centre culturel américain réimplanté à Bercy avant sa disparition définitive) qui abrite la fondation Cartier ( J. Nouvel, E.Cattani Arch.1992-1994). Un écran de verre à l’alignement du boulevard pour rattacher le bâtiment en retrait à une échelle urbaine.

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Au dessus de l’entrée un mur végétal crée par Patrick Blanc.

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Le jardin s’ intègre avec l’architecture, les parois de verre laissent entrevoir les œuvres exposées, réfléchissent les nuages, l’espace urbain et se métamorphosent selon les saisons ou la luminosité.

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A l’arrière le jardin théâtrum botanicum et la buvette extérieure .

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Face à la fondation Cartier le bâtiment de l’école Camondo, tendance « high tech modérée » ( C.Brullmann A.Fougeras-Lavergnolle Arch.1988) jouxte l’École Spéciale d’Architecture tel un laboratoire de matériaux mis en oeuvre.

 

 

On redescend ensuite le boulevard Raspail vers le boulevard E Quinet. Peu avant le carrefour on tourne à droite dans la rue Campagne-Première. Au n° 31 un immeuble d’ ateliers d’artistes en duplex avec mezzanine et appartements familiaux ( A. Arfvidson Arch.1911), le revêtement de façade est en grès flammé d’A Bigot, il dissimule totalement la structure porteuse en béton. Cet immeuble a été primé au concours des façades de Paris en 1911, si ce concours organisé par la ville de Paris a stimulé pendant un temps le renouvellement architectural l’effet pervers y a succédé en considérant les immeubles primés comme des modèles à suivre. Arfvidson est un architecte dont la production stylistique est extrêmement variée.

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La partie arrière du bâtiment est visible à partir du passage d’Enfer situé au n°249 boulevard Raspail dans un traitement beaucoup plus simple destiné aux services. Le passage d’Enfer est un lotissement ouvrier bâti vers 1855 sous le Second Empire, pour lequel l’État est intervenu en imposant un cahier des charges. Les 20 maisons qui font face à l’arrière des bâtiments de la rue Campagne Première présentent des façades en plâtre très anonymes.

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A l’angle rue Campagne Première et passage d’Enfer un autre immeuble avec ateliers d’artistes des années 30.

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n° 10 rue Campagne Première un hôtel particulier face au passage d’Enfer (A.Héaume et A.Persitz Arch.1952) avec grand jardin à l’arrière. Les deux derniers niveaux constituent une surélévation du projet d’origine.

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La façade du n°9 de la rue Campagne Première qui apparait « d’accompagnement » cache en intérieur d’îlot une centaine d’ateliers d’artistes. Ils ont été réalisés avec des matériaux de récupération de l’Expo Universelle de Paris 1889. Dans ces ateliers bon marché des peintres et des sculpteurs qui avaient délaissé Montmartre vinrent s’y installer avant 1914. Parmi eux G De Chirico, Rainer Maria Rilke qui devint le secrétaire d’ Auguste Rodin. Beaucoup plus tard Yves Klein y travailla de 1958 à sa mort en 1962 et y réalisa la quasi totalité de son œuvre y compris le dépôt de l’enveloppe Soleau lui donnant la paternité du bleu outremer qui le rendit célèbre sous l’appellation IKB, International Klein Blue.

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La rue Campagne Première rejoint le boulevard de Montparnasse, à l’angle au n° 146 le remarquable immeuble d’habitations ( B.; Elkouken Arch.1936-1937), dont nous verrons une autre œuvre boulevard Raspail. A noter que le remplacement du pan coupé par un quart de cercle est devenu rapidement une signature des années 30, l’ autre exemple de cette disposition est l’immeuble de J. Ginsberg et F. Heep du 42 avenue de Versailles.

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Sur le boulevard Montparnasse la Poste, dans l’esprit  » refus du pittoresque »( M. Roux-Spitz Arch.1948-1951).

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Au n° 134 un immeuble d’habitation en briques rouges et toiture en cuivre ( J. Madeline Arch.1938). Les fenêtres métalliques à guillotine permettent de passer au concept d’ écran panoramique transparent.

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Retour ensuite rue Campagne Première pour reprendre le boulevard Raspail et le lycée hôtelier des n° 231-237 (Brenac & Gonzalez Arch.2003).

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Plus loin sur la droite serré entre deux bâtiments sur un terrain triangulaire de 23m², il faut saluer la performance sur 5 niveaux en superstructure de la « Petite maison de couture  » d’Anna Ruohonen (P. Littow Arch.2013), bow-windows et façade en bardage de zinc brun rouge. La façade de l’immeuble voisin n’est pas dans l’alignement du boulevard, elle doit son profil concave au respect d’un arbre auquel les riverains étaient très attachés.

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Au n°216 le Studio Raspail ( B.Elkouken Arch.1932-1934) associe au dessus d’une salle de cinéma des ateliers d’artistes en duplex.

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Juste avant d’arriver au carrefour avec le boulevard du Montparnasse, à gauche dans la rue Huyghens au n°6 un immeuble de style Directoire.

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Au n°9 de la rue Delambre: studios d’artistes, façade en béton et verre sablé avec des motifs « Art Déco » ( H. Astruc Arch.1926). La profondeur du terrain a permis coté cour  un retour latéral en dent de scie pour les échappées visuelles.

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La  partie du boulevard Raspail située entre le boulevard du Montparnasse et le boulevard Saint-Germain est une percée conçue par Haussmann mais qui n’a été entreprise qu’entre 1866 et 1906. Initialement elle a été imaginée dans la perspective du rattachement des communes périphériques (dans le cas précis son prolongement vers la barrière d’Enfer). Les constructions qui bordent cette partie du boulevard sont donc majoritairement antérieures à celles situées dans la partie Sud du boulevard vers la place Denfert- Rochereau que nous venons de voir.

n°128 boulevard Raspail un immeuble en verre multiplie les plissés (M.Herbert Arch.1980).

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A L’angle rue Huysmans on commence à retrouver dans les immeubles des détails pittoresques ou historicistes, comme autant de signatures pour se démarquer des immeubles voisins. Au n°157 cet immeuble d’ Henri Sauvage de 1926 est très atypique  par rapport à ses autres réalisations qui ont marqué l’architecture parisienne comme les immeubles en gradins, et notamment celui du 26 rue Vavin (1914) ou la piscine rue des Amiraux dont la conception s’est achevée en 1925.

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Au n° 96 face à l’immeuble de Sauvage, un bâtiment dans le centre d’accueil d’étudiants étrangers (A.Provelenghios Arch.1952) très corbuséen dimensionné selon le Modulor, malheureusement mal entretenu et avec des ajouts maladroits.

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A l’angle de la rue de Fleurus ( Bocage Arch.), à partir de la fin du XIXé siècle les immeubles d’angle deviennent le support d’expérimentations formelles diverses en opposition avec le style haussmanien ou l’immeuble d’angle ne fait pas réellement l’objet d’un traitement distinct mais est traité comme s’il n’était pas situé sur un angle et présente des élévations identiques.

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Plus bas après avoir passé le carrefour avec la rue de Rennes, au n° 71 ( Ch. Wallon Arch.1909). En accord avec la possibilité de traiter les parties supérieures dans le cadre du règlement d’urbanisme de 1902 ,le pittoresque devient réglementaire et les derniers étages sont ici traités avec des décors de céramiques. Les toits se découpent sur le ciel selon des profils mouvementés et se substituent aux sempiternelles corniches haussmanniennes.

 

 

Plus loin au n°67 ( L.;Tissier Arch.1918) autre exemple des saillies sur le domaine public autorisées par le règlement de 1902: le traitement du rez de chaussée se libère de l’alignement et assoit de façon assez forte le bâtiment avec des ondulations dans la façade jusqu’alors inconnues .

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Le traitement des derniers étages est là aussi différent avec une utilisation de la brique décorative assez contrastée par rapport aux autres étages.

 

Au n°54  à l’angle avec la rue du Cherche-Midi , la Maison des Sciences de l’Homme ( M. Lods,H. Beauclair, P. Depondt, et A. Malizard arch.1968-1970) implantée à l’emplacement de la prison du Cherche-Midi. Le parti constructif et son ossature métallique est lisible très clairement et dans le droit fil des recherches de préfabrication métallique menées par Depondt et Beauclair. Ici la structure métallique précontrainte est associée à des façades en verre que les occupants peuvent composer en fonction de l’ensoleillement par l’articulation des volets en aluminium perforés (ce bâtiment est en cours de rénovation).

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Les travaux de désamiantage (Juin 2015) permettent de visualiser l’ensemble de l’ossature.

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Immédiatement après la Maison des Sciences de l’Homme et au début de la rue du Cherche-Midi, deux hôtels particuliers méritent une attention.

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En face dans la rue du Regard trois autres hôtels furent construits par la congrégation des Carmes entre 1719 et 1739, malheureusement les jardins attenants ont été supprimés à la suite de la création du boulevard Raspail.

Au n°1, l’hôtel de Dreux-Brézé (1735).

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dont la façade arrière est maintenant visible sur le boulevard Raspail.

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Au n°7, l’hôtel de Beaune ( 1719-1720).

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Au n° 13, l’hôtel des Carmes (1739).

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On retourne ensuite sur ses pas pour revenir boulevard Raspail, à l’angle Assas un immeuble d’habitation ( H. Delormel Arch.1931) domine un petit jardin public .

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On arrive ensuite au carrefour Raspail /rue de Sevres dont le Lutétia, seul palace de la Rive Gauche, est l’image emblématique ( L-C. Boileau et H. Tauzin Arch.1907-1911), les motifs de la décoration sculptée sont inspirés de formes végétales. L’hôtel est en attente d’un projet de rénovation lourde par ses nouveaux investisseurs.

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On emprunte ensuite la rue de Sèvres,au n°17 cet immeuble abritait sur 3 niveaux une piscine Art Déco ( L. Beguet Arch.1935).

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Cette piscine a été transformée par Rena Dumas pour accueillir le magasin Hermès, tout en conservant de nombreux  décors initiaux dans l’Atrium central à l’emplacement de l’ancienne piscine ( garde-corps des anciennes coursives périphériques, mosaïques de carrelage au sol ), à visiter pour la parfaite exécution des détails .

Trois « huttes » en lames de frêne tressées et cintrées abritent différentes visions de l’intérieur proposées par Hermès.

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Face à cet immeuble on emprunte la rue Récamier vers le square Récamier.

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La sous station électrique destinée à répartir l’énergie nécessaire au métro (P.Friesé Arch.1910) a été transformé en espace d’expositions de la Fondation EDF.

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Le square Récamier est un parfait havre de paix sur lequel donnent des bâtiments d’habitations et la façade arrière de la Fondation des Sciences Politiques.

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On revient ensuite au carrefour Raspail, sur la droite la rue de la Chaise, au n°9 l’hôtel de l’Institut d’Études Politiques (vers 1775) dont on a découvert la façade arrière sur le jardin Récamier.

 

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Faisant face le n°22 offre un portail d’entrée en bois au traitement assez rare à Paris.

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Plus loin au n°7, L’hôtel de Vaudreuil ou de Borghése (1763), devint en 1808 la propriété de Napoléon, la façade arrière de cet hôtel donne sur le square Récamier en partie cachée par la végétation.

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On tourne à gauche rue de Varenne pour rejoindre le boulevard Raspail.

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Au n° 28-30 du boulevard Raspail (Pol Abraham Arch.1932), un autre immeuble icône des années 30. Sa cour ouverte a réussi comme l’immeuble du 25 rue Franklin des frères  Perret (tout en contournant les règles d’alignement) à dédoubler le développé des façades. En dépit de ses qualités  il faut admettre néanmoins que cette disposition de cour ouverte qualifiée par certains détracteurs de boulevard à redents n’a pas réussi à dépasser réellement ces années 30.

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On poursuit ensuite dans la rue de Varenne jusqu’au n°32 au carrefour avec la rue du Bac ( Raguenet & Maillard Arch.1934-1936) autre immeuble d’habitation en cour ouverte , et façade carrelée en opus incertum .

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Au carrefour diamétralement opposé un traitement totalement différent des étages supérieurs.

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Au n°85 de la rue du Bac les deux frontons assez remaniées de l’ancienne chapelle du couvent des Récollettes fermé en 1790.Transformée en théâtre puis en salle de bal et en salle de concert elle abrite actuellement sur trois niveaux un magasin d’exposition.

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Plus loin dans la rue du Bac  les maisons de style Empire ( n°79 et 81).

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La rue de Grenelle juste avant la fondation Dina Vierny/Musée Maillol au n° 57 et 59 la fontaine de Grenelle dite aussi des Quatre- Saisons (1739-1745) aux proportions grandioses qui contrastent avec la faible largeur de cette rue .

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Entre le boulevard Raspail et la fontaine des 4 saisons n’oublions pas les détails décalés (ici un magasin d’alimentation), qui sont aussi un des charmes de la ville y compris pour le touriste.

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Au 18-24 du boulevard Raspail ( M. Danguy et T. Fayeton Arch.1991), les bow-windows éléments morphologiques remarquables ne sont ici malheureusement qu’une imitation un peu facile des immeubles de la « série blanche » de M Roux-Spitz, dont le vocabulaire architectural assez codifié a été souvent copié mais très rarement égalé .

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On arrive ensuite au carrefour avec le boulevard Saint Germain projeté lui aussi par Haussmann et dont la partie rue de Solférino / boulevard Saint-Michel fut réalisée entre 1866 et 1911.

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2 réflexions au sujet de « Paris, balade architecturale entre l’Observatoire et le carrefour Raspail-St Germain. »

  1. Epoustouflante balade architecturale ! Bravo pour la longueur de l’article, je suis impressionnée, car dans ces cas là j’ai tendance à faire un diaporama avec des sous-titrages pour ménager le lecteur… Laure

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