75010 de Belleville à la place de la République en passant par le canal St Martin

Descendre la colline de Belleville puis longer les rives du canal Saint-Martin, se diriger vers les gares de l’Est et du Nord pour terminer cette balade à proximité de la place de la République permet de découvrir un large panorama de la production architecturale très riche en contrastes, ce qui constitue une des spécificités des quartiers périphériques.

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Sur les hauts de Belleville la rue du Faubourg du Temple est située sur l’un des anciens chemins reliant Paris au village de Belleville dès le XIe siècle pour ses approvisionnements en produits agricoles, notamment la vigne prépondérante sur ce territoire.

De nos jours cette rue demeure une importante zone de chalandise très animée.

105 rue du faubourg du Temple, le « Palais du commerce » (F.Bauguil Arch.1923), ce regroupement d’une cinquantaine de commerces et d’ activités sur trois niveaux est situé dans une zone populaire. La façade présente une esthétique d’un esprit monumental mais l’ensemble répond toujours à sa fonction première de pôle commercial du quartier.

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Une verrière couvre l’ensemble et éclaire jusqu’au niveau du rez-de-chaussée grâce à un puits de lumière central. A l’opposé de la rue, un escalier avec des vitraux permet d’accéder aux différents niveaux. En sous-sol la salle de concert « La Java »est implantée sur la totalité de la parcelle.

Au carrefour  80 rue du faubourg du Temple et 176 rue St Maur ( L. Lambion Archi.1929 ) : un travail de façade sur les plissements et la multiplication des vues biaises pour venir chercher la lumière, la mise en valeur de l’ensemble est renforcée par l’implantation en angle.

36 rue Jacques-Louvel-Tessier (P. Friesé Arch.1908): la sous -station électrique « Temple » destinée à la répartition de l’énergie nécessaire au métro. Cet architecte développa dans Paris une série de 11 sous-stations jusqu’en 1912 selon la même typologie: une structure métallique affirmée incluant de grandes parties vitrées en façade, libérant une grande surface au sol « le hall des machines » et permettant une aération maximale pour dégager la chaleur du matériel électrique. Ecriture classique en partie supérieure avec emploi de briques silico-calcaires.

Après avoir longé l’hôpital St Louis et remonté l’avenue Claude Vellefaux, on arrive place du colonel Fabien au siège du P.C.F.(O.Niemeyer et J.Prouvé Arch.1968-1971).

La forme fortement affirmée de l’immeuble de bureaux implanté en fond de parcelle se déploie avec son mur rideau en courbe. Devant, la couverture de la salle de l’assemblée émerge du sol et forme un signal fort.

Oscar Niemeyer a précisé que la localisation du bloc principal s’expliquait par le souci de cacher le pignon de l’immeuble voisin qui selon lui ne devait pas compter dans l’ambiance architecturale. Les courbes de la façade laissent, entre celui-ci et le bâtiment voisin, l’espace nécessaire aux accès verticaux. Cette même courbe se retrouve dans les couloirs intérieurs sinueux et de façon presque « baroque » dans le hall central.

Le hall-foyer regroupe différents espaces d’expositions et donne accès au grand auditorium placé à ce niveau dont le volume émerge dans le jardin comme un élément essentiel de la composition. Ce même dispositif, bâtiment isolé et émergence du sous-sol semi enterré dans le jardin, a été développé par O.Niemeyer pour la bourse du travail de Bobigny et un projet non réalisé pour le siège de Renault à Boulogne-Billancourt.

Pour donner à ceux qui pénètrent à l’intérieur du foyer l’impression d’une grande ampleur O.Niemeyer a projeté l’escalier extérieur très étroit, ce qui permet par contraste l’effet souhaité lorsqu’on découvre le vaste espace semi-enterré devant l’auditorium.

La visite du niveau de la grande salle est toujours possible. L’aménagement de cet espace  se développe comme un foyer périphérique dont le nivellement varié du sol  détermine plusieurs espaces fonctionnels.

En Janvier 1974 O.Niemeyer dans un entretien paru dans l’Architecture d’Aujourd’hui faisait ce commentaire qui demeure d’une parfaite actualité:« Je suis inquiet de voir comment est difficile la tache de mes confrères du vieux monde. Ce sont des règlements qui s’accumulent jour après jour pendant des années, limitant la force créative; des concepts dépassés de tradition et culture, et une bureaucratie qui s’intéresse a bien des choses, mais pas à la création architecturale ».

On  descend ensuite par la rue Louis Blanc vers le canal Saint-Martin.

Le long du canal, au 179bis quai de Valmy, une façade « vertueuse » revêtue de modules photovoltaïques a pour objectif l’autonomie énergétique du centre d’hébergement d’ Emmaüs de 40 chambres  (E.Saadi Arch.2011).

En continuant la rue Louis Blanc au n°26 :un ancien immeuble de commerce (Ch.de Montarnal Arch.1906). Structure métallique et larges ensembles vitrés dépourvus de tout ornement superflu pour ces anciens ateliers de confections. La reconversion récente en commissariat de police, en particulier le rehaussement du rez de chaussée, a modifié le traitement d’origine tout en transparence .

Lui faisant face mais dans un esprit totalement opposé à la « fonctionnalité constructive »: l’immeuble du conseil des prud’hommes de Paris . La monumentalité de cette nouvelle forteresse est lourdement appuyée par un pan de verre incliné hélas beaucoup moins sophistiqué techniquement que celui de Jean Prouvé pour le siège du PCF (H.Baju Archi. 1990).

Avant d’arriver rue La Fayette, un détour au 228 rue du Fbg.Saint-Martin pour cet ancien immeuble Damoy  construit pour  abriter les dortoirs des employés de cette entreprise alimentaire (F.Hamelet Arch.1932), la façade est animée par un plissé léger avec pointes de diamant.

Avant de revenir vers le canal Saint-Martin, un second détour vers le 231bis rue Lafayette (Ch Thion Arch.1904) et le traitement « pittoresque réglementaire » du dernier étage avec ses dômes façon belvédère. Si l’architecture haussmannienne  s’est développée durant de nombreuses années sur un consensus, l’homogénéité envahissante des constructions a suscité vers la fin du XIX siècle des critiques de plus en plus vives envers la physionomie générale notamment par Viollet-le-Duc et Charles Garnier.

Le pittoresque architectural devient le nouveau code et provoque de fait une forme d’implosion des règlements urbains, ainsi le nouveau règlement de 1902 autorisera la construction de saillies importantes sur la rue ( bow-windows en particulier) et une grande tolérance dans le traitement dit « pittoresque » des parties supérieures en modifiant les règles de gabarit « afin de permettre les effets les plus inattendus et les plus mouvementés » dont profiteront les appartements situés aux derniers étages, devenus de luxe avec le développement des ascenseurs .

Retour vers le canal St Martin,

Réalisé en 1825 et reliant le port de l’Arsenal au bassin de la Villette mis en eau en 1808,le canal St Martin a rapidement regroupé de 1835 jusqu’en 1860 des entreprises industrielles implantées précédemment dans les quartiers centraux et qui avaient crées des risques industriels majeurs à proximité des quartiers d’habitations. Ces nouvelles implantations le long de cette voie d’eau et à proximité des gares du Nord et de l’Est permettaient des synergies entre les approvisionnements des matières premières et les enlèvements des produits manufacturés en particulier la mécanique industrielle, la métallurgie lourde et les industries chimiques. Jusque vers 1920 ces activités industrielles côtoyaient sur les rives du canal les lavoirs et les pécheurs comme en témoignent de nombreuses photos.

Au 174-178 du quai de Jemmapes, la cité artisanale Clémentel (R.Bouhier et F.Saulnier Arch. 1933).  A l’époque de sa construction les quais du canal étaient très actifs et la cité accueillait environ 2.000 artisans dans une sorte de phalanstère regroupant 430 ateliers avec des services partagés ( bibliothèque, infirmerie, salle d’exposition, banque). Un léger encorbellement limite l’effet monolithique de cet important bâtiment qui servi de modèle aux hôtels industriels.

La ZAC Jemmapes s’étend sur un vaste périmètre entre le 5-11 place du colonel Fabien et le 61 rue de la Grange aux Belles (P.Chaussade,Ch.Labro R.Locre et JJ Orzoni Arch.1975-1983). Une lourde opération de rénovation urbaine de 1.000 logements avec différents équipements publics de quartier qui part de la place du colonel Fabien pour rejoindre le canal St Martin, une rupture dans l’échelle du tissu parisien que les terrasses successives en décalé face au canal n’arrivent pas à atténuer.

Dans le passage Delessert situé perpendiculairement au canal Saint-Martin, un ensemble de logements sociaux offre à chaque appartement une loggia individuelle revêtue d’un habillage en bois. Au centre de la parcelle, un gymnase semi-enterré avec salles de sports est revêtu coté rue par une fine résille métallique ( V.Parreira Archi.2016).

132 quai de Jemmapes: cette ancienne usine électrique de la Compagnie Parisienne de l’Air Comprimé est un des joyaux du patrimoine industriel parisien ( P.Friesé Arch.1895-1898). Elle a été implantée le long du canal afin de recevoir le charbon nécessaire à la production et lui permettre d’être alimentée en eau pour le  fonctionnement des machines à vapeur. Après 1860 les usines participent à l’émergence d’une architecture purement industrielle qui se perfectionne avec la progression de la maîtrise de l’ingénierie du fer, de la fonte et du verre.

Plus de 300 ouvriers travaillaient dans ce qui était considéré lors de sa réalisation comme la plus moderne usine d’électricité de France.  Le bâtiment de l’administration est implanté le long du quai, le bâtiment de production est situé à l’arrière  perpendiculairement au quai. L’exiguïté du terrain a obligé l’architecte a imaginer des dispositifs pour superposer des fonctions tout en limitant l’impact visuel. Ici les structures métalliques avec poutrelles sont apparentes et enchâssent de grands pans vitrés avec remplissages en briques. Après 1914 l’avancement des technique de production et sa situation très centrale signèrent le déclin de cette usine. L’actuel bâtiment a perdu sa dizaine de cheminées puis l’usine fut transformée en dépôt de presse puis en atelier de meubles pour devenir la propriété d’un papetier.

126 quai de Jemmapes-angle rue de l’hôpital Saint-Louis: foyer pour personnes âgées et école maternelle (M.Duplay Arch.1986) aux façades plissées récurrentes, un style daté et heureusement inimité.

116 quai de Jemmapes : un ensemble immobilier regroupant des équipements publics de quartier ( gymnases, salle de spectacles ) surmontés des six niveaux de logements. Le raccordement avec le bâtiment de droite en briques, une école du XIXe siècle, est un excellent exemple d’intégration grâce à une continuité respectueuse des matériaux et des volumes. (A.Grumbach Archi.1986).

A partir du Jardin Villemin, aménagé sur l’emplacement de l’ancien hôpital militaire Villemin construit en 1870 dans les murs du couvent des Récollets, on peut aller à la découverte de plusieurs réalisations très différentes les unes des autres .

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Tout d’abord à proximité du Jardin Villemin, au 35 rue L.Sampaix, un immeuble de bureaux (L.Schneider Archi. 1934), une expression monumentale y compris au rez-de-chaussée dans le traitement de la façade en rupture avec l’environnement immédiat.

Un peu plus loin le n°18 passage des Récollets est l’oeuvre de L.Bonnier (Archi.1909), un ardent défenseur du pittoresque, « l’adaptation sincère à des besoins successifs », par opposition à la ville haussmannienne. Ce projet au demeurant économique par l’utilisation de la brique n’est pas dépourvu d’originalité dans le traitement des étages supérieurs et semble en avoir inspiré plus d’un pour le traitement des parties hautes.

Plus loin, Le Jardin de la Cour de la Ferme St Lazare est dû à la présence au début du Moyen Age d’une ferme transformée en léproserie. Cette propriété devint sous la Terreur une prison. En 1830 les aménagements donnèrent naissance à l’hôpital Saint-Lazare dont il ne reste aujourd’hui que la chapelle et l’infirmerie construit par L.P Baltard ( le père de V. Baltard l’architecte des Halles de Paris) en 1834 dans un style néo-classique et en phase avec les théories hygiénistes de la première moitié du XIXéme siècle .

La médiathèque F.Sagan a été implantée dans cette infirmerie après d’importants travaux de réhabilitation et autour d’un jardin d’inspiration méditerranéenne (Bigoni et Mortemard Arch.2015). La spécificité de cette médiathèque est le riche fond patrimonial de livres pour enfants du XVIéme siècle à nos jours (Les heures heureuses).

Non loin de là, au n° 18 rue de Paradis ( G.Jacottin et E.Brunnarius Arch.1888-1889), la façade ornée de céramiques constitua le catalogue exhaustif de la faïencerie Boulanger à Choisy-le-Roi  en activité de 1804 à 1936, celle-ci est inscrite à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques. A l’intérieur subsiste le vestibule, la cour et la salle de réception de la clientèle. Ce batiment après avoir hébergé le musée de l’Affiche et de la Publicité a été transformé en salles de réceptions.

Après avoir remonté le boulevard de Magenta, à proximité de l’église de St Vincent de Paul: au n°14 rue d’Abeville un immeuble de rapport (A & E. Autant Archi.1901).

Cette réalisation est contemporaine de l’immeuble du 29 avenue Rapp commandé pour  le céramiste P.Bigot, néanmoins elle est moins extravagante dans sa décoration. Pour l’immeuble de la rue d’Abeville le traitement végétal stylisé réalisé par P.Bigot autour du bow-window demeure remarquable ainsi que la composition polychrome de la façade: utilisation de la pierre au rez de chaussée, de la brique dans les étages et grès flammé vert. Les garde-corps métalliques sont traités à partir de motifs végétaux façon Art Nouveau.

Dans la même rue au n° 16 et à l’angle avec la rue de Belzunce ( G.Massa Archi.1897) un remarquable décor de cariatides très libérées à la façon « belle époque » vient orner les  bow-windows sur angle et sur rue.

En remontant la rue Lafayette jusqu’à  la pointe avec la rue de l’Aqueduc, au n° 5 une expérience novatrice d’immeuble de rapport à structure métallique sur 7 niveaux d’un esprit totalement différent des précédentes constructions (A.Lefevre Archi.1878).

Cet immeuble est réalisé selon le principe d’une structure métallique industrielle avec des parties apparentes en fonte et en fer s’emboîtant verticalement et horizontalement. Les balcons saillants sont eux aussi réalisés en tôle. Le remplissage n’est pas en brique mais en pierre. Les menuiseries sont en bois encadrées par de fines colonnettes de fonte.

Retour en longeant les voies de la Gare de l’Est au square Villemin. Face à celui-ci, de l’autre coté du canal, le 112 Quai de Jemmapes: un immeuble de rapport (G.Pradelle Arch.1908), briques et bow-windows avec une décoration de céramiques, la finesse des éléments y compris les couronnements des deux derniers niveaux lui confèrent une certaine élégance pas si fréquente le long du canal.

Sur le quai rive droite du canal se succèdent différentes constructions comme celui de l’Hotel du Nord dont la reconstitution bâclée ne suscite pas d’intérêt particulier, il n’est pas interdit de s’interroger sur cette culture de la nostalgie. L’attention pourra se porter sur des plaquages face au canal comme pour cet immeuble de faible épaisseur.

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Le long du canal à l’angle avec le 2-4 rue Alibert (J.Rey Arch.1932), un immeuble mixte permettant des activités industrielles et commerciales en rez-de-chaussée avec entrepôts en sous-sol et logements sur 7 niveaux avec cour intérieure. Structure béton remplissage briques et finition en enduit de gravillons lavés.

En face, une implantation liée directement à l’activité passée du canal Saint-Martin: l’ensemble des entrepôts du bâtiment des douanes construits vers 1850.

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La dernière extension des entrepôts des Douanes est située 11 rue L.Jouhaux (M.Dastugue Arch.1957). Une monumentalité toute en raideur, façon années 50, pour ce bâtiment de l’administration le long de la rue qui forme écran à la cour centrale des déchargements.

Après avoir longé sur le coté Nord la Place de la République, on aboutit au terme de cette balade à la pointe Sud du Xéme arrondissement au n°40 rue René Boulanger. L’ actuel hôtel Renaissance est la reconversion d’un précédent immeuble de bureaux ( A.Biro et J-J Fernier Archi.1969), la façade de ce bâtiment de neuf niveaux sur rue est un des rares exemple parisien remarquable en panneaux de fonte d’aluminium moulée. A l’intérieur de la parcelle cet hôtel se poursuit avec une aile sur quatre niveaux perpendiculaire au bâtiment principal. En rez de chaussée, le bar et le restaurant se prolongent à la belle saison avec des espaces extérieurs pour la restauration ou les réceptions.

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Balade architecturale dans le 18e autour de Montmartre.

Cette balade développe la grande variété des immeubles d’habitation parisiens autour de la colline de Montmartre. Dans les différents quartiers traversés le promeneur peut découvrir un large variété d’architectures et de détails décoratifs que de simples photos ne peuvent pas décrire dans toute leurs richesses.

Ce parcours propose des suggestions de visites, à chacun(e) d’ établir selon ses affinités son parcours idéal dans ces quartiers du tourisme devenu mondialisé. Cette situation amène à délaisser sur la colline de Montmartre les tracés balisés si convenus autour du décor trop bien léché de la Place du Tertre ou de la verrue néo-byzantine du Sacré-coeur pour rechercher en périphérie des espaces urbains aux topographies spécifiques que leurs habitants ont su rendre attachants et vivants .

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En partant du métro Barbès-Rochechouart et après avoir pris la rue de Clignancourt à l’angle avec les rues Myrha et Poulet, ce bâtiment des années 50 (architecte inconnu) d’une grande transparence, était à l’origine une imprimerie; il est devenu temporairement un lieu de restauration rapide.

En remontant la rue de Clignancourt, au n° 22-24 face à la rue Del Sarte, ce bâtiment autrefois connu sous le nom de Palais de la Nouveauté, est maintenant transformé en bureaux (G.Rives Arch.1895, sculptures de Falguière et de Dalou pour le tympan). Une vision monumentale et extravagante destinée à attirer la clientèle ce ce grand magasin.

La rue Muller qui se dirige vers le point haut de la Butte Montmartre permet de rejoindre la rue Lamark contournant au Nord et à l’Est la butte. Au n°16 : la crèche israélite de Montmartre (G.Debré Archi.1928), plan libre et poteaux en retrait du nu de la façade et des menuiseries métalliques, revêtement façade en béton de gravillons.

En descendant la rue Lamark en direction du métro Jules Joffrin, des échappées visuelles sans fin sur la droite s’offrent au regard. Les successions d’escaliers s’adaptent au plus près de la morphologie si particulière du quartier.  A l’angle des rues Eugène Sue et F.Flocon un HBM (H.Sauvage et Ch.Sarazin Archi. 1912). Dans cet immeuble de rapport le dernier étage est traité à l’angle avec une recherche de pittoresque venant adoucir les étages courants traités avec plus d’économie de moyens.

A partir de ce point, deux possibilités:

  •  contourner la Butte Montmartre par le coté Nord
  •  continuer tout droit en direction de la Porte de Clignancourt puis aller vers le métro Marcadet-Poissonniers. On retiendra la première possibilité, l’alternative sera traitée à la fin de cette balade.

En empruntant la rue Marcadet, un premier bâtiment HBM à l’angle 2-4 rue Duc (L.Besnard Arch.1922-1925) la structure en béton peinte est clairement mise en valeur par opposition au remplissage en briques. Les détails de construction mettent en valeur une décoration faite de cabochons en céramique bleue dans les étages bas alors que le dernier étage sous la corniche de couronnement de béton est revêtu de briques polychromes. Au dessus, la toiture mansardée semble s’effacer pour annoncer l’arrivée prochaine des toits terrasses de l’Esprit Nouveau.

Plus loin sur la droite rue de Trétaigne au n° 7 un autre immeuble HBM « hygiénique à bon marché » des architectes H.Sauvage et Ch.Sarazin ( 1904). Il s’agit du premier immeuble réalisé pour la Société des logements hygiéniques, fondée en 1903 dont Henri Sauvage et Charles Sarazin vont devenir les architectes quasi-exclusifs. A l’origine de cette création une analyse entamée par des philanthropes depuis les années 1870, le développement des thèses hygiénistes et le constat qu’un logement décent est le préalable incontournable à l’insertion sociale des classes laborieuses.

Cet immeuble de 29 logements a répondu à un programme ambitieux qui ne s’est pas limité à réaliser des logements mais aussi à permettre de s’instruire (université populaire, bibliothèque), de se nourrir correctement (coopérative alimentaire, restaurant hygiénique) et à développer l’hygiène ( bains douches, solarium en terrasse).

Le schéma constructif est le même que celui à l’angle de la rue Duc mais avec 20 ans d’avance, l’immeuble est dépouillé de tout ornement et sculpture fut-elle Art Nouveau. Initialement il avait été envisagé de réaliser le remplissage de la façade en briques de verre,  ce principe fut abandonné au profit des briques. Les combles mansardés du dernier étage sont des ajouts par rapport au solarium en terrasse.

Plus loin au 114 rue Marcadet et 21 rue Duc, le central téléphonique Ornano (G.Labro Archi. 1932) : appareillage des briques pour le niveau bas et ferronneries décoratives Art Déco, pilastres en briques de parement dont la verticalité est reprise en extrémité pour l’escalier de desserte des plateaux techniques.

Face à celui-ci au 127-129 : « entre-aperçu » au travers des piliers du rez de chaussée, on peut rejoindre La Maison Verte ( maison de quartier ouverte à tous)

En fond d’îlot devant un vaste espace libre intérieur, le temple de la Mission Populaire Evangélique, membre de la Fédération Protestante de France. Voute en béton mince et remplissage briques et menuiseries métalliques.

161 rue Marcadet et rue des Cottages une résidence de forte densité à l’architecture « proliférante » forme des redents successifs par rapport à l’alignement sans résultat cinétique très probant ( R.Sarger et A.Frischlander Archi.1973). Un effet de balancier par rapport à une architecture des années 60 jugée alors trop « élémentaire » et dénuée d’expression singulière, qui suscitera à son tour de nouveaux courants .

Au 256 rue Marcadet une réalisation de « logements salubres à bon marché » pour la fondation Rothschild ( H.Povensal Arch.1913-1919).

La rue Damrémont permet de rejoindre la rue Ordener.  Au n°187  la cité monumentale pour artistes « Montmartre aux artistes » (H.Résal et A.Thiers Archi.1930-1932), fut construite autour de trois bâtiments parallèles orientés Nord-Ouest / Sud-Ouest. Celui sur rue est revêtu de briques alors qu’à l’intérieur de la parcelle les façades sont traitées en enduit ciment peint en blanc. Les appartements-ateliers sont en double hauteur éclairés par de grandes baies vitrées métalliques.

La desserte verticale est assurée pour chaque immeuble par deux cages d’escaliers desservant des coursives extérieures situées à l’arrière.

Le hall d’entrée avec ses trois arches est traité de façon monumentale .

Rue Championnet puis rue Joseph de Maistre, au n°76, la crèche Joseph de Maistre (extension :RH+Architecture 2006) borde le square Carpeaux.

74 rue Joseph de Maistre, un immeuble artisanal construit vers 1900 ( architecte inconnu) structure apparente et remplissages par des panneaux façades menuisés, lumière naturelle et minimalisme de l’enveloppe, ses qualités intrinséques lui permettent encore aujourd’hui de répondre aux besoins de la cité artisanale.

Collège Coysevox 16 rue Coysevox, une opposition affirmée clairement entre bâtiment d’origine et sa surélévation (P.L Faloci Archi. 1989).

A l’angle 8-10 rue Carpeau et 136-138 rue Lamark, un immeuble d’habitation aisément identifiable aux constructions des années 50 par la disposition de ses retraits successifs et des conduits de cheminées spectaculaires (Despagne et Cie 1955-1957, architecte inconnu). Le règlement provisoire d’urbanisme parisien en vigueur à l’époque prescrivait que « la verticale du gabarit correspond à la largeur de la voie ( H=L), quant à l’oblique elle peut s’élever jusqu’au plafond dont la hauteur est fixée par le plan d’aménagement de l’ïlot »Ces sorties de cheminées réglementaires ( un conduit de fumée pour chaque cuisine et un conduit pour deux ou trois pièces) rendues monumentales par les retraits successifs disparaitront avec une circulaire administrative autorisant des gaines unitaires à raccordements individuels. La conjonction des deux contraintes, gabarit en gradins et cheminées, rend la vision des immeubles d’angle d’autant plus particulière.

 

Après avoir remonté la rue Joseph de Maistre, on emprunte la rue Caulaincourt bordée d’immeubles en pierre de taille, les échappées se succèdent vers le Nord de Paris, ici le square Caulaincourt.

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Poursuivant sur la rue Caulaincourt  jusqu’à la place Constant Pecqueur, au 85-87 deux hôtels particuliers.

Plus loin, la rue Pierre Dac permet une nouvelle échappée visuelle avec un esprit d’escaliers successifs vers la station de métro Lamark-Caulaincourt.

La montée de l’avenue Junot en direction du sommet de la butte permet de découvrir de nouveaux ateliers d’artistes, notamment au n°30-36  (A.Thiers Archi.1930).

A droite en montant l’avenue Junot: la villa Léandre et ses différents modèles de maisons individuelles.

A gauche, rue S.Dereure au n°15, un ancien atelier de soieries (P.Patout Archi. 1927)   avec de grandes baies vitrées orientées au Nord.

15 avenue Junot, la maison Tristan Tzara est l’unique réalisation en France d’ A.Loos Archi.1926. Une oeuvre en forme de manifeste avec son idée maitresse:  « Ornement et crime » * . Pour cette réalisation le terrain de 10,6m en façade et 17,6m de profondeur tout particulièrement accidenté rend la volumétrie et la distribution complexes totalement à l’opposé du plan libre, la lisibilité des fonctions intérieures n’apparait pas en façade coté avenue qui présente un collage de matériaux et reste assez énigmatique pour le promeneur .

En rez de chaussée: entrée et garage, au premier niveau un appartement, au deuxième niveau : atelier d’artiste, troisième et quatrième niveaux : chambres.

*  » J’ai libéré l’humanité de l’ornement superflu. « Ornement » ce fut autrefois le qualificatif pour dire « beau ». C’est aujourd’hui grâce au travail de toute ma vie, un qualificatif pour dire « d’une valeur inférieure ». Je sais que l’humanité m’en sera reconnaissante un jour, quand le temps épargné sera bénéfique à ceux qui jusqu’à présent étaient exclus des biens de ce monde ».( A.Loos « Ornement et crime »)

Plus haut en arrivant sur la place Marcel Aymé on aperçoit derrière un portail une allée privée qui dessert des maisons individuelles avec jardins .

Rue d’Orchampt, en descendant vers le Bateau-lavoir on retrouve là aussi d’anciens ateliers d’artistes traités de façon plus économiques.

Un peu plus bas on retrouve Le Bateau lavoir ( une ancienne manufacture de pianos divisée en ateliers d’artistes vers 1889)Picasso prit cet atelier dès 1904 ou il y exécuta les dernières toiles de la période bleue, puis de la période rose et les Demoiselles d’Avignon (1907).

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En direction de la place des Abbesses, au n°17 de la rue des Abbesses : l’église Saint-Jean-de-Montmartre ( Anatole de Baudot Archi.1894-1904, élève de Viollet-le-Duc ). Elle représente l’aboutissement des théories de cet architecte et un pas vers une architecture nouvelle, à partir de principes constructifs appliqués depuis 1890 notamment pour le théâtre de Tulle: briques et ciment armé y compris pour la charpente.

Anatole de Baudot a préféré le ciment armé ( système Cottencin) qui utilise de minces dalles renforcées par des contreforts pour les parties horizontales et des briques enfilées sur des tiges de fer pour les parties verticales. Ces deux parties sont reliées pour former un monolithe indéformable particulièrement adapté au sol de ce terrain assez instable. Le système Cottencin disparaitra vers 1914 au profit du système Hennebique qui a développé le béton armé.

L’auvent d’entrée, lui aussi en ciment armé, est revêtu de pastilles en grès flammé (A.Bigot), décoratives autant que protectrices pour ce tout nouveau matériau à l’époque.

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Les voutes constituent les couvertures de l’édifice, deux dalles de ciment armé de 7cm d’épaisseur, la dalle inférieure est recouverte d’une chape de plâtre peinte, l’autre constitue la couverture proprement dite, ente les deux dalles un intervalle de 4cm est rempli d’un mélange liège et mâchefer assurant l’isolation. Intérieurement la minceur de la structure dégage une impression de grande légèreté .

Sur le coté droit, le passage piéton permet de mieux comprendre la difficulté du terrain en pente et son utilisation maximale par la création d’un niveau inférieur à celui de l’église pour des salles d’activités paroissiales.

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Diverticule à partir de du haut de la rue Lamark en direction de la Porte de Clignancourt puis vers le métro Marcadet-Poissonniers.

Le groupe scolaire à l’angle de la rue Championnet et de la rue du Ruisseau (E.Bois Archi.1934-1950) est mis en valeur par un usage décoratif de la brique avec un maillage qui enveloppe l’ensemble des façades, un répertoire ornemental développé dans les années 20 pour les programmes à petits budgets. Ici le décor semble largement inspiré par celui de l’Institut d’Art et d’Archéologie face au jardin de l’Observatoire (P.Bigot Archi.1924-1932).

Résidence étudiante, 70 rue Championnet avec un retour boulevard d’Ornano : souplesse de la façade avec effet d’ondulation en métal.

Sur le bd. d’Ornano (ouvert par Haussmann) au n° 43, l’ ancien cinéma ORNANO 043 (M.Gridaine Archi.1933). Indépendamment des ajouts parasites en rez de chaussée un beau travail sur les horizontales des baies et des hublots façon paquebot dans le droit fil des années 30, sans oublier le graphisme de l’enseigne réalisé dans le béton formant signal urbain.

En face, 118 rue du Mont-Cenis, le siège administratif de Virgin ( R.Piano DW Archi.2000-2005).

La rue Championnet aboutit au 13 de la rue des Amiraux. A l’ angle avec la rue H.Lachapelle, l’ensemble HBM-piscine (H.Sauvage et Ch.Sarazin Archi.1922-1926 ), une suite logique de la réalisation de l’immeuble Vavin réalisé en 1912 avec la permanence d’une recherche d’ensoleillement maximum (deux heures supplémentaires pour les logements en rez de chaussée) rendu possible grâce aux terrasses en retrait inspirées des sanatoriums du début du XXe siècle.

A l’origine, l’implantation d’un cinéma fut imaginée au centre de l’ensemble, il fut remplacé  par une piscine publique surplombée d’une verrière. Structure en béton et façades revêtues de carreaux céramiques brillants identiques à ceux de la rue Vavin et du métro parisien (cf. les thèses hygiénistes).

Pour le Maitre d’Ouvrage à vocation sociale, cette recherche d’une ville plus « intense » aura comme incidence économique majeure une moins grande densité de logements sur la parcelle. En effet, si 78 logements ont été réalisés, une opération plus conventionnelle avec cour intérieure traditionnelle en aurait permis une cinquantaine de plus !. A cela il faut ajouter que 21 logements sont orientés plein Nord, 20 sont éclairés uniquement vers la cour intérieure.

Le plan du troisième étage permet de localiser les quatre circulations verticales qui desservent les étages d’habitations, les différents types de logements ainsi que les caves dont les circulations de dessertes longent le vide central au dessus de la verrière de la piscine.

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Une coupe sur l’ensemble permet de visualiser l’organisation spatiale autour de l’équipement public. Coté cour intérieure, seuls les logements des trois derniers niveaux comportent de petites fenêtres, les 3e et 4e étages comportent des fenêtres éclairant les circulations des caves.

A noter que cette disposition en gradins était imposée dès 1916 à New-York pour permettre une meilleure circulation d’air et une pénétration du soleil vers les niveaux inférieurs.

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Ce concept des gradins sera à nouveau développé par les mêmes architectes pour le projet d’immeuble Métropolis du quai de Passy en 1928 demeuré sans suite. Cette utopie est restée longtemps sans lendemains ce qui n’empêchera pas son classement aux Monuments Historiques en 1991.

 

Balade architecturale de la Porte Dorée à l’avenue Ledru Rolin.

A la fin du XVe siècle les voies d’approvisionnement à partir du Sud-Est de Paris vers le centre de la capitale se faisaient par les rues de Charenton, de Reuilly et de Picpus. L’actuelle avenue Daumesnil est venue en complément des précédentes à partir de 1862. Cette percée haussmannienne a permis lors de sa création la réalisation de nombreux lotissements privés. Les adjudicataires de cette nouvelle voie radiale furent souvent des architectes ou des entrepreneurs. Ce sont eux qui dessineront peu à peu le quartier que nous connaissons aujourd’hui.

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Au XXe siècle l’Exposition coloniale de 1931 relancera l’ urbanisation de cette périphérie. L’implantation retenue pour cette exposition organisée sur 110 hectares visait notamment à développer des « quartiers déshérités » le long des fortifications de Thiers. Ainsi le terminus de la ligne 8 du métro fut déplacé jusqu’à la Porte de Picpus rebaptisée Porte Dorée en lien avec la sculpture monumentale dorée de la France coloniale ( une allégorie au casque gaulois symbolisant « la France apportant la paix et la prospérité aux colonies ») qui fut implantée dans l’axe de la place monumentale dont l’ancien musée des Colonies vint clore un des cotés.

Depuis sa construction la Porte Dorée s’identifie fortement à ce bâtiment ( A.Laprade et L.Jaussely Arch.1931) qui fut construit à l’orée du bois de Vincennes pour célébrer l’empire colonial français. Ce projet provoqua d’inévitables conflits politiques lors de sa programmation mais aussi de représentation architecturale entre régionalisme et modernisme, tradition et modernité. 

En 1931 la fine colonnade de ce bâtiment monumental avait pour objectif de mettre en valeur une fonction pédagogique pour les visiteurs: « illustrer l’apport économique des colonies de l’Afrique à l’Asie » . Le bas-relief sculpté sur plus de 1130m2 ( et de 10 cm d’épaisseur maximale) fut réalisé par A.Janniot, il demeure un triomphe de « l’art décoratif moderne » réalisé en deux ans.« Grande tapisserie de pierre abritée par une sorte de dais léger, évoquerait les pays du soleil dans une note neutre et moderne » ( cf. A Laprade dans une note au Maréchal Lyautey commissaire général de l’exposition). Cette allégorie de l’Abondance, de la Paix et de la Prospérité est entourée des figures des grands ports maritimes français. L’Histoire rappelle que de tels ouvrages à but de propagande portent inévitablement les germes de leurs déclins programmés.

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La signature Intérieure du bâtiment est assurée par la couverture intérieure à gradins du hall central ainsi que par les travaux de décoration réalisés par de nombreux artistes réputés : G.Poillerat pour les serrureries décoratives, Baguès pour les luminaires, E.J Ruhlmann et E.Printz pour le mobilier, les mosaïques au sol sont traités comme des tapis précieux, Jean Prouvé a réalisé le portail d’entrée.

Le musée des Colonies (1931-1935) fut ensuite dédié à la France d’Outre-Mer (1935-1959) puis aux Arts d’Afrique et d’Océanie (1961-2003), actuellement il accueille la Cité nationale de l’immigration. 

A la fin de l’Exposition coloniale et après démolition de la majeure partie des bâtiments certains espaces libérés permirent l’implantation de logements sociaux. Des HBM furent construits sur l’emplacement de la Cité de l’Information de l’Exposition coloniale le long du boulevard Poniatowski (1932-1934), résultat tangible d’une volonté politique forte de prise en main de l’aménagement urbain par les pouvoirs publics.

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A ces ilots d’HBM il faut opposer en vis à vis une « dent creuse » sur une parcelle qui nécessiterait d’être « raccommodée » au moyen d’une opération probablement difficile à faire émerger entre pesanteurs administratives et développement abusif des procédures de recours .

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Entre le boulevard Poniatowski et la voie ferrée de « la petite ceinture » rue E Lacoste, un petit lotissement coopératif rappelle la variété du tissu urbain dans ces quartiers périphériques. Celui-ci reprend des plans types d’habitations individuelles développés autour de la rue du docteur Leray dans le 13e par une société coopérative pour cheminots.

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En revenant sur ses pas au 6 boulevard Soult: immeuble de logements (Alluin & Mauduit Arch.1991), un des premiers développements de la façade « véranda » parfaitement adapté pour réduire les nuisances sonores le long du boulevard.

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En remontant l’avenue Daumesnil, à l’angle de l’avenue Michel Bizot et de la rue de Picpus (P.Riboulet Arch.1997), un ensemble de logements avec loggias vitrées économisant l’énergie, améliorant les performances acoustiques et formant jardins d’hiver. Comme souvent, la transformation en pièces de débarras nuit à l’esthétique de l’ensemble.

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Angle rue de Fécamp et 16 rue E.Robert, un plan masse en peigne de chaque coté d’une cour intérieure pour cet ensemble des 600 logements HBM (groupement des architectes de l’office public d’HBM 1924), détails entre tradition et début du vocabulaire de la modernité naissante.

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Au débouché de la rue de Fécamp sur l’avenue Daumesnil, voir aux n°234-246 des immeubles d’habitations sur 4 niveaux pour ouvriers bâtis à la demande de Napoléon III sur sa cassette personnelle. Ils furent dessinés en 1867 et réalisés par des entreprises britanniques.

186 avenue Daumesnil: l’église du Saint-Esprit (P.Tournon Arch.1928-1934). Certainement un des ouvrages des « chantiers du cardinal » les plus ambitieux par la taille. A partir de l’avenue Daumesnil, le porche d’entrée et son clocher (terminé en 1942) viennent s’intégrer entre deux immeubles d’habitations, l’église se développe à l’intérieur de l’îlot en particulier le long de la rue Canebière.

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Modernisme de la structure avec l’emploi du béton laissé brut de décoffrage, l’importance de la coupole de 22m de diamètre et de 33m de haut n’est visible qu’à partir de la rue R.E Robert, les parements des façades sont traitées de façon très traditionnelle en briques de Bourgogne.

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La couronne de lumière qui se dégage autour de la coupole byzantine n’inonde pas l’intérieur de l’église. L’éclairage naturel donne dans le « clair obscur » qui peut rappeler Sainte Sophie de Constantinople. Le poids de la tradition reste ici très pesant. On est loin de l’inventivité développée pour l’église St Jean de Montmartre par Anatole de Baudot (1887-1904), ou par A.et G.Perret dans l’église du Raincy (1923 ) .

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En remontant la rue Canebière on arrive à l’ensemble des 500 logements HLM  du 59-93 rue Claude Decaen, 5-7 rue de Gravelle et rue Georges-Contenot (J.Bourgeois, J.Bukiet, G.Lesou et A.Picard Archi.1955 ). Cette importante rénovation urbaine par sa taille comporte 8 tripodes de 13 niveaux accolés deux par deux, ils sont associés à 5 autres bâtiments linéaires de 6 niveaux. Ces bâtiments inspirés d’exemples suédois ont été construits avant le développement des méthodes de préfabrication , ils sont réalisés avec une structure béton et remplissage en parpaings.

A défaut de luxe et de volupté, le calme règne ici dans un des plus grands jardins privatifs de Paris qui pourrait, en réduisant les blocages administratifs, être partagé avec les autres habitants du quartier. Une densification est en cours avec la réalisation de logements supplémentaires et d’une crèche.

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Ce n’est pas le seul ensemble immobilier monumental dont le plan masse est en rupture  avec le tissu urbain environnant dans le 12e, comme le met en évidence cette maquette du Pavillon de l’Arsenal, d’autres existent en longeant l’avenue de Reuilly .

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Après avoir franchi la Place Daumesnil ( ancienne barrière de Reilly des Fermiers Généraux), au 168 avenue Daumesnil, l’ensemble bureau de Poste et logements pour postiers ( P.Chavannes Arch.1993), cette opération s’est inscrite dans le développement important pour ce type de programme mixte entrepris par l’administration postale à Paris, avec des réalisations extrêmement variées « ….que cent fleurs s’épanouissent » … .

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Lui faisant face, au 187 avenue Daumesnil, le central téléphonique (P.Guadet Arch.1926). Comme pour l’hôtel particulier Guadet du 95 boulevard Murat l’ossature est revêtue de pastilles céramiques colorées.

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Retour place Daumesnil: dans la rue de Reuiily  du n° 95 au 103 et à l’angle avec la rue du Sergent-Bauchat, plusieurs bâtiments distincts ( R.Schweitzer Arch.1971-1976), l’école d’infirmières des Diaconesses et l’institut Sainte-Clotilde. Façades en béton et briques selon les principes du néo-brutalisme et déclinés ici avec rigueur et sobriété.

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Par le même architecte l’importante opération de rénovation urbaine entre la rue de Picpus et les 105-109 rue de Reuilly ( plus de 40.000m² de logements sociaux) construite en 1971 n’offre hélas pas le même intérêt architectural et correspond à la politique de rénovation aux forceps de cette époque. A proximité immédiate l’église St Eloi en acier utilise un vocabulaire contemporain qu’on ne rencontre que trop rarement ( M Leboucher Arch. 1967).

29-33 rue Montgallet et 25 passage Stinville vers le square de la baleine (Babel Arch.2006) un travail « décoratif » des balcons associé à un usage de la brique de parement.

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Dans la rue de Reuilly au n°85 l’impasse Mousset présente quelques exemples d’anciens ateliers d’artisans transformés en habitations avec à la belle saison des floraisons bucoliques. Dans le même esprit au n° 69 le portail de fer forgé permet d’accéder à la cour d’Alsace-Lorraine autrefois dédiée à l’artisanat, maintenant rénovée et repeinte dans des couleurs ocres. La partie arrière de la cour jouxte l’Ecole Boulle.

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Plus loin dans la rue de Reuilly et en longeant le passage Saint-Charles, une autre importante opération d’urbanisme s’étire sur une grande longueur pour attester que les promoteurs ont largement participé au renouvellement du tissu urbain parisien.

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Avant de gagner la rue P.Boudan, l’extension de l’Ecole Boulle, (A.Laprade et J.Prouvé Arch.1952), le mur rideau développé par Jean Prouvé est contemporain de celui de la Fédération du Bâtiment rue Lapérouse, dans les deux cas il a été développé dans un esprit de légéreté y compris dans sa manutention et sa mise en oeuvre sur chantier.

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Avenue Diderot, résidence étudiante (S.Brou Arch.2011) entre signal urbain et rupture de l’alignement et dans les matériaux.

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Entre le boulevard Diderot et la rue du Faubourg Saint-Antoine, on rejoint l’ancienne caserne de Reuilly. Initialement Manufacture Royale des Glaces en 1634 puis bâtiment militaire et administratif sous Louis-Philippe. Ce terrain de 2 hectares fait l’objet d’une réhabilitation et d’un réaménagement avec démolition des murs d’enceinte pour faire émerger un nouveau quartier d’environ 600 logements autour de l’ancienne place d’arme aménagée en espace vert de 5.000 m2.

Au delà à gauche, la rue Crozatier permet de rejoindre l’ avenue de Corbera. Des deux cotés de cette rue un ensemble de logements de rapport par le même architecte (E.Lambla de Sarria Arch.1923-1928) pour le compte d’un investisseur privé. L’homogénéité monumentale de la rue est rythmée par des bow-windows, totalement à l’opposé du morcellement quasi-systématique mettant en valeur les individualismes qu’on rencontre depuis une vingtaine d’années.

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48 boulevard Diderot, l’ancienne Maison des élèves de l’école Centrale ( P.Leprince Ringuet Arch.1929) a été transformée en résidence Citeaux du CROUS de Paris.

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28 rue de Citeaux, la cuisine centrale de l’hôpital Saint-Antoine (E.Ciriani Arch.1985),la volonté de produire un manifeste d’abstraction tout en bousculant vigoureusement les constructions voisines, naissance du « style Ciriani » entre complexité et modernité plastique aux effets de démonstration très appuyés qui apparait maintenant très daté.

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En face le square L. Ferré et le passage Driancou, comme dans beaucoup de lieux de l’arrondissement, le passé artisanal du quartier cède la place à la boboisation rampante.

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Seul lotissement notable dans le faubourg Saint-Antoine avant la Révolution, le Marché-Beau, devenu Marché d’ Aligre, est installé depuis 1781. M-G Jolivet, architecte de la ville  construisit en 1843 le nouveau marché couvert . Dans la partie Nord-Est l’immeuble aux balcons filants exprime par sa rupture très affirmée avec le tissu environnant la brutalité de beaucoup de rénovations urbaines des années 70 .

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Le quartier possède d’autres chocs urbains, celui à l’angle de l’avenue Ledru-Rollin et du 50-56 rue de Charonne résulte de l’abandon en 1965 de l’élargissement programmé de cette rue à 40m.

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Une tranche particulièrement fine attire l’attention du promeneur.

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Seule compensation pour les nostalgiques à ce carrefour :« le Bistrot du Peintre ». Crée en 1902 dans un décor brasserie Art Nouveau et orné de faïence et de bois, il vous permettra d’épiloguer sur les bouleversements urbains passés ou à venir de l’arrondissement.

Puteaux ou la difficile identification d’une ville .

Cette balade en boucle dans Puteaux à partir du Pont de Neuilly va à la rencontre de styles architecturaux que beaucoup d’architectes font semblant de ne pas regarder, ils ont été majoritairement « inspirés » et souvent quasi-imposés par des édiles se complaisant dans des environnements nostalgiques de plaquettes de briques, de mansardes en zinc et de balustres, sans désir de participer à un environnement moderne.

On découvre depuis le pont de Neuilly une vue de Puteaux étroitement liée au quartier de La Défense implanté sur un tiers de son territoire communal. Ce premier regard est très réducteur si on ne va pas à la découverte de cette commune aux aspects très contrastés.

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Cette balade présente la grande variété des styles architecturaux directement liés aux impulsions imposées de façon plus ou moins éclairées par les différents maires : novateurs ou conservateurs voire passéistes. Ces successions de volontés politiques très différentes et plus ou moins affirmées impactent directement le paysage architectural et aboutissent fréquemment à des juxtapositions au mieux composites, au pire hétéroclites.

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La très remarquable tour Nobel (J de Mailly J.Depussé J.Prouvé Arch.1967) n’est donc pas représentative de la production architecturale qui suit. L’urbanisme de dalle des  terrasses Bellini, cet ensemble de logements et de bureaux récemment rénové, a peut être servi d’exemple à ne plus reproduire, mais après analyse l’effet balancier n’est pas exempt de critiques lui aussi.

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L’arrière des terrasses Bellini ,vue de la passerelle enjambant le périphérique de La Défense, montre les limites de l’urbanisme de dalle des années 60 et apparaît assez caricaturale.

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Un cheminement le long de la Seine permet d’avoir une vision plus générale des transformations du tissu territorial . Aux coteaux de la Seine et à ses vignobles fin du XIX ont succédé le développement du chemin de fer, puis l’ industrialisation rapide le long du fleuve. Le développement des services a engendré l’accroissement des bureaux y compris en dehors de l’espace central de La Défense.

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Un bref détour dans l’ l’île de Puteaux ou à coté du gymnase de bois et d’acier voisine le »Palais des Sports, … »le peuple lui aussi a droit à des colonnes »…un avant-gout du kitsch qui va suivre. A noter que l’île est accessible uniquement par le pont de Puteaux , le pont de Neuilly ne donne accès qu’au palais des sports de Neuilly mais ne permet pas d’accéder au complexe sportif de Puteaux, chacun reste maître dans son fief !...

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Revenons vers le centre-ville, à l’angle rue Richard Wallace et rue Voltaire avec ce rappel des constructions basses début XX lié au passé industriel avec ses anciens quartiers ouvriers maintenant relookés tendance « nostalgie » avec des enseignes dignes de parcs d’attraction.

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Rue Richard Wallace, une image-type du néo fréquemment rencontré avec ses lucarnes, bow-windows et autres réminiscences qui en rassurent certains.

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Néanmoins à d’autres époques l’esprit était moins timoré comme comme le démontre l’ Ecole Benoit Malon, 8 rue Colin (R.Roy et Lorenz Arch.1926) avec une volonté de décor qui ne se contentait pas de reproduire des images types.

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Donnant sur la rue  Richard Wallace: la Place du Théâtre, la bien nommée…on devrait préciser d’opérette dans ce cas précis avec la tentation de retrouver la qualité de la ville traditionnelle en se contentant d’importer des décors; malheureusement n’est pas Rob Venturi ou Aldo Rossi qui veut !.

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Sur cette même place des peintures de pignons aveugles font figure de pansements urbains.

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Plus loin, l’Hotel de ville et sa colonnade monumentale (les frères Niermans Arch.1934), qui servit de modèle à la Mairie d’Alger construite par les mêmes architectes, rassurerait presque quant à la force affichée de la volonté publique durant les années 30.

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Face à l’entrée principale de l’hôtel de ville et à son bas-relief d’A.Janniot, la médiathèque tente une recherche du monumental à tout prix .

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En remontant vers la gare de Puteaux, on peut découvrir des rues calmes avec des habitats individuels et des petits jardins. Sur le plateau, après avoir franchi la gare, on peut découvrir d’autres  productions architecturales.  Rue Cartault, la résidence Cartault (A.Labussière Arch.1922-1925). Le plan masse en peigne a permis de dégager à partir de ce point haut du relief des vues obliques vers Suresnes et la vallée de la Seine avec un réel souci à cette époque d’hygiénisme pour un habitat mieux éclairé offrant plus de confort.

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En redescendant vers la gare SNCF, au 172 rue de la République: la Cité Lorilleux ( les frères Niermans Arch. 1954) sur l’ancien emplacement des usines d’encres éponymes. Ces constructions contemporaines de la Cité Radieuse de Le Corbusier n’en ont pas la qualité sculpturale ni le concept fort, néanmoins elles ne font pas dans le pastiche.

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A proximité, au 48 rue F.Pelloutier, le groupe scolaire Marius Jacotot (les frères Niermans Arch. 1935-1936) présente un signal fort visible depuis la ligne SNCF de Paris-St Lazare vers Saint-Cloud.

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En longeant la voie SNCF, un autre signal urbain à l’angle de la rue Sadi Carnot qui surplombe les voies SNCF avec une vue dégagée vers la vallée de la Seine au Sud.

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En redescendant vers l’Hôtel de Ville, dans la rue de la République le néo reprend toutes ses aises. Dans le bas de Puteaux et à proximité avec le plus grand quartier d’affaires européen, il est frappant de constater la multiplicité des poncifs dignes de station balnéaire avec de frêles colonnes, des corniches, des frontons et des balustres involontairement kitsch pastichant les antiques à la façon Beverly Hills.

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Dans la cette veine factice à proximité:« Le quartier Haussmannien » 15 rue Marius Jacotot.

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 » Le Saint Andrew » 20 rue Rousselle , pauvreté et platitude de l’ architecture ordinaire.

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Les oppositions de styles sont parfois saisissants dans cette vision urbaine ou le néo-haussmannien de la promotion immobilière privée s’oppose frontalement avec la production architecturale des tours de bureaux à l’architecture internationale.

Toujours en se dirigeant vers La Défense, rue Arago, l’immeuble de logements « Villa Carolina » reprend de façon très élémentaire l’image du Parc St James de l’autre coté de la Seine, décidément ce permanent « complexe de Neuilly » en taraude beaucoup. De toute évidence on est bien loin ici des politiques architecturales volontaristes développées dans d’autres zones péri-urbaines dont les finances publiques sont beaucoup moins favorisées que Puteaux.

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L’ affiche ringarde de la « force tranquille » de 1981 avec son village rural autour du clocher , rassemble décidément une grande partie d’ élus locaux dont la culture architecturale est « a minima » ce qui n’est hélas pas pour déplaire a beaucoup d’ acteurs de la construction.

Avant de franchir le boulevard circulaire de La Défense et contre un ensemble résidentiel en préfabrication lourde des années 70, une école « blockhaus » très figée à l’angle de la rue Arago et du boulevard A.Soljenitsyne.

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La coupure du boulevard circulaire de La Défense isole certes le quartier d’affaires des « centre-villes »  limitrophes mais pour conclure je vous invite à profiter des espaces publics de la Défense ou vous pourrez jouer aux boules, bronzer, prier,  jouer de la guitare, flâner, échanger ou simplement respirer autour des bassins et fontaines d’Agam ou deTakis que je trouverai toujours préférables aux mignardises rencontrées dans les jardins publics de Puteaux.

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Paris, balade architecturale de la Porte de la Chapelle à la Porte de la Villette.

Ce territoire parisien en limite Nord-Est situé entre les 18e et 19e arrondissements couvre 200 hectares environ. Il s’étire entre le Périphérique au Nord, les voies SNCF (réseaux Paris-Est et Paris-Nord) au Sud et à l’Ouest, et le canal Saint-Denis à l’Est.

La juxtaposition des réseaux de transports routiers, fluviaux et ferrés reliés aux entreprises de logistique ne présentait pas jusqu’à présent un cadre très favorable pour l’habitat.

Avec le développement du pôle économique de la Plaine Saint-Denis l’opportunité d’un renouvellement urbain s’est imposée. Le projet d’aménagement de Paris-Nord-Est en cours de travaux accueillera à terme 28.000 habitants et 41.000 emplois (respectivement 13.000 et 16.000 actuellement).

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Partant de la Porte de la Chapelle, la voie ferrée relie le réseau Nord à l’ancienne gare de marchandise du secteur Évangile et enjambe le boulevard des Maréchaux.

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La convergence de ces réseaux à proximité de l’ancien tissu industriel du Nord de Paris a concouru dans les années 60 à l’implantation des entrepôts Calberson filant sur plus de 800 m entre les portes de la Chapelle et de la Villette, et interrompus uniquement au droit de la porte d’Aubervilliers.

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La partie des entrepôts entre les portes de la Chapelle et la porte d’Aubervilliers est la plus récente, elle a été construite en 1970 ( M.Forest Arch.). Ce bâtiment est desservi à la fois par les réseaux SNCF Paris-Est et le chemin de fer de « la petite ceinture », il est assez exceptionnel par ses dimensions et par sa conception: construit sur 3 niveaux avec un parking sur la totalité de la terrasse. Sur la partie comprise entre les portes de la Chapelle et d’Aubervilliers la façade comporte différents redents. La rampe d’accès des véhicules vers les différents niveaux des entrepôts est implantée en extrémité du bâtiment coté Porte d’Aubervilliers.

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La cité HBM Charles Hermite est située le long du boulevard Ney face aux entrepôts. Elle est longée par le périphérique, le bassin d’Aubervilliers situé plus au Nord longe le centre commercial du Millénaire et les Magasins Généraux de La Plaine St Denis.

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Après la Porte d’Aubervilliers, et sur le boulevard Macdonald en direction de la Porte de la Villette: 3 ensembles de 150 logements sont implantés chacun autour d’une cour-jardin privatif avec une transparence des halls en rez de chaussée.

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L’opération centrale (R.& M. Schweitzer Arch.1997) développe une rigueur expressive dans la volumétrie en évitant les parois trop vitrées, elle utilise la palette de matériaux des HBM voisins en brique et enduit. Cette opération présente beaucoup de similitudes dans le traitement des volumes et des percements avec l’immeuble de logements du 9 avenue de la Porte de Clichy réalisé par cette même agence .

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La partie des entrepôts située entre les portes d’Aubervilliers et de La Villette (n° 141 à 221 du boulevard Macdonald) a été construite à la fin des années 60 (M.Forest Arch.) sur les terrains d’anciennes usines à gaz dont l’implantation datait des années 1860. La façade de la longue barre de 617 m de long et de 165.000 m² est ici sans redents, la résille de béton en souligne l’horizontalité. La structure en béton du bâtiment (prévue pour recevoir 3 étages supplémentaires) est recoupée sur les trois niveaux par des murs coupe-feu avec une hauteur moyenne sous plancher de 6 m. Pour ce bâtiment de stockage des marchandises les planchers pouvaient recevoir des surcharges de 2 tonnes/m². Le premier étage présente un porte à faux de 5 m tant du coté voie ferrée que du coté quai de déchargement des camions. La toiture terrasse a été utilisée comme fourrière de véhicules pour la ville de Paris.

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Cette seconde partie des anciens entrepôts a fait l’objet d’une importante reconversion pour créer 1126 logements, une résidence étudiante avec foyers de jeunes travailleurs, des bureaux, des commerces (C. de Portzamparc, N. Michelin, Brenac & Gonzalez, Gigon Guyer, Fantastic Architecture, Hondelatte-Laporte Arch.). Cette mixité des fonctions peut être conçue comme un levier pour favoriser les transformations des équipements pose un regard différent sur un patrimoine immobilier devenu inadapté, y compris comme ici ou l’épaisseur du bâtiment et les hauteurs sous dalles de ces entrepôts sont inhabituels peuvent produire des logements atypiques souvent riches de qualités spatiales. Par un effet de balancier fréquemment rencontré cette déconstruction-reconstruction aboutit à un sur la partie Sud coté Porte d’Aubervilliers à effet « matériauthèque »  qui certes nourrit le buzz, mais était-ce bien nécessaire pour les logements donnant face à la nouvelle gare RER Rosa Parks?.

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Coté canal et vers la Porte de la Villette, les traitements logements et bureaux sont moins anecdotiques.

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Coté boulevard Macdonald  la reconversion des entrepôts  en bureaux réalisée: 28.000 m² ( F. Leclerq, M. Mimram Arch.2015) n’ont pas le même effet de diversité des traitements à tout prix

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A son extrémité coté Porte de la Villette la reconversion des entrepôts a été affectée aux équipements publics: école, collège gymnase, crèche ( Kengo Kuma & Ass Arch.2015).

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Face à ces anciens entrepôts, la ZAC Claude Bernard fut crée en 2005 à l’emplacement de hôpital détruit dans les années 90. Cette ZAC de 15,5 hectares est enserrée entre le boulevard périphérique, le boulevard Macdonald et le canal Saint-Denis. Le premier quartier mixte dans ce secteur en mutation est desservi par le tramway et la nouvelle gare RER E « Rosa Parks » constituant un pôle intermodal important à l’échelle régionale.

Au n°166 le Cinéma UGC de 10.000 m² (JP.Viguier Arch.2013) est implanté en limite Est, et contigu au square Claude Bernard.

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Ce nouveau quartier urbain mixte (bureaux-logements-commerces et groupe scolaire) est limité au Nord par un ensemble de 3 immeubles de bureaux (41.000 m²) qui protège des nuisances sonores du périphérique. Les façades des bureaux sont très différenciées entre elles sans qu’on en saisisse la réelle justification, ici en limite Nord-Ouest (E.Combarel & D.Marrec Arch. 2011). Les habitations sont implantées le long du boulevard Macdonald.

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Faisant face au premier bâtiment de bureaux: l’immeuble de logements le long du boulevard Macdonald ( R.Marciano Arch.2011).

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Deux voies perpendiculaires au boulevard Macdonald déservent les bâtiments d’habitations et de bureaux, ces derniers communiquent entre eux par des galeries de liaisons transparentes isolant des nuisances du périphérique (J.Ferrier Arch.2011).Les bureaux et immeubles d’habitation sont séparés par un jardin accessible au public tout au long de la ZAC (agence de paysagistes TER).

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Face au deuxième bâtiment de bureaux, autre immeuble de logements (V.Brossy Arch. 2011).

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Immeuble mixte commerces-maison de retraite EHPAD de 104 lits-logements sociaux et en accession ( Atelier Zundel-Cristea Arch.2011) revêtu de céramique blanche.

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Le troisième immeuble de bureaux en limite Nord-Est (Sauerbruch & Hutton Arch.2011)

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Face au quatrième immeuble de logements ( D.Feichtinger Arch.2011) ici coté cœur d’îlot, et faisant face au groupe scolaire de la ZAC.

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Façade coté boulevard Macdonald (bardage en polycarbonate brillant).

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Le groupe scolaire de la ZAC Claude Bernard (Brenac & Gonzalez Arch.) coté cœur d’îlot: 12 classes (5 maternelles et 7 primaires) avec halte-garderie, pour répondre aux besoins des nouveaux habitants. L’enveloppe extérieure en verre opalin gomme toute expression de l’organisation intérieure de l’école.

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A l’angle entre le boulevard Macdonald et le quai du Lot.

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Coté canal de l’Ourq: les berges sont en cours de réaménagement entre Paris et Aubervilliers pour offrir de nouvelles promenades piétonnes. Le socle de béton clair en bordure de quai abrite une halte garderie, tandis que le premier étage reçoit la maternelle et le deuxième l’école primaire qui s’ouvre sur une cour de récréation.

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Le canal St Denis vers La Villette, au loin la colline de Belleville et la Place des Fêtes.

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Après avoir franchi le pont on découvre au n° 111-115 du boulevard Macdonald la façade Art Déco d’un immeuble de 130 logements d’une architecture moderne et radicale avec ses quatre bow-windows cylindriques donnant en façade arrière sur les voies de Paris-Est. L’ensemble est revêtu d’éclats de grès cérame (R. Enault Arch.1933).

Robert Enault est aussi l’auteur du remarquable immeuble du 176 rue Saint-Maur à l’angle avec la rue du Faubourg du Temple (1930).

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Détail des quatre bow-windows cylindriques.

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Au 115 boulevard Mac Donald et à l’angle avec le  quai de la Charente longeant le canal Saint-Denis un nouvel ensemble de logements et de commerces revêtu de panneaux cuivrés vient s’accoler (Badia Berger Arch. 2015), avec un retour contre un récent immeuble d’habitations jouxtant les voies ferrées de Paris-Est (G.Margot-Duclos Arch.2015).

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tout en laissant apparaitre la façade arrière de l’immeuble 1930.

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En poursuivant les berges en direction de la Cité des Sciences et au delà des voies ferrées: les Entrepôts et Magasins Généraux de Paris (accès par le n°11 de la rue de Cambrai). Ces entrepôts étaient autrefois reliés au canal par une darse intérieure pour permettre les déchargements de péniches.

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Le quai est maintenant longé par la ligne du tramway.

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Compte tenu de la densité des réseaux de communication, le Nord-Est parisien a longtemps constitué un emplacement idéal pour le stockage. Sous Napoléon III l’essor de l’industrialisation, du commerce, et aussi de l’urbanisation a nécessité le développement des capacités d’approvisionnement et de stockage des denrées non périssables.

Les docks du pont de Flandre (comme ceux du pont de Crimée sur le bassin de la Villette) ont été reliés au chemin de fer du Nord, de l’Est puis au chemin de fer industriel. Ils ont été construits entre 1845 et 1853 pour stocker blé, sucre et alcool jusque dans les années 50. Ces entrepôts sont d’une conception simple: les façades sont en meulière avec des chaînages d’angle en briques, la charpente et les planchers sont en bois. Les plus récents ont été prévus « fire-proof » pour répondre aux normes des compagnies d’assurance dès 1860. Ils offrent de grands espaces intérieurs qui les ont rendus utilisables facilement pour d’autres fonctions. Actuellement ils abritent des bureaux et des halls d’expositions.

Cette balade se termine temporairement en vue de la Cité des Sciences de La Villette, le long du canal qui passe sous l’avenue de Flandre.

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Paris 17e Ouest : du pont Cardinet à la place de l’Etoile-Charles de Gaulle.

 

Le territoire de l’actuel 17e arrondissement comportait déjà avant son annexion à Paris en 1860 de grands lotissements spéculatifs. Après son rattachement, l’urbanisation de sa partie Ouest entre les voies ferrées de Paris-Saint-Lazare et les boulevards des maréchaux s’est développée par la volonté de l’administration haussmannienne largement aidée par les spéculateurs privés, notamment les frères Péreire, pour ouvrir de nouvelles voies créant de fait un important nombre de lotissements constructibles. Jusqu’à la fin du XIXe siècle ces lotissements verront s’implanter dans ce nouveau quartier parisien en vogue, des immeubles et de nombreux hôtels particuliers notamment pour une clientèle d’artistes officiels se rapprochant de leurs riches commanditaires regroupés autour du Parc Monceau.

Une vue aérienne de l’état en 1867 au dessus du village de Champerret.

La balade commence à la gare de Pont Cardinet (J.Polti Arch.1923) le long des voies SNCF de Paris-Saint-Lazare qui sépare les parties Ouest et Est (quartier des Batignolles) de l’arrondissement.

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La rue Cardinet permet de rejoindre la zone commerçante de cette partie Nord-Ouest de l’arrondissement autour de la rue de Lévis . A l’angle des rues Legendre, de Tocqueville et Cosnard, on découvre une succession de collages néo-historisants de la fin du XIXe et pour commencer, l’hôtel néo-renaissance en pierre et brique construit pour le parfumeur Guerlain .

36 rue de Tocqueville (Ch.Plumet Arch.1897) et ses loggias « décoratives » développées plus amplement en 1901 au 50 avenue V.Hugo.

A la fin du XIXe siècle, le Moyen-age et la Renaissance sont à la mode. En rupture avec l’uniformité apparente de l’architecture haussmannienne la critique du balcon a autorisée le développement des bow-windows ainsi que des loggias « décoratives » pour prolonger les appartements vers l’ extérieur. Ce dispositif architectural sera ensuite très largement développé tant pour les immeubles résidentiels que pour les logements sociaux au début du XXe siècle.

45 rue de Tocqueville: l’ immeuble commercial  Dorel (F.Bertrand Arch.1920-1923). Les bureaux sont implantés sur rue, l’appartement est situé au 4e étage avec un bow-window imposant, les ateliers de reprographie sont implantés à l’arrière de la parcelle. La façade en béton est totalement revêtue de motifs décoratifs en mosaïque de pâte de verre.

Au début du XXe siècle ce quartier en plein développement a permis d’ intégrer les différentes évolutions architecturales comme la Salle Cortot de l’Ecole Normale de Musique au 78 rue Cardinet (A.Perret Arch.1928). Sa façade en pierre est totalement épurée et sa frise correspond au système d’aération. Cette salle possède des qualités acoustiques tout à fait exceptionnelles (classée Monument Historique). Son Maître d’Ouvrage le pianiste Alfred Cortot déclarait au sujet de l’architecte: « il nous avait bien dit… »je vous ferai une salle qui sonnera comme un violon »; il a dit vrai mais il se trouve que ce violon est un stradivarius ».

Passé le boulevard Malesherbes on rejoint le lotissement Péreire qui est le plus complexe des tracés urbains parisiens par sa multitude d’îlots triangulaires. Ce procédé valorise les effets de perspectives et met en scène de façon renforcée les immeubles d’angles. L’organisation de l’ensemble est structurée par quelques grandes places à l’architecture ordonnancée ( Wagram, du Brésil , et Péreire).

Plusieurs rues de ce quartier ont conservé les fastes de la fin du XIX liés au développement de l’industrialisation et à l’enrichissement rapide d’une certaine classe sociale. Les ateliers d’artistes sont majoritairement implantés entre le boulevard Malesherbes, l’avenue de Wagram et l’avenue de Villiers. La rue Ampère rassemble la plus grande diversité dans les juxtapositions d’hôtels particuliers-ateliers d’artistes.

L’église Saint François de Salles initialement construite rue Brémontier a été agrandie ensuite coté rue Ampére entre 1911 et 1913 (E.Ewald Arch.) afin d’accompagner l’accroissement de la population du quartier. A proximité quelques immeubles présentent des bow-windows métalliques particulièrement développés.

A l’angle de l’avenue de Wagram et de la rue Brémontier  au 1 place d’Israël- 128 avenue de Wagram ( P.Patout Arch.1929), une expression modern’style sans ornement pour ce bâtiment d’angle, construit à l’origine pour une pension de famille, qui offrait une flexibilité des chambres afin de s’adapter aux demandes évolutives des clients.A l’origine les menuiseries des fenêtres étaient à guillotine .

61 rue Ampère l’atelier du peintre F.Flameng (J.Sauvestre Arch.1898 )

67 rue Ampère, dans la tendance Arts &Crafts.

La remontée du boulevard Péreire coté des numéros impairs vers la place de Wagram qui s’effectue en traversant les jardins publics implantés en 1968 sur la tranchée ferroviaire, permet d’admirer au n°145 un hôtel particulier avec ateliers d’artistes sur une parcelle très étroite qui a longtemps formé un signal urbain totalement isolé des autres constructions (G.A Dreyfus et V.Mette Arch.1931).

A l’arrivée sur la place Loulou Gasté et à la pointe des 3-17 rue Philibert Delorme, le tissu urbain a été largement modifié (U.Cassan Arch.1953). Ce qui pourrait s’apparenter à une barre est en fait l’assemblage de six éléments de 10 niveaux au plan en croix avec étages supérieurs en gradins, seul le premier élément à proximité de la place est isolé.

Cette place Loulou Gasté permet de rejoindre via la rue Alfred Roll le boulevard Berthier. Au n°23 l’ancien hôtel particulier d’un chanteur d’opéra (A.Sélonier Arch.1902). Une surcharge d’ornements à la façon décor de théâtre dans la mode historiciste. L’hôtel particulier voisin construit en 1899, maintenant démoli, était celui d’Yvette Guilbert dans un style  Art nouveau et donc d’esprit totalement différent .

En face: 134-142 bld Berthier, ces HBM rappellent l’importante production de logements sociaux de l’entre-deux guerres avec les façades en appareillages de briques (J.Bassompierre P.de Rutté et P.Sirvin Arch.1931-1933).

51 bld Berthier  (P.Sédille Arch.1892), ici les briques vernissées turquoises apportent une touche de polychromie dans cette succession d’appareillages de briques.

L’entrée de cet hôtel est située au 32 rue E.Fléchat, d’autres hôtels particuliers ont été construits dans cette rue.

En remontant vers le boulevard Péreire du coté des numéros pairs:au 100 bld Péreire (M.Hennequet arch.1925), systématisation des bow-windows polygonaux pour multiplier les vues obliques et travail plus particulier des derniers niveaux. Façade en granito de marbre avec des profils d’angle en faïence blanche. En 1930 M.Hennequet a réalisé rue Franklin un immeuble qui reprend exactement le même dispositif des bow-windows plissés.

Retour à la place Péreire.

A partir de cette vue aérienne de 1867 on peut visualiser les tracés viaires en étoile qui innervent le lotissement avec des avenues haussmanniennes très larges. Les principaux tracés y interférent selon deux triangles chevauchés qui rayonnent respectivement sur les places Péreire et Wagram, ces triangles sont subdivisés à leurs tour créant différentes voies secondaires.

Dans ce tissu urbain assez composite, au 134 avenue de Villiers, l’hôtel particulier Régnard de Chérif dans un style pseudo-hollandais (S.Sauvestre Arch.1883) .

L’avenue de Villiers permet de rejoindre la place du Brésil puis l’avenue de Wagram. Au n° 62 à l’angle avec la rue de Prony (D.Honegger Arch.1950-1955) cet immeuble de bureaux utilise l’industrialisation, sa préfabrication dans un langage très classique est d’un « rigorisme épidermique », la façade est en béton bouchardé.

Rue Jouffroy d’Abbans, une surélévation des années 30 romps curieusement la symétrie d’origine entre deux bâtiments du début XXe.

85 rue Jouffroy d’Abbans (E.Albert Arch. et JL Sarf Ing.1955).

A l’origine l’Epargne de France demanda à E.Albert de créer 1000 m² de bureaux sans toucher aux anciennes parties d’un hôtel particulier qui fut un temps celui de G.Eiffel.   Avec l’impossibilité de concevoir de nouvelles fondations et le programme imposant de créer des espaces flexibles E.Albert et JL Sarf ont imaginé une ossature métallique tubulaire légère en acier laissée visible et largement vitrée avec impostes en partie haute de chaque niveau, ce projet fut réalisé dans un délai très bref tout en conservant l’édifice existant qui laissait voir sa façade à partir de la rue. Les deux derniers niveaux respectent la courbe réglementaire du gabarit parisien de l’époque. Cette première réalisation d’architecture tubulaire sera ensuite développé dans les projets de la tour Croulebarbe et la direction de l’exploitation d’Air France à Orly .

Un parfait exemple d’architecture métallique alliant légèreté, économie et standardisation qui ont contribué à la renommée de l’édifice puisqu’il obtint en 1957 le Grand Prix International d’Architecture. Malheureusement une densification récente a dénaturée le projet initial en masquant la cour devant l’hôtel particulier sur la largeur des quatre premiers niveaux et sur les huit premières trames verticales.

103-105 rue Jouffroy d’Abbans (T.Petit Arch.1906)

Au développement du comble que favorise la réglementation de l’immeuble post-haussmannien s’intègre le motif de la loggia sur colonne, valorisant ainsi le « bel étage » et sa vue dégagée .

Dans l’alignement de l’avenue Wagram, à l’angle avec la rue Cardinet et au 132-134 rue de Courcelles (T.Petit Arch.1906), l’ implantation de cet immeuble en angle est exceptionnelle, elle a permis la mise en scène d’extravagances post-Art Nouveau sur une base haussmannienne, comme un art des compromis entre deux périodes .

Cet éclectisme est particulièrement développé dans le traitement des poivrières à l’angle avec l’avenue de Wagram. Libérée des contraintes haussmanniennes et renforcées par les perspectives nouvelles, les différents traitements des dômes et rotondes acquièrent le rôle de nouveaux signaux urbains pour cette époque  .

Lui faisant face au 119 avenue de Wagram (A.Perret Arch.1902), la galerie avec loggias du 5é étage de cet appartement succombe, certes avec modération, au motif familier de 1900. Un an plus tard et à 29 ans Auguste Perret réalisera en rupture avec cet immeuble assez convenu l’immeuble du 25bis rue Franklin, une des références majeures des débuts de l’architecture moderne.

Dans cette partie de l’avenue de Wagram près de la Place des Ternes, le tissu urbain dense est plus régulier et les immeubles haussmanniens se rapprochant de la place de l’Etoile apparaissent très neutres. La rupture d’échelle dans le bâti se situe à l’ angle du 33 rue Poncelet – rue des Renaudes avec un ensemble immobilier regroupant pour l’administration des Postes, bureaux et central téléphonique.(J.Dumont Arch.1975) .

L’ hommage rendu à cet architecte lors de sa réception à l’Académie d’Architecture en novembre 1976 laisse perplexe:« …l’immeuble des postes et télécommunications, à l’angle des rues Poncelet et des Renaudes dans le 17ème arrondissement de Paris illustre le sens des rapports, des proportions, ainsi que la perception aiguë des formes et des couleurs dont disposait naturellement Jean Dumont. » … »on peut apprécier avec quelle habileté Jean Dumont réussit à faire vibrer la façade, en fractionnant le volume principal, et en retrouvant un rythme vertical qui inscrit harmonieusement ce très volumineux bâtiment dans les perspectives urbaines ». Chacun pourra rectifier cette vision dithyrambique quant à l’inscription dans le site de cet ensemble après une visite .

A l’arrivée Place des Ternes: « La Cité Mondaine » (Boussard Arch.1882). Une cour centrale circulaire est implantée au centre de cet immeuble vers laquelle sont orientés les appartements. Une réalisation entre hygiénisme et rentabilisation de la façade sur la place traitée de façon volontairement  « prestigieuse ».

Place des Ternes et avenue des Ternes 1867

De la place des Ternes à la place de l’Etoile-Charles de Gaulle on rejoint un axe important depuis 1850.

Au 34 avenue Wagram l’ancien Logiluxe Parisien devenu le Céramic hôtel (J.Lavirotte Arch.1904).A l’origine, cette résidence hôtelière comportait en façade sur l’avenue, salle à manger, salon et petit salon; sur la cour centrale un office et une salle de bains commune aux 5 chambres implantées autour d’une seconde cour à l’arrière du terrain. La structure en béton pour ce bâtiment de 9m de large sur l’avenue est totalement masquée par une peau décorative en grès flammé et faïence émaillée réalisée par Alexandre Bigot. Ce bâtiment constitue un parfait exemple d’une réalisation d’Art Nouveau, même s’il n’atteint pas le niveau d’exubérance du 29 avenue Rapp par le même architecte,un brillant jeu de courbes avec les balcons décorés de glycines, les étages sont identiques mais l’expression en façade est travaillée différemment à chaque niveau. Lavirotte a été lauréat à trois reprises du concours des façades avec réserve toutefois du jury par rapport à ses « débordements » et à son style.

Lui faisant face, 37 avenue Wagram, l’hôtel Renaissance Wagram (Ch.de Portzamparc Arch.2003-2008), les courbes et contre courbes des parois vitrées forment un tressage permettant des vues panoramiques sur le paysage urbain comme un écho lointain au vis à vis de l’avenue.

Retour avenue des Ternes dont le tracé très ancien se poursuit vers le centre de Paris par la rue du Faubourg Saint-Honoré. Dans ce secteur à vocation commerciale et  au carrefour entre l’avenue des Ternes et l’avenue Niel : l’ancien Magasins Réunis s’affiche comme un autre manifeste en rupture avec l’uniformité de la ville haussmannienne (M.Oudin Arch.1912), ici la structure en béton est clairement mise en évidence.

Ces juxtaposions entre courants architecturaux successifs se retrouvent une dernière fois avant de rejoindre la place de l’Etoile via l’avenue Mac Mahon au n° 29 (G.Massa Arch.1902),  avec des lourdeurs décoratives très éclectiques en dépit des simplifications ultérieures réalisées en partie haute du 4é étage sous les combles.

Plus haut, dans l’avenue et à l’angle avec la rue du général Lanrezac, un traitement d’angle dynamique des années 30 termine cette balade à proximité de la place de l’Etoile-Charles de Gaulle.

Paris du quai de Bercy au quartier de l’Arsenal.

 

Jusqu’au milieu du XIXe siècle la Seine demeura essentielle pour le transport et l’approvisionnement des marchandises dans la capitale. Les quais se poursuivaient de Bercy à Passy sans interruption, ils furent améliorés sans cesse avant que d’autres moyens de transports des marchandises ne viennent supplanter le transport fluvial puis nécessiter le réaménagement des zones de stockage ou de productions industrielles.

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Sur cette partie du fleuve au Sud-Est de Paris les usines de transformations furent progressivement déplacées telle l’usine génératrice d’électricité pour le métro parisien rue de Bercy ( doc.BNF) de P.Friesé Archi. 1904 , détruite pour y implanter le nouveau siège de la RATP. Le quai fut doublé par des voies de circulation rapides modifiant durablement le rapport entre la ville et le fleuve.

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Sur la partie du quai comprise entre le pont de Bercy et le pont Charles de Gaulle, l’îlot de rénovation urbaine Villiot-Rapée s’intègre entre les immeubles de bureaux. Aux logements sociaux des années 50 ont succédé 7 immeubles contigus réalisés par autant d’équipes d’architectes. Coté quai et rue Villiot la juxtaposition d’un immeuble a l’autre est maîtrisée et l’ensemble n’apparaît pas comme un collage composite.

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En coeur d’Îlot, une opération récente (Hamonic+ Masson Arch.2011) de 2 tours de 7 et 11 étages est plus dynamique et s’affranchie des contraintes vis à vis des immeubles voisins.

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Les logements comportent tous un angle avec balcon dont la géométrie est variable d’un niveau à l’autre.

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Sur cet îlot, la façade à l’opposée de la Seine fait face à la dalle surélevée de la gare Paris-Lyon. Elle longe la rue de Bercy et permet de découvrir la succession des immeubles de bureaux de l’opération d’urbanisme Bercy-La Rapée, disposés en peigne et  implantés sur un socle horizontal formant terrasse accessible ( J.Dubuisson urbaniste 1958-1978).

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Revenant vers la Seine, face à la rampe hélicoïdale de la passerelle d’Austerlitz, au 88 Quai de la Rapée et 2 boulevard Diderot: immeuble de bureaux (A.Leconte Arch.1933)  Les horizontales sont renforcées par les ensembles vitrés donnant une image forte dépouillée d’artifices superflus.

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96 Quai de la Rapée, immeuble de bureaux (A.Zubléna Arch.1992) et son  mur mobile vitré toute hauteur, sur 33m de large en façade occultant le parvis lors de la fermeture des bureaux. Une prouesse technique dépassée voire inutile et à l’opposée des contraintes actuelles d’économie des moyens pour les utilisateurs.

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Revenant vers la Gare de Paris-Lyon, au 13 boulevard Diderot: l’ancien hôtel Massilia        ( M.Oudin Arch.1911). Ce bâtiment îlot est implanté sur un terrain triangulaire délimité par le boulevard , les rues de Bercy et Traversière, lui donnant la force d’un signal.                La structure béton est immédiatement lisible sans exclure un coté pittoresque découlant pour partie des  bow-windows et des encorbellements. Lors de sa construction cet hôtel faisait figure de manifeste pro béton armé en dépit de certains aspects ne rompant pas totalement avec l’académisme ambiant.

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Angle 15 rue Traversière et 216 rue de Bercy, l’ancien siège administratif des Chemins de Fer Paris-Lyon-Méditerranée (1927-1930) d’une grande homogénéité architecturale.

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A l’angle rue de Bercy, la rue Crémieux ouverte en 1865 présente un aspect très particulier dans ce quartier. Réservée aux piétons, elle est bordée de chaque coté par une trentaine de maisons individuelles de deux étages chacune s’adossant contre les héberges du bâtiment administratif du PLM. Les teintes variées des façades se succèdent sans juxtapositions criantes entre elles .

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244-246 rue de Bercy, avant d’arriver au port de la Bastille, un tout autre aspect pour ce bâtiment qui regroupe une résidence du CROUS et un hall d’exposition automobile.

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Dans la ville haussmannienne, la modernisation des voies de communication a favorisé la division du travail. Ainsi le bassin de l’Arsenal fut utilisé entre le 19e et le 20e siècle comme port de commerce (vin,blé et bois). Relié au canal Saint-Martin ouvert en 1825 il permettait la liaison entre la Seine et le bassin de la Villette bordé de très nombreuses industries et au delà, le canal de l’Ourcq et les plaines du Nord. Sa reconversion en port de plaisance date de 1983.

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Le quartier de l’Arsenal, situé entre le quai Henri IV et  l’actuel boulevard Bourdon, tient son nom de l’arsenal royal dont l’implantation initiale remonte à 1533. Cette partie de la ville était destinée à la fabrication et au stockage des munitions, à la suite de différentes explosions et incendies la fabrication fut réalisée à La Salpêtrière et le quartier de l’Arsenal fut limité au stockage. L’île Louviers, encore visible sur le plan de Turgot (1739),était inhabitée, elle fut longtemps affectée à l’entreposage du bois flotté provenant du Morvan. Puis ensuite rattachée à la rive droite en 1843, l’ancien bras mort comblé forma l’actuel boulevard Morland. Sur la rive Sud le quai Henri IV fut actif jusque vers 1940.

Sur un terrain compris entre le quai Henri IV et le boulevard Morland, initialement affecté aux anciens laboratoires des Poudres et Salpêtres, l’ensemble « Nouvelle Vague » de 140 logements et crèche ( LIN Arch.2015) se développe en courbes avec ses façades en panneaux métalliques.

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Le terrain initial occupé par le Ministère de la Défense s’étend du n°18 quai Henri IV jusqu’au  2-6 rue de Schomberg et 15 boulevard Morland. Sur ce vaste terrain une opération mixte associe des logements pour la Garde Républicaine situés le long du quai et contre la rue de Schomberg ( Ateliers Lion Arch.1999). Le long du quai l’ensemble est constitué de quatre plots reliés par des passerelles avec balcons face à la Seine d’un niveau de finition malheureusement devenu inhabituel .

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Sur le retour rue de Schomberg et perpendiculaire au quai Henri IV, les trois bâtiments de l’ancienne caserne militaire Schomberg ( J-A Bouvard Arch.1883) en briques avec calepinages décoratifs et structure métallique apparente ont été surélevés de 2 étages bien différenciés en panneaux composites. Ces bâtiments reçoivent les logements sociaux avec un jardin central.

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Dans le quartier de l’ancien arsenal dont l’implantation initiale remonte à 1533, l’actuelle bibliothèque de l’Arsenal crée en 1757 a été installée dans la résidence construite en 1594 pour le duc de Sully, grand Maître de l’Artillerie, elle fut embellie en 1745.

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La frise décorative sous la corniche rassemble avec une profusion de détails les différents types de munitions de l’époque.

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17 boulevard Morland: la Cité administrative de la Ville de Paris a été conçue à l’origine pour regrouper les différents services de la Préfecture de la Seine (A.Laprade, P.Fournier et R.Fontaine Arch.1955-1965). Le plan en H ménage à l’avant et à l’arrière de la tour une pseudo esplanade monumentale d’une grande raideur totalement en phase avec ce bâtiment administratif aux références traditionnelles figées .

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La vision de cet édifice à partir du pont Sully-Morland, ne fait que renforcer l’ image du bâtiment régalien. A l’époque de sa construction le dépassement du plafond légal  par ce bâtiment de seize niveaux dans le secteur sauvegardé proche de l’île Saint-Louis n’a pas soulevé de polémique particulière de la part des riverains. Depuis les groupes de pressions et les recours des tiers ont su largement s’imposer à tout propos et souvent  de façon très abusive.

Souhaitons que le projet retenu lors de la consultation « Ré-imaginer Paris » basé sur la mixité des fonctions et des usages permette réellement « une véritable philosophie d’ouverture » afin de modifier le rapport du public avec ce bâtiment forteresse déconnecté de son environnement.

Ne doutons pas qu’il faudra plus que les plantations et arbres désormais érigés en nouveau dogme incontournable pour réussir ce challenge.

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L’actuel Pavillon de l’Arsenal (Clément Arch.1879) fut conçu pour recevoir la collection de tableaux d’un riche marchand. Transformé ensuite en lieu de stockage puis aménagé en pavillon permanent d’expositions dédié à l’urbanisme et l’architecture à Paris et en île de France (Reichen & Robert Arch.1988).

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La balade se termine à l’angle rue de Sully-boulevard Henri IV devant la caserne de la Garde Républicaine ( J.Hermant Arch.1895-1901), édifiée à la place de l’ancien couvent.

La caserne dédiée à la cavalerie comporte dans sa partie centrale un manège dont la charpente métallique , réalisée par G.Eiffel pour l’exposition de 1889, a été démontée quelques années plus tard et remontée dans la caserne.

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